Une dérive vers le nationalisme ethnique…tiens donc. C’est ce qui arrive chaque fois qu’un péquiste parle d’immigration. Une déclaration ni maladroite et très adroite de l’aspirant chef PKP a fait sortir de terre les démons des indépendantistes. Et remercions les Philippe Couillard de ce monde de nous le rappeler et de faire peur au monde. Bouuuuaaaaaaah!
Ce qu’il a dit, théoriquement parlant, est vrai. La majorité des immigrants qui atterrissent sur le territoire ont choisi d’immigrer au Canada, pas nécessairement au Québec. Ils sont reçus comme de futurs Canadiens et portent effectivement allégeance à Sa Majesté la Reine. Ceci dit, cependant, ceci ne doit pas expliquer cela.
Autre chose qui est vraie, à leur arrivée, ils comprennent souvent plus ou moins les guéguerres politiques en cours et la question nationale. Ce qui ne les empêche pas non plus, pour la majorité d’entre eux, de s’informer et de se faire une bonne tête sur qui veut quoi. Et je sais que beaucoup d’entre eux se rallient d’emblée à la cause de l’indépendance pour diverses bonnes raisons.
Quand Pierre-Karl parle de démographie, il parle des vieux, de ceux qui avaient mon âge en 1980 quand René Lévesque a prononcé le célèbre « à la prochaine fois ». Et eux, les vieux, ne sont plus jeunes jeunes (vérité de la palice, tsé). Si la tendance se maintient, les indépendantistes de la première heure ne seront plus assez nombreux dans 25 ans pour faire contrepoids aux fédéralistes et aux je-m’en-foutistes (nombre grandissant, apparemment). Parce que les jeunes, il va sans dire, ne votent pas ou ne votent pas en majorité pour le Parti Québécois. Pour eux, à tort ou à raison, un Québec indépendant, ça ne leur dit rien. Il y a le monde devant eux, pourquoi vouloir petit?
Quand Pierre-Karl parle d’immigration, il fait allusion, par exemple, aux 51 959 immigrants que le Québec accueillait en 2013. C’est grosso modo le nombre de personnes qui entrent sur le territoire québécois pour y refaire leur vie chaque année. Entre 49 500 et 52 500. Je l’ai déjà dit, je ressens une grande fierté de voir que mon Québec est ouvert sur le monde et que des immigrants de différentes cultures et confessions s’installent ici pour de bon. C’est un beau geste de parts et d’autres. Ceci dit, il y aura un shift dans la population dite « de souche » et « immigrante » dans les prochaines années. C’est un fait et ce n’est pas raciste de le rapporter.
Ce que je n’aime pas dans le discours de PKP, c’est son pessimisme (et son manque de précision). Ce qu’il faut faire, ce n’est pas de se dépêcher pour éviter de perdre la « base » du parti, majoritairement blanche, francophone et made in Québec, mais c’est de convaincre les jeunes, les vieux et surtout les néo-Québécois que le projet d’indépendance est viable, souhaitable et indispensable à la juste évolution de la société québécoise. Inclure tout l’monde. Rien d’autre.
Je suis péquiste ET indépendantiste. Pourtant, je ne suis pas raciste. Il y a une pas pire marge entre croire que le Québec de par son histoire, sa culture, sa langue et ses espoirs mérite d’être élevé au rang de pays et de penser qu’il ne doit être fait que par et pour les « vrais » Québécois. Penser que tous les péquistes sont racistes, c’est non seulement faux, mais blessant. Si Québec indépendant un jour il y a, il sera créé par tous ceux qui le veulent, TOUS les Québécois, qu’il soient jaunes, blancs ou noirs, d’ici ou d’ailleurs, jeunes ou vieux.
Surtout par ceux d’ailleurs, d’ailleurs.