Récolter la tempête

Je suis allé prendre un verre vendredi soir. Dans une boite de pédés. J’allais rejoindre un ami qui est arrivé avec un peu plus d’une heure de retard. Je suis d’une rare patience dans certains cas. J’étais sur le point de partir avec fracas quand je l’ai croisé avec d’autres ce qui m’a convaincu de rester. J’ai même retrouvé le sourire. Toujours est-il que j’ai vu une ex-date que je suis allé saluer.

C’est bizarre comme souvent on devient un brin autiste devant une ex-date. Pourtant, je n’ai aucune émotion ni attirance particulière pour cette personne. C’est un beau garçon, soit, mais il n’y pas que ça. On s’est daté deux fois, c’était un moment agréable, mais je sentais bien que ce serait temporaire. Le style de vie, l’absence de réelle communication, l’omniprésence sur tous les réseaux de rencontres, pas mal de trucs me séparaient de lui. Je trouve tout de même important, dans la mesure du possible, d’essayer d’entretenir un semblant de cordialité post-date. Après tout, on s’est vu dans un contexte très explicite, dans une certaine vulnérabilité et qui plus est, nous allons presque nécessairement se recroiser, amis communs obligent.

Bref, je l’ai salué et après quelques secondes de silence akward, j’ai essayé de faire un minimum de conversation sur un sujet qu’on a en commun. J’ai dit : « bla bla bla, j’ai vu tes photos sur IG, c’est cool ce que t’as fait, ça me rappelle que j’ai déjà fait ça par le passé, attends, je vais te montrer, j’ai une photo… ». Toute mon intervention – qui se voulait légère et amicale, je le rappelle – a été ponctuée de quelques « hum oui » détachés et désintéressés de sa part jusqu’au moment où il s’est retourné vers ses amis, ne concluant rien, me tournant bêtement le dos et me laissant planté là comme une vieille chaussette laide et trouée. J’ai attendu quelques secondes, me disant que ça ne pouvait pas que je sois en train de vivre ça et je suis parti vers d’autres amis, portant l’odieux sentiment du rejet et du ridicule.

Je lui ai pourtant dit que c’était vraiment cool ce qu’il faisait. Deux, trois fois. Enthousiaste.

Un peu saoul, mais surtout blessé et insulté, je lui ai plus tard texté un inutile « esti qu’té bête ». Mais je n’avais pas besoin de lui écrire ça. Tout ce que j’avais à faire, c’était de me rappeler que je n’ai pas besoin de gens qui me tournent le dos autour de moi. Mais le rejet, peu importe la forme, peu importe le contexte, fait mal. Même quand on a confiance en soi.

Bref, on ne fait pas ça à personne. Surtout pas quand on prétend être une personne respectueuse. Surtout pas quand on prétend minimalement apprécier la dite personne. On ne tourne pas le dos à quelqu’un qui essaie d’être gentil et qui fait un effort. C’est infiniment brutal. Ce n’est pas comme si on était en guerre, on a discuté un peu chaque fois qu’on s’est croisé, simplement et gentiment.

J’ai eu ma réponse cependant. Semble-t-il que tout ce que j’ai fait, c’est de vanter mes mérites et lui montrer que j’étais meilleur que lui bla bla bla. Really? Genre REALLY?! Ça donne vaguement l’impression que je lui ai volé un peu de son follow spot. Ou peut-être que j’aurais dû le féliciter à outrance avec des fleurs verbales pis tute, comme ça doit être le cas si souvent. Faut pas avoir une grande estime de soi pour se sentir bousculer par une intervention aussi anodine. Ou être un brin narcissique. Ou les deux. Je suis peut-être intimidant aussi. On me l’a déjà dit. Ça se peut. Pourtant, quand on prend le temps de me connaître, on sait bien que ce n’est pas le cas.

Ne cherchant plus à comprendre, avec le peu de cohérence qu’il me restait à cette heure, j’ai écrit : « mon approche se voulait amicale et surtout pas prétentieuse. C’est ça qui est dommage ». C’était la meilleure réponse que je pouvais donner.

J’ai retourné tout ça dans ma tête toute la fin de semaine. Je me suis posé beaucoup de questions. Je me suis demandé s’il avait raison, si j’avais été prétentieux dans mon approche. Mais non. Je refuse. NON. C’est ça qui arrive. J’avais la meilleure intention du monde. Au pire, j’ai été maladroit. C’était peut-être un simple imbroglio, aussi. La dernière option, c’est que c’était simplement méchant, même inconscient. Peu importe la raison, je ne méritais pas ça. Surtout pas pour ça.

Une valse à mille temps

T’as été le premier grand amour de ma vie. Je t’ai aimé chaque seconde. Pendant toutes ces années. Avec des papillons pis tute. Du début à la fin, même dans les moments moins fun où on se traitait comme d’la marde. Je t’ai aimé comme possiblement je n’aimerai plus. Non, pas vrai, j’aimerai encore. J’aimerai aussi intensément, passionnément, dramatiquement et de tout mon cœur. Mais j’aimerai différemment. On n’aime jamais deux fois de la même façon, de toute façon.

Ce soir-là, t’as suivi un de tes amis au C’est extra. Tu sortais d’une année impossible à imaginer. Fallait que tu vois du monde. J’y étais aussi, avec une face-de-carême-de-kossé-que-je-fais-là et des amis communs. Je t’ai vu et tu m’as plu. Je t’ai offert un verre. Quétaine de même. Parce qu’à une époque pas si lointaine, c’était encore romantique d’offrir un verre à un prospect. Tu l’as accepté, on a jasé puis on a dansé.

