Ce devait être la fête du printemps. Il aurait fait 18 degrés, on aurait ouvert la terrasse, sorti la table de pique-nique, fait le va-et-vient entre le dedans et le dehors, on aurait été fous comme d’la marde. Au lieu de ça, il a neigé mouillé, ça slushait, faisait frette. Qu’à cela ne tienne, on est organisé, un party du printemps sous la neige, ça s’est déjà vu, mettez vos bottes dans le corridor et venez vous réchauffer entre la cuisine et la salle à manger.
Ce soir-là, vous deviez être une 40aine de personnes de tous acabits : nouveaux amis, amis de longue date, nouveaux et ex-collègues, famille, un mélange éclectique de genres, de milieux et d’intérêts. Une belle crowd diversifiée. Le temps maussade ne vous a pas empêché de vous pointer, vous étiez au rendez-vous, comme si vous attendiez cette soirée depuis longtemps. Comme d’habitude, je ne vous ai pas tous beaucoup parlé, me promenant de l’avant en arrière, m’assurant que tout le monde s’amusait, buvait et aimait ce qui se passait. J’ai ri avec quelques-uns d’entre vous, pris un coup avec d’autres, consolé un ami, bitché le passé et géré, avec deux grandes âmes, un type un peu trop bourré ruminant son incohérence à genoux dans la neige.
Malgré la foule clairement dégourdie et la musique d’ambiance, ça vous a pris un certain temps avant d’enflammer la place. Il a fallu faire tourner « Come on Eileen » pour que le feu prenne! Vous vous êtes mis à danser les bras dans les airs comme s’il n’y avait pas de lendemain. J’aimais ce que je voyais, de belles personnes qui savent faire la fête, avec naturel et générosité. Vous étiez magnifiques à regarder.
Et à ce moment-là, je me suis estimé chanceux de vous avoir dans ma vie, de près ou de loin, que vous soyez là, avec moi et un peu pour moi, du bonheur plein les bras. C’est beau, la vie.
Je n’y ai pas échappé, j’ai pensé à toi, juste un peu. Sur cette chanson, j’aurais bien aimé faire briller les étoiles dans tes yeux. À la place, j’ai répandu mon amour en sourires et en éclats de rire aux gens qui étaient là. Ils étaient contents, eux.
Avec tout ça, on a fait revenir le printemps. Quand je me suis levé ce matin, la neige avait fondu, le vent soufflait les odeurs de la nouvelle saison et le soleil brillait dans toute la maison. Je me suis dit que c’était un peu grâce à vous. En tout cas, dans ma tête c’est le printemps et c’est certain que vous y êtes pour quelque chose…