Les dernières semaines ont été étranges. Et intenses. Et révélatrices. Rien de grave en fait, juste une grosse dose de malentendus qui ont parfois fini en queue de poisson, sur la broche, calcinée, en miette. Beurk.
Je suis hypersensible, comme la voie lactée s’en doute. Un rien peut devenir une montagne escarpée qu’il est possible que je déboule violemment. J’essaie d’éviter d’en arriver là, assez que j’évite le drame et les conflits à tout prix (ce qui n’est pas toujours idéal ni de tout repos). Comme j’évite les gens qui ont tendance à en faire pour tout et rien. Ce qui fait que lorsque je ne suis pas d’accord, je peux devenir maladroit, sec, expéditif. Parfois mean. À l’intérieur, ça crie fort fort fort « ÉCOUTE-MOUÉ! » pis ça sort comme ça peut. C’est ce qui s’est passé, entre autres.
Je me remets régulièrement en question. À chaque 3 minutes 28 secondes environ. Je voudrais sans cesse être une meilleure version de moi-même. Je prends du recul aussi souvent que possible. Je mets à profit les expériences du passé pour faire mieux, autant que faire se peut. Je veux être une bonne personne. J’y travaille tous les jours. Mais parfois, je m’enfarge. Et parfois, ça ne marche juste pas. Dans mes mots, dans mes émotions, dans le ton. Je pense comprendre ce qui se passe, mais j’interprète, comme tout le monde, et la spirale de l’incompréhension s’emballe. Wiiiiiiiiiiiii!
C’est l’idée que quelqu’un puisse imaginer une intention malveillante de ma part et ne pas prendre le temps de comprendre mon point de vue qui me réduit en miette à chaque fois. Et par ricochet, de sentir que je suis responsable de l’échec des discussions de A à Z. Tout ça, parce que j’émet une opinion, que j’exprime un malaise ou un désaccord que je considère légitime. On me parle souvent de mon ton, celui que, visiblement, je n’entends pas. Mais ce que je veux qu’on entende c’est le propos, mon propos, pas le ton. Qu’on parte de là et qu’on laisse tomber les à priori et les émotions envahissantes (je sais, c’est moi qui dit ça). Est-ce que ça peut blesser, peut-être. Est-ce ma tendance abrasive peut déranger, sans aucun doute.
Mais est-ce qu’on a simplement envie d’écouter et de discuter?
À travers tout ça, le problème, je crois, c’est l’incapacité ou le désintérêt de certaines personnes de se mettre à la place de l’autre. Et business wise, il n’y a pas grand monde qui s’arrête deux secondes pour se demander ce que c’est de courir après les cennes pour 1. payer ses employés 2. juste survivre une semaine ou deux de plus. Je passe mes journées à calculer, à faire des appels, à espérer que ça décolle pour de bon, à gérer des crises, les émotions de autres, à essuyer des revers parfois niaiseux, parfois humiliants, parfois retentissants, à prévoir, à organiser, à vivre quelques succès et à garder le sourire, le cap et mon enthousiasme no fucking matter what. Me faire dire qu’une personne est trop importante pour que je lui parle ne me revient juste pas. Ça m’insulte même. Je n’ai pas le temps pour ça. Je suis en mode survie. Je n’ai pas le temps d’attendre. Il faut que ça bouge. Si la porte est fermée, je vais l’ouvrir. Si on me dit non, j’irai ailleurs. Je. Suis. En. Mode. Survie.
Et me dire quoi faire n’a jamais porté ses fruits non plus. Je n’aime pas ça. C’est sans doute pour ça que je suis mon propre boss. Je préfère qu’on me suggère, qu’on m’accompagne, qu’on m’insuffle le changement, qu’on me présente un chemin plus intéressant. Qu’on sème une graine qui germera sans aucun doute. J’ai besoin de réfléchir, de prendre acte avant d’agir. Tirer sur la fleur ne la fera pas pousser plus vite. Me dire quoi faire, en affaires surtout, ça enlève de l’importance au chemin que j’ai parcouru moi-même, seul dans mes bottes trouées, pour arriver où j’en suis aujourd’hui i.e. pas si mal, après tout. Je suis on ne peut plus ouvert à la discussion, à me raviser, à me repentir, le cas échéant. C’est important de discuter et d’embrasser des points de vue qui ne sont pas les siens. Tout est dans la manière et dans l’ouverture.
Est-ce que ça se peut que je grimpe dans les rideaux à l’occasion? FUCK YEAH. Est-ce que c’est souhaitable et/ou productif? HELL NO. Mais ça arrive et je réclame une fois de plus le droit à l’exagération. Avec les conséquences que ça peut impliquer.
Il y a quelque semaines, j’ai passé un pas pire quart d’heure. Découragé, à bout de nerfs, le cordon du coeur qui traîne dans’ marde. J’ai pris l’après-midi pour dormir. Pour oublier. Au son de la pluie. Je me suis levé avec un mal de tête carabiné, le cerveau en feu, les idées brouillées par trop d’émotions contradictoires et d’imbroglios à répétition. J’ai eu envie de tirer sur la plug de la job, encore une fois. Toute la maudite fucking journée.
Cette semaine-là, suite au trop plein d’émotions, j’ai entendu Zaz au Centre Bell avec ma sœur, une amie et mon étrange semaine dans le corps. Portant toute la pression de mon monde sur mes épaules, j’ai tendu l’oreille et ouvert les yeux. Pendant « Demain c’est toi », on a vu apparaître des petites lumières blanches dans la foule, puis une autre, puis tant d’autres jusqu’à former un truc irréel et beau et inspirant. S’unir pour faire du beau. Avec ce qu’on a. Comme des petites lueurs d’espoir dans les jours trop sombres. Ça m’a fait sourire. Ça m’a redonné foi.
Rien n’arrive pour rien, il paraît. J’y crois beaucoup. Et aussi bien que certains événements arrivent plus tôt que trop tard. Pour me consoler, je n’ai qu’à regarder la famille formidable qu’on s’est bâti dans ces deux entreprises qu’on tient à bout de bras. C’est beau. C’est vrai. C’est motivant. Et ensemble, on fait de grandes petites choses. Un scone à la fois. C’est pas mal tout ce qui compte.