Dans quelques heures, j’aurai 33 ans. Quand je fais le décompte de ce que j’ai vécu jusqu’ici, je suis plutôt satisfait. J’ai vu Paris huit fois, j’ai connu de belles et intéressantes personnes, j’ai côtoyé ma première ministre, on a cru en moi, j’ai d’excellents amis, une famille un peu folle, je sais faire la cuisine pour 100 personnes sans les rendre malades, quelques-uns de mes textes ont été publiés dans les journaux, j’ai serré la main de Céline. J’ai plutôt bien réussi jusqu’à présent. Tout va bien, je suis foncièrement heureux. Il me manque cependant un petit je-ne-sais-quoi…toi, peut-être.
J’ai vécu quelques belles et passionnées histoires d’amour. Avec chacun d’entre eux, j’ai essayé d’être une meilleure personne. Parfois j’y suis arrivé, à d’autres j’ai échoué. Avant tout, j’ai essayé d’être le plus honnête possible et de ne pas répéter les mêmes erreurs. J’y suis plutôt bien arrivé. Mais malgré ça, ils ne restent pas. Ce doit être le karma.
Le karma, c’est une action bonne ou mauvaise dont on est responsable qui induit des conséquences qui se répercutent sur les différentes vies d’un individu. On ne peut y échapper, semble-t-il. En somme, en amour, trop souvent, karma is a bitch.
Tout ça pour dire que je pense (j’espère en fait) être arrivé à la fin d’un cycle (et TOUT un cycle!). J’ai fait souffrir les hommes de ma vie et j’ai souffert en retour. Et là, je vis un peu ce que j’ai fait vivre au précédent. Donc, en principe, la prochaine fois devrait être la bonne. Inch’Allah!
C’est par un chaud soir de juin que je t’ai rencontré. Tu étais beau, fringuant, drôle, intéressant et intéressé. Avec tes gros sabots séduisants et ton sex appeal envoûtant, tu m’as complètement charmé. On s’est revu, de plus en plus souvent et je me suis attaché, sérieusement. J’étais hésitant au départ, pas tout à fait guéri de ma précédente histoire, mais j’ai eu envie de me laisser aller, tellement t’étais beau à voir aller. J’ai eu envie d’apprendre à te connaître davantage, de te faire confiance, de te faire la place que tu méritais. Tu m’as fait rêver, tu m’as offert ce que tu as de plus beau, tu m’as aimé avec de beaux mots. Puis, quelques imbroglios plus tard, quelques discussions difficiles et angoisses incomprises, tu es parti. Comme d’autres, tu es parti. Pourtant, la veille, tu m’aimais. Et je sais que tu étais sincère. Pourtant, à t’écouter parler, je suis la magnifique personne que tu attendais. Pourtant, pourtant, pourtant, tu es parti.
Sauf que là, malgré ton absence qui fait mal, je n’ai pas envie de me laisser abattre. J’ai envie de rester droit, debout, de ne pas tomber. J’ai mes torts, et je m’en excuse. J’ai été intense par moments, difficile à saisir à d’autres, mais ce que je t’ai montré, c’est ce que je suis. Je suis et serai toujours un grand sensible. Je suis et serai toujours un être angoissé et instable émotionnellement. Tout ce que j’aurais pu te promettre, c’est de travailler chaque jour pour faire mieux et essayer de nous rendre un peu plus heureux. Mais tu es parti.
J’étais prêt à te faire entrer dans toute ma vie, à partager mes bons moments, à vivre les tiens. J’avais envie de t’appuyer dans tes projets, de t’écouter me les raconter, de te faire l’amour, au propre et au figuré. J’avais vraiment envie que ce soit ÇA.
Je ne connais pas l’avenir et je ne veux pas la connaître. Tout ce que je sais, c’est que je t’aime et que j’ai envie que la Terre entière le sache. Ce que tu dois savoir, c’est que j’ai assez attendu les hommes que j’ai aimés, ceux qui ne sont jamais revenus.
Bref, ça semble être la fin d’un cycle de karma de marde qui fut, malgré tout, grandiose en tous points. Il y a eu de très hauts et de très bas. Un beau et grand manège de joies et de déceptions. Et il y a eu toi. Beau et magnifique Toi. Mais je me suis dit que je ne pouvais pas pleurer tous les hommes de ma vie comme je les ai pleurés. Sinon, ma vie ne sera qu’une succession de bonheurs tristes.
Et j’ai plus envie de bonheur que de larmes.