La lettre

Il est clair que je viole allègrement les règles 9, 18 et 20 du manifeste « 20 choses que vous devez abandonner pour être heureux ». Pis, hen? C’est à qui les oreilles? 😉

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Je t’ai envoyé une lettre. Une belle lettre manuscrite. Tu trouves ça romantique, une lettre manuscrite. Ça s’est perdu avec le temps, que tu disais. Sur ces deux pages, avec ma plus belle écriture, je relate les beaux moments passés avec toi, moments magiques que t’as presqu’exclusivement initiés. Tu voulais tellement.

À travers les paragraphes, je décris ce que j’aime de toi et, entre les lignes, je mentionne ce que j’ai à t’offrir : du beau et du pas-toujours-le-fun parce que la vie n’est pas parfaite, tsé. En la lisant, je me suis dit que t’aurais pas le choix de repenser au pourquoi-du-comment t’as voulu que je tombe pour toi, avec autant d’énergie. T’étais tellement convaincu que j’étais le bon. Je me suis dit aussi que tu pourrais pas t’empêcher de sourire et de sentir un peu ton cœur battre pour moi. Tu ne me le diras pas, mais je sais que c’est ce qui s’est passé.

Tu l’as reçue la semaine dernière, lundi probablement. J’avais évalué qu’au pire, tu ne répondrais pas et qu’au mieux, tu me répondrais ce que tu m’as répondu. T’as pris près d’une semaine pour réagir. Pour mieux répondre, j’imagine. Des mots bien comptés, réfléchis, sans émotion. Trois petites phrases pour éviter que j’espère. C’est assez réussi.

Dans le fond, c’est mieux que rien. J’étais persuadé, comme pour d’autres qui t’ont précédé, que tu opterais pour le silence. Je te l’ai dit, je le répète, je comprends. Je comprends ta réaction, ta peur, ton indécision, ton « impression ». Je comprends tout. Pour l’avoir vécu, pour le vivre encore, pour être trop sensible en toute circonstances.

Comme tu le sais, tout ça – mon intensité, ma sensibilité, mes envies – ça vient avec le package. Mais t’en veux pas, du package. Il est pas assez simple à comprendre, ça demande trop de travail, semble-t-il. Pourtant, de ta bouche, j’ai entendu le mot « magnifique » je ne sais combien de fois quand tu parlais de moi. Tu m’aimais, disais-tu, dans toutes mon authenticité, mon énergie, ma passion. Tu me l’as même répété la veille de courir dans l’autre direction. Tu transpirais de sentiments pour moi, tellement que depuis, tu fuis mon regard, ma présence, mes mots. T’as peur, pis je comprends. C’est épeurant, aimer.

T’es désolé, que tu dis. T’as pas à être désolé, c’est aussi ça la vie. Tu veux/peux pas, y’a rien à faire pour changer ça. C’est juste plate, parce qu’on formait une maudite belle équipe.

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