Avec de beaux mots

J’ai dit ce que j’avais à dire. Avec de beaux mots en plus. Simple et concis cette fois-ci. Simple, mais senti et vrai. Sur mon vélo de spinning (j’ai décidément quelque chose avec les vélos…), dans un court moment de lucidité, j’ai pris la décision d’écouter ma petite voix intérieure et de foncer. Faque, j’ai foncé.

Depuis quelques semaines, je pleure ma vie sentimentale (surprise!) à quelques amis qui me suggèrent de prendre telle ou telle direction parce qu’eux, c’est « d’même que ça marche ». Ne faisant pas la sourde oreille, j’ai longuement réfléchi à leurs propositions et j’ai même tenté d’appliquer quelques-uns de leurs conseils. Qu’à cela ne tienne, j’ai changé mon fusil d’épaule et l’infanterie de champs de bataille pour revenir à mes convictions. Dans la vie, j’ai envie d’être authentique. Jouer un jeu pour faire courir l’autre ou me faire désirer, ça ne m’intéresse pas. J’ai 32 ans et autre chose à faire. Take it or leave it.

Ça ne m’a pas toujours servi, mais j’ai toujours été le plus honnête possible avec moi-même tout en essayant de l’être le plus possible avec les autres. Se mentir à soi-même, ça ne mène nulle part, ça ne fait que prolonger le malaise (et on aime ça être heureux). Connaître ses besoins, choisir avec ses valeurs, écouter son cœur, c’est la seule chose à faire pour réussir à avoir un quotidien acceptable et un avenir appréciable. Ça, et dépasser ses limites à l’occasion pour se sentir vivre. Parce que c’est beau la vie.

J’ai dit ce que j’avais à dire, parce que je l’aime d’amour et que j’ai envie qu’il me voit tel que je suis : intense, vrai, sensible et passionné.

Il n’est plus là, mais je demeure tout de même ouvert à l’impossible. J’ai simplement décidé de continuer mon chemin avec mon bagage de beaux moments, sans trop regarder derrière. La vie est tellement bien faite que si on a à se retrouver, ça se fera naturellement quelque part au tournant.

Et si jamais on ne se retrouve pas, j’apprendrai à aimer l’inconnu, parce que c’est surprenant, l’inconnu.

Deux jours à Paris – Scène finale

« C’est pas facile d’être en couple et surtout de connaître l’autre et de l’accepter tel qu’il est, avec tous ses défauts et son passé. Le plus dur, c’est d’accepter d’être avec la même personne pour toujours; ça c’est terrifiant. De faire l’effort de ne pas casser quand il y a un problème, que c’est LUI avec tous ses défauts, ses qualités, ses mauvaises humeurs. Ça m’a toujours semblé étrange, quelqu’un vous aime passionnément et d’une minute à l’autre, plus rien. Ça fait tellement mal. Voilà, un de plus, un de moins, une autre histoire d’amour gâchée. Pourtant je l’aimais celui-là.

Quand je pense que c’est fini, que je le reverrai plus jamais comme ça…oui, je le reverrai peut-être en ami et que de temps en temps, mais ce sera tellement différent. On se présentera nos nouveaux copains/copines mutuels, on ira dîner en prétendant que ça ne touche absolument pas. Et puis un jour on pensera de moins en moins l’un à l’autre et on s’oubliera complètement, ou presque.

C’est toujours la même chose pour moi : séparation, dépression, récupération par la boisson, rencontre d’un garçon puis d’un autre polisson, quelques parties de jambes en l’air pour oublier ce cher garçon puis après trop de vide, on cherche à nouveau l’amour de notre vie. On cherche un peu partout et enfin après 2 ans de désespoir et de solitude, on trouve un autre amour jusqu’à la prochaine fois. Ya un moment où on ne peut plus se remettre d’une autre séparation et que même si cette personne vous emmerde 60% du temps, on ne peut pas vivre sans elle. Et que même s’il vous réveille tous les matins en vous éternuant en pleine figure, on préfère tous ses éternuements, à tous les baisers des autres… »

Ouin. C’est pas mal ça.

