22 septembre 2015.
Ça fait exactement deux semaines que j’ai ouvert la porte de La brume dans mes lunettes. Pis ça va bien. Genre, vraiment bien.
Il y a déjà des gens qui viennent ici tous les jours. Il y a un couple de l’âge de mes parents qui vient souvent et qui demande toujours en entrant « qu’est-ce qu’on mange aujourd’hui? ». Il y a Marie-Josée Longchamps qui passe régulièrement et Émile Proulx Cloutier qui se pose deux trois fois par semaine. J’ai été interviewé par LaPresse+ et Canoe.ca. Mon beau café/salon de thé/la-troisième-pièce-de-ton-salon a fait l’objet de quelques critiques positives sur différents blogues (et une négative, mais le gars boude aussi Myriade!?). Ça fait deux semaines, mais j’ai déjà l’impression que ça fait des mois. Tout le monde a l’air si habitué d’y passer du temps. C’est beau et ça me fait chaud au cœur.
Je suis tellement reconnaissant.
Je ne réalise pas encore que mon emploi m’a quitté le 27 mars dernier. Ça faisait 14 ans que je n’aimais pas mon travail. Mon dernier patron l’a compris : « tu passes aux communications ou tu t’en vas, on va se rendre service à tous les deux ». J’ai essayé les comms pendant un mois, on devait me faire une offre, mais on a tous réalisé que ça ne fonctionnerait pas. Pas motivé, pas intéressé, pas payant, pas ça. J’ai attendu l’offre qui n’est jamais venue pour finalement être mis à pieds. Dans le calme et le respect, avec un gros « fais donc c’que t’aimes dans’ vie ». Il avait maudiment raison.
Mais faire ce qu’on aime, ce n’est pas toujours simple ni possible. Parfois, on fait ce qu’on peut, pour payer les factures, entre autres. J’aurais bien aimé tripper sur ma job de technicien à 30$ de l’heure et accepter de faire le même travail pendant 35 ans, avec le sourire, sans broncher et le sentiment du devoir accompli. Mais je suis exigeant, je veux plus, je veux mieux, je veux un peu de passion. Et malgré tout, mon but professionnel n’est pas tant de faire de l’argent. Je veux juste ne pas trop avoir l’impression de travailler, avoir envie de donner mon 1000% jour après jour, voyager deux trois fois par année sans trop me priver, faire quelque chose qui me stimule, être heureux. Je n’en demande pas tant.
Me voilà donc, cinq mois plus tard dans ma deuxième maison, le premier jour du reste de ma vie. Pis j’aime ça. Je travaille 82 heures par semaine, j’ai le trou d’c*l en d’ssour du bras, mais j’aime ça. Je ne vois pas le temps passer, je vois du beau monde, j’ai des discussions intéressantes avec des inconnus, je dis bonjour à plein de monde, j’ai un cuisinier et un barista formidables, je souris, sti. Simple de même.
J’ai aussi de la chance. J’ai des parents aussi mongols que moi, une conseillère financière qui a du guts et des amis willing (et aidants) en esti. Pis tout ce beau monde-là passe me voir, régulièrement, pour boire un bon café, jaser, flâner dans les fauteuils dépareillés, refaire le monde le temps d’une journée. Sont fins pis je les aime. D’amour.
Faque merci pour ces deux premières semaines fantastiques !
J’ai juste hâte à demain (pis à une petite sieste).