On devait avoir l’air tellement ridicules. Danser sur Une valse à mille de temps de Jacques Brel, c’est chic au début, mais ça devient rapidement un sport olympique. Puis, tout de suite après, on a dansé collé sur une chanson dont j’oublie le titre. Peu importe. C’était notre moment.

En partant, on s’est embrassé avec gêne et comme un amateur (tes mots), tu m’as laissé ta carte d’affaires. Je t’ai trouvé sweet, tout de même. Puis, le lendemain, on s’écrivait et tu me disais que les étoiles devaient être alignées, ce qui ne gâchait rien. T’avais raison, elles étaient alignées, les étoiles.

T’as possiblement été la première personne avec qui j’ai été moi-même de A à Z.

Pourquoi je te dis tout ça ? J’ai lu un texte intitulé Mon ex, je t’aime. Je l’ai trouvé beau. Ça m’a fait penser à « nous » et à tout ce qui en a découlé. Contrairement à eux, on ne se voit pas souvent, on ne fait pas de recettes de Marilou, on s’aime autant qu’on se déteste, mais on tient beaucoup l’un à l’autre, je pense. Notre rencontre et ces quatre années rocambolesques passées à essayer d’être un couple ont un peu fait la personne que je suis devenue aujourd’hui ce qui, encore une fois, ne gâche rien.

T’as toujours été là quand j’en ai eu vraiment besoin. Et vice-versa. T’as accepté tellement souvent que je dorme sur ton sofa durant mes soirs de pluie.

Je réalise aussi que t’es pas mal le seul ex avec qui j’ai encore de vrais contacts i.e. chez qui je peux débarquer à peu près à n’importe quel moment avec une bouteille de vin et vider mon sac.

J’ai un peu basé chaque nouvelle rencontre sur ce sentiment que j’ai eu avec toi. Comme s’il était gage de longévité et/ou de qualité. J’ai longtemps attendu quelqu’un comme toi, enfin, quelqu’un qui me bouleverserait le quotidien comme tu l’as fait, in a good way. J’ai mis un terme à tellement de dates possibles juste parce qu’elles ne correspondaient pas à cet idéal. Ce que je cherchais, c’est ce sentiment d’amour inconditionnel qui te donne envie de déplacer des montagnes. J’avais envie que l’amour me rentre dedans comme un train et qu’il m’emmène loin. J’ai mis du temps à relativiser. J’ai eu peine à me relever. J’ai don’ eu l’impression que jamais plus je ne revivrais tout ça.

Je l’ai revécu depuis. Avec d’autres. Différemment.

Je te connais comme si je t’avais tricoté. Je connais tes réactions à à peu près toutes les situations, je sais ce que tu aimes, ce qui t’horripiles, pour quel parti tu votes tout dépendant de ton mood, sur quel bouton peser pour te faire chier. Je sais que tu fais semblant de m’écouter quand je te donne mon avis sur un sujet dont tu ne veux pas parler, mais je sais que le message se rend, éventuellement.

Ce qui m’a inspiré le plus dans le texte du dude, c’est sa finale. Le moment où il parle de la réussite de sa rupture. Une chose dont je suis plutôt fier dans ma vie, c’est qu’on ait réussi notre post-relation. T’as été le premier à prendre le temps de me laisser pour vrai, avec respect et affection. T’as répondu à toutes mes questions, chaque fois, même quand je radotais. C’était encore l’époque où le monde se parlait au lieu de se texter. Tu répondais à tous mes appels, même les plus dramatiques, ceux où je pleurais incontrôlablement ou ceux où je hurlais de colère, incontrôlablement aussi. Tu t’es laissé insulter et brasser par mes sept étapes du deuil sur une looooooongue période. Je t’ai fait vivre mon enfer du laissé pour contre. Maaaaaaaaiiiiissss on a survécu et on s’est revu. Jamais avec de fausses intentions. Toujours en regardant vers l’avant. En amis.

Puis un jour, on s’est excusé de ne pas toujours avoir été des bons chums. C’est un peu ce que j’attendais. C’est à ce moment que mon cœur a pu véritablement s’ouvrir à autre chose. Merci, man.

Étant donné qu’on n’est pas toujours très chaleureux l’un envers l’autre, prends tout ça comme une grosse accolade avec des tapes dans l’dos. Comme des straights qui savent pas trop comment s’aimer.

J’haïrai toujours autant tes conseils de marde, ta pseudo indépendance, ton manque de coopération sporadique, pis l’absence relative de démonstration affective à mon égard, mais je sais qu’on s’aime quelque part dans le détour. Malgré tout, je suis heureux de faire partie de ta vie. Et pour moi, c’est tout ce qui compte.

Courir comme Phidippidès

Dimanche, je me suis rendu au fil d’arrivée du marathon de Montréal. J’ai une amie, un peu folle il va sans dire, qui s’est dit que c’était une bonne idée, après avoir fait le demi l’année dernière, de le faire au complet cette année. Vraisemblablement, la prochaine étape sera sans doute un triathlon ou un ironman. Folle de même 😉

C’est donc au kilomètre 41,7 que je l’attendais. J’étais bin trop ému. Parce qu’on va se le dire, c’est courageux en esti. C’est tout un dépassement de soi. Parce que tu dois avoir envie d’abandonner quelques fois durant la course. Parce que tu dois avoir crissement mal partout pis que ça doit être un peu plate à la longue de courir pendant 5h. Si tu le fais au complet, c’est ta tête qui est assez forte pour dire à ton corps de continuer. C’est inspirant au possible. Phidippidès en est mort, c’est dire l’effort que ça demande. Pis hier, en l’attendant, ce qui était d’autant plus beau, c’était de voir les coureurs, eux aussi épuisés, encourager ceux qui ralentissaient ou s’arrêtaient à 500m de l’arrivée. Ça, pis le monde qui encourageait le monde tout au long du parcours. Super beau, je vous dis.