Glow par toi-même

Pourquoi avoir nécessairement besoin des autres pour se sentir beaux, drôles, intéressants? Pourquoi être incapables, quand on cherche le bonheur, de briller de tous nos feux et d’être heureux? Parce que si on brille par et pour soi-même, l’autre deviendra un complément et non une nécessité. Ça m’est déjà arrivé de resplendir sans l’amour ou l’attention de personne, pas longtemps, mais suffisamment pour comprendre que c’est possible et que ça devrait être ça, la vie. Puis j’ai croisé le hasard, j’y ai cru, j’y crois encore, mais manifestement, ce sera pour une prochaine fois ou plus tard, jamais peut-être. En attendant, je tente de glower par moi-même. Pour mon bonheur et le bénéfice des autres.

Parce qu’on est tellement plus beaux heureux.

I just want to ride bike with you

Chevaucher un BIXI aux petites heures du mat’, légèrement enivré, ça fait beaucoup de bien. Ça permet de réfléchir en faisant un truc « constructif ». C’est efficace quand le moral est à plat et les émotions à fleur de peau. J’ai donc pédalé et réfléchi.

J’ai réfléchi à la place que j’ai envie qu’il occupe dans ma vie et à celle que j’ai envie de prendre dans la sienne. J’ai longuement parcouru les rues désertes et noires à la recherche d’une piste, d’un indice qui me permettrait de trouver éventuellement une solution à mon ambivalence. Parce que dans la vie, je suis ambivalent. J’ai tendance à chercher, trouver et questionner, puis recommencer à chercher. Ça ne s’arrête jamais. Ça s’atténue avec le temps, mais ça revient. Je ne me considère pas comme un éternel insatisfait, mais ça pourrait donner cette impression. Je suis plutôt perpétuellement à la recherche de ce sentiment que j’ai dû sentir une fois ou deux : la plénitude. En ce moment, je ne suis pas totalement épanoui, mais presque. Je cherche encore, à tort, je le sais bien, un déclic surnaturel ou « l’impression » que je le suis. Pourtant, je pense que je pourrais l’être. Le déclic, il doit venir de moi. Il faut arrêter de chercher toujours mieux. Le mieux, il viendra avec le temps. Avec lui, peut-être.

On se plaît. On est beau dedans comme dehors, on se l’ai dit souvent. On se parle, on s’entend, on se comprend. On rit, on partage, on baise. On se cultive, on s’encourage, on se soutient. C’est beau, c’est bon, c’est naturel, c’est mutuel. On a tous les ingrédients pour le bonheur.

Ou presque.

Parce que notre « nous » est aussi contradictoire. Assez contradictoire pour qu’on ne se rejoigne pas partout, qu’on se garde une distance appréciable ici et là, qu’on ne partage pas « tout ». Assez contradictoire pour préférer passer les moments « importants » avec d’autres, pour ne pas offrir à l’autre un accès privilégié à ses amitiés, garder trop de choses jalousement, avoir un trop grand besoin de liberté, vouloir à tout prix être indépendants. Comme si on ne se donnait pas le droit d’être ensemble. Ou c’est peut-être, encore une fois (et trop souvent) le mauvais timing. En fait, je ne pense pas, le timing, c’est nous qui le faisons et notre rencontre (deux, en fait) a été trop magique pour que la flamme s’éteigne maintenant.

Il faut juste ouvrir la porte pour se laisser entrer. La suite ne pourra être que belle.

Et si on décidait d’être heureux…à deux?

Il y a un "s" dans bonheur

Je suis tombé sur des photos de toi ce soir. Ça m’a donné envie d’en voir d’autres, juste pour me rappeler qu’on a passé du bon temps ensemble, que je n’ai pas rêvé. Parce que depuis trop longtemps, avec tout ce que j’ai entendu, il m’arrive de douter.

