Chevaucher un BIXI aux petites heures du mat’, légèrement enivré, ça fait beaucoup de bien. Ça permet de réfléchir en faisant un truc « constructif ». C’est efficace quand le moral est à plat et les émotions à fleur de peau. J’ai donc pédalé et réfléchi.
J’ai réfléchi à la place que j’ai envie qu’il occupe dans ma vie et à celle que j’ai envie de prendre dans la sienne. J’ai longuement parcouru les rues désertes et noires à la recherche d’une piste, d’un indice qui me permettrait de trouver éventuellement une solution à mon ambivalence. Parce que dans la vie, je suis ambivalent. J’ai tendance à chercher, trouver et questionner, puis recommencer à chercher. Ça ne s’arrête jamais. Ça s’atténue avec le temps, mais ça revient. Je ne me considère pas comme un éternel insatisfait, mais ça pourrait donner cette impression. Je suis plutôt perpétuellement à la recherche de ce sentiment que j’ai dû sentir une fois ou deux : la plénitude. En ce moment, je ne suis pas totalement épanoui, mais presque. Je cherche encore, à tort, je le sais bien, un déclic surnaturel ou « l’impression » que je le suis. Pourtant, je pense que je pourrais l’être. Le déclic, il doit venir de moi. Il faut arrêter de chercher toujours mieux. Le mieux, il viendra avec le temps. Avec lui, peut-être.
On se plaît. On est beau dedans comme dehors, on se l’ai dit souvent. On se parle, on s’entend, on se comprend. On rit, on partage, on baise. On se cultive, on s’encourage, on se soutient. C’est beau, c’est bon, c’est naturel, c’est mutuel. On a tous les ingrédients pour le bonheur.
Ou presque.
Parce que notre « nous » est aussi contradictoire. Assez contradictoire pour qu’on ne se rejoigne pas partout, qu’on se garde une distance appréciable ici et là, qu’on ne partage pas « tout ». Assez contradictoire pour préférer passer les moments « importants » avec d’autres, pour ne pas offrir à l’autre un accès privilégié à ses amitiés, garder trop de choses jalousement, avoir un trop grand besoin de liberté, vouloir à tout prix être indépendants. Comme si on ne se donnait pas le droit d’être ensemble. Ou c’est peut-être, encore une fois (et trop souvent) le mauvais timing. En fait, je ne pense pas, le timing, c’est nous qui le faisons et notre rencontre (deux, en fait) a été trop magique pour que la flamme s’éteigne maintenant.
Il faut juste ouvrir la porte pour se laisser entrer. La suite ne pourra être que belle.
Et si on décidait d’être heureux…à deux?