Faque, quand je l’ai vu, je lui ai crié : « dans 500 mètres, tu seras marathonienne ! ». J’ai un peu pleuré comme un fillette pis j’ai couru avec elle la centaine de mètres qu’il restait avant l’arrivée. C’était ma façon de l’encourager à aller jusqu’au bout. Elle a de quoi être fière, même si depuis hier elle se déplace comme un vieux gorille ! :p

Tout ça me ramène encore et toujours à réfléchir (surprise). J’étais hangover solide, je n’avais pas assez dormi il va sans dire, j’étais émotif (no shit), j’ai donc inévitablement réfléchi au sens de la vie. Soupirs. Pis je me suis demandé pourquoi moi, je n’en faisais pas un, un marathon ? Pourquoi je préfère me pacter la face le samedi soir plutôt que de me fixer des objectifs de vie plus sains, genre courir 42km once in a while ?

Revenu à la raison et voyant le vieux gorille se déplacer péniblement d’une pièce à l’autre, je me suis rappelé que chacun avait ses objectifs. Plus jeune, après une série de moments bizarres et de réveils avec l’impression-de-fin-du-monde, j’avais l’objectif assez large et imprécis de trouver le bonheur. C’est vaste « être heureux » vous me direz, mais pour certain, c’est un esti de cheminement. J’étais pas très loin déjà, mais disons que j’avais souvent le bonheur triste. J’ai consulté beaucoup – quelques années, tsé – j’ai travaillé fort et j’ai fait des choix. Parce que la vie est une question de choix. Je n’aimais pas ma job, j’ai changé. Je voulais faire des études universitaires pour avoir l’impression d’être quelqu’un, j’ai obtenu un baccalauréat. Je n’étais pas bien dans mon couple, je l’ai quitté. Je voulais être plus en forme, je m’entraîne régulièrement depuis en salle et à la course. J’ai aussi fait le choix de m’éloigner autant que faire se peut des énergies négatives, au nom d’une certaine santé mentale. Des choix sains, genre. Pour moi. Pour d’autres, c’est de faire abstinence d’alcool pendant un mois, de courir un marathon, de déménager en campagne. Chu juste pas rendu à courir 42 km dans ma tête, c’est tout. J’ai d’autres affaires à faire avant je pense.

Courir un marathon, c’est accepter de faire quelques sacrifices. Arrêter de consommer de l’alcool pendant un certain temps, surveiller son alimentation, se coucher tôt, courir beaucoup, plusieurs heures, recommencer. Toutes des affaires que je n’ai pas envie de faire en ce moment. C’est possiblement ça qui me déçoit. Je pourrais le faire, j’aimerais avoir le courage de l’abnégation, mais j’aurais l’impression de manquer trop d’affaires en ce moment. Un sacrifice de plus serait un sacrifice de trop. J’en suis encore là. Par choix. Je choisis la fête, les amis, la gratification instantanée, de rentrer aux petites heures du matin, de danser sur un podium comme si j’avais encore 20 ans. J’ai tellement fait de sacrifices depuis que je suis devenu « entrepreneur », j’ai tellement peu de loisirs depuis deux ans que je me garoche dans ce que je connais et qui me fait du bien. Ça me donne l’impression de vivre un peu. Parce que c’est bin l’fun faire du café, mais c’est beaucoup d’heures à faire juste du café.

Faque pas de marathon cette année. Pis peut-être pas l’année prochaine non plus. Je vais juste continuer à courir pour le plaisir et à le faire un peu plus longtemps chaque fois pour me dépasser à la hauteur de mes ambitions. Chacun ses objectifs, finalement.

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Récemment, on m’a présenté comme barista. Ça fesse. J’ai tout de suite gentiment, mais fermement repris la dite personne : je suis avant tout propriétaire d’un café. Déjà que j’ai un peu l’impression qu’il ne se passe rien de bien excitant dans ma vie à part avoir une entreprise populaire et rentable, je n’ai pas envie qu’on me voit comme un simple barista. Y’a pas de mal là, c’est juste qu’il y a une différence entre une « job d’étudiant » et une entreprise qu’on tient à bout de bras. Genre.

L’amour au temps de Wikipédia

Quoi ?! Est-ce que j’aurais un vrai match Tinder ? Genre moi ? Vraiment ?! Si la tendance se maintient, je dirais. Ça semble être sur une voie plutôt carrossable, en tout cas. En asphalte pis tute. C’est tellement rare que ça arrive, que j’ai envie de rouler vite vite vite, le bras en dehors du char, le cœur sur la main, au vent. Genre.

Rencontrer, j’ai dû le répéter 1 349 672 fois, c’est devenu une opération plutôt mécanique. On a un match, une possible date, on se plaît (ou pas), on continu (ou pas). Il y a peu de nuances. Et chaque belle et intéressante rencontre efface un peu celle d’avant. En quelque sorte. Pas tout à fait, mais presque. On est tellement adaptable. Ce ne sera pas lui, mais lui. À quelques heures/jours/semaines/mois d’intervalle. Dans cette ère des relations jetables, on prend tout ce qui passe en consommation rapide. Pas de chimie, pas le temps de perdre 2 secondes, j’ai 148 affinités sur Tinder qui « attendent ». Well, well.