À ça, tu répondrais sans hésiter que c’est moi qui ai tout gâché et je te donnerais raison. Je ne m’en suis jamais caché, je suis l’unique responsable de ce chaos. Le problème, parce que pour plusieurs il s’agit de ça, c’est que j’ai fait des choix, pour moi, pour mon bonheur et j’ai foncé tête baissée. Comme toi, il n’y a pas si longtemps d’ailleurs, tu as choisi une autre voix, espérant trouver mieux. Parce que c’est humain d’en arriver là et c’est humain de vouloir suivre son cœur.

Le truc, c’est qu’on n’était pas juste deux, on était plusieurs à danser. Trop de voix se sont élevées nous empêchant de faire une transition en douceur, trop de mauvaises intentions ont jalonné cette fin d’histoire, trop d’informations mal informées ont été véhiculées. L’autre truc, c’est que j’ai écouté tous ces ragots, j’y ai prêté flanc et je suis tombé. J’ai eu mal, t’as eu mal, il a eu mal, personne n’a gagné.

De ça, il ne me reste presque plus rien, ni toi, ni lui, ni eux. Rien. Même si ça me hante encore et toujours, je suis convaincu que ma bonne étoile me guidera afin de faire toute la paix avec mon passé. En fait, j’ai fait la paix avec moi-même, mais pour une raison obscure, il me manque ton absolution pour compléter le processus. Considérant que je ne l’aurai sans doute jamais, il y a ce qui s’appelle le deuil et je le ferai, une étape à la fois.

À cause de ton comportement revanchard et de ton attitude victimisante, mais aussi grâce à ton rire contagieux qui résonne toujours dans ma tête et à ta séduisante personnalité, je suis différent aujourd’hui. Notre rencontre a changé ma perception du bonheur et de l’amour pour le mieux. Quand tu t’es pointé avec ton train rempli de bonheur, j’ai décidé d’embarquer, de prendre ce chemin inconnu, mais ô combien stimulant. Je suis descendu maintenant, mais je ne regrette rien. Avec toi, j’ai surtout été heureux. Après, j’ai eu beaucoup de peine. Si j’avais à changer quelque chose à la finale, ce serait la méthode utilisée pour faire valoir mon point. Pour le reste, je ne regrette rien.

Le plus important, c’est que je remercie la vie de t’avoir mis sur ma route bon gré, mal gré. Avec le temps, même si ça m’a pris beaucoup de temps, j’ai compris que je ne suis pas une mauvaise personne. J’ai simplement pris des décisions radicales pour un avenir que je souhaitais différent, c’est tout. Depuis, avec les autres, j’ai essayé et j’essaie de faire mieux pour éviter de faire trop de mal, à moi et aux autres, mais surtout, de faire plus de bien.

S’il y a une chose dont je suis fier, même si ce n’est pas parfait, c’est de m’être remis de tout ça. Parce que même si j’ai contribué big time à tout faire exploser, reste que j’ai perdu beaucoup. De l’estime (de moi et des autres), de la confiance, toi, lui, des amis. Beaucoup d’amis. Ceux qui sont restés m’ont aidé à me relever, ceux que j’ai connu depuis m’ont réappris à marcher, la personne résiliente que je suis a fait le reste. Et l’espoir de faire la paix avec toi un jour me permet de regarder devant, confiant.

« Rien n’est perdu pour toujours. Dans ce monde, il y a une sorte de progrès douloureux. Le désir de ce que nous avons laissé derrière, en rêvant à ce qu’il y a devant. Enfin, je pense.»

Ne pas se taire

Pourquoi avoir nécessairement besoin des autres pour se sentir beaux, drôles, intéressants? Pourquoi être incapables, quand on cherche le bonheur, de briller de tous nos feux et d’être heureux? Parce que si on brille par et pour soi-même, l’autre deviendra un complément et non une nécessité. Ça m’est déjà arrivé de resplendir sans l’amour ou l’attention de personne, pas longtemps, mais suffisamment pour comprendre que c’est possible et que ça devrait être ça, la vie. Puis j’ai croisé le hasard, j’y ai cru, j’y crois encore, mais manifestement, ce sera pour une prochaine fois ou plus tard, jamais peut-être. En attendant, je tente de glower par moi-même. Pour mon bonheur et le bénéfice des autres.

