Salaire minimum

Allo. Je m’appelle Luc, j’ai 37 ans et je suis co-propriétaire d’une petite entreprise. C’est un café et salon de thé dans Rosemont–La Petite-Patrie. On a ouvert il y a un peu plus de deux ans. Les affaires vont bien. On emploie présentement sept personnes à temps plein et partiel. La plupart d’entre eux sont payés au salaire minimum ou un peu au-dessus. On aimerait beaucoup les payer plus. Ça fait partie de nos plans à court et moyen terme. On aimerait leur donner un salaire équivalent à leurs besoins et un peu plus décent. On aimerait aussi se payer plus. Mais pour le moment, on ne peut pas. Les affaires vont bien, mais on se sert la ceinture.

Nous ne sommes pas des patrons qui siphonnent crapuleusement le talent de nos employés. On est loin de faire des millions, nous sommes trois petits actionnaires et nous avons tout risqué ce qu’on avait ou à peu près. Nous payons nos employés à la hauteur de nos moyens pour le travail qu’il font. Et sans JAMAIS dénigrer les tâches à accomplir, les compétences demandées ne sont pas de l’ordre du doctorat. C’est avant tout considéré comme un travail étudiant, une jobine, sauf exception. Ça n’enlève rien à la nécessité de les payer justement. Qui plus est, en tant qu’entrepreneurs, on a besoin d’eux x 1 000 000, qu’ils soient disponibles, dévoués, travaillants, efficaces et consciencieux. On a aussi besoin qu’ils restent avec nous un certain temps et qu’ils s’épanouissent autant que faire se peut. Ça se paye, on en est conscient. On est généreux, en général, je crois.

Si on pouvait les payer 15$/heure maintenant, on serait les premiers à le faire. Si on n’avait pas de dette, si les revenus étaient plus élevés, si nous, personnellement, on n’était pas si pauvre. Si, si, si. Cette augmentation, si elle nous était imposée aujourd’hui, correspondrait à une augmentation de 10% de notre masse salariale. Annuellement, selon la dernière année financière, ça correspondrait à 44% de nos revenus. C’est énorme ET indécent. Ça signifie qu’on ne pourrait plus se verser nos quelques peanuts par semaine. Ça, ou couper dans le personnel. Ou augmenter nos prix. Ou les trois.

La vraie de vraie vérité, c’est que tout le monde va payer pour ça, malheureusement. Il n’y a pas une entreprise qui se respecte qui va absorber la hausse sans sourciller. La logique fera en sorte qu’aucun chef d’entreprise ne pigera dans ses profits pour payer la hausse. Il y aura des mises à pieds, mais surtout, une augmentation des prix. Pour tout le monde. Partout. Et je suis prêt à parier que ce sont les entreprises qui sont en moyen qui vont gosser le plus.

J’ai beau retourner l’affaire dans tous les sens, je ne vois pas comment ceux qui gagneront désormais 15$/heure auront un meilleur pouvoir d’achat. La réaction sera en chaîne et vers le haut.

Avec tout ça, le véritable problème n’est pas la hausse du salaire minimum, mais le système qui la propose. Tout le monde pige dans nos poches. Le gouvernement du Québec, du Canada, la ville, l’arrondissement, le propriétaire du bâtiment, la SOCAN, la CNESST, la RRQ, les assurances, les fournisseurs, les banques, le service de paie, name it. Taxes, frais, intérêts, pénalités, taxes, frais, intérêts, pénalités, encore et encore. La liste est très très très longue. Puisque l’ensemble de l’univers fonctionne selon la même logique capitaliste, l’ensemble de l’univers veut sa part du gâteau de tous les gâteaux disponibles. Et au final, ce sont les petites et moyennes entreprises et le petit épargnant qui paie la note. Toujours.

Ça s’arrête où? Jamais, paraît-il. C’est le plus fort qui gagne.