Mon ami Wiki dit que « l’amour désigne un sentiment d’affection et d’attachement envers un être vivant ou une chose [hehe] qui pousse ceux qui le ressentent à rechercher une proximité physique [le sexe, quoi d’autre], spirituelle [les valeurs, les intérêts] ou même imaginaire [c’est juste dans ta tête, bro] avec l’objet de cet amour et à adopter un comportement particulier [genre être fin pis attentionné]. »

Mais on dirait que je ne le sais plus. Si on se base sur la définition, ça se peut. Je sais que ça se peut. Mais j’ai tellement eu l’impression de ressentir ça avec tellement de monde qui ne le méritait pas que je ne sais plus. Disons que je suis peut-être plus adaptable que d’autres. Et disons aussi que j’ai déjà eu le « sentiment » facile. Je suis un peu naïf, mais ça ne me déplaît pas. Ça me permet souvent de voir du positif pis du beau en chaque personne et en chaque situation. Je suis naïf comme dans papillons dans le ventre, étoiles dans les yeux pis coucher de soleil sur le bord de la plage, mais je ne suis pas dupe non plus. Ma petite voix intérieure me parle et elle a souvent raison. Ma raison n’est jamais très loin. Est-ce que je suis – ark, j’hais tellement ce que je vais écrire – en amour avec l’amour ? Disons que je suis persuadé que nous sommes plus groundé accompagné. Au même titre que l’amitié. Une vie sans amis, c’est très triste. On pourrait dire qu’une vie sans amour est plus dull. La vie, c’est fait pour être partagé, point. Peu importe avec qui pis comment.

Fifi, Riri et Loulou, mes bons amis canards, mes disent souvent que je m’attache trop vite. Je leur réponds chaque fois que je ne m’attache pas, en tout cas pas d’emblée, mais je m’intéresse. Parce qu’à quoi bon dater si on ne s’intéresse pas. L’attachement arrive plus tard, parfois vite, parfois pas, mais plus tard, quand on connaît un peu mieux la personne. L’intérêt, lui, doit y être dès le départ. Et j’ai tendance à m’intéresser à ceux que je rencontre. Parce qu’il y a quelque chose de bon et d’intéressant en chaque personne même si souvent, le vraiment bon est caché sous d’immenses couches de protection. Tout le monde a été blessé et personne ne veut que ça se reproduise. Faque le monde se cache. Tsé.

Toujours est-il que j’ai envie de rencontrer quelqu’un pis que j’y travaille un peu. Parce que c’est amusant partager. Parce que c’est agréable de se coller, de dormir et de toucher quelqu’un qui en a autant envie de soi. Parce que j’aime apprendre à connaître les gens. Apprendre à les connaître vraiment. J’aime rire aussi. Et rire à deux, c’est mieux (je l’aime bin, celle-là).

Faque quand j’ai regardé le ciel hier, les étoiles avaient l’air plus alignées que d’habitude. Alignées comment ? Je sais pas, mais plus. Pour combien de temps ? Je ne sais pas non plus, mais ça va finir par me donner envie de laisser tomber quelques barrières. Comme je disais précédemment : ouvrir mon cœur un peu, me protéger un peu et regarder devant. Tsé. Juste pour voir.

J’ai un an, môman

Ça fait un an que je suis en poste à 7h du matin, presque tous les matins, la tête un peu dans les fesses, à ouvrir La brume dans mes lunettes et à attendre le premier client de la journée.

Un an à recevoir les clients no matter what, beau temps, mauvais temps, été comme hiver, avec le sourire, même quand ça va fucking mal, du mieux possible, avec du cœur, de l’ouverture, comme s’ils étaient des amis, comme s’ils passaient à la maison, à m’assurer de leur confort, à les fidéliser, à espérer qu’ils reviennent et qu’ils en parlent à leurs amis.

Chaque jour, j’ai essayé d’être à mon meilleur.

Un an à apprendre à gérer des employés, des agréables, des difficiles, des compétents, des « pas à leur place », à essayer de leur expliquer ce que c’est un bon café, un service à la clientèle impeccable et ce que j’ai imaginé depuis février 2015. J’ai fait de mon mieux pour agir en bon patron et tout fait pour ne pas reproduire les comportements désobligeants de certains d’entre eux. Puis, je me suis trompé parfois, j’ai parlé trop vite, trop fort, trop bête et je me suis excusé de ne pas toujours être à la hauteur. J’ai essayé de taper dans le dos des collègues pour le travail bien fait, de les féliciter pour leurs bonnes journées, de les encourager dans les moins bonnes, de les chicaner quand ça dépassait les bornes et surtout, de les remercier le plus souvent possible.

Un an à me retrousser les manches pour les congés, les absences, les retards, les départs, les petits et gros problèmes du quotidien, le manque de liquidités, à trouver des solutions concrètes, rapidement et pas toujours dans les meilleures conditions.

Chaque jour, puiser dans toutes mes ressources et parfois vivre de l’énergie du désespoir.

Un tour de planète complet à imaginer le futur proche, à développer, à organiser, à payer des factures, à faire des chèques, à négocier avec des fournisseurs, à stresser pour la paie et pleurer parfois, incontrôlablement, ne voyant pas plus loin que le jour suivant.

Chaque jour, j’ai croisé les doigts.

Un an à se pêter les bretelles pour les bons coups, les journées super rentables, la visibilité dans les médias, les clients qui reviennent, à se faire dire qu’on a les MEILLEURS scones en ville.