Parce qu’on est tellement plus beaux heureux.J’ai envie de faire partie d’une belle et grande société. Stimulante. Une société où le « nous » inclusif précède l’individualisme. Une société à l’écoute, avant-gardiste, respectueuse des différences, ouverte au compromis. Une société qui nous oblige à changer d’idée quand c’est nécessaire, à appuyer une minorité pour le bien commun, à marcher contre l’immobilisme, à déranger pour le changement.

Je n’ai pas envie qu’on se taise. Il faut parler encore plus fort pour se faire entendre. Crier plus fort pour briser le mur de l’indifférence. Cette société nous appartient, son futur aussi, son présent surtout. Pour le peu qu’on y contribuera, il faut construire des assises solides maintenant, pour nous, les générations futures, pour le bien commun. Parce que sans bien commun, la société n’existe plus, elle devient « individu ». Il ne faut jamais oublier que ce qu’on a aujourd’hui, individuellement, c’est parce qu’on y a mis l’effort, certes, mais surtout parce que la société nous a permis de le faire. Parce que l’ensemble, le collectif, à décidé de bâtir des institutions auxquelles on peut participer et dont, heureusement, on peut tirer avantage.

Nos institutions craquent, notre démocratie vacille, nos valeurs tergiversent, la corruption gouverne, les gouvernants gèrent, la paix sociale subsiste en dérapage contrôlé. Nous méritons mieux, plus, là, maintenant. De meilleures décisions, de meilleurs gouvernants, une meilleure gestion. De meilleures institutions, une meilleure répartition de la richesse, une meilleure attribution des ressources. Des gens de convictions, un système qui nous permet de les assumer, une société d’idées, de culture, de gens éduqués. Une société où les étudiants dénoncent l’injustice, où les femmes se battent pour choisir, où les homosexuels se tiennent debout pour l’égalité, où les pauvres reçoivent un coup de pouce, où les riches donnent un peu plus pour améliorer le « nous », où chacun exige l’impossible.

J’ai envie de contribuer à cette société et qu’elle me permette d’y arriver.

Le « moi » individuel, égoïste, pernicieux, est devenu la norme. L’accumulation de richesses individuelles, la perpétuation du confort quotidien acquis à force de travail et d’efforts, le leitmotiv de trop de gens. Mais il y a des gens qui croient encore que le bien commun peut être la rampe de lancement des plus grands idéaux, des idéaux trop longtemps refoulés par la masse et avortés au stade embryonnaire. Par le statu quo.

Et si un État mieux géré, réfléchi, inclusif, social, généreux, mais balisé permettait à plus de gens de réussir afin de mieux vivre individuellement, mais en collectivité?

Il y a des causes qui valent vraiment la marche. Celle des étudiants en est une. On parle d’études, d’accessibilité, de savoir, de richesse collective, d’un droit fondamental. On parle de la santé intellectuelle de toute une société. On parle du gros bon sens. Il y a bien des secteurs où le gouvernement devrait intervenir avant de toucher au poumon de la société.

Il est temps que la démocratie représente vraiment le pouvoir du peuple, que son choix soit proportionnel, à date fixe, limité dans sa longévité. Qu’il soit possible de s’exprimer plus souvent qu’une fois au 4 ans, pour les bonnes raisons, quand ça compte. Parce que c’est important. C’est vital, même.

Sortons de notre hibernation. Faisons mieux. Soyons différent. Exigeons l’impossible.

Ils ne se trompent jamais

J’ai croisé un ex-copain dimanche soir. Le dernier. Le vrai dernier. Celui à qui j’ai fait beaucoup de peine. Celui que j’ai quitté pour un autre qui m’a quitté à son tour pour son meilleur ami. Je l’ai croisé avec quelques-uns de ses amis que je connais bien.