À titre d’éclaircissement, juste pour notre petite affaire, voici une énumération incomplète de la réalité monétaire à laquelle on est soumis :

  • Hydro-Québec exige un dépôt de 900$ jour 1. Puis, chaque mois, comme tout le monde, on doit payer la consommation mensuelle dont le kilowatt-heure coûte plus cher que pour les clients résidentiels.
  • Chaque année, la SOCAN exige une contribution basée sur la superficie du local pour nous accorder le droit de faire jouer de la musique dans notre établissement.
  • À la première demande, la ville exige le plan d’un architecte et un permis pour installer une terrasse sur le trottoir ou la voie publique. Ça se chiffre en milliers de dollars. Puis, chaque année, le permis est renouvelable et monayable, plan d’architecte en moins.
  • La machinerie brise TOUT LE TEMPS, n’est pas garantie longtemps (6 mois à 1 an) et les réparateurs se graissent la patte avec les pièces et la main d’oeuvre. Le petit moteur de plastique, après avoir passé dans les mains de quelques fournisseurs, ne coûte plus 40$, mais bien 400$. Ce qui fait qu’on n’a pas fait réparer le congélateur et la machine à glace qui nous on lâché en cours de route. On les paie encore.
  • Loi oblige, on doit imprimer tous les reçus et les remettre aux clients qui n’en veulent pas et les jettent. Quand on parle de jeter l’argent à la poubelle, c’est un peu ça.
  • Revenu Québec impose une amende de 25 piastres par jour de retard quand on oublie de produire un relevé sommaire périodique des ventes, intérêts en sus. Un avis ne suffit pas.
  • Chaque transaction faites à l’aide d’une carte de crédit spécialisée (de type « entreprise », par exemple) nous coûte plus cher. En somme, le commerçant paie pour les choix de ses clients en matière de crédit.
  • Chaque transaction « sans contact », aussi pratique soit-elle, coûte 2.5 cents de plus qu’avec la puce.
  • Chaque fois qu’on dépose ou retire de l’argent du compte bancaire, il y a un frais. Chaque. Fucking. Fois. Entreprises ou particuliers. NOTRE argent, esti. Quelqu’un trouve ça normal?
  • Un loyer commercial est deux fois taxable. En plus de la TPS et de la TVQ, on doit payer une taxe d’affaires à la ville.
  • Le permis du MAPAQ est renouvelable, donc payable. Chaque année.
  • Le service d’incendie nous a récemment remis un avis pour remplacer l’extincteur, selon eux, non-conforme. Évidemment, le dit extincteur ne se trouve nulle part et il faut le commander chez un fournisseur spécialisé, 345$ plus tard.
  • Pour la sécurité de nos clients et pour se protéger d’une éventuelle poursuite, nous avons choisi de s’équiper de deux auto-injecteurs Epipen. Un pour enfant, l’autre pour adulte. 250$, annuellement.
  • Chaque fois qu’un employé arrive, on le forme. Chaque fois qu’il part, on lui remet son 4%. S’il reste, on lui doit des vacances. Et pendant ces dites vacances, on doit le remplacer. On paie donc deux fois.
  • Chaque fournisseur exige une commande d’un montant minimum. 100$, c’est le minimum pour certains, parfois c’est 300$. Pas d’exception. Si une commande n’atteint pas le montant minimum, pas de livraison. Too bad, so sad. Consomme, ma noire, consomme.

Je ne me plains pas, je constate avec déception. J’ai choisi de devenir entrepreneur et je ne ferais rien d’autre pour l’instant. Je ne fais qu’exposer une réalité parmi tant d’autres. Le drame, c’est que le système fonctionne en symbiose. Le fournisseur d’extincteur le vend cher parce qu’il est obligatoire. Le réparateur de machinerie s’en met plein les poches parce que l’équipement en question est vital au fonctionnement de l’entreprise. Le gouvernement ne fait jamais de cadeau et déguise des taxes en permis. C’est la théorie du complot.

