Trois fois passera

Dans les trois derniers mois, j’ai daté trois gars. Commençons par ça.

Le premier, ça s’annonçait super bien. On s’est rencontré dans un bar, on s’est plu tout de suite, genre sourires automatiques, petites étoiles dans les yeux, une envie irrésistible de s’arracher nos vêtements. On s’est revu, en tête-à-tête au resto, chez lui, on avait envie de se revoir, on s’est revu, trois fois, et c’est à ce moment que j’ai dit l’impensable : tu me plais. Ça et quelques autres questionnements que je considère légitimes. MAIS OÙ AVAIS-JE LA TÊTE?! Depuis, plus rien ou presque. Des grenailles d’attention et quelques relances.

Le deuxième, je l’ai connu sur Tinder avant ma résolution. On a tous les deux swipé à droite, on s’est envoyé un premier message pis ça semblait parti pour la gloire. On s’est vu trois fois, chez lui, et c’était vraiment agréable. Cette fois, c’est moi qui ai reculé, je ne le sentais pas, mais je lui ai dit rapidement et avec des mots en séquence cohérente : « je ne souhaite pas m’aventurer sur cette voie avec toi ». Et le traditionnel : « je préfère qu’on reste ami ». Depuis, quand il a été prêt, on s’est revu en amis et j’apprécie ces moments.

Le troisième, je l’ai poké sur Facebook. Bin oui, je fais ça. Il m’a poké back, je lui ai envoyé un message et s’en est suivi un échange enflammé pendant deux semaines. Le gars, à l’extérieur de la ville pendant ce temps, est même revenu plus tôt parce qu’on ne se pouvait plus. Beau, fin, drôle, into me x 1000. Into him x 1000 aussi. On s’est vu pour la première fois vendredi et c’était juste parfait. Malgré son intensité plus aiguisée que la mienne et l’évolution rapide de la « relation », j’ai mis mes quelques issues récurrentes de côté au profit d’une possible chouette histoire.

On s’est revu samedi soir, je rencontrais ses amis (bin oui, vite de même, mais pourquoi pas?!), et je devais repartir avec lui, chez lui. Sauf que, j’étais fatigué et un peu dans ma tête, j’ai donc préféré partir sans lui, chez moi, et éviter des discussions possiblement akwards. Je lui ai dit et il a déchanté sur-le-champ. S’en est suivi – de sa part – un envoi massif de textos plus ou moins agréables à lire et deux appels manqués – je dormais, tsé, j’étais vraiment et réellement fatigué. Faqueeeeee, me suis fait domper hier matin. Bête de même. Je n’étais plus à la hauteur de ses attentes, tout à coup. J’aurais dû rester avec lui, faire comme si tout allait bien et sourire à tous vents. Me sacrifier pour la cause, en quelque sorte. Ça s’est fini hier matin donc, au téléphone. C’est toujours mieux que par textos. Ooooooooh well. Ça m’a rassuré sur un truc : il y a plus intense que moi. Merci, bonsoir.

Étonnement, hier matin, j’étais d’un calme plat. Quoi dire ou faire face à ça? Absolument rien. J’ai donc expérimenté le « lâcher prise » avec succès. C’est dire que devant une situation totalement hors de mon contrôle et démesurément dramatique, je suis encore assez sensé pour me retirer avec grâce et sans trop de séquelle. Je me sens quand même vidé de toute cette intensité, j’ai fait à peu près huit siestes dans la journée, mais je suis fier de ne pas avoir accepter de courir vers l’impossible, tête baissée. Y’a toujours bin des limites!

Ça met donc un terme, pour le moment, à un cycle de dating poche. Aujourd’hui, je dois avouer que j’étais un peu découragé/dégoûté des dernières semaines et de certaines de ces rencontres. C’est comme courir vers des portes grandes ouvertes, mais les recevoir en pleine face au moment d’entrer. Un moment donné, ça gosse.

Conseils du jour :

  1. Si tu dates pis que ça marche pas ou que tu veux pas, aies au moins les couilles de le dire rapidement, avec des mots qui se comprennent et des phrases claires. Sois assez adulte pour ne pas garder l’autre comme un rond de poêle allumé, juste au cas. C’est nul. La personne l’autre bord a possiblement un intérêt pour toi et tu lui donnes espoir pour rien. Répéter au besoin avec patience et un peu de cœur.
  2. Si t’es intense, apprends à te gérer un peu. Ce n’est jamais simple, les émotions sont souvent plus fortes que la raison, mais fais un effort. Au pire, rumine chez vous, parles-en à tes amis, radote, mais ne sois pas pathétique devant lui. Apprend à parler calmement, à tête reposée. Pour l’avoir vécu trop souvent, parler sur le coup de l’émotion ne donne JAMAIS les résultats escomptés. Répéter avec abandon, intelligence et estime de soi.
  3. N’accepte jamais qu’on joue avec toi. Tu vaux plus que ça, tu m’entends?

Comment conclure, maintenant?

Les gars (les filles), on a tous des issues dans la vie. Y’a personne de parfait ni de totalement prêt à se lancer en relation. Même les plus zen de mes amis sont un peu fuckés. Sont juste plus calmes. On a tous un passé, des angoisses, des attentes, des trucs à régler, l’espoir de trouver le bon et le cœur fissuré d’histoires ratées. Y’en aura jamais de facile, maudit câlisse. Être en couple, c’est UN TRAVAIL DE TOUS LES JOURS. C’est pas juste du WOW, c’est aussi des discussions pas l’fun, des ajustements, des compromis, c’est traiter avec un HUMAIN qui a des travers différents des vôtres. Pis après avoir compris ça, c’est essayer d’avancer ensemble dans la même direction. C’est là que la magie s’opère, en principe. Mais pour ça, faut avoir un intérêt d’abord et être prêt à faire des efforts ensuite.

Parce qu’on a rien pour rien dans la vie, tsé.

Neeeeeeeext.

 

Une réflexion sur “Trois fois passera

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