De la brume dans mes lunettes_extrait #3

Il est 14h et Samuel vient tout juste de terminer son quart de travail. Aujourd’hui, il a vendu beaucoup de cafés, fait une tonne de sourires, mérité beaucoup de bons pourboires, enduré quelques airs bêtes, mais surtout, il a reçu un numéro de téléphone des mains d’un beau ténébreux à la voix suave et chevelure de feu. Sans tarder, presqu’en courant, il se rue dans le minuscule local des employés, inoccupé pour le moment. Il enlève sa casquette, accroche son tablier et s’installe dans un coin confortable pour appeler le bel apollon. Il racle sa gorge, répète quelques formules de salutations en adoptant différents tons de voix, choisit sa voix naturelle, un « Salut! C’est Samuel, le gars du café… » simple, mais assumé, prend une grande respiration et compose le numéro magique.

– Salut! C’est Samuel, le gars du café…

– Hey salut, beau toi! La journée a été bonne? répond Mathieu avec aplomb, visiblement content d’entendre Samuel.

– Ouais! Assez occupée et agrémentée d’une visite inattendue ce matin!, dit Samuel avec un fond d’excitation dans la voix.

– Ah oui? Qui donc? Pas un fucké de stalker qui t’a donné son numéro de téléphone, toujours?

– Oui, oui, un certain Mathieu, un gars avec une belle gueule et bin du guts!

– Ahahah! pas toujours, t’sais, mais j’avais pas envie de laisser passer cette occasion-là! C’est toi ça, la belle occasion! Donc, à quelle heure t’es dispo?

– Oh! Vous êtes charmant, m’sieur! C’est quand tu veux, je viens de finir mon shift et je n’ai rien de prévu pour le reste de la journée…

– Ok! Je quitte le boulot vers 17h30. Rejoins-moi au NYKS sur de Bleury, au coin de Sainte-Catherine à 18h00. Ça te va?

– Parfait, au NYKS ce sera. À tout à plus!

Ça y est, j’ai une date avec un beau gars inconnu, ce soir, dans une place cool. Il est 14h15, j’ai donc beaucoup de temps pour me rendre à la maison, siester un peu, me doucher, me faire beau, sentir bon et le retrouver au pub, frais comme une rose. Je ne serai pas en retard cette fois-ci, comme j’ai trop souvent l’habitude. Tout d’un coup que celui-là, c’est le bon?

Joie.
Fois mille!

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