On s’est débrouillé pour « innover » quand on était acculé au pied du mur. On a demandé de l’aide à nos proches parce que Desjardins ne voulait pas nous prêter « une cenne de plus ». Sans cette love money sporadique, la clé serait déjà sous la porte. Et c’eût été dommage. Parce que parfois, un petit coup de pouce suffit pour sortir la tête hors de l’eau. Une entreprise naissante a parfois besoin qu’on la guide et qu’on la prenne par la main. Ce n’est pas vrai que tout réside dans le modèle d’affaires. Le capitalisme n’a pas à être obligatoirement sauvage. Pour qu’une entreprise comme la nôtre fonctionne, elle a besoin de clients, mais les client ne viennent pas toujours aussi rapidement que souhaité. Parfois, ça prend du temps. Et on aurait avantage à donner plus de temps au temps.

J’aurais juste envie que le dude qui a eu l’idée de cette augmentation salariale planche AUSSI sur une réforme réelle et en profondeur de la fiscalité. C’est juste devenu n’importe quoi. On le constate davantage avec la dernière augmentation de taxes foncières à Montréal. La capacité de payer du citoyen s’amenuise d’année en année. Le taux d’endettement des Canadiens a atteint 167% en 2017. Le taux directeur de la Banque du Canada va augmenter 3 fois cette année. Un moment donné, l’économie va s’effondrer pis on ne s’en remettra juste pas.

Le système actuel ne favorise pas les petites entreprises comme la nôtre. On n’a droit à aucune subvention, aucun allègement fiscal, aucun accompagnement et les banques sont très frileuses quand on cogne à leur porte. La restauration est un domaine considéré comme financièrement risqué. Un retraité aussi, d’ailleurs. Malgré ses économies, ses placements, sa pension une personne en âge de la retraite devient à risque pour les banques. Bref, tout le monde est à risque, personne n’aide vraiment personne et tout le monde a peur de tout. On en est rendu a valoriser la faillite plutôt que d’aider. Évidemment, les grandes entreprises comme Bombardier sont dans une classe à part. Parlez-moi de ça une entreprise déficitaire qui reçoit des milliards en subvention pour payer des bonis à ses cadres et donner sa filière subventionnée à Airbus. Wicked.

Ça fait quelques semaines que le sujet du salaire minimum fait les manchettes. Les syndicats considèrent que c’est LA solution aux problèmes de pauvreté. Les associations patronales crient à la faillite des entrepreneurs. Les économistes louangent la loi du marché et se moquent de la faiblesse des modèles d’affaires. La réthorique superficielle derrière tous ces intervenants manque cruellement de nuance et ça me fait capoter. Il ne sert à rien de mettre une pression supplémentaire sur les épaules de ceux dont les poches sont déjà trouées. S’il y a des mesures compensatoires et/ou d’allègement à annoncer pour absorber la hausse, que le gouvernement le fasse maintenant. Peut-être échelonner, pour un temps, l’augmentation à 15$/h en fonction du nombre d’employés (+ de 10) et/ou des revenus (+ de 400k $) ? Il serait aussi plus que temps de revoir les tables d’impôts et ce que signifie vraiment le seuil de la pauvreté en 2018. À juste titre, il serait judicieux de demander un peu plus à ceux qui le peuvent et moins à ceux qui passent leur vie à se serrer la ceinture. Il faut repenser le système de taxation et de distribution de la richesse, cibler le gaspillage et arrêter l’hémorragie. Réévaluer le système fiscal au grand complet, tiens. C’est dit.

