Madame la première ministre

J’étais là le soir du 4 septembre 2012. J’étais là avec quelques amis, ma mère, des collaborateurs, des bénévoles et de l’espoir plein les bras. Ça faisait 35 jours que travaillais au QG avec des gens qui, comme moi, croyaient que c’était votre tour. Trente-cinq jours bien remplis, de tôt le matin à tard le soir, à entraîner des bénévoles, à faire ma petite part pour que vous deveniez la première. Et nous y sommes arrivés! À ce moment-là, quand les chaînes de télévision ont annoncé que le Parti Québécois formerait le prochain gouvernement, j’ai explosé de joie, comme les centaines de personnes venues vous voir monter sur la plus haute marche de l’État. Ma première ministre était devenue réalité. J’étais fier. Nous l’étions tous.

J’ai regardé ma mère, la larme à l’œil, remplie d’émotions de vous voir devenir la première. Dans ses yeux, j’ai pu voir le souvenir de sa sœur Denise LeBlanc Bantey, députée et ministre du Parti Québécois, qui toute sa vie durant a défendu la place des femmes dans la société, comme vous. J’ai aussi vu sa fierté de vous avoir déjà côtoyée et d’avoir, à sa façon, contribué à ce moment historique. Ce sont des femmes comme vous et elles qui nous apprennent que tôt ou tard, les efforts sont récompensés.

Depuis, je vous ai vu travailler jour après jour à tenter de rendre le quotidien des Québécois plus agréable. Vous vous levez tôt le matin pour enfiler les rencontres, les réunions, les points de presse, les allocutions avec discipline et précision. Vous dormez peu, il y a tellement à faire, à réaliser, à bâtir. C’est le propre des grands chefs d’État. Les décisions que vous avez prises, l’ont souvent été avec adresse, parfois avec une certaine inexpérience, mais toujours avec sensibilité, conviction et droiture. C’est la Pauline Marois que je connais.

Le parcours de la dernière année n’est pas parfait, surtout en terme de communication. Ce doit être le nécessaire rodage à tout nouveau gouvernement. Souvent, le message a été mal interprété parce qu’étrangement livré. L’essentiel, c’est que les promesses électorales ont presque toutes été tenues. Le nouveau gouvernement a rapidement opéré les changements proposés dans son programme électoral, même les plus délicats.

Le bilan est positif, donc.

Vous avez pu être maladroite dans la méthode, être parfois trop loyale à des gens qui ne le méritent pas toujours, mais vous gardez le cap. Vous savez où vous allez, avec cœur et raison. Vous conservez en tête le projet de pays en ne négligeant jamais le quotidien de vos 8 millions de concitoyens. Vous écoutez, analysez, attentivement, et vous avancez en espérant en laisser le moins possible derrière.

Vous êtes belle en première ministre, la charge vous va bien, vous avez l’air heureuse. C’est Lac-Mégantic qui a révélé ce que je savais depuis longtemps, vous êtes une femme chaleureuse, authentique, déterminée, sensible. Humaine dans le verbe et dans le geste.

Je suis fier de vous, Madame la Première Ministre.

Et vous pouvez compter sur moi au prochain rendez-vous électoral.

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