Je ne compte plus les jours depuis notre dernier échange, échange à sens unique cette fois, ton fameux statement sans tambour ni trompette. Quand j’ai ouvert la porte ce matin-là, le petit paquet que je t’avais offert se trouvait à mes pieds, intact. Il était là, parce que tu l’as ramené, une semaine plus tard, très tôt, en « passant par là ». Un déplacement utilitaire sans doute. L’occasion de faire d’une pierre, deux coups : mettre un enième, mais ô combien évocateur point final à mon roman d’amour et prendre la route pour le travail (c’est pratique, le pont est à deux pas).
Je l’ai vu, sans un pincement au cœur, sans grande surprise d’ailleurs, ayant bien avant toi envisagé cette option. Je me suis rendu au travail, comme tous les matins, relativement serein. Le message était clair et sans équivoque : « laisse-moi tranquille! ». Je l’ai compris. J’ai décidé de ne plus me manifester, de ne plus écrire, de reprendre le contrôle de ma vie. J’ai décidé (vraiment cette fois) de ne plus t’espérer, ne plus t’attendre, de regarder devant moi, les yeux grands ouverts, le cœur léger, avec la satisfaction d’avoir écouté ma petite voix et d’avoir foncé. Depuis, dans ma tête, j’ai fait un petit « X » de victoire sur mon calendrier.
Souvent, l’envie d’aller frapper à ta porte me prenait. Dans mon monde idéal, tu ouvrais, tu me prenais dans tes bras, fou d’amour et on reprenait là où on s’était laissé. Puis, je revenais à cette réalité qu’on s’est maladroitement infligée. D’autres fois, en rentrant à la maison, je t’imaginais m’attendre devant chez moi. Tu me disais que je te manquais et que tu souhaitais qu’on se retrouve, autrement. Et là, l’évidence me ramenait à l’ordre, il n’y avait personne, devant chez moi tu n’étais pas. Je suis ailleurs maintenant, enfin je crois. Je suis heureux et confiant, c’est déjà ça. Un ami m’a dit ceci : « Dear past, thank you for the lessons. Dear future, I’m ready », je suis un peu rendu-là.
Avec un peu d’aide et de réflexion, j’ai fait le constat suivant : une rupture, quoique hautement désagréable, nous permet de se remettre en question, de se repositionner, de réévaluer ses envies, ses buts, ses valeurs, mais surtout de réaliser SA valeur (in a good way). C’est l’occasion d’apprendre à voir la vie d’une autre façon, avec ouverture, simplicité et positivisme. C’est difficile, pénible même, angoissant aussi. Et si on ne s’en remettait pas cette fois? Ça fait tellement mal à l’intérieur qu’on se demande si on se sentira bien à nouveau. La route est longue, sinueuse, tantôt plateau, tantôt vallée, mais on y arrive, nécessairement, une larme et un sourire à la fois.
Et puis, avec tout ça, on ne peut qu’être meilleur demain. Pourquoi pas.