Un an à appeler maman pour qu’elle fasse les courses, qu’elle me console quand je broyais du noir, qu’elle me conseille, m’encourage quand j’en avais besoin (j’en ai encore souvent besoin, ha!), qu’elle insiste pour payer sa facture chaque fois. Elle qui voit toujours l’avenir beau, grand et successful. MERCI x 1 000 000.

Sept mois (parce que ça ne fait pas un an pour elle) à travailler avec la meilleure « deuxième » associée du monde (la première, c’est môman, tsé).  Elle est arrivée à point nommé, au moment où on avait besoin l’un de l’autre, au moment où il fallait sortir la tête de l’eau. J’avais besoin de souffler un peu, elle avait besoin de respirer à nouveau. Depuis, on tombe et on se relève ensemble, tous les jours, pour le meilleur et pour le pire. Parce qu’à deux, c’est bien connu, c’est mieux. MERCI x 1 000 000.

MERCI à vous tous, belles personnes, amis, clients réguliers, anciens et nouveaux, qui allez et venez régulièrement, qui me donnez des conseils, qui rendez les journées plus calmes agréables, qui me permettez de constater que La brume dans mes lunettes est un SUCCÈS depuis le premier jour, vous qui en parlez aux gens autour de vous et qui faites une réelle différence dans toute cette aventure. CHAQUE. JOUR. 

Et MERCI sans retenue à cette équipe formidable qui nous accompagne jour après jour, à ceux qui sont passés et à ceux qui ont gratuitement donné de leur temps. Sans vous, rien de tout ça ne serait possible.

LOVE tout plein et MERCI x 1 000 0001 000 000

 

Tinder, épisode 588

Le dating version moderne me décourage. J’en reviendrai jamais, j’pense. J’essaie de m’adapter, de comprendre, de voir la CHOSE autrement, mais ça gosse. Comment peut-on prétendre par des mots et des gestes être intéressé par l’autre si on est toujours en mode recherche ? Genre « recherche intensive ». Et cette game de je-ne-te-texte-pas-pendant-trois-jours, mais je t’inonde de selfie la 4e journée ça rime à quoi? Tu’ intéressé ou pas ? Parce que c’est pas clair. As-tu du temps cette semaine ? Tu devrais avoir envie de me voir le plus souvent possible. T’as pas cette envie, ça doit pas être ça, je ne suis sans doute pas le bon. T’es occupé ? Tu vas trouver le temps. Voyons, le monde! C’est supposé être naturel et simple.

On se voit, on jase, on s’embrasse, on baise, on dort, on se revoit, on recommence, mais c’est pas ça ? Ça se peut que tu ne le sentes pas dans ton intérieur, ça se peut vraiment. Mais pourquoi entretenir le vide et les peut-être, dans ce cas ? Pourquoi ne pas juste dire d’emblée : ça ne marchera pas, je ne le sens pas ? Pour essayer ? Ok. Mais pas trop longtemps, ok? C’est de la job pour toi aussi d’entretenir toutes ces conversations et ces prises de rendez-vous. On le sait assez rapidement que ça n’ira pas loin. On le sait, c’est tout.

Sinon, c’est quoi ? La peur d’avoir mal ? Parce que y’a ça aussi, la maudite peur d’être blessé. C’est bin plate, mais ça fait partie du processus de rencontre. Ça, pis les premiers rendez-vous qui rendent fucking nerveux où tu sais pas quoi te mettre pour séduire juste assez. T’es intéressé, mais t’as peur ? Protège-toi un peu, ouvre ton cœur un peu, gère tes émotions comme un adulte. Regarde pas trop derrière, concentre-toi sur un candidat, avance en regardant devant pour ne pas trop t’enfarger pis ESSAIE. Genre. Juste un peu. Sinon tu vas passer par-dessus mille affaires le fun. Pis si ça marche pas, t’auras au moins essayé (pis eu un peu sexe).  WIN-WIN.

Je crois aussi qu’on fait de la recherche intensive pour combler un certain vide. Ce vide laissé par la dernière relation ou celle qu’on aurait voulu. L’espoir du mieux. On a aimé, on a été blessé, notre cœur saigne toujours un peu, même quand on le croit guéri. Pour éviter de souffrir à nouveau, on prépare la prochaine étape (i.e. le candidat suivant) avant d’avoir même commencé la première (apprendre à connaître le premier). En partant du fait qu’il y a intérêt, bien évidemment. En gros, on ne fait pas trop d’efforts. Tout le monde veut quelqu’un, mais plus personne ne sait trop comment s’y prendre. On a tous de l’amour à donner, un shit load, mais on sait plus comment faire.

Pis qu’est-ce que je fais ? Un peu la même maudite affaire que tout le monde, tout en essayant de faire autrement. Je n’ai pas envie d’être le seul à me bercer d’illusions, tsé.

Toujours est-il que depuis une certaine lurette, j’ai mis un terme au niaisage avec l’anglophone. Oui, non, peut-être, pas aujourd’hui, je suis trop nerveux, j’ai pas assez dormi, mais on va se revoir, promis. LAISSE FAIRE. I like you but I don’t want something serious and I didn’t see anyone since I met you. Doux Jésus. Marie pis Joseph pis les dindons de la crèche. Nenon, tu veux quelque chose de sérieux, sinon tu ne passerais pas ton temps sur les applications. Tu veux juste pas de sérieux avec moi pis c’est bin correct. Plate, mais correct.

Le monde, j’aimerais tant que tu réapprennes à dater comme du monde. Juste parce qu’en ce moment, tu me propose des relations jetables. Pis j’aime pas ça.

