Il n’y a pas de mot pour expliquer ou comprendre quand ça se passe. Peu importe les auteurs, l’endroit, peu importe les raisons, la religion, les revendications, il n’y a rien qui explique un tel débordement. C’est indicible. Paris est en deuil. Le monde aussi.
Pourquoi Paris? Pour le passé colonialiste de la France? Pour l’implication des Français en Syrie et en Irak contre l’État islamique? Pour sa croisade main dans la main avec les États-Unis et la coalition? Oui, peut-être, mais pourquoi Paris encore? Londres, Ottawa, Washington, Canberra y participent aussi activement. Ils ont, eux aussi vous me direz, eu leur lot d’attaques. Il y en a eu aussi en Arabie saoudite, en Jordanie, au Qatar, à Baheïn et aux Émirats arabes unis, eux aussi membres de la coalition. Ne faisons donc pas d’amalgames douteux. Ce n’est PAS un problème « arabe ». C’est un problème d’extrémistes. Et des extrémistes, il y en a partout, en Occident, au Moyen-Orient et ailleurs. À côté de chez vous, peut-être. Mais pourquoi Paris, aussi souvent, aussi sanglant? C’est à n’y rien comprendre. C’est nul. C’est triste et inhumain.
On a vu passer des tonnes de photos de Paris, de drapeaux français, des statuts solidaires, attristés, bouleversés. On a vu passer des « hashtags » de paix, de soutient. On a aussi vu passer #prayforparis. Je vous le dis, je vous le demande, ne priez pas pour Paris. C’est possiblement cette même religion qui entre trop souvent dans nos vies à coup de bombes et de kamikazes. Pensez à Paris, soyez solidaires des Français, offrez votre aide si vous êtes là-bas, mais ne priez pas. Il y a mieux à faire.
J’ai aussi eu vent d’un incendie dans un camp de migrants hier à Calais. Vraiment?! Des migrants qui fuient justement les violences et l’extrémisme? Ils ne comprennent rien, ces ignares et insensibles pyromanes. Ces gens, ces RÉFUGIÉS venus de loin dans la douleur et l’impuissance, ne sont pas plus dangereux que vos voisins, compatriotes de « souche ». Ils le sont probablement moins. Certains diront que les accueillir chez nous nous expose sans doute un peu plus à la colère de l’extrémiste. Peut-être, mais je m’en fous. Je préfère qu’on soutienne la paix, l’amour et l’accueil à la guerre, la haine et la peur. C’est clair?
La ville de Québec (cibole!) a aussi son lot de bêtes conservateurs (dans tous les sens du terme). Cette semaine, on a pu lire une banderole installée au-dessus de l’autoroute Henri-IV qui disait « Réfugiés, non merci ». Bande de caves. Depuis quand on réagit comme ça face à la misère? Depuis quand on ferme nos portes aux plus démunis? Bande de caves x 1000. Le Québec et le Canada sont une terre d’accueil et de paix, point. C’est non négociable. Depuis trop longtemps, le conservatisme de droite et d’extrême droite font mal à nos valeurs. La peur de l’étranger a pris le dessus sur le fucking gros bon sens. Réveille-toi avant qu’il ne soit trop tard et accueille les 25 000 réfugiés Syriens à bras ouverts. Et ce, peu importe les conséquences directes ou indirectes. La peur ne doit JAMAIS gagner. Elle peut être vécue, assimilée, mais pas incapacitante ou récalcitrante. STOP IN THE NAME OF LOVE.
N’ayons pas peur, même si ces actes nous l’inspire. Le président Hollande l’a très bien dit : “ Il y a effectivement de quoi avoir peur, il y a l’effroi, mais il y a face à l’effroi une Nation qui sait se défendre, qui sait mobiliser ses forces, et qui une fois encore saura vaincre […]. ” Soyez forts, Français. Tenez-vous debout pour le meilleur et pour le pire.
Et n’oublions pas, il y a Paris, il y a eu Londres, Ottawa, New York, et tant d’autres en Occident, mais il y a tellement ailleurs, Beyrouth par exemple, aussi sanglant, aussi dramatique, aussi inhumain, tous les jours ou presque. La Palestine, aussi. Ne l’oublions pas. Soyons aussi et autant solidaires, même si on ne les entend pas.
Il y a sans doute une raison à tout ça. Peut-être est-ce l’exportation à outrance de nos « valeurs ». Peut-être est-ce cette recherche incessante de la « paix ». Peut-être est-ce cette recherche de la paix et l’exportation de nos valeurs pour les mauvaises raisons. Peut-être des fous de Dieu, aussi. Des fous tout court, sans aucun doute.
Il y a beaucoup de matières à réflexion. Espérons que les « grands » y verront un signal qu’il faut faire mieux ou différent. Ou qu’il est peut-être déjà trop tard.