Y paraît que j’ai traversé les 7 étapes du deuil en environ deux semaines. C’est l’ex, avec qui je crois avoir conserver une belle relation, qui me l’a exposé. Je crois que c’est positif. Ça ne signifie pas que notre relation passée ne me manque jamais, mais ça signifie qu’on devait être rendu là. Cela étant dit, sans le vouloir vraiment, mais s’en vraiment m’en empêcher, je me suis remis sur le marché de la « date ». Ce qui fait que par un certain vendredi soir, je me suis fait beau, j’ai mis trop de parfum et je me suis dirigé vers un bar de taps avec toute la confiance du monde dans les yeux.
Dater en 2016, ça ne marche pas nécessairement de la même manière qu’en 2004. Avec la multiplication des réseaux de rencontres, le monde est devenu paresseux. Parce qu’on va se le dire, dater en ligne, c’est assez paresseux et ça n’engage à strictement rien. T’es assis dans ton salon, tu dis « salut, ça va? » à outrance et tu passes au suivant quand la conversation ne mène nulle part, which means, presque tout le temps. C’est d’autant plus facile que tu risques de ne jamais croiser la personne ou de ne pas la reconnaître dans un lieu public. Win-win.
Ça fait que le monde se parle de moins en moins.
Sauf que je suis un romantique et je pense que beaucoup de mes amis le sont aussi. Rencontrer face à face, c’est TELLEMENT mieux. Oui, faut que tu fasses l’effort de piler sur ta gêne pour engager une conversation, mais c’est vraiment plus constructif que de swiper à gauche ou à droite. C’est aussi le meilleur moment d’apprendre à te vendre, d’être séduisant, d’être authentique avec une touche de magie. Pis en personne, tu peux le/la sentir, le/la voir bouger, entendre sa voix, observer ses mimiques, ses réactions, admirer son sourire. Il y a un véritable échange qui s’opère. Tu ne peux pas faire ça su’ ta machine.
Faque le monde en 2016, ça cruise de moins en moins souvent dans un bar. À moins de rencontrer un ami d’ami, et encore. Pis quand ça cruise en personne et que ça plaît, ça trouve quand même le moyen d’aller voir sur les applications, d’un coup qu’il y aurait mieux. Parce que tout le monde le sait que la planète regorge de possibilités. Je l’ai fait, tu l’as fait, tout le monde le fait. Si ça ne marche pas avec lui, pas grave, mon application super duper va me permettre rapidement de combler le vide. C’est le pouvoir infini du câble.
Où est-ce que je m’en vais avec tout ça? C’est pas super clair, mais toujours est-il que j’ai désinstallé [encore] toutes les applications que j’ai pu installer dans les derniers jours. J’ai swipé dans les deux sens, j’ai envoyé des « salut, ça va? » et j’ai créé une liste de favoris des gars qui me plaisaient. Bin je trouve ça nul. Je me trouve nul. Ça fait ressortir chez moi des émotions désagréables. Ça me met inutilement en mode attente. Ça me fait perdre un temps précieux pour profiter de la vraie vie. Ça génère de l’espoir où il n’y en a que trop peu. Et ça crée aussi beaucoup d’indifférence face à l’engagement, à l’honnêteté et au respect. On ne devrait pas avoir besoin d’une telle police d’assurance. Quand on rencontre quelqu’un qui nous plaît, on devrait, je pense et bien humblement, se concentrer là-dessus un tant soit peu.
Pas nécessaire de fermer toutes ses portes. Pas nécessaire de fermer les yeux sur ce qui se passe autour. Mais laisser les portes ouvertes ne signifie pas non plus continuer à chercher activement une « date » de remplacement, au cas, sur toutes les plateformes de rencontres. C’est éviter l’essentiel, je pense : apprendre à connaître l’autre.
D’un coup qu’il y a mieux ailleurs, tsé. Parce qu’il y a, God knows, indubitablement mieux ailleurs.
Même si c’est rendu un must pour rencontrer, même si c’est « facile », même si tout le monde est là-dessus, je ne veux plus me conformer et je sais que la tâche sera ardue. Je veux formater cette nécessité en moi de vouloir combler le « vide ». Je pense que je préfère rencontrer moins souvent, mais en personne, et je refuse de me sentir comme d’la marde parce que le dude sur Hornet n’a pas répondu à mon approche. Au moins, face à face, quand ça ne clique pas, tu l’sais. Pis tu te sens d’la marde un peu moins longtemps. Neeeeeext.
Le célibat, comme la vie de couple, ce n’est pas toujours simple. Mais je suis persuadé qu’il y a moyen d’en tirer avantage. C’est certainement le meilleur moyen de travailler sur soi et de devenir une meilleure date pour l’avenir. Et qui a dit qu’on ne pouvait pas être heureux seul? Hen, qui?
Ah les maudites applications… Tu aurais beau parler 10 langues et avoir 3 doctorats, tout ce que ça cherche c’est des beaux abdos et pis des duck-faces en camisole. Et pas moyen de cruiser dans les bars, les gars sont tous dans leur bulle. (soupir)