Le dating selon Lulu :

  1. Si je suis minimalement intéressé, je te donne des nouvelles régulièrement. Possiblement tous les jours, sans exagérer. Sauf si ton text behavior m’inspire l’inverse.
  2. Si on s’est déjà vu de près, j’ai envie de te revoir régulièrement aussi. Possiblement dès que j’ai un moment de libre. J’ai envie d’apprendre à te connaître, tsé.
  3. Je pense à toi sporadiquement dans la journée. Rien de catastrophique, mais tsé, tu me plais un peu, faque.
  4. Si tu me textes, ça me fait un petit quelque chose en-d’dans. Pas grand chose, là, juste une petite émotion agréable qui me donne envie de recommencer.
  5. Si on a baisé ensemble et que c’était bon, j’ai envie de recommencer. C’est quand même au moins 50% du couple, le sexe. C’est un esti de bon départ.
  6. Si tu étires le délai entre tes communications, ça gosse. Je me demande pourquoi tu fais ça et ça gosse un peu plus. Pourquoi je ne te texte pas, dans ce cas ? À cause du point 1.
  7. J’aime pas le niaisage.
  8. Si je te texte avec une phrase ouverte, t’as le droit de conclure. Laisser tout ça en suspend, c’est plate.
  9. Si tu joues une game (peu importe laquelle), je décroche.

Ça doit être l’alignement des planètes, mais je comprends pu rien.

Tinder, épisode 237

C’est dimanche soir, j’ai passé un bon weekend, je me sens en contrôle de mes maudites-émotions-à-marde, j’installe Tinder pour la 237e fois. Je « super like » un gars. Il me répond dans la seconde ou presque, la conversation est parfaite, il me fait rire, il est freaking hot. Il me donne son numéro de téléphone et on décide de se dater le lendemain. Tout beigne.

Il est grand, blond et anglophone. On aura plein de raisons de ne pas se comprendre. Yay!

On se date lundi soir. Il vient me chercher, m’emmène dans un resto sympathique, paye la note (sooooo gentleman), me propose un « dernier verre » chez lui. Tute va bien.

Je le texte, il me texte, le lendemain et les jours suivants. Il me propose de l’accompagner voir la maison qu’il vient d’acheter à l’extérieur de Montréal. J’accepte volontiers. Sur la route, il m’appelle future husband (avec une pointe d’humour, il va sans dire), on jase de tout et de rien, la conversation est fluide. On rit, c’est intéressant. Pas de temps mort. Pas d’hésitation. C’est simple et agréable.

On arrive, on démolit un mur vite fait, on jase, il m’embrasse, on démolit un autre truc, je me donne à fond, je lui montre mon côté masculin-je-suis-manuel-et-je-sais-tenir-une-drill x 1000, je l’embrasse, il me demande mon avis sur ses choix designs, me fait faire le tour du quartier, me ramène à la maison. Tsé, simple et léger. Il me prend dans ses bras avant de quitter. J’ai une petite émotion.

Je le texte pour lui dire you’re cool. I like you. Pas « je t’aime pis je veux t’épouser ». Plutôt « je t’aime bien et j’aimerais te revoir ». Tsé, apprendre à se connaître et peuuuuuuut-êeeeeetre, un man’né, m’attacher. Il me répond que je suis cool too and very chill. On a tous les deux passé une belle journée, donc. J’ajoute que je suis libre dimanche. Il acquiesce avec un we’ll make a plan.

On ne s’est pas vu dimanche, finalement. Personne n’a proposé de plan. Je n’ai pas osé le relancer, ayant préalablement fait une partie du chemin. J’ai senti un changement de rythme, je dirais. Ses réponses sont plus espacées et les textos n’ont plus de conclusion. Et hier, rien. Sauf quand j’ai décidé de le texter vers 19h. Il a répondu sur-le-champs cependant et la conversation semblait intéressée. J’ai quand même l’impression d’avoir commencé à courir tout seul. Un peu.

Je ne suis pas tant chill, finalement. Et je pense beaucoup trooooooop.

Je m’en fais encore pour rien, je sais. Je crois cependant qu’il soit justifié de penser que si on est vraiment intéressé, on propose un vrai plan et pas seulement « we’ll make a plan ». Maudit dating du criss.

Je. Pense. Trop.

Je ne suis pas assez casual pour dater, je pense bien. Je n’y arrive pas encore, du moins. Je sais qu’on peut dater quelqu’un par intermittence, sans engagement, sur une longue période. J’en connais plein qui le font et pour qui ça fonctionne. On se voit quand ça adonne jusqu’à ce que ça adonne full pin (ou pas). Entre temps, ça ne signifie pas que l’un ou l’autre n’est pas intéressé. Je sais. JE SAIS. Et j’essaie fort de faire autrement, mais c’est pas super naturel. Toutes les histoires funnées que j’ai connues auparavant ont été full pin dès le départ. Faque dans ma tête, c’est d’même que ça marche.

Maintenant, je cherche ce que je pourrais bien faire de différent cette fois-ci. Me CALMER LES NERFS serait une bonne chose. Être vraiment chill, comme je sais l’être quand je n’ai ni attente ni attache. Et ne rien faire de plus, je crois. Pour éviter d’être déçu, tsé.

Maudite psychologie de garage de mes deux fesses.

 

Au-delà de la violence

Il est minuit six. J’arrive tout juste à la maison.

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Je suis parti du travail avec un peu le cordon du cœur qui trainait dans’ marde. Un peu. Pour toutes sortes de raison. J’arrive juste pas à le raccrocher comme je voudrais en ce moment. C’est cyclique, je crois. Temporaire, surtout. Donc, ce soir, j’avais envie de prendre un verre et de rentrer un peu plus tard, mais pas trop tard. Juste pour dire. Je n’avais juste pas envie de rentrer seul à la maison en sortant du bureau. Tsé, ce genre de moment.

