Théâtre St-Denis 1 // Jusqu’au 2 août (dans le cadre du festival Juste pour rire)
Je m’attendais à du gros quétaine. Je m’attendais à ce que le jupon dépasse. Je n’espérais pas grand-chose d’une comédie musicale à la sauce québécoise traduite de l’anglais. Le jupon dépasse, c’est quétaine, mais c’est tout de même excellent.
Pas besoin de résumer l’histoire, tout le monde connait Doloris Van Cartier, chanteuse de cabaret, qui se retrouve cachée chez des religieuses à l’abri de son dangereux copain et impresario.
Les décors sont efficaces, les costumes, magnifiques et la mise en scène de Denise Filiatrault, bien rodée. Le jeu de Dayane Ntibarikure, qui incarne Doloris, est très, très moyen, voire mécanique. Le chant n’est guère mieux : sa voix manque de puissance, de justesse et de présence. Dans le rôle de la mère supérieure, Linda Sorgini est irréprochable, autant dans le jeu que dans le chant. Sa voix est très solide, impeccablement juste et extrêmement malléable. France Castel, Dorothée Berryman et Suzanne Champagne, malgré leur rôle léger et comique, ajoutent beaucoup de professionnalisme à l’ensemble. Albane Château, dans le rôle de Sœur Marie Robert, rayonne d’un rare talent dans son numéro solo. D’une extrême justesse et d’une délicate, mais solide intensité, les spectateurs ont eu peine à contenir leurs applaudissements avant la fin de sa prestation (j’en suis). Les mélodies sont accrocheuses, le chœur, envoûtant. On tape du pied allègrement. La pièce est un peu longue cependant (2h30 avec entracte) et certains passages (surtout les gars, dont Normand Brathwaite) mériteraient encore du travail (beaucoup).
Bref, malgré l’inégalité de certains passages, la comédie musicale Sister Act « made in Québec » vaut amplement les 120$ au parterre. À vous plaquer un sourire du début à la fin.