Quand je les ai aperçus, ils quittaient l’endroit. Je les ai vus, ils m’ont vu. J’ai souri, maladroitement sans doute, en commençant par l’ex qui, fidèle à lui-même, m’a ignoré. Puis s’en est suivi une série de regards évités. Les uns après les autres. En file indienne. Comme si j’avais la peste. Comme si j’avais commis un crime impardonnable. Paraît que c’est impardonnable ce que j’ai fait. Assez pour qu’on me pointe du doigt à la moindre occasion depuis ce temps. Paraît.

Le geste que j’ai posé – celui de quitter mon ex pour un autre ex qui était aussi le sien – a eu l’effet d’une bombe atomique sur mon quotidien. Les retombées radioactives me tourmentent encore aujourd’hui. On me reproche la technique employée. On m’accuse d’avoir menti, joué, trompé.

Peu après la rupture, je lui ai écrit, plusieurs fois, j’ai tenté de m’expliquer, d’expliquer mon geste, son fondement, les raisons. Je l’ai fait du mieux que je pouvais, avec les outils que j’avais, les mots que j’ai trouvés. J’ai été honnête, franc, direct. Pas de demi-mesure ni d’évitement. J’ai été un salaud et je l’ai assumé jusqu’au bout. Il m’a écouté, m’a répondu, parfois durement puis, plus calmement. Je pensais qu’on s’était « compris ». La paix semblait possible. Puis, soudainement, un malentendu, puis un autre, le dialogue a été rompu, la hache de guerre déterrée, je suis un monstre, un vrai, comme il ne s’en fait plus. Ad vitam æternam.

Après tous ces mois de réflexion, ma conclusion reste la même : j’ai essayé d’être honnête avec moi-même, avec ce qui se passait en dedans. Point. Coincé par l’angoisse, l’insomnie, la détresse, je devais agir, dans un sens ou dans l’autre. Je pensais à l’un, je vivais avec l’autre. J’aimais les deux. Différemment. Vraiment. J’ai réfléchi, longuement, encore et encore.  Et j’ai pris une décision. J’ai choisi. J’ai choisi le mauvais, mais j’ai choisi, pour moi, pour le mieux, je l’espérais. Immédiatement, ma décision a déplu, choqué, engendré une crise diplomatique à grande échelle. J’ai choqué l’establishment de la vertu, les apparatchiks de la morale, les purs, ceux qui ne pêchent jamais.

Eux ne se trompent jamais.

Eux n’auraient jamais fait ça.

Ils ont rapidement oublié qu’ils ont déjà été trompés, qu’ils ont trompé à leur tour, qu’ils ont pris de mauvaises décisions, qu’ils ont déçu, qu’ils n’ont pas été parfait. Mais eux, c’est différent.

Je ne joue pas à la victime. Ils le pensent, le penseront encore, vous le pensez peut-être. Je ne suis pas une victime et je n’ai pas envie de l’être. J’ai mal agi, je le sais. Chaque jour, je me le rappelle. Chaque jour, j’ai des remords de conscience. J’aurais aimé faire autrement, mais j’en ai été incapable. J’ai mal agi, mais j’ai essayé de réparer. Et j’ai fait de mon mieux.

J’ai réalisé mes torts, je les ai admis, je me suis repenti, mais ce n’est jamais suffisant.  À partir de là, face à l’impuissance, ce qu’il reste à faire c’est d’essayer de changer, de s’améliorer et d’y travailler chaque jour. De s’accrocher à ceux restent et qui ont envie de rester.  La clé du succès, c’est de ne jamais abandonner.

Il est difficile de demeurer indifférent face à l’indifférence. Quand on la vit, la vraie, ça fait mal en dedans. C’est rarement brutal, mais c’est insidieux. Ça prend du temps, mais ça « rentre dedans ». On m’a ignoré, jeté des regards désapprobateurs, on m’a insulté, terni ma réputation, on m’a exclut, gratuitement, par réelle méchanceté, solidarité aveugle, catégorisation hâtive ou bêtise humaine. Je l’ai vécu, mais je persite, je ne l’ai pas mérité. Et même si je trouve le processus injuste, je ne suis pas une victime.

