Boyfriend material

Me semble que ça fait longtemps que je n’ai pas étalé ma vie privée sur la blogosphère. Ça vous manquait, je sais. Voici, donc.

Le chapitre Paragraphe 3 vient de se terminer. Pas parce que ce n’est pas du boyfriend material, au contraire, il est beau, pis fin, pis drôle, pis attentionné, pis généreux, pis amoureux, pis je crois bien qu’il aurait mis la Terre à l’envers pour me rendre heureux. Exactement comme je ferais pour celui que j’aime. Mais suite à une discussion que j’ai souhaité franche, il a mis un terme à nos ébats parce que je ne suis pas capable de lui donner tout ce qu’il attend de moi. Je rumine des vieilles affaires, encore. Je n’ai pas complété tous mes deuils, je crois. J’ai encore de la colère emmagasinée, on dirait bien. En ce moment, je lui ouvrirais mon cœur pour les mauvaises raisons. J’ai donc dit non, implicitement. Il a dit non, explicitement. Question de timing, qui disent.

C’est dire que j’ai, un peu malgré moi, tiré la plug sur une pas pire belle histoire. Comme un amateur.

Un soir un peu trop arrosé, un bon ami à moi lui a dit que j’étais un peu FOMO ces temps-ci, dans des termes plus affectueux, bien sûr. Effectivement, j’ai en ce moment cette fâcheuse impression d’avoir peur de manquer quelque chose. Quoi ? Je ne sais pas. Pourquoi ? Non plus. Mais je ne reste pas en place deux secondes, j’ai besoin de sortir, de voir du monde, de flirter, de me sentir libre. C’est ça, j’ai besoin de LIBARTÉ. Plus qu’à l’habitude. Comme si j’avais été encabané pendant trop longtemps. Comme si je m’étais un peu trop privé au nom d’une certaine stabilité émotionnelle.

J’ai souvent dit que j’avais trouvé un anxiolitique efficace : le couple. Quand je suis en couple et heureux (cela va de soi), je n’angoisse pas, je dors la nuit, je souris le jour, j’apprécie rester chez nous les fins de semaine. Je suis léger et funné. Je crois qu’en pareille situation, et mon entourage pourra en témoigner, je suis à mon meilleur. Quand je date, je deviens rapidement instable, émotif, exagéré, intolérant, je me réveille la nuit pour ruminer, réfléchir ou paniquer, inutilement.

Maudit câlisse.

Dans la vie en général, mais plus particulièrement en ce moment, j’ai besoin de voir du monde, d’organiser des soupers le vendredi soir, de sortir dans les boites de pédés. Mes amis sont majoritairement gays, je suis gay, je vis gay et c’est comme ça que je me sens bien. C’est donc dire que j’ai besoin de quelqu’un qui va avoir envie de faire les mêmes activités que moi, avec le même monde que moi, au même rythme que moi ou presque. J’aimerais être différent, me satisfaire de peu, être capable de naturellement rester chez moi les fins de semaine, jardiner, tricoter ou jouer à la pétanque avec des amis. J’aimerais vouloir désespérément partir en camping, en voyage de pêche, avoir un chalet pour m’évader tous les fuckin’ weekends de l’année. Je ne suis pas encore rendu là. Je ne me sens pas comme ça. Je préfère les 5 à 7, les partys et rentrer aux petites heures du matin.

Ça me déçoit parfois.

J’ai 35 ans. J’ai l’impression d’en avoir 20. J’agis comme si je n’avais pas vécu et/ou appris. Mes amis me répètent à juste titre que ce serait peut-être le bon moment de prendre une pause, de me retrouver, de me ressourcer, d’être en couple avec moi-même. Genre.

Que faire maintenant ? Rien, je suppose. C’est la meilleure réponse que j’ai trouvée. Rien ou essayer de faire différemment, encore. J’imagine devoir construire un Trump wall entre les autres et moi. Pas par peur d’être blessé, juste pour éviter de rencontrer prématurément et de m’attacher indûment. Du moins temporairement.

En attendant, je vais laisser accrochés les dessins que Paragraphe 3 m’a fait au café. Juste pour me rappeler que c’était l’fun. Pis que j’aurais aimé être à la bonne place, au bon moment.

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