Heureux d’un printemps

J’ai couru 8km hier. Une première course depuis septembre. Faisait beau, plus chaud que les 18 dernières semaines, j’avais le vent dans les jambes. Après une semaine de déluge glacial (avouez qu’on ne pensait ne jamais s’en sortir), ça m’a fait le plus grand bien, même hangover, tsé. Courir, comme faire du vélo la nuit, c’est un de mes moments préférés pour décrocher et mettre mes idées en place. Here we go again.

J’ai ressenti, depuis quelque temps, un intense besoin de vivre (ou de vivre dans le déni, c’est selon). Une rage qui m’empêchait de me cloîtrer chez moi les fins de semaine. J’avais besoin de sortir, même seul. Pour voir du monde. Pour me faire regarder. Me sentir vivant et séduisant. Penser à autre chose. Oublier le quotidien un peu. Les problèmes et l’absence de solutions, parfois. Juste prendre une bouffée de vie. J’ai donc convenu avec moi-même que j’avais le droit de faire tout ça pour ces raisons-là. Au nom d’un certain équilibre mental.

Pas nécessairement, mais plus souvent qu’autrement, j’ai opté pour des lieux de mauvaise vie. Pour m’enivrer un peu. Parce que l’effet de l’alcool sur l’âme, sur le coup, c’est agréable. Ça allège. Ça soulage. Ça banalise. Malgré la tête lourde et les bouffées de chaleur du lendemain. Puis, l’heure de fermeture arrivée, je rentrais chez moi seul, de préférence. Toujours debout, avec la majorité de mes facultés, juste pas assez pour conduire la voiture que je n’ai pas. Le taxi est une invention formidable dans ces circonstances. Même pas besoin de parler, juste de payer. Supercalifragilistique.

Je ne suis pas nécessairement sorti pour rencontrer. Peut-être qu’il y a eu, au fond de mon coeur, une petite lueur d’espoir, mais pas tant. Pourquoi, de toute façon, aurais-je voulu faire entrer quelqu’un dans ma vie un peu désordonnée de l’hiver qui vient de fondre et ne pas être capable de lui offrir ce qu’il mérite de mieux et moi-même en profiter? Quand j’ai eu envie d’affection, j’ai su où aller en chercher. J’avais juste envie de sentir qu’il y avait quelqu’un pas loin, que je n’étais pas seul, sans baiser. Il y a parfois eu plus, mais pour pas tant de fun et d’agrément, finalement. J’aime pas trop les one nights. Je n’avais souvent pas envie de ça, avec ces gars-là, à ces moments-là. J’avais un mini doute, j’ai tout de même procédé, mais j’aurais dû m’abstenir. En fait, j’ai envie que le vrai prochain, peu importe quand, qu’il soit là pour les bonnes raisons et que ce soit fait un peu fait de la bonne façon. Mettons que si je pouvais NE PAS le rencontrer sur Tinder, METTONS, ça pourrait être amusant. Je ne ferme aucune porte, cependant.

Donc, comme mentionné dans un précédent article, j’ai récemment manqué du coup d’pied dans l’cul nécessaire pour bin des affaires. Pour discuter abondamment et à tous vents, pour ouvrir mon coeur, pour partager mon quotidien un peu dull, pour régler des différends, pour entretenir plus de relations que je n’en ai déjà, pour les situations délicates et/ou sensibles. Maaaaaaaaaaaais, qu’à cela ne tienne, tout ce repli sur soi hivernal, ponctuel et désagréable semble tirer à sa fin. Du moins, pour certaines facettes de mon existence. Je fais plus d’activités valorisantes (j’ai commencé le ménage du printemps de mon appartement et un peu de jardinage de maison. C’est beau une plante qui pousse, qu’est-ce que tu veux que j’te dise). Je suis plus ouvert à discuter et même possiblement à rencontrer si la personne me fait sincèrement capoter (un gars qui sait frencher est un esti de bon prospect). Je suis aussi plus raisonnable dans mes sorties de mauvaise vie i.e. j’ai moins envie de sortir pour les raisons sus-mentionnées et plus pour avoir du fun bien entouré.

Avec tout ça, j’ai l’intention d’être plus réfléchi pour les prochaines étapes :

1. C’est bientôt l’été. Pas besoin de vouloir se matcher à tout prix avant le solstice. Pas besoin de vouloir se matcher du tout, en fait. Laisser le temps faire les choses et savoir saisir les opportunités. Le temps sait si bien faire les choses. Et je sais si bien saisir les opportunités :p

2. Ne pas se garocher dans les bras de n’importe qui pour un peu d’affection. Mieux vaut se réveiller seul que mal accompagné et devoir inventer une excuse boboche pour qu’il s’éclipse ou pire, avoir du sexe pour s’en débarrasser (aye, pas de jugement, on l’a tous un peu fait).

3. Rencontrer quelqu’un, ok, mais no way que ça peut tout chambouler dans mon quotidien du jour au lendemain. D’abord, ça ne peut juste pas arriver, j’ai bin trop d’affaires à gérer. Ensuite, il y a moyen de le faire plus sainement que par le passé. Être plu sain. OH. MY. GOD.

4. Il faut que soit SIMPLE sans être simpliste.

5. Be the best version of yourself, tsé. Faire du sport, penser à moi, me faire plaisir, rayonner, resplendir et sourire. Kin toé.

C’est tu pas un bel été en perspective, ça?

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