Parce qu’au-delà des drames amoureux et des questionnements existentiels, il y a la vie, ouioui. Et cette vie, je la veux pleine de projets heureux. Pour ce faire, chaque semaine, j’essaierai de publier une suite à l’histoire qui suit. Donc, EXIT dramaaaaaa, HELLO création.
Vos commentaires sont les bienvenus! Titre sujet à changement sans préavis.
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TURGEON (Samuel), Montréal, Québec, 1990, éphèbe des temps modernes. Curieux, sensible, naïf, il est à la recherche du bonheur parfait.
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Je m’appelle Samuel. J’ai 24 ans et des poussières. Je viens tout juste d’entamer ma deuxième année d’université. J’étudies en sciences po à l’UQÀM. En fait, en relations internationales, mais c’est plus simple de dire science po. Ça m’intéresse, mais c’est avant tout un coup de tête. Mes trois choix de programmes étaient commerce international, sciences politiques et communication. Bin j’ai été accepté dans les trois, avec l’option exceptionnelle de m’inscrire en Relations internationales grâce à mon excellente cote R. Et je venais tout juste de flirté avec un beau diplomate en visite. Ça m’a inspiré. J’aimerais ça, devenir diplomate. C’est sexy, un diplomate, ça gagne beaucoup d’argent et ça voyage beaucoup. C’est donc ce que j’ai fait, je me suis inscrit dans un beau programme contingenté avec des gens qui vont faire partie de l’élite, qu’ils disent. Mais je suis loin d’être premier de classe, mais je patauge bien dans le « B+/B– « . Si ce n’était des lectures soporifiques et des fiches de lectures interminables, ce serait encore plus intéressant – et je serais encore meilleur. Mais il paraît que la masturbation intellectuelle fait des personnes intelligentes, faque je me branle les neurones big time.
J’habite le Plateau avec 3 colocs trouvés sur Kijiji. Sont smatts, mais bruyants. Sont tous straights et un peu douches, mais j’avais pas vraiment le choix avec mon pas-de-salaire et mon envie irrésistible d’habiter sur le Plateau. C’est quand même IN, le Plateau, même si c’est rempli de vieux et de Français exilés. En tout cas, il y a une belle vie de quartier. Pis j’aime ça, la vie de quartier. Pis mon appart est direct sur Laurier, à 2 secondes du métro. Au moins les colocs sont pas chiants. C’est pas mal vivre et laisser vivre. Chacun a sa tablette dans le frigo et chacun fait sa vaisselle. Le bol de toilette est toujours couvert de pisse, mais c’est pas mal l’affaire la plus dérangeante. Parfois on fait des partys, mais nos gangs ne se mêlent pas trop.
Je travaille au Starbuck de la Place d’Armes, celui sur Saint-Antoine. Dans un beau building des années 30, juste en face de la pire intégration architecturale du siècle: le palais des Congrès. Ewwww, quelle idée! Ça représente bien le Québec, ça. Faire du neuf avec pas de moyen, pas de temps et pas de goût. Ça donne inévitablement du laid. Je travaille comme barista 20 heures semaines et tôt le matin. Je commence à 5h00, mais j’aime ça. Je suis vraiment hop-la-vie à cette heure-là et j’ai vraiment envie de faire sourire les clients. C’est mon but en fait: les aider à bien commencer leur journée. Une chance que j’ai un but, parce que vendre du café, jour après jour, c’est pas la job la plus stimulante. Mais je me dis qu’en étant positif, il ne peut que m’arriver de bonnes choses.
Je sais pas trop ce que je veux faire dans la vie. Je sais juste que j’aimerais peut-être faire de la politique. Devenir premier ministre serait pas mal cool. Me semble que j’aimerais ça gérer un pays. Le Québec est pas encore un pays, mais ça pourrait le devenir. J’aimerais ça, en tout cas. Toujours est-il que j’ai pas vraiment d’idée, mais je suis un méchant bon doer. Donne-moi un projet, pis je vais te le monter et en faire quelque chose de gros. Pis beau. Pis l’fun. Faque imagine-moi premier ministre avec des gens plein de bonnes idées autour de moi. Ça serait fou!
Sinon, j’aimerais bien être écrivain, chanteur, danseur, animateur télé, pape (pour foutre le bordel au Vatican), diplomate, astronaute, indépendant de fortune. J’aime bin des affaires. Je suis assez curieux dans la vie. Je dis souvent que je connais un peu de choses sur plein de sujets. Ça fait de moi quelqu’un de cultivé, il paraît. J’aime ça, être cultivé. Mais je sais aussi qu’il est « trop tard » pour certains jobs. Ou ça ne me ressemble juste pas. Je reste positif, parce que quand t’es positif, il peut t’arriver bin de belles affaires.