D’abord, c’est quoi l’amour?

On a commencé ça par un sympathique repas bien arrosé, entouré de gens drôles et agréables. On en a profité pour installer le Magic Mesh qui traînait sur la table. On l’a installé à quatre, en déconnant sur l’inutilité et le mauvais désign de l’objet. Deux installateurs, deux commentateurs. Pis on l’a testé, allégrement, en le traversant comme les stars qui entrent sur scène avec classe et aplomb. Après quelques essais plus ou moins fructueux et quelques déchirures stratégiques, il a fini au fond de ma poubelle. Alléluia. Beau moment.

Faque on a continué à boire et à jaser de tout et de rien. Le verbe léger, le coude aussi. Pis, on a décidé de sortir. Dans une boite de pédés. Parce que c’est, semble-t-il, un endroit où il est « facile » de rencontrer. Un ex m’a déjà dit qu’il ne comprenait pas la fréquence de mes sorties dans le village. Il affirmait qu’il se pointait dans une boite de pédés uniquement quand il avait envie de se trouver une baise (mais pas l’amour), insinuant, à mots à peine couverts, que 1. c’était simple pour lui de trouver et 2. de sortir là régulièrement faisait de moi une personne qui ne cherche que du sexe i.e. une personne de mauvaise vie. Une salope, quoi. Étrange raisonnement.

Pour quelqu’un qui s’y connait en bars gays saura affirmer que 1. trouver une baise (ou autre) n’est pas automatique ni toujours simple (surtout quand t’as un minimum de goût) et 2. qu’on en pense ce que l’on voudra, un bar reste un bar, village ou pas, et des amis s’y rencontrent souvent juste pour prendre un verre et jaser. Oui, oui, ça se peut. Certes, le principe de l’offre et de la demande est omniprésent, mais il est tout à fait possible de sortir dans un bar du village sans se frencher les amygdales ou se faire tâter l’pen.

Cela étant dit, je suis sorti en « célibataire », avec mes amis vraiment célibataires. Rendu là, on a continué à absorber une quantité vraiment pas raisonnable d’alcool, parce que c’est l’fun, ne pas être raisonnable. Et on s’est planté sur la piste de danse en choisissant un spot avec du beau monde, pour tout l’monde (j’ai quand même le droit de regarder, tsé). Mes amis étaient tout sourire et attentifs à la faune autour de nous. Ils avaient avant tout envie d’avoir un peu de plaisir entre amis, mais aussi, peut-être, who knows, de rencontrer un homme pour la nuit, mais surtout pour la vie.

Parce que vient un moment où, après une série d’histoires d’amour poches ou un trop long célibat, tu exiges, avec raison, que ce soit ton tour. T’as peut-être pas 100% confiance en toi, mais t’es une belle personne, t’as une belle personnalité et t’as un shit load d’amour à donner. Mais ça marche pas. Les gens que tu rencontres sont pas prêts, pas dans l’mood, pas rendus là. Ou ça veut juste pas faire d’efforts. T’es beau/belle, t’es magnifique même, mais c’est pas suffisant. C’est JAMAIS suffisant.

Ok, tu vas m’dire qu’il faut apprendre à être heureux avec soi-même et qu’on ne devrait pas avoir besoin des autres. Soit. T’as bin raison. Mais ton affirmation est plate. Je pense que même le plus endurci des aigris des célibataires a besoin d’affection de temps à autre, de plaire, d’être désiré, d’être regardé avec des étoiles dans les yeux. C’est vital, je pense.

Bin, comme à peu près à chaque semaine, ils sont tous rentrés bredouilles, sans même avoir communiqué avec un animal de leur espèce. Rien. Pas d’french, pas d’échange de numéros, pas de zieutage à l’urinoir. Sans doute quelques regards échangés, mais c’est tout. Pourtant, c’est si simple de rencontrer. C’est simple pour qui, déjà?

Des solutions efficaces pour rencontrer, y’en a juste pas. Ça arrive ou ça arrive pas. Ça prend une tonne de facteurs anodins pour que ça arrive, parfois pas. Le hasard, l’alignement des étoiles, la pleine lune, un nouveau t-shirt, une victoire du CH. Pis sont beaux, mes amis. Comme tout le monde, ils ont des issues et un passé à porter, mais sont fucking beaux. Dedans comme dehors. Pis vrais. Faque, c’est simple pour qui, déjà?

La seule chose qu’ils peuvent encore essayer, soir après soir, c’est de foncer. Ne pas hésiter. S’approcher, communiquer, sortir de leur coquille. Ça marchera p’t’être pas, mais au moins, ils auront donné le meilleur d’eux-mêmes, pour eux-mêmes, au monde entier. Pour glower in the dark. Pis ça aussi, c’est beau.

Faque, les lumières se sont allumées pis le DJ a fait tourné la Britney. My loneliness is killing me. Impunément.

Bitch.

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