J’ai 5 ans

Aujourd’hui, La brume dans mes lunettes a cinq ans. Je me pince parce que je ne pensais pas vraiment fêter un jour les cinq ans d’une entreprise que j’ai moi-même bâtie. Et dans les circonstances, c’est d’autant plus surprenant parce qu’on traverse une autre tempête sans trop de dégât pour l’instant.

Cinq ans, ça m’apparaît le temps idéal pour un bilan. Et quelques remerciements.

Arrivé au bout apparent de ma carrière en architecture – ou simplement à bout de nerfs de mes tâches quotidiennes – j’ai perdu mon emploi. J’avais prévu l’annonce de mon patron quelques semaines plus tôt, mais pas la suite, évidemment. Pendant mon évaluation annuelle, à la question : « où te vois-tu dans cinq ans », j’avais répondu sans hésiter « je sais pas, mais certainement pas ici». No wonder que j’ai été mis à pieds haha! Je sais aujourd’hui qu’on s’est mutuellement rendu service. Pierre, merci de ta confiance, de ton écoute, de ta franchise et de ta bienveillance. Ta décision a été le début de quelque chose de grand.

Tour à tour, je l’ai annoncé à ma mère et à mon chum de l’époque. Et à l’unisson, ils m’ont encouragé à ouvrir un « restaurant », idée qui me trottait dans la tête depuis un certain temps. Maman, je ne pourrai jamais te remercier assez de ton soutien indéfectible depuis le début et en toutes circonstances. Ce projet-là, CES projets-là, ce sont aussi les tiens. Merci de me faire confiance, de me laisser conquérir le monde un scone à la fois, de déterminer la direction de toute, de gérer tous ces dollars et d’être toujours là pour m’aiguiller au besoin. Ton expérience, ta sagesse et tes roulements d’yeux sont souvent d’un grand secours (et d’une certaine frustration haha). Dave, ça n’a pas été le bout de chemin le plus simple, mais merci de m’avoir poussé à aller de l’avant. Et merci d’avoir préparé les premiers meilleurs scones au monde :p

Anik, comme j’ai moults fois établi, même si notre partenariat s’est bien/mal fini, saches que je serai toujours reconnaissant de ton apport et de ces années passées avec toi derrière le comptoir. On a eu nos divergences, nos légendaires prises de bec, mais chacun à notre façon, on a toujours eu à coeur le bien-être de toute l’affaire. Et on a ri en masse!

Mathieu, pour ton support dans les moments difficiles, tes étreintes, ton écoute, tes bons mots, ta logique, ta patiiiiiiiiience, et pour avoir sécher mes pleurs si souvent, merci du fond du cœur.

Ma précieuse famille et mes sincères amis qui m’écoutent raconter mes histoires avec intérêt et bienveillance, qui partagent et encouragent tous mes projets et qui ont su me tendre la main quand ça comptait, c’est inestimable. Ma soeur, pour toutes ces conversations pas-de-bon-sens sur le meilleur et le pire de l’entrepreunariat et de la vie, merci x 1000.

Aux employés présents et passés, vous avez été et êtes le coeur de cette aventure. Sans votre excellent service et votre continuel dévouement, rien de tout ça ne pourrait exister. Vous créez l’ambiance, l’excellence du service, l’attention aux détails, la délicatesse des plats servis, la justesse du café offert, les MEILLEURS scones au monde et ce, au QUO-TI-DIEN. Merci pour tout!

Aux clients qui vont et viennent, à ceux qui ont vu les premiers balbutiements du plus beau café du monde, à ceux qui y sont venus tous les jours pendant un temps, à ceux qui repassent à l’occasion pour se rappeler de bons moments, à tous ceux qui y en ont fait leur repaire, aux touristes qui découvrent, aux amoureux du service de thé, à ceux qui laissent des commentaires positifs ou non, MERCI de votre présence régulière ou sporadique et de votre retour post-pandémie. Ce cinquième anniversaire ne serait pas le même sans les « on est content de vous retrouver » et les «ça fait tant de bien de revenir ici » qu’on reçoit depuis quelques semaines. Ça, ÇA, c’est que vous apportez de plus précieux.

En cinq ans la Brume s’est régulièrement retrouvée dans des palmarès des meilleurs endroits à Montréal pour étudier ou pour prendre le thé à l’anglaise, elle s’est retrouvée dans un guide de voyage destiné aux touristes néo-zélandais appelé Montreal & Quebec City de Patricia Maunder, dans le livre Montréal l’hiver de Susan Semenak et Cindy Boyce, dans le guide Cafeine de Sarah-Émilie Nault, elle est passée deux fois à la télévision nationale (La Petite Séduction et l’Épicerie) et dans tous les grands journaux, blogs et guides culinaires de notre belle métropole. Mais plus encore, elle a été le théâtre de rendez-vous amoureux, de pèlerinages post-mortem, d’annonces de grossesses, de présentations de nouveaux-nés, de discussions enflammées, de quelques larmes, du mariage royal et en direct de Harry et Meghan, du discours de défaite de Hillary Clinton (en direct aussi), de matins ensoleillés, de brume dans la vitrine, de quelques soirées festives et de milliers de sourires satisfaits. Pour ces cinq années de pur bonheur et de moments touchants, MERCI!

Ça n’a pas été rose tous les jours, mais je considère que ça en a valu la peine (et l’angoisse haha). La Brume, môman, moi et les employés, on a traversé quelques tempêtes de tous acabits. Des belles pis des rushantes. Pis on est ENCORE là. Faque aujourd’hui, je suis fier de nous. Et je suis fier d’être le propriétaire plus beau café du monde.

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