J’ai envie d’écrire au « je ». Paraît que c’est pas beau, écrire au « je ». C’est pour ça que je vais le faire. BOOM!
—//—
Depuis aussi longtemps que je me souvienne, on m’a allègrement répété que j’étais intense. Trop sensible, trop émotif, trop draaaaama, trop exagéré. Juste trop. Il y en a même qui sont partis en me le disant (ou en le criant, c’est selon). Je. Suis. Too. Much. Ouin. Mettons que j’aurais pu apprendre à doser. Malheureusement (ou heureusement, ça dépend), il n’y a que le temps et les expériences pour nous l’apprendre. Depuis, je dose. Parfois.
Je suis comme ça : constitué intensément. Sans doute dû à mes parents, au milieu où j’ai grandi, à l’éducation que j’ai reçue. Ou à un échange de chromosomes funkys. Peu importe, c’est moi, ça.
Quand j’ai eu envie de lui dire que je l’aimais, je l’ai fait. Quand j’ai eu envie de lui écrire que j’avais de la peine, je l’ai fait. Contre les avis et les conseils de tous mes amis. Je l’ai fait. Avec le plus de mots possibles. De beaux mots réfléchis dans des phrases bien construites. Souvent sur plusieurs pages. Des romans-fleuves. Parce que, sur le moment, je pensais que c’était la meilleure chose à faire pour moi. Parce que j’avais besoin de m’exprimer. Parce que j’avais un indescriptible besoin d’être entendu et compris. Pour recommencer à respirer, pour réapprendre à dormir, pour arrêter de perdre mes ch’feux.
Je ne regrette rien. Pas un seul mot.
Certains diront que j’ai été over drama et que j’ai juste vomis mes émotions indistinctement, à tout vent. Ça, c’est ceux qui sont partis. D’autres diront que j’ai bien fait, que j’ai été honnête avec moi et les autres et que c’est une qualité admirable. Ça, c’est ceux qui sont restés.
Au fond, les gens peuvent bien dire ce qu’ils veulent. Parce que j’ai que rarement regretté mon intensité. Parce qu’elle a toujours été employée dans le but de comprendre l’incompréhensible. Parce qu’elle m’a entre autre permis d’être là où je suis maintenant, d’être la personne que j’ai choisi d’être et d’être entouré de toutes ces belles personnes généreuses et sincères. C’est ce que je veux après tout, être authentique et entouré de belles personnes généreuses et sincères.
Bin oui, je m’enfarge souvent dans les fleurs du tapis, mais ça permet souvent de constater l’éclat des couleurs et la qualité du tissage. Bin oui, ça me prend du temps à passer au travers de certaines épreuves. Pis? Hen, pis? J’ai souvent répété à un ami qui a pris beaucoup de temps à se remettre d’une rupture: « tu peux m’en parler aussi souvent que tu veux, tu passeras à autre chose quand tu seras prêt ». C’est ça, pour moi, un ami. Pis c’est ça, pour moi, la vie.
Faque, j’ai souvent eu peur de montrer ma vraie personnalité. Parce que je suis intense, explosif, sensible, fou-mongol! Une belle folie, parzemple. Mais ça fait peur au monde, ça. Ça surprend, ça choque, ça confronte, parfois. Pis y font quoi quand ils ont peur, les gens? Ils se sauvent. Pis quand t’aimes la personne qui se sauve, ça fait mal.
Paraît que quand on s’assume pleinement, les gens n’ont pas le choix d’accepter. Je pense bien que ce soit vrai. Man, si ça te plaît pas, pars! Mais le secret du succès, je pense, demeure tout de même le relatif équilibre. Rien ne sert de courir, mieux vaut partir à point.
Il y a donc quelques personnes que j’ai beaucoup aimées et qui sont parties en courant. Dans toutes les directions. Partout où je n’étais pas. Meh.
Cé ça quié ça. Tant pis pour eux.
Ce matin, j’ai eu envie de dire ceci: « Il y a de ces frontières de la vie qui découragent, mais surtout, il y a de ceux qui nous donnent la volonté de les dépasser, de s’arrêter de l’autre côté et de réaliser que la peur n’existe plus ». C’est mon beau chum qui me l’a indirectement inspirée. Un soir, un peu saoul, très amoureux, il m’a demandé de lui promettre de ne jamais changer. Me suis mis à pleurer. Parce que pour la première fois, l’homme qui partage mes moments me donnait le droit d’être qui je suis. Avec ou sans lui. Sans avoir peur. Sans menace de disparaître. Sans sous-entendu. Be it, sti. Beau, grand, intense, funné. Toute. Ça, ça veut dire que ça peut plaire, du monde comme moi.
Faque, je n’ai plus peur.
Sti qu’c’est beau, c’est beau la vie.