J’ai plutôt choisi d’être plus honnête encore. J’ai choisi d’être plus humain, sincère, plus juste, indulgent. J’ai choisi d’aimer et de le dire. De dénoncer l’inacceptable, mais d’être constructif, le plus possible. De réfléchir à l’impact de mes décisions sur les autres, mais aussi à ce qui est vraiment important pour moi. D’être intègre en toutes circonstances. Parce que j’ai compris et que j’ai appris. J’ai aussi choisi de me relever et de rester debout. Devant tous ceux qui pensent que la vengeance mérite d’être exploitée. Devant tous ceux qui jugent et qui ostracisent. Vous gagnerez peut-être quelques batailles, mais vous perdrez la guerre. Pas la mienne, la vôtre. Celle de l’intolérance, de l’ignorance, de l’indifférence et de la haine. Une guerre inutile et blessante à tous égards. Une guerre de nerfs, triste et exagérée.

Je ne ferai pas semblant, je ne jouerai pas, je leur rappellerai chaque fois que j’en aurai l’occasion que ça fait mal d’être pointé du doigt, que ça fait de la peine, que ça gruge de l’intérieur. Ça permettra de séparer le bon du mauvais. Et je me tiendrai debout devant eux, fier, inébranlable, prêt à m’expliquer et à les écouter, du mieux que je peux. Parce que je sais qui je suis et ce que j’ai fait. J’ai blessé, beaucoup, mais jamais dans le but de le faire. J’ai aussi fait beaucoup de bien et je le ferai encore et plus. Peut-être qu’un jour comprendront-ils qu’il ne mène à rien de s’acharner méchamment sur quelqu’un, de punir, de se venger. Que chacun a ses raisons, son passé, de grandes qualités et les pires défauts. L’humain n’est pas parfait, moi non plus et eux non plus. Peut-être le comprendront-ils un jour.

Peut-être.

Tout vient à point à qui sait attendre

Chaque jour, des couples se forment et disparaissent pour le meilleur ou pour le pire. Personne n’y échappe sauf quelques rares exceptions. On quitte quand on n’aime plus, pour éviter de trop souffrir, dans l’espoir de mieux, pour retrouver sa liberté, pour un coup de foudre, pour une histoire sans issue, pour l’amour de sa vie. Il y a une tonne de raisons possibles pour provoquer une rupture et, qu’elles soient bonnes ou mauvaises, toutes méritent d’être considérées. Parce qu’on n’est pas dans la tête (et le cœur) de l’autre, il est difficile de juger des raisons d’une rupture. Choisir d’être en couple n’est généralement pas rationnel, choisir d’y mettre fin et la façon d’y arriver non plus. Le cœur, la tête et les trippes sont des cerveaux qui réfléchissent indépendamment et différemment et on ne sait jamais lequel décidera pour nous. Quand on comprend ça, on s’en porte mieux.

Suite à une rupture, les réactions, de parts et d’autres, peuvent énormément varier. Quelques-uns se laissent en bon terme en se disant qu’ils essaieront d’être amis et que c’est pour le mieux (ouioui, ça existe!). D’autres s’insultent, s’invectivent, se provoquent pour tout et rien parce que ça fait mal à l’intérieur, ça bouleverse, ça anéanti. Beaucoup pleurent, parce que c’est souvent triste, certains sont indifférents, d’autres en paix avec leur décision (ou celle de l’autre). Et la manière dont l’autre réagira est presqu’impossible à anticiper. On est souvent surpris.

Souvent, il n’y a rien à faire; une partie de l’équation a pris sa décision, le cœur n’y est plus (ou la tête prend le contrôle), le couple n’est plus viable. Espérer et travailler pour convaincre l’autre de rester, c’est humain, mais rare sont ceux qui réussissent à recoller les pots volontairement cassés. Parce qu’après plusieurs mois/années de coexistence, prendre la décision de partir, c’est gros, ça demande de la réflexion. Il est rare de laisser celui qu’on disait aimer pour « rien » ou « parce que ». Provoquer une rupture, c’est le signal d’un malaise d’un côté ou de l’autre. Se rendre à l’évidence devient donc la seule solution envisageable.