C’est raté, il est très tard.

Je me suis donc retrouvé chez l’EX, celui avec qui j’ai passé quatre années formidables/de marde, mais pour qui j’ai un profond respect et encore beaucoup d’amour. Pour l’occasion, parce que mon cordon machin trainait dans ÇA, j’ai acheté une bonne bouteille. Avec son copain que j’adore, on a discuté de choses et d’autres. Du quotidien pis tute. Et à un moment donné, j’ai dit : « le discours d’Hillary est à 22h ». Tout ce que je voulais, c’est l’écouter. Bin me v’là tu pas que je l’ai regardé sur grand écran, full HD avec le volume dans l’tapis! Pis avec eux. What a speech!

Ce soir, j’ai vécu un moment comme j’en rêve trop souvent. Un ESTI de moment. Comme quand  Pauline est devenue première ministre. Cette étape où tout semble possible. Où les dernières barrières tombent. Où sky is the fucking limit. Cette femme-là, Hillary, je ne sais pas pourquoi, mais elle m’inspire. Malgré tout ce qu’on a pu lui reprocher et plus encore. C’est Hillary Rodham Clinton. HRC, la présidentiable. C’est SA campagne, SON moment, SON accomplissement. Peu importe si elle gagne ou non, peu importe ses erreurs du passé, peu importe ce qu’on pu dire, elle mérite cette nomination. C’est une battante, elle est déterminée, qualifiée et fucking prête!

Je sais, je parle d’un autre pays. C’est juste tellement plus inspirant politiquement parlant qu’ici. Là-bas, à chaque campagne présidentielle, le monde peut changer. Là-bas, le monde VOTE. Ils s’intéressent et comprennent les principes de base de la démocratie, le moins pire des systèmes. En plus, ils ont le sens du spectacle, du rythme, du discours. Et ils en ont les moyens. C’est beau et inspirant (parfois un peu troublant).

J’ai absorbé chaque mot de son discours. Chaque intonation, chaque sourire, chaque martèlement. Elle est tellement prête! J’ai ri, j’ai applaudi, j’ai été fébrile, j’en ai redemandé. Quelle femme! Quelle future présidente!

Après ce discours véritablement historique, je marchais sur la rue en souriant béatement. J’étais bien. Heureux. Satisfait. Comme si tout pouvait arriver sans m’ébranler. Fallait donc que je trouve une chanson pour faire perdurer le moment. J’ai pitonné, et pitonné encore jusqu’à ce que je tombe sur L’amour existe encore. J’ai hésité, mais je l’ai laissé jouer.

L’amour existe encore. Parce qu’à travers tous ces mots que Hillary a su si bien juxtaposer, il n’y a que ça : du beau, du bon, de l’unité et de l’amour pour son prochain. Que ça mène à un résultat ou non. C’est de ça dont le monde a besoin en ce moment. Du positif. On n’est peut-être pas du même bord, mais au bout du compte on s’en fout d’avoir raison ou tort. Le monde est mené par de fous, mais il n’en tient qu’à nous de nous aimer plus fort. Au-delà de la violence. Au-delà de la démence. Malgré les bombes qui tombent aux quatre coins du monde. Malgré ce mal qui court et met l’amour mort. C’est tellement à propos.

Pis quétaine un peu (ou beaucoup).

Après ce soir, je pourrais mourir parce que j’ai vécu un moment parfait, mais j’ai bin trop envie de voir Hillary présidente des États-Unis. Pour toutes les personnes qui se battent pour un idéal dans le monde. Faque je ne mourrai pas. J’ai juste pas envie.

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Il est minuit cinquante et je vais dormir. PEACE.

Boyfriend material

Me semble que ça fait longtemps que je n’ai pas étalé ma vie privée sur la blogosphère. Ça vous manquait, je sais. Voici, donc.

Le chapitre Paragraphe 3 vient de se terminer. Pas parce que ce n’est pas du boyfriend material, au contraire, il est beau, pis fin, pis drôle, pis attentionné, pis généreux, pis amoureux, pis je crois bien qu’il aurait mis la Terre à l’envers pour me rendre heureux. Exactement comme je ferais pour celui que j’aime. Mais suite à une discussion que j’ai souhaité franche, il a mis un terme à nos ébats parce que je ne suis pas capable de lui donner tout ce qu’il attend de moi. Je rumine des vieilles affaires, encore. Je n’ai pas complété tous mes deuils, je crois. J’ai encore de la colère emmagasinée, on dirait bien. En ce moment, je lui ouvrirais mon cœur pour les mauvaises raisons. J’ai donc dit non, implicitement. Il a dit non, explicitement. Question de timing, qui disent.

C’est dire que j’ai, un peu malgré moi, tiré la plug sur une pas pire belle histoire. Comme un amateur.

Un soir un peu trop arrosé, un bon ami à moi lui a dit que j’étais un peu FOMO ces temps-ci, dans des termes plus affectueux, bien sûr. Effectivement, j’ai en ce moment cette fâcheuse impression d’avoir peur de manquer quelque chose. Quoi ? Je ne sais pas. Pourquoi ? Non plus. Mais je ne reste pas en place deux secondes, j’ai besoin de sortir, de voir du monde, de flirter, de me sentir libre. C’est ça, j’ai besoin de LIBARTÉ. Plus qu’à l’habitude. Comme si j’avais été encabané pendant trop longtemps. Comme si je m’étais un peu trop privé au nom d’une certaine stabilité émotionnelle.

