Aujourd’hui, ça fait 2 ans.
C’est donc le 8 septembre 2015 que je me lançais dans le vide professionnel, les yeux à demi-fermés, dans une aventure réfléchie, mais tellement incertaine. Avec mon baluchon d’idées, mes parents et mes amis pour m’encourager et me soutenir, j’ai ouvert La brume dans mes lunettes from scratch. Je n’avais jamais fait de café de ma sainte vie avant ce jour béni. C’est dire que c’est toute une victoire personnelle de fêter nos 2 ans.
Certes, ce n’est pas tous les jours facile, je vous en ai maintes fois parlé. J’ai abondamment écrit sur le sujet. J’en ai braillé une shot. J’en ai mal dormi. J’ai même failli claquer la porte (si c’est possible). Je me suis constamment remis en question. On s’est débrouillé pour trouver des solutions quand il n’y en avait juste pas. Je répète souvent qu’on s’est régulièrement retrouvé devant un mur blanc sans défaut ni texture (lisse, lisse, lisse) et qu’on a dû imaginer une suite positive. ESSAYE POUR WOUÈRE ! Ça creuse les méninges en esti. Pourtant, on a toujours fini par y arriver. Et ça s’est fait parfois en grattant les fonds de tiroirs à la maison, au travail et dans les loisirs.
Piiiiiis, on a travaillé fort, comme tout les entrepreneurs en démarrage, mais on a été aussi SUPER chanceux. On est rendu là pour toutes sortes de belles raisons dont les idées, le travail, le service à la clientèle, nos employés magiques, la rencontre de notre entremetteur-traiteur Épicurience qui nous a mis sur la map des grands événements, mais aussi parce qu’on a eu quelques précieux coups de pouce dont tous les articles parus sur différentes plateformes dont La Presse (électronique ET papier) et les 3 minutes et 6 secondes de La petite séduction qui ont à tout jamais changé le cours de notre histoire. On ne saura jamais assez remercier toutes ces belles étoiles filantes mises sur notre chemin.
On a été chanceux, mais on a aussi saisi notre chance.
Aussi, ma partner (pas môman, l’autre), plus terre à terre que moi, m’a forcé à rationaliser. Ma seule exigence était que personne ne s’en rende compte. Faire des économies où c’était possible sans diminuer la qualité. Un tour de force, parfois. Pis elle m’a aussi fait réaliser (avec raison, vous me direz) que les patrons d’une entreprise personnalisée comme la nôtre doivent être présents le plus souvent possible. Ok, mais pas au péril d’une certaine qualité de vie. On n’est pas devenus patrons pour redevenir des esclaves, tsé. Elle a compris. Donc, durant la dernière année, on a négocié l’équilibre et on y arrive tranquillement.
Pis môman m’a entendu chiâler et m’a remis à ma place avec classe au(x) moment(s) opportun(s). Y’a juste une mère qui peut faire ça ❤
Finalement, on s’efforce tous les jours de donner une âme à notre espace. On rit fort (trop parfois), on parle beaucoup (trop parfois), on dit des affaires qu’on ne devrait pas (on travaille là-dessus). Mais au final, le monde qui vient et qui revient, semble apprécier. En tout cas, on sait que ceux qui sont là souvent viennent un peu pour ça. C’est comme s’ils passaient du temps chez des amis. Ou du temps chez eux avec des amis. Enfin, on l’espère. La Brume a été pensée comme ça, en tout cas.
Et là, sans vouloir poisser (jinxer) la suite, en ce 8 septembre 2017, on peut dire qu’on sort enfin (un peu) la tête de l’eau. La partie est loin d’être gagnée, je ne vous le cacherai pas, la restauration est un domaine tellement variable et imprévisible (et l’équipement looooooin d’être fiable), mais on a atteint un certain rythme de croisière agréable et rassurant. Notre clientèle est fidèle et régulière et on a tout plein de nouveaux clients satisfaits qui finissent par revenir. La « machine » est rodée et pourrait presque fonctionner toute seule.
Si ça devait s’arrêter maintenant, je pourrais dire que je suis fier de ce qu’on a réalisé. Malgré les quelques revers et moments difficiles où j’ai eu envie d’accrocher mes patins (ou de les garrocher, c’est selon), je suis content d’être là et de faire ça. Je ne sais pas ce que je ferais d’autre de toute façon. Aussi bien ne pas avoir l’impression de travailler et d’avoir le satisfaisant sentiment de rendre le monde un peu plus heureux, un café à la fois.