Je comprends que le capitalisme n’a pas d’émotion, que sa logique réside dans le fait que si une entreprise ne survit pas, une autre prendra sa place. C’est logique en effet. C’est la main invisible qui régule le marché. La loi du libre marché joue son rôle comme une championne. Mais c’est aussi un système qui appauvrit davantage le pauvre et qui enrichit abondamment le riche. Il me semble qu’il doit y avoir mieux comme système. Ou un juste milieu. Tsé, un système où chacun y trouve un peu son compte ? Sans être trop solidaire ni trop conservateur. Pas besoin d’attendre que tout le monde ait la langue à terre pour procéder, il me semble.

Bref, tout va bien pour nous. Si notre entreprise poursuit sur sa lancée, quand l’augmentation du salaire minimum à 15$/heure entrera en vigueur, on devrait être assez solide pour encaisser le choc. Et on espère le faire avec le sourire et la satisfaction de contribuer au bien commun. En attendant, essayons d’imaginer une société un peu plus égalitaire et un peu plus humaine. Sinon, un jour pas si lointain, le karma de la société nous le renverra en pleine face. Et ce ne sera pas beau du tout.

26 réflexions sur “Salaire minimum

  1. C’est dommage et la réalité be changera pas. J’ai également eu mon entreprise et faute de soutien et de financement par les banques, j’ai dû fermer boutique. Le développement technologique est aussi considéré à risque par les banques car elles ne comprennent pas les enjeux et elles ne sont pas en mesure de suivre adéquatement la technologie.

    Bonne chance!

  2. En tant que personne qui navigue à gauche, je suis content de vous avoir lu : le point de vue des petites entreprises est peu connue et entendu dans la pratique. J’aime plusieurs de vos analyses dans ce billet.

    ( mini-suggestion : éviter d’écrire l’expression humouristique « le dude qui a eu l’idée de l’augmentation » étant donné que ce sont des mouvements sociaux qui poussent pour un meilleur salaire minimum depuis des décennies en réalité. En 2000, on demandait 10$/heure; il était environ à 7$.)

  3. Etre solidaire et se ranger parmi ceux qui pratiquent la simplicité volontaire me semble la solution à privilégier pour éviter la catastrophe . !!!

  4. Y’a pas juste au Quebec que c’est frustrant….en Ontario, le salaire minimum a augmenté de 22% , soit 14$ et le 1er janvier 2019, à 15$….ce n’est plus une bonne idée d’être entrepreneur….

  5. @Jo : on ne peut pas généraliser, au sens qu’il y a en masse d’entrepreneurs qui se donnent des revenus facilement deux fois plus élevés que ceux de leurs employés (comme les PDG qui font l’équivalent d’un salaire annuel en environ un seul mois), mais l’auteur ici nous rappelle que plusieurs petits commerces, notamment de proximité, qui se font siphonner de partout. J’aime ce billet parce qu’il explique le contexte général, où ce n’est pas les salaires en soi le problème: ce sont aussi tous les frais interminables, vampires bancaires, formulaires à remplir, etc.

  6. Je crois qu’est-ce qu’il va arrivé est que les restaurants vont faire ENCORE plus d’argent au noir. C’est simple comme processus et tant qu’il y aura une sous-déclaration de pourboire il y aura toujours une injustice d’inégalité fiscale….je remarque que plusieurs restaurants prennent un pourcentage des pourboires qui sont non déclarés et les redistribuent en salaires a d’autres….donc moins de déductions a payé. Car les employées qui ont des saisies de salaires ou pension alimentaire veulent être payées en dessous de la table pour payer moins de saisie et croyez moi que le marché de la restauration est un endroit propice pour ce genre d’individu…….
    Réfléchissons un peu a ce que Mario Dumont a dit l’autre jour….Le gouvernement est en train de dire aux petites et moyennes entreprises que si elles sont incapablent de payés 15$ a leurs employés…elles devront fermés !!!??? C’est un peu vrai, NON? car les compagnies qui peuvent payer un salaire adéquat ???? on souvent des « ASSURANCES PERSONNELLES OU COLLECTIVES » telles que des assurances salaire, assurance maladie , etc……donc en fin de compte , ces employées seront moins a la charge du gouvernement en cas de problèmes, car ils seront indemnisés par leurs assurances collectives et non a la charge du Gouvernement , donc le gouvernement veut ce type d’ENTREPRISES? Es-ce le message?