Le pire, c’est de se venger, de faire de la vie de celui qui laisse un enfer. Ça ne sert à rien, ça n’apporte rien de vraiment satisfaisant, ça soulage un temps, mais ça ne rend pas plus heureux. Le mieux – et ça peut prendre du temps – c’est d’essayer de relativiser et de réaliser que la vie ne s’arrête pas là. Après tout, on a déjà goûté au bonheur, ça arrivera encore (preuves à l’appui). Évidemment, une rupture provoque un train de marchandises d’émotions et qu’il est souvent impossible de contrôler. Par conséquent, le temps, la réflexion, mais surtout le « gros bon sens » deviennent nos meilleurs alliés. Parce qu’éventuellement et indubitablement, nous relativiserons. Il le faut. For happiness sake.

Après une rupture, est-ce possible, voire souhaitable, de devenir « amis »? Possible, oui, souhaitable, aussi. Parce que cette personne qui a partagé notre quotidien, nos émotions, nos succès, nos échecs et notre lit, nous a donné un peu d’elle-même et a modifié, souvent pour le mieux, le cours de notre vie. Malgré les raisons de la rupture ou la manière par laquelle elle est provoquée, cette personne mérite une place, aussi petite soit-elle. Avec des explications claires, des excuses sincères, beaucoup de compréhension, une grande ouverture, de l’honnêteté, de la confiance (en soi et en l’avenir), de l’amour (parce qu’on aimera toujours un peu) et du temps, TOUT est possible. Pour ça, il faut vouloir et avoir la sensibilité pour ouvrir la porte à quelqu’un qui nous a fait beaucoup de mal, mais aussi…beaucoup de bien.

Le hasard fait bien les choses

On pourrait définir le hasard, celui de la vie courante, celui qui survient et qui nous pousse à dire « tu sais PAS ce qui m’est ar-ri-vé! », comme une situation sans cause à effet, un moment créé par deux ou plusieurs événements indépendants, imprévisibles, qui changent de manière plus ou moins drastique le cours de notre vie. Nonobstant cette définition technique, le hasard qui percute nos vies est avant tout modelé par nos émotions du moment et nos pensées profondes. C’est aussi lié à notre conception de la vie.

Ce peut être se pointer à une soirée, hésitant, le vague à l’âme et l’estime dans les talons, et rencontrer un amour qui durera longtemps (on sent le fait vécu ici). Ce peut être aussi la rencontre de deux personnes qui, lors d’une soirée organisée par un ami commun, à l’autre bout du monde, se surprennent à se raconter leur vie simplement et naturellement et deviennent les meilleurs amis du monde (fait vécu ici aussi). Ou encore, ce peut être revoir, après quelques années, lors d’un voyage impromptu, quelqu’un qui nous a marqué, qu’on n’avait pas oublié et qui ressent la même chose que soi (autre fait vécu). Le hasard, c’est souvent beau.

Il y a en beaucoup, et je suis de ceux-là, qui voient dans le hasard une chance qui ne se présente pas deux fois, un signe du destin qu’on ne devrait pas ignorer et qui parfois, sans réfléchir, les incite à changer volontairement et consciemment la direction de leur vie. Ceux-ci croient que la vie leur envoie un signe, que rien n’arrive pour rien, que les astres sont alignés. Le hasard facilite parfois la prise d’une décision qui nous faisait jongler. Le hasard, c’est aussi rassurant.

Combien de fois y sommes-nous allés tête baissée, les yeux fermés, mais le cœur ouvert comme des portes de grange parce que nous avions l’impression que la Providence nous bousculait?! Combien de fois avons-nous vu dans une situation, aussi anodine soit-elle, le signe qu’on attendait pour changer radicalement le sens de notre existence?! Pour une situation qui « shear de d’ssour », il n’y a rien de mieux que le hasard, non?

