Il est minuit six. J’arrive tout juste à la maison.
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Je suis parti du travail avec un peu le cordon du cœur qui trainait dans’ marde. Un peu. Pour toutes sortes de raison. J’arrive juste pas à le raccrocher comme je voudrais en ce moment. C’est cyclique, je crois. Temporaire, surtout. Donc, ce soir, j’avais envie de prendre un verre et de rentrer un peu plus tard, mais pas trop tard. Juste pour dire. Je n’avais juste pas envie de rentrer seul à la maison en sortant du bureau. Tsé, ce genre de moment.
C’est raté, il est très tard.
Je me suis donc retrouvé chez l’EX, celui avec qui j’ai passé quatre années formidables/de marde, mais pour qui j’ai un profond respect et encore beaucoup d’amour. Pour l’occasion, parce que mon cordon machin trainait dans ÇA, j’ai acheté une bonne bouteille. Avec son copain que j’adore, on a discuté de choses et d’autres. Du quotidien pis tute. Et à un moment donné, j’ai dit : « le discours d’Hillary est à 22h ». Tout ce que je voulais, c’est l’écouter. Bin me v’là tu pas que je l’ai regardé sur grand écran, full HD avec le volume dans l’tapis! Pis avec eux. What a speech!
Ce soir, j’ai vécu un moment comme j’en rêve trop souvent. Un ESTI de moment. Comme quand Pauline est devenue première ministre. Cette étape où tout semble possible. Où les dernières barrières tombent. Où sky is the fucking limit. Cette femme-là, Hillary, je ne sais pas pourquoi, mais elle m’inspire. Malgré tout ce qu’on a pu lui reprocher et plus encore. C’est Hillary Rodham Clinton. HRC, la présidentiable. C’est SA campagne, SON moment, SON accomplissement. Peu importe si elle gagne ou non, peu importe ses erreurs du passé, peu importe ce qu’on pu dire, elle mérite cette nomination. C’est une battante, elle est déterminée, qualifiée et fucking prête!
Je sais, je parle d’un autre pays. C’est juste tellement plus inspirant politiquement parlant qu’ici. Là-bas, à chaque campagne présidentielle, le monde peut changer. Là-bas, le monde VOTE. Ils s’intéressent et comprennent les principes de base de la démocratie, le moins pire des systèmes. En plus, ils ont le sens du spectacle, du rythme, du discours. Et ils en ont les moyens. C’est beau et inspirant (parfois un peu troublant).
J’ai absorbé chaque mot de son discours. Chaque intonation, chaque sourire, chaque martèlement. Elle est tellement prête! J’ai ri, j’ai applaudi, j’ai été fébrile, j’en ai redemandé. Quelle femme! Quelle future présidente!
Après ce discours véritablement historique, je marchais sur la rue en souriant béatement. J’étais bien. Heureux. Satisfait. Comme si tout pouvait arriver sans m’ébranler. Fallait donc que je trouve une chanson pour faire perdurer le moment. J’ai pitonné, et pitonné encore jusqu’à ce que je tombe sur L’amour existe encore. J’ai hésité, mais je l’ai laissé jouer.
L’amour existe encore. Parce qu’à travers tous ces mots que Hillary a su si bien juxtaposer, il n’y a que ça : du beau, du bon, de l’unité et de l’amour pour son prochain. Que ça mène à un résultat ou non. C’est de ça dont le monde a besoin en ce moment. Du positif. On n’est peut-être pas du même bord, mais au bout du compte on s’en fout d’avoir raison ou tort. Le monde est mené par de fous, mais il n’en tient qu’à nous de nous aimer plus fort. Au-delà de la violence. Au-delà de la démence. Malgré les bombes qui tombent aux quatre coins du monde. Malgré ce mal qui court et met l’amour mort. C’est tellement à propos.
Pis quétaine un peu (ou beaucoup).
Après ce soir, je pourrais mourir parce que j’ai vécu un moment parfait, mais j’ai bin trop envie de voir Hillary présidente des États-Unis. Pour toutes les personnes qui se battent pour un idéal dans le monde. Faque je ne mourrai pas. J’ai juste pas envie.
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Il est minuit cinquante et je vais dormir. PEACE.