  7. Fort pertinent comme analyse, il est temps que le vent change et que tous ensemble,on se réinvente un pays! Juste et équitable,où il fait bon vivre!

  8. Sans compter les institutions bancaires qui nous font payer plus cher un dépôt ayant plus de 1000$ d’argent comptant.. on s’entend là je dépose de l’argent avec lequel ils feront des placements et qui leur donnera des profits… et des frais d’études de plusieurs centaines de $$$ tous les ans payables pour maintenir une marge de crédit commerciale de 15 000$ non utilisée en plus ( avec ma personnelle j’ai jamais payé une piastre et pourtant c’est la même personne qui le fait) et que dire des travaux de rénovation…. pas le droit de rouler un coup de peinture dans notre propre local ou de patcher
    Un clou sans avoir de menaces des syndicats de la construction… le prix à payer en plus est le double pour la même job…Ce n’est pas compliqué.. dès que c’est écrit ENTREPRISE dans ta face tu payes, tu payes, tu payes pis tu payes… et dire que le monde pense que l’on est riche 🤣

  9. J’aurais pu écrire ce billet tellement il reflète bien les difficultés que je vivais il y a maintenant un peu plus d’un an. J’ai été propriétaire d’une petite entreprise pendant près de 20 ans avant de jeter la serviette. Mes employés avaient plus que le salaire minimum mais quand j’ai abandonné cela faisait 3 ans que je ne me versait AUCUN salaire. Bonne chance et bon courage!

  10. Et si vous nous montrez des chiffres qui prouvent ce que vous avancez, on vous croirait! Je ne demande pas mieux que de vous croire mais sans chiffre, on ne peut pas se faire une vrai idee.

  11. Je vous comprends très bien, je suis directeur de l’Auberge la Salicorne aux Îles de la Madeleine et la hausse du salaire minimum est un énorme casse-tête. On veut aider le personnel, on est là pour cela, mais la solution n’est pas facile.
    D’un côté les promoteurs de l’idée nous disent de monter les prix, d’un autre ils sont les premiers à trouver le produit touristique trop cher au Québec !

  12. arrete!!!!! vous avez tous voter!! ben cest ca! vivre avec vos actions. Les govt taxes toutes et charge des prix fou pour les licences et frais pour oppere cest sur il reste pu dargent. arrêter de metre ses bandits en politiques. Si personne vote, les governement vos écouter! mais si on fait comme des moutons et voter parce que « jai le droit » ou « mon chum a voter , fait que moi aussi » quand personnes sait pour quoi il vote ca donne un government comme ca.

  13. Allo Mike,
    Je suis d’accord sur un point : les gens élisent des vendus au service des plus gros qui siphonnent les plus petits ou petites entreprises. Cela dit, même dans une société qui serait réellement démocratique et libertaire, on voterait. Donc voter n’est pas le problème: le bogue est que les gens votent pour des vendus (voire ploutocratie). Cela dit, il faut aussi qu’il y ait des options jugées viables aux élections (sinon, on peut voter Nul ou pour un parti minoritaire non vendu).

  14. Superbe analyse! La comparaison avec Bombardier à de quoi faire rager…

    Ceci dit, quand vous mentionnez que :
    « Cette augmentation, si elle nous était imposée aujourd’hui, correspondrait à une augmentation de 10% de notre masse salariale. Annuellement, selon la dernière année financière, ça correspondrait à 44% de nos revenus. »

    Ne serait-ce pas plutôt 44% des bénéfices (profits)…? Parce que si une augmentation de 10% de votre masse salariale représente 44% des revenus, il me semble que ça ne fait aucun sens… À moins que je sous-estime énormément votre masse salariale…!

