Pourquoi avoir nécessairement besoin des autres pour se sentir beaux, drôles, intéressants? Pourquoi être incapables, quand on cherche le bonheur, de briller de tous nos feux et d’être heureux? Parce que si on brille par et pour soi-même, l’autre deviendra un complément et non une nécessité. Ça m’est déjà arrivé de resplendir sans l’amour ou l’attention de personne, pas longtemps, mais suffisamment pour comprendre que c’est possible et que ça devrait être ça, la vie. Puis j’ai croisé le hasard, j’y ai cru, j’y crois encore, mais manifestement, ce sera pour une prochaine fois ou plus tard, jamais peut-être. En attendant, je tente de glower par moi-même. Pour mon bonheur et le bénéfice des autres.
Parce qu’on est tellement plus beaux heureux.J’ai envie de faire partie d’une belle et grande société. Stimulante. Une société où le « nous » inclusif précède l’individualisme. Une société à l’écoute, avant-gardiste, respectueuse des différences, ouverte au compromis. Une société qui nous oblige à changer d’idée quand c’est nécessaire, à appuyer une minorité pour le bien commun, à marcher contre l’immobilisme, à déranger pour le changement.
Je n’ai pas envie qu’on se taise. Il faut parler encore plus fort pour se faire entendre. Crier plus fort pour briser le mur de l’indifférence. Cette société nous appartient, son futur aussi, son présent surtout. Pour le peu qu’on y contribuera, il faut construire des assises solides maintenant, pour nous, les générations futures, pour le bien commun. Parce que sans bien commun, la société n’existe plus, elle devient « individu ». Il ne faut jamais oublier que ce qu’on a aujourd’hui, individuellement, c’est parce qu’on y a mis l’effort, certes, mais surtout parce que la société nous a permis de le faire. Parce que l’ensemble, le collectif, à décidé de bâtir des institutions auxquelles on peut participer et dont, heureusement, on peut tirer avantage.
Nos institutions craquent, notre démocratie vacille, nos valeurs tergiversent, la corruption gouverne, les gouvernants gèrent, la paix sociale subsiste en dérapage contrôlé. Nous méritons mieux, plus, là, maintenant. De meilleures décisions, de meilleurs gouvernants, une meilleure gestion. De meilleures institutions, une meilleure répartition de la richesse, une meilleure attribution des ressources. Des gens de convictions, un système qui nous permet de les assumer, une société d’idées, de culture, de gens éduqués. Une société où les étudiants dénoncent l’injustice, où les femmes se battent pour choisir, où les homosexuels se tiennent debout pour l’égalité, où les pauvres reçoivent un coup de pouce, où les riches donnent un peu plus pour améliorer le « nous », où chacun exige l’impossible.
J’ai envie de contribuer à cette société et qu’elle me permette d’y arriver.
Le « moi » individuel, égoïste, pernicieux, est devenu la norme. L’accumulation de richesses individuelles, la perpétuation du confort quotidien acquis à force de travail et d’efforts, le leitmotiv de trop de gens. Mais il y a des gens qui croient encore que le bien commun peut être la rampe de lancement des plus grands idéaux, des idéaux trop longtemps refoulés par la masse et avortés au stade embryonnaire. Par le statu quo.
Et si un État mieux géré, réfléchi, inclusif, social, généreux, mais balisé permettait à plus de gens de réussir afin de mieux vivre individuellement, mais en collectivité?
Il y a des causes qui valent vraiment la marche. Celle des étudiants en est une. On parle d’études, d’accessibilité, de savoir, de richesse collective, d’un droit fondamental. On parle de la santé intellectuelle de toute une société. On parle du gros bon sens. Il y a bien des secteurs où le gouvernement devrait intervenir avant de toucher au poumon de la société.
Il est temps que la démocratie représente vraiment le pouvoir du peuple, que son choix soit proportionnel, à date fixe, limité dans sa longévité. Qu’il soit possible de s’exprimer plus souvent qu’une fois au 4 ans, pour les bonnes raisons, quand ça compte. Parce que c’est important. C’est vital, même.
Sortons de notre hibernation. Faisons mieux. Soyons différent. Exigeons l’impossible.