Je me suis retrouvé hier soir dans un appartement rempli de boites. Des boites de déménagement. Parce que mon ex-couple s’en va aujourd’hui.
Dans la journée d’hier, soumis au hangover d’alcool de la veille, j’ai eu le sentiment d’avoir le cœur brisé, sentiment agrémenté de cette fameuse impression de fin du monde post brosse. Pas uniquement à cause de cette relation qui s’est terminée, puisqu’on est tous les deux conscients qu’on est better off maintenant, mais surtout par le concept de séparation, encore. Ce n’est pas agréable une rupture, même consentante. Ça joue sur les sentiments, l’humeur, la confiance, les certitudes, le contrôle et les limites. Ça brasse bin des affaires pas l’fun.
Sur mes trois longues relations, je n’ai quitté le nid qu’une seule fois. Les deux autres, c’est eux qui sont partis. Ce qui fait que deux fois, je me suis retrouvé dans un appartement à moitié vide, ayant au début de la relation, fait de la place pour leurs choses. Donc, aujourd’hui, dimanche, la chambre sera vide. Genre vide. Ça me rend un peu triste. Ça, pis la brosse à dents en moins.
Par choix, j’ai dormi sur le sofa du salon depuis le jour R. Ça me réconforte dormir sur un sofa. C’est comme si je dormais ailleurs, où tout va relativement bien. J’oublis généralement mes angoisses et autres menus tracas. Je dors étonnement bien, malgré mes grandes jambes et le peu de marge de manœuvre. Et je n’ai pas l’intention d’installer un lit dans la prochaine semaine, au désespoir de ma mère. Dormir sur mon sofa, dans ma petite bulle, sera vraiment salutaire. Quelques jours encore, maman. Pas plus, promis.
Puis, j’ai rencontré un garçon il y a quelques temps. Notre rencontre était remplie d’étoiles, comme dans les films. Et les rencontres suivantes l’ont été tout autant. Puis, de son bord, de moins en moins. Puis, plus rien. Y veut, mais y veut pas. Devant ce foul ball annoncé, j’ai daté un autre garçon, me disant que je n’avais rien à perdre, sans trop réfléchir. Ça s’est bien passé, le gars est beau, fin, intéressant, drôle, mais non, je ne sens rien. Je veux celui qui ne veut pas. Classique.
Tout ça pour dire que j’ai peur du vide. Comme presque tout le monde en fait. Ça signifie que devant un échec, plutôt que de le cuver et d’essayer de devenir une meilleure personne, on passe au suivant, en espérant que le suivant soit celui qui nous permettra de se sentir mieux. They tried to make me go to rehab but I said : « no, no, no ». Mais c’est pas d’même que ça marche. Pour rencontrer quelqu’un, faut être prêt à ouvrir son cœur, à partager, à faire des efforts. Parce qu’être en couple, c’est jamais simple. Faut toujours faire des efforts. Quand on est prêt, on est capable de faire tout ça. Faque, j’entre en rehab.
Même si j’ai fait mon deuil, je ne suis pas tout à fait prêt à m’embarquer dans une nouvelle histoire. Officiellement, je ne veux pas. Officieusement, j’ai un peu envie. Mais j’ai des cossins à régler. Je le vois, je le sens. Même si j’ai envie d’essayer quelque chose avec le dude aux étoiles, ma gestion de crise est juste ridicule : j’insiste, j’espère, j’attends, et je répète, inlassablement. Ridule et/ou pathétique, c’est selon. Ce sont des signes ÉVIDENTS qu’il ne me laisse pas indifférent, mais signes ÉLOQUENTS que je ne suis pas encore rendu là. Si j’étais prêt, je serais un peu plus en contrôle de mes émotions et respectueux de mes limites. Pis je laisserais aller, for good. Advienne que pourra, sti. La vie regorge de dudes aux étoiles prêt à prendre ma balle au bond. Mais je pars toujours du principe que rien n’est impossible. C’est positif, je trouve. Mais ça me force parfois à m’acharner. Un peu. Ou beaucoup. Faque, avec tout ça, j’ai décidé de laisser aller, au nom du bonheur. À suivre, donc.
Cela étant dit, ce soir, c’est le début d’un nouveau chapitre. Celui de la reconstruction. C’est à partir de ce soir que j’aurai tout le temps de revoir mes priorités, de cuver mes peines, d’essayer de rencontrer sans trop m’attacher et de réapprendre à être un célibataire heureux. Juste apprendre à respecter mes limites, c’est un excellent début. Pis à prendre actions quand les signaux d’alarme retentissent.
Genre, style, comme.