J’étais à la piscine récemment. La piscine Fullum, celle où y’a full tapettes. On y va pour prendre du soleil beaucoup, pour se baigner un peu, mais surtout pour zieuter les beaux messieurs qui se pavanent autour de la piscine. Le plus souvent, ils sont dotés de muscles (présents ou en devenir), de beaucoup d’attitude (utile ou inutile) ET d’un maillot fort avantageux (ou pas). C’est bin l’fun. On se fait regarder aussi. Pour se faire juger et/ou désirer et/ou les deux. C’est à la fois grisant et intimidant. Bref, ça coûte juste 5 piastres, on serait fou de s’en passer.
Faque j’ai croisé du monde que je connaissais. J’ai eu une discussion avec un ami sur les couples ouverts. Honnêtement, je ne sais plus trop quoi en penser. Quand j’ai fait mon coming out, l’idée même du couple ouvert m’apparaissait absurde. J’en connaissais quelques-uns pour qui c’était une réalité en apparence fonctionnelle, mais l’ensemble (en apparence toujours) me semblait plutôt fragile. Et la même question me revenait sans cesse en tête: pourquoi (mais genre POURQUOI?!??!) rester en couple, prétendre s’aimer, si on a besoin de sauter la clôture et le voisin aussi souvent ?
Ma question est légitime.
Ce qu’on nous a brainwashé, petits enfants occidentaux, ressemble plus au couple Walt Disney : Cendrillon pis le prince charmant. Euzes, ils se marient, vivent heureux et ont beaucoup d’enfants. Nulle part dans l’histoire ça dit qu’après un certain temps, dans beaucoup de cas, le couple s’accommode, fait des compromis à s’en pêter la tête su’é murs, se tape su’a d’jeule de temps en temps et se désire moins sur ♫ the long and winding road ♫. Dans ma tête de kid émerveillé par les belles affaires jusqu’au début de la trentaine toujours aussi émerveillé par les belles affaires, je pensais dur comme fer qu’une relation monogame, heureuse et passionnée était possible jusqu’à ce que la mort nous sépare. Ça arrive, je nous le souhaite tous, j’en ai croisé quelques-uns qui, de l’extérieur du moins, semblent jouir d’une symbiose déconcertante et d’un amour inconditionnel à faire envie. Ouverts ou pas (je précise).
Maintenant, plus près de la quarantaine (allô), j’entrevois la chose différemment. Je crois que malgré tous les efforts du monde, le couple éternel disparaît tranquillement (j’avais envie d’écrire « n’existe plus » haha). Les enfants, l’hypothèque entrecroisée (si, si), le chalet, le compte conjoint ET l’ouverture du couple m’apparaissent parfois comme des incitatifs pour s’accrocher plus longtemps (ou pour s’obliger plus longuement). Mais c’est peut-être aussi ça, « bâtir » une relation. Ça évolue. TOUT SE TRANSFORME. Ce sont peut-être les étapes « normales » d’un couple « normal ». C’est peut-être moi aussi qui ne comprend rien. Je ne sais pas, JE ME QUESTIONNE (sur tout, tout l’temps, même en dormant, you know). Je constate d’ailleurs que les couples ouverts ET verbaux ne me semblent pas tellement plus heureux que la moyenne. Parfois oui, mais souvent non (mon humble avis). On peut admettre cependant qu’ils doivent jouir d’une plus grande honnêteté entre eux et justement, jouir plus souvent.
Par contre, j’arrive de Provincetown, la gay city, où j’ai croisé un char pis une barge de couples fifs MARIÉS avec ENFANTS. Le même monde qu’on croisait à la plage avec leu’ zenfants, se retrouvaient au Boat Slip pour le 5@7 (19h tapantes, pas une minute de plus), à la A House (jusqu’à 1h du mat’) et au Spiritus (le last call pour le booty call). Un de ceuze-là a même affirmé « we have a nanny 24/7 and it worths every penny« . Fair enough. Pourquoi pas. Genre, de kessé que j’ai à me questionner là-dessus. Z’ont de l’argent, des enfants, sont mariés pis ils ont envie de faire la fête, why not?!
C’est à eux les oreilles.
Me suis fait dire par mes amis plusse vieux que j’étais conservateur dans ma manière de voir le couple. Sans doute parce que je n’ai pas arrêté d’en parler et que visiblement, ça créait un tourbillon de pensées contradictoires. Je sais pas man, moué, mes parents ne faisaient pas la fête jusqu’à la fermeture des bars ET ne flirtaient pas avec des zinconnus rencontrés sur la rue (enfin, je ne le sais pas, mais je suppose que non…MÔMAN?!). Maaaaaaiiiiiis, après avoir mijoté tout ça, peut-être auraient-ils aimé en avoir la possibilité. Peut-être, je dis bien PEUT-ÊTRE, que c’est le secret d’un meilleur bonheur ou d’un bonheur plus sain. Y’a personne à part Dieu-l’imposteur qui a dit oui à la monogamie. C’est toute de sa faute si ça existe. Si tout est fait dans le respect, avec franchise, d’égal à égal, sans cachette, que chacun y trouve son compte, ok, je me dis.
Tout est dans ma balance pis je suis pas mal ouvert à tout. Je sais que certaines situations vécues par le passé au sein de certaines de mes idylles ne me rendaient pas confortable. Est-ce que c’était moi, mes valeurs, mon manque de confiance en moi, l’autre, son comportement, mon niveau de confiance en lui et/ou en ses sentiments? Tout est une question de perception et de perspective je crois bien. Il y a matière à travail.
J’écris pour écrire, mais tout ce qui précède ne signifie pas que le couple ouvert sera plus éternel que celui qu’on connaît plus formel, mais peut-être qu’il se donnera le plus de chance possible de l’être.
On jase, là.