Trouver sa case

Les études secondaires terminées, à peine 16 ans passées, il faut choisir sa branche, poursuivre les études, obtenir un diplôme, lancer sa carrière et s’y plaire jusqu’à ce qu’on soit trop vieux pour changer d’idée. À cet âge, c’est souvent un difficile défi à relever. C’est un casse-tête sans fin où il est presqu’impossible d’avoir une idée claire de ce qui se pointe à l’horizon. On fait un choix, du mieux qu’on peut, avec l’expérience qu’on a et on espère que ce sera le bon. Dix ans plus tard, quand on y repense, on réalise parfois qu’on est loin du compte et des buts qu’on s’était fixés.

Après avoir passé quelques années sur les bancs d’école à rêver de succès, de promotions et de richesses, on risque de se retrouver devant une décevante réalité : le marché du travail ne correspond pas exactement à la description fournie dans le prospectus. Pas de projecteur, pas de grand prix, pas de tapis rouge, pas de merveilles d’ingénierie, mais des projets modestes, souvent sans envergure, des clients ordinaires, des mauvais payeurs, le train-train quotidien. La flamme, jadis vacillante et chaleureuse, s’éteint à petit feu ou complètement, aspergée par le déversement d’une citerne débordante d’eau. Le doute s’installe.

Évidemment, il y a de bons coups, des projets stimulants, des tapes dans le dos, de la fierté, de belles réalisations, parfois grandes. Une satisfaction personnelle. C’est le calme relatif, un quotidien plus positif, de l’avancement, plus de responsabilités, on prend du gallon. On essaie de rallumer la flamme pour que sa lumière nous éclaire de nouveau. Puis, un matin, troublé d’une tonne de circonstances, d’événements déclencheurs, le manège recommence et on souffle sur le feu qui nous réchauffait parce que cette stabilité ne nous anime plus.

Avec le temps, il devient évident que beaucoup de gens travaillent davantage parce qu’ils n’ont pas vraiment le choix que par passion et dévouement. Il y en a cependant qui sont satisfaits de ce qu’ils ont, stimulant ou pas. C’est une question de personnalité. Il y en a aussi qui sont passionnés par leur travail. Ceux-là sont convaincus d’être au bon endroit et de faire la bonne chose. Eux ne travaillent pas, ils œuvrent et ils ont la foi. Les autres, probablement la majorité, apprennent à apprécier leur boulot avec le temps qui passe, en grimpant les échelons. Mais force est de constater que les promotions et le succès matériel qui les accompagnent leur permet souvent de combler un vide laissé par le manque d’intérêt.

Que faire dans ce cas? Changer pour changer, en espérant trouver sa voie et que demain sera mieux? Tout balancer, plonger à pieds joints dans une passion qui nous anime en espérant qu’elle nous permettra de vivre décemment? Se contenter de son « passe-temps entre deux partys » ?

Trouver sa case, l’aimer, y passer beaucoup de temps, se développer, devenir expérimenté, y trouver son compte et recommencer, jours après jours, est une fin en soi. C’est loin d’être une mince tâche et à chaque instant, on peut ressentir le besoin de tout remettre en question pour être certain qu’on se sent bien dans toutes nos cases. Suivre son cœur, son intuition, se faire confiance, être honnête avec soi et prendre des risques calculés ou non reste la meilleure équation pour arriver à une solution satisfaisante. Il y a une case pour chacun de nous, suffit de la trouver et de le réaliser.

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