Je suis tombé sur des photos de toi ce soir. Ça m’a donné envie d’en voir d’autres, juste pour me rappeler qu’on a passé du bon temps ensemble, que je n’ai pas rêvé. Parce que depuis trop longtemps, avec tout ce que j’ai entendu, il m’arrive de douter.
À ça, tu répondrais sans hésiter que c’est moi qui ai tout gâché et je te donnerais raison. Je ne m’en suis jamais caché, je suis l’unique responsable de ce chaos. Le problème, parce que pour plusieurs il s’agit de ça, c’est que j’ai fait des choix, pour moi, pour mon bonheur et j’ai foncé tête baissée. Comme toi, il n’y a pas si longtemps d’ailleurs, tu as choisi une autre voix, espérant trouver mieux. Parce que c’est humain d’en arriver là et c’est humain de vouloir suivre son cœur.
Le truc, c’est qu’on n’était pas juste deux, on était plusieurs à danser. Trop de voix se sont élevées nous empêchant de faire une transition en douceur, trop de mauvaises intentions ont jalonné cette fin d’histoire, trop d’informations mal informées ont été véhiculées. L’autre truc, c’est que j’ai écouté tous ces ragots, j’y ai prêté flanc et je suis tombé. J’ai eu mal, t’as eu mal, il a eu mal, personne n’a gagné.
De ça, il ne me reste presque plus rien, ni toi, ni lui, ni eux. Rien. Même si ça me hante encore et toujours, je suis convaincu que ma bonne étoile me guidera afin de faire toute la paix avec mon passé. En fait, j’ai fait la paix avec moi-même, mais pour une raison obscure, il me manque ton absolution pour compléter le processus. Considérant que je ne l’aurai sans doute jamais, il y a ce qui s’appelle le deuil et je le ferai, une étape à la fois.
À cause de ton comportement revanchard et de ton attitude victimisante, mais aussi grâce à ton rire contagieux qui résonne toujours dans ma tête et à ta séduisante personnalité, je suis différent aujourd’hui. Notre rencontre a changé ma perception du bonheur et de l’amour pour le mieux. Quand tu t’es pointé avec ton train rempli de bonheur, j’ai décidé d’embarquer, de prendre ce chemin inconnu, mais ô combien stimulant. Je suis descendu maintenant, mais je ne regrette rien. Avec toi, j’ai surtout été heureux. Après, j’ai eu beaucoup de peine. Si j’avais à changer quelque chose à la finale, ce serait la méthode utilisée pour faire valoir mon point. Pour le reste, je ne regrette rien.
Le plus important, c’est que je remercie la vie de t’avoir mis sur ma route bon gré, mal gré. Avec le temps, même si ça m’a pris beaucoup de temps, j’ai compris que je ne suis pas une mauvaise personne. J’ai simplement pris des décisions radicales pour un avenir que je souhaitais différent, c’est tout. Depuis, avec les autres, j’ai essayé et j’essaie de faire mieux pour éviter de faire trop de mal, à moi et aux autres, mais surtout, de faire plus de bien.
S’il y a une chose dont je suis fier, même si ce n’est pas parfait, c’est de m’être remis de tout ça. Parce que même si j’ai contribué big time à tout faire exploser, reste que j’ai perdu beaucoup. De l’estime (de moi et des autres), de la confiance, toi, lui, des amis. Beaucoup d’amis. Ceux qui sont restés m’ont aidé à me relever, ceux que j’ai connu depuis m’ont réappris à marcher, la personne résiliente que je suis a fait le reste. Et l’espoir de faire la paix avec toi un jour me permet de regarder devant, confiant.
« Rien n’est perdu pour toujours. Dans ce monde, il y a une sorte de progrès douloureux. Le désir de ce que nous avons laissé derrière, en rêvant à ce qu’il y a devant. Enfin, je pense.»