    Merci de partager votre réalité de manière objective et éloquente.

  15. Moi qui ai deja eu mon petit café, je comprends tellement. C’est ce que je dis à tout ceux qui parlent de l’augmentation. J’aimerais bien ça, mais les petites entreprises d’ici, unique, vont fermer. On a deja une tonne de frais à assumer et à coup de café à 4$, faut en vendre en titi pour faire du profit!

  16. Ça coûte un prix de fou les employés. Ils parlent de 7 employés, donc imaginon l’équivalent de 4 employés a temps plein… 4×40×11,25=1 800$. Mais en fait l’employeur ca lui coûte plus que ce que l’employé gagne. Pour faire une approximation 4x40x13= 2080$. Donc par mois, c’est plus de 8 000$ et comme il a mentionné, ton employé en vacances tu la payes, et tu paye qqn pour la remplacer.

  17. Et dans votre liste de frais,

    -la cnesst qui obligent qu’un certain nombre d’employé par quart de travail ait reçu une formation de 16h…. au coût de 100$ chacun, et qu’on doit payer leur salaire en plus.

    -l’achat de la caisse enregistreuse, qui doit etre compatible avec le !@#$ de MEV… qui lui coûte 3000$ neuf. Ça le gouv. n’en parle pas trop du prix de cette bebelle la

    Parlant de mev, on s’entend tu qu’en chantant que c’est pour eviter que les taxes aillent dans les poches de l’entreprise, … les petits depanneurs du coin aussi devraient avoir un mev tant qu’à ça.

  18. L’Ontario a voté le salaire minimum à 15$ également. C’est probablement frustrant dee vivre en Ontario pour des raisons de CORRUPTIONS de GRAISSEMENT DE POCHES , DE TAXES ETC…

  19. Le MEV est une anarque. Chaque reçu que le client ne veut pas va à la poubelle (parce que non recyclable, dans notre cas). Donc, on paie pour jeter du papier-qu’on-est-obligé-d’imprimer à la poubelle.

  20. J’adore votre café. Je n’ai pas les reins pour être entrepreneur et donc je ne peux pas comprendre les défis que vous devez surmonter pour partir une entreprise florissante, mais vos craintes face à l’augmentation du salaire minimum me surprennent. Vous semblez considérer le salaire minimum actuel comme raisonnable et le prochain comme exagéré. Pourtant, le salaire minimum actuel est lui-même imposé par la loi et vous avez l’air de bien l’absorber. J’ai confiance que vous saurez tout aussi bien absorbez le nouveau salaire minimum et que vous vous tirerez bien d’affaire. Pourquoi ? Parce que votre café est vraiment génial, accueillant et très populaire. Il est meilleur que les autres cafés. Le salaire minimum qui augmente affectera tous les cafés et le vôtre restera le meilleur. Le prix de tous les cafés va augmenter de 25 sous et les gens vont continuer à choisir le vôtre. Et les gens vont continuer à aller tout aussi nombreux dans les cafés en général. Pourquoi ? Parce l’augmentation de 25 sous ne découragera pas les clients qui ont des revenus plus stables et intéressants. Et l’augmentation ne découragera pas non plus votre clientèle étudiante, puisque leurs revenus de « jobs d’étudiants » vont avoir augmenté en même temps.

  21. S’il devait augmenté de 11,75 à 15$ en mai prochain, je vous jure que ce serait un énorme casse-tête pour les petites et moyennes entreprises. Ce qui m’inquiéterait le plus, c’est la tendance des entreprises plus fortunées d’augmenter drastiquement leurs prix pour ne pas perdre un sous. Cependant, comme mentionné dans le texte, si nos affaires continuent d’aller dans le même sens, c’est-à-dire plutôt bien, nous serons capable d’absorber la hausse le moment venu. Merci de nous suivre et de faire de La Brume un endroit si agréable à opérer chaque jour 🙂

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