Allo! C’est encore moi, le grumpy blogger.
Chu bin bin tanné de me faire garocher des roches parce que je ne dis pas e-x-a-c-t-e-m-e-n-t ce qu’il faudrait dire. Me suis fait parler de ma white opinion parce que je n’étais pas totalement d’accord ni totalement en désaccord avec le mouvement defund the police.
Entouécas, m’a juster raconter des affaires.
Samedi soir dernier, avec trois amis de trois adresses, on a évidemment parlé de la situation actuelle, mais surtout de racisme. Discussions houleuses, s’il en est, où l’on s’est levé pour parler et avoir l’impression d’être mieux entendu et où j’ai failli monter sur ma chaise pour finalement lâcher un « ferme don’ ta yeule pis laisse-moi finir ». Bref, une discussion animée, mais respectueuse (wiwi) et surtout, responsable.
J’ai toujours vu le racisme comme la haine profonde de l’autre, de celui qui ne nous ressemble pas, avec la conception principale qu’il est inférieur à soi et qu’ultimement, en tant que sous-race, il ne mérite que d’être exploité ou même de mourir. La ségrégation raciale aux États-Unis, la Shoah de l’Allemagne nazie, le génocide rwandais pour ne donner que quelques exemples absurdes à trop grande échelle. Ç’a toujours été ça pour moi, le racisme. Ça et comme on le voit aux États-Unis ces jours-ci, refuser de servir une personne de couleur ou un sud-américain avec le commentaire assassin du « retourne dans ton pays ». Je ne me suis au grand jamais associé à ça.
Avec le temps, j’ai aussi fini par voir le racisme comme la peur injustifiée de l’autre alimentée par beaucoup d’ignorance, mais pas de haine réelle. Des biais (de l’anglais bias) alimentés par des communautés homogènes, l’éloignement des grands centres et les médias. Hérouxville style. Rien de bien dangereux dans ces cas-là, juste beaucoup de maladresse, de méconnaissance de la diversité et d’un certain manque d’ouverture. Ces mêmes personnes racistes sont souvent aussi ‘phobes à tous vents sans trop savoir pourquoi. Bien éduqués sur le sujet, beaucoup changeraient d’avis. Ça demeure du racisme, mais malléable, il me semble.
Le Larousse dit du racisme : « idéologie fondée sur la croyance qu’il existe une hiérarchie entre les groupes humains » et « attitude d’hostilité répétée voire systématique à l’égard d’une catégorie déterminée de personnes ». Donc, selon cette définition, c’est plutôt violent, le racisme.
Revenons à samedi. On a aussi parlé de nos parents, de nos grands parents qui, malgré toutes leur sagesse et leurs belles qualités, passent parfois des commentaires considérés trop souvent comme anodins, mais qui au fond sont insidieux, récurrents et qui alimentent à juste titre le concept de white privilege et le racisme systémique, surtout à l’encontre des noirs. Des biais racistes allant de « criss de n**** » au déjà mentionné « retourne dans ton pays » pour finir avec un « est bin belle pour une noire ». Ou nous qui, spectateurs de ces comportements depuis toujours, les répétons parfois sans trop se poser de question et sans y voir d’incidence outre-mesure. Des mauvaises blagues, des à priori, des automatismes, des préjugés ou raconter des histoires vécues en précisant l’origine des personnages, inutiles et futiles précisions, au demeurant. Comme si c’était normal et/ou acceptable. Finalement, ce que je constate, c’est que je, tu, il, nous, vous, ils, avons été racistes à un moment ou à un autre. Penser le contraire aujourd’hui serait malhonnête. Inconsciemment ou non, ça s’est passé. C’est le moment d’en prendre conscience, de faire amende honorable et de tabler sur demain.
Et il n’y a pas de « mais ». J’ai sans aucun doute eu des comportements racistes que je ne considérais pas préjudiciables parce que faits sous le coup de l’humour ou de la nonchalance, mais qui au fond, on pu l’être à certains égards et pour certaines personnes. Je regrette et je tâcherai de faire beaucoup mieux. Tâchons tous de faire mieux.
Dans le discours actuel, j’ai rapidement compris qu’avoir des réserves est devenu impossible. Étonnamment, c’est le festival du blanc qui lance des roches, qui pointe du doigt et qui accuse tous ceux qui osent questionner la trajectoire du mouvement. Le ton acerbe, le discours unique et catégorique des tyrans de la pensée correcte qui te disent quoi dire, comment le dire et comment agir (encore là, tous des blancs), je l’ai déjà dit, ça gosse en esti. Pour être à la hauteur des détracteurs à la bonne conscience et ne pas être un racist-white-privileged-asshole, il faudrait que j’acquiesce sans broncher et que je crie aussi fort qu’eux sans laisser la moindre place à la discussion. Ça ne me ressemble pas. Je me tairai donc sur le sujet, à partir de maintenant. Je continuerai cependant d’être le meilleur allié possible dans ces circonstances impossibles, en étant attentif et en dénonçant les comportements racistes, tout en écoutant, en corrigeant et en éduquant le mieux possible. Être constructif, quoi.
Parce qu’il n’y a qu’un seul but à atteindre, mais plusieurs chemins pour y arriver.