Évidemment et fort heureusement, le hasard ne garantit pas le bonheur éternel; il faut être prêt à prendre les risques qu’il nous suggère, être ouvert à ses bienfaits et travailler jour après jour avec le contexte nouvellement créé pour qu’il en vaille la peine. Et même si le hasard peut êtrebeau et rassurant, il peut aussi tromper et décevoir. L’essentiel, c’est qu’il nous pousse souvent à dépasser nos limites et nos craintes pour nous amener ailleurs. Qui dit dépassement de soi, dit évolution dans la bonne direction.

Un écrivain Français a écrit : « C’est toujours par hasard qu’on accomplit son destin ». Juste pour ça, il me semble que ça vaut la peine d’y croire.

Trouver sa case

Les études secondaires terminées, à peine 16 ans passées, il faut choisir sa branche, poursuivre les études, obtenir un diplôme, lancer sa carrière et s’y plaire jusqu’à ce qu’on soit trop vieux pour changer d’idée. À cet âge, c’est souvent un difficile défi à relever. C’est un casse-tête sans fin où il est presqu’impossible d’avoir une idée claire de ce qui se pointe à l’horizon. On fait un choix, du mieux qu’on peut, avec l’expérience qu’on a et on espère que ce sera le bon. Dix ans plus tard, quand on y repense, on réalise parfois qu’on est loin du compte et des buts qu’on s’était fixés.

Après avoir passé quelques années sur les bancs d’école à rêver de succès, de promotions et de richesses, on risque de se retrouver devant une décevante réalité : le marché du travail ne correspond pas exactement à la description fournie dans le prospectus. Pas de projecteur, pas de grand prix, pas de tapis rouge, pas de merveilles d’ingénierie, mais des projets modestes, souvent sans envergure, des clients ordinaires, des mauvais payeurs, le train-train quotidien. La flamme, jadis vacillante et chaleureuse, s’éteint à petit feu ou complètement, aspergée par le déversement d’une citerne débordante d’eau. Le doute s’installe.

Évidemment, il y a de bons coups, des projets stimulants, des tapes dans le dos, de la fierté, de belles réalisations, parfois grandes. Une satisfaction personnelle. C’est le calme relatif, un quotidien plus positif, de l’avancement, plus de responsabilités, on prend du gallon. On essaie de rallumer la flamme pour que sa lumière nous éclaire de nouveau. Puis, un matin, troublé d’une tonne de circonstances, d’événements déclencheurs, le manège recommence et on souffle sur le feu qui nous réchauffait parce que cette stabilité ne nous anime plus.

Avec le temps, il devient évident que beaucoup de gens travaillent davantage parce qu’ils n’ont pas vraiment le choix que par passion et dévouement. Il y en a cependant qui sont satisfaits de ce qu’ils ont, stimulant ou pas. C’est une question de personnalité. Il y en a aussi qui sont passionnés par leur travail. Ceux-là sont convaincus d’être au bon endroit et de faire la bonne chose. Eux ne travaillent pas, ils œuvrent et ils ont la foi. Les autres, probablement la majorité, apprennent à apprécier leur boulot avec le temps qui passe, en grimpant les échelons. Mais force est de constater que les promotions et le succès matériel qui les accompagnent leur permet souvent de combler un vide laissé par le manque d’intérêt.

Que faire dans ce cas? Changer pour changer, en espérant trouver sa voie et que demain sera mieux? Tout balancer, plonger à pieds joints dans une passion qui nous anime en espérant qu’elle nous permettra de vivre décemment? Se contenter de son « passe-temps entre deux partys » ?

Trouver sa case, l’aimer, y passer beaucoup de temps, se développer, devenir expérimenté, y trouver son compte et recommencer, jours après jours, est une fin en soi. C’est loin d’être une mince tâche et à chaque instant, on peut ressentir le besoin de tout remettre en question pour être certain qu’on se sent bien dans toutes nos cases. Suivre son cœur, son intuition, se faire confiance, être honnête avec soi et prendre des risques calculés ou non reste la meilleure équation pour arriver à une solution satisfaisante. Il y a une case pour chacun de nous, suffit de la trouver et de le réaliser.