J’ai souvent dit que j’avais trouvé un anxiolitique efficace : le couple. Quand je suis en couple et heureux (cela va de soi), je n’angoisse pas, je dors la nuit, je souris le jour, j’apprécie rester chez nous les fins de semaine. Je suis léger et funné. Je crois qu’en pareille situation, et mon entourage pourra en témoigner, je suis à mon meilleur. Quand je date, je deviens rapidement instable, émotif, exagéré, intolérant, je me réveille la nuit pour ruminer, réfléchir ou paniquer, inutilement.

Maudit câlisse.

Dans la vie en général, mais plus particulièrement en ce moment, j’ai besoin de voir du monde, d’organiser des soupers le vendredi soir, de sortir dans les boites de pédés. Mes amis sont majoritairement gays, je suis gay, je vis gay et c’est comme ça que je me sens bien. C’est donc dire que j’ai besoin de quelqu’un qui va avoir envie de faire les mêmes activités que moi, avec le même monde que moi, au même rythme que moi ou presque. J’aimerais être différent, me satisfaire de peu, être capable de naturellement rester chez moi les fins de semaine, jardiner, tricoter ou jouer à la pétanque avec des amis. J’aimerais vouloir désespérément partir en camping, en voyage de pêche, avoir un chalet pour m’évader tous les fuckin’ weekends de l’année. Je ne suis pas encore rendu là. Je ne me sens pas comme ça. Je préfère les 5 à 7, les partys et rentrer aux petites heures du matin.

Ça me déçoit parfois.

J’ai 35 ans. J’ai l’impression d’en avoir 20. J’agis comme si je n’avais pas vécu et/ou appris. Mes amis me répètent à juste titre que ce serait peut-être le bon moment de prendre une pause, de me retrouver, de me ressourcer, d’être en couple avec moi-même. Genre.

Que faire maintenant ? Rien, je suppose. C’est la meilleure réponse que j’ai trouvée. Rien ou essayer de faire différemment, encore. J’imagine devoir construire un Trump wall entre les autres et moi. Pas par peur d’être blessé, juste pour éviter de rencontrer prématurément et de m’attacher indûment. Du moins temporairement.

En attendant, je vais laisser accrochés les dessins que Paragraphe 3 m’a fait au café. Juste pour me rappeler que c’était l’fun. Pis que j’aurais aimé être à la bonne place, au bon moment.

En deux temps, trois mouvements

Épisode 2783 sur les rapports humains.

J’ai revu le dude du premier paragraphe (réf.: Trois fois passera). Appelons-le affectueusement Paragraphe 1. Il m’a expliqué les raisons de son silence et m’a signifié son envie de me revoir. Il a d’abord oublié notre rendez-vous de « retrouvailles » d’une journée (wink), mais on réussi à setter une autre date. C’était bien. On a jasé de choses et d’autres, simplement. Depuis, on échange régulièrement, amicalement. C’est un bon gars au fond (wink wink).

Paragraphe 2 et moi on continue d’échanger et tout va pour le mieux. Je le trouve funné et j’aime beaucoup sa répartie. Il a plus d’une soirée dans son sac, ça change souvent le mal de place (sourire satisfait).

Sans même avoir lu mon blog, Paragraphe 3 est revenu dans le portrait. Il s’est confondu en excuses, en explications et en « je voudrais te revoir ». Je lui ai donc accordé audience. Je lui ai dit : « qui suis-je, intense x 1000, pour refuser les explications d’un intense x 1 000 000? ». On est allé bruncher, je l’ai écouté, il a remis son train sur les rails après un spectaculaire déraillement, j’ai dit des choses, on a échangé. Il a payé le déjeuner. Gentleman.

Il a perdu beaucoup de points. Il en a gagné plein d’autres. À suivre.

J’ai jamais été indifférent, au fond. J’étais plutôt intéressé, en fait. Mais tout ce branlebas de combat m’a fait un peu peur (no shit). Ça allait vite, c’était intense, ça allait sans doute un peu trop vite et c’était peut-être un peu trop intense. Ralentissons, donc. On va se revoir. Lentement, mais sûrement. À mon rythme et sans contrat. Tant que c’est simple de parts et d’autres, ça ira.

Ce qui m’étonne encore, c’est que je ne m’attendais pas à tant de revirements. Je n’espérais ni les explications de Paragraphe 1 ni le retour de Paragraphe 3. Habituellement, quand je prends le guess d’écrire des platitudes sur mes dates déchues, la suite est rarement positive. Je ne m’attendais à erdjien. Une ex-fréquentation m’avait déjà écrit pour me dire d’arrêter de parler de lui sur mon blog, que notre « histoire » était déjà loin derrière lui et que je devais cesser de l’embêter. J’avais ri. C’est donc qu’il se reconnaissait. Et que ça l’embêtait. J’en avais profité, du haut de ma confiance renouvelée, pour lui répondre que personne ne le forçait à me lire : « c’est à toué les oreilles », je disais.

Mais je peux le comprendre. Qu’on parle de moi en termes plus ou moins élogieux sur un site à 677 abonnés, ça pourrait me gosser. Mais ça signifierait sans doute aussi que j’ai été une p’tite vache à certains égards. Ça, ou que j’ai manqué de maturité. Ou de clarté. Ou de bin des affaires nécessaires à tout humain engageant un contact avec autrui. J’en viens donc à la conclusion que Paragraphe 1, 2 et 3 sont des gens bien et relativement groundés. Le monde et les temps changent.

Pis bonne fête des pères.