Même quand il pleut

J’ai marché aujourd’hui. Seul dans les rues de Montréal. Sans but. Pour réfléchir et essayer de prendre le temps. Tout va vite, tout l’temps. Pas juste pour moi, je sais. Je me le suis dit plusieurs fois ces derniers temps : j’ai besoin d’une pause. Et je ne sais plus tant comment faire.

Faque me suis arrêté dans un café (mais pas le mien) pour écrire. Et prendre le temps.

Les journées sont occupées, les nuits trop souvent angoissées, je commence ma semaine en lion, je la fini en boule, ou presque. Mon repère (et repaire) le plus confortable et réconfortant, c’est mon vieux sofa. Celui qui me suis depuis les dix dernières années, qui a tout vu, tout entendu, tout subi (hehe) et qui me permet de bingewatcher, de me sentir ailleurs, protégé, juste bien. C’est là que je me réfugie quand mes draps me semblent plus lourd que le plus lourd de mes ennuis.

J’ai dit à mon nouvel ex (wiwi, mais on s’aime beaucoup) que de parler de mon quotidien professionnel, de me donner l’occasion de l’exprimer, de creuser en profondeur pour en connaître tous les détails, ça noircit mon âme systématiquement. Parce que chaque fois, les fameuses questions du « comment tu vas ? » suivi du « non mais, comment tu vas pour vrai ? » ouvrent une porte que peu de gens ont vraiment envie d’ouvrir (haha!). Ma tête devient lourde, mes mots aussi, mon esprit brouillé, ça me donne chaud, ça palpite, comme une crise d’angoisse en devenir. J’ai chaud en ce moment même d’écrire tout ça, I-MA-GINE. J’ai convenu avec moi-même d’en parler le moins possible, donc. C’est mieux pour ma santé mentale et celle des autres. Y paraît de toute façon que plus on dit qu’on va bien quand on feel comme d’la marde, plus on a de chance de mieux se sentir. C’est une manière de ne pas s’apitoyer sur son sort, je suppose. Une question de perspective aussi.

Et je vais bien, pour vrai. Même si mon quotidien professionnel est un casse-tête sans fin. Même si je vis au gré des périodes de paie. Même si je ne sais pas quand je serai capable de repartir en vacances la tête en paix. Même si je passe volontairement mes soirées seul chez moi. MÊME si je ne sais plus comment ni si j’arriverai à sortir la tête de l’eau. Je vais bien. J’ai une vision très claire de ce qui de passe et ce qui peut s’en venir. J’ai souvent l’impression que ma job me rend impuissant et stressé et anxieux et lourd, voire malheureux et que j’avance avec l’énergie du désespoir, mais quand je n’y pense pas, tout va. POUR VRAI. Je suis capable re regarder l’avenir avec confiance, d’être groundé, de lâcher prise, de sourire, de rire, d’avoir du gros fun noir entre amis, de me tenir en forme, de bien me nourrir et surtout, d’avoir ESPOIR. Et je m’efforce d’être en mode solutions, de voir au-delà des centaines de milliers de dollars investis ces quatre dernières années, de voir tout ça d’un côté positif, constructif. Parce qu’au final, c’est juste de l’argent. Personne n’est en danger de mort. La Terre n’arrêtera pas de tourner (enfin, pas pour ça). All good.

Ne pas en parler trop donc, c’est ma planche de salut. C’est gros pour moi toi ça. C’est gros pour moi tout seul. Je m’étais dit qu’avec mon front de bœuf, j’arriverais à bout de tout (j’y arrive pas mal, en fait), mais parfois, l’envie de tout abandonner me traverse le corps et l’esprit. Sauf que la procédure d’abandon n’est pas de tout repos non plus. C’est un gros, gros, GROS pensez-y bien. Parfois aussi, j’ai juste l’impression d’être au bout de mes compétences de gestionnaire et de mes capacités intellectuelles et physiques à tenir deux entreprises à bout de bras. Un one man show, c’est drôle et valorisant, mais c’est d’la job en tabarnak. Ça se peut que ce soit trop pour moi tout seul, je ne me cacherai pas la tête dans le sable.

Mais me trouve pas mal bon d’être rendu là, par contre. D’avoir réussi TOUT ça (avec beaucoup d’aide de plein de gens). Ça me rend fier. Quand je compte le nombre d’articles, de livres (dont un de Nouvelle-Zélande), de commentaires positifs qui parlent de mes projets, ça me remplit du sentiment du « devoir » accompli.

La prochaine fois qu’on se croisera, on parlera de toi, de Donald Trump, du projet d’indépendance de l’Alberta (FUCK YEAH!), de ton transit intestinal ou de tous autres sujets pas d’bon sens pour éviter de parler de ÇA. Ça me fera du bien de penser à autre chose. Ça me permettra sans doute de relativiser bin des affaires. Et quand j’aurai vraiment besoin de me vider le cœur, j’appellerai ma vieille mère (Haha! Pauvre elle!) ou on se verra toi et moi et je pleurerai sur ton épaule quelques minutes avant de retrouver confiance en la vie. Ça ne me prend pas grand chose pour retrouver confiance en la vie.

Après le déluge, tu pourras te dire que ça va bien. Même quand il pleut.

Les raisins de ma colère

Je ressens beaucoup de colère en ce moment. De la colère entrecoupée de résignation. Et d’espoir. Et de peine. Et d’une envie folle d’aller de l’avant et de réussir. Et ce sentiment d’échec qui perdure malgré tant de petits, mais grands succès. Ma tête est en état de siège de ses contradictions. Je vie le processus de deuil à répétition depuis si longtemps.

Je joue à Candy Crush pour me calmer les nerfs.  Et j’ai souvent les nerfs à vif depuis un certain temps, donc je joue beaucoup. C’est ma façon de vivre dans le déni pendant quelques minutes. Réussir un tableau, ça c’est quelque chose que je peux réussir assez facilement. Ça, j’aime ça.

Ce jeu plutôt stressant me calme, c’est tout dire. La vie va vite autour de moi. Je cours tout le temps ou j’ai l’impression de. Difficile à dire en fait. Je sais que j’ai souvent du temps à revendre et que mes collègues entrepreneurs en font plus que moi, plus vite, plus efficacement, plus beau ou mieux. Mais je n’ai jamais le sentiment d’avoir de pause. Je n’en ai jamais en fait. Je pars en vacances quelques jours, et je reçois des courriels, des appels, je dois régler tel ou tel problème à distance, ou accepter la démission d’un employé. Mon cerveau n’est jamais à off. C’est super. 

J’ai choisi tout ça. Funné, n’est-ce pas? J’ai choisi la liberté pour finalement me sentir souvent emprisonné. Je ne peux pas démissionner ni laisser tomber la serviette. Ça me fait souvent rusher. Les dettes, c’est de la petite bière à côté de tout le reste. Faire faillite, c’est correct, ça se peut, ça fait un peu de mal à l’égo, mais on s’en remet. Je pense plutôt à ceux qui m’ont fait confiance, qui croient en moi et qui y ont mis quelques pièces de leurs économies. Ça aussi, ça me fait rusher.

Je suis fâché. De ce qu’on attend de moi. De ce que je devrais faire. De ce qui me prend du temps. Des tâches qui s’accumulent. Des factures impayées. Des clients qui ne paient pas vite. Du zèle. Du criss de zèle. Des gens qui ne se mettent JAMAIS à la place des autres. Des règles toujours plus contraignantes et multiples. Des émotions déversées sur mon bureau en attente de validation.

J’ai choisi la liberté, comme je disais. 

J’ai souvent envie de laisser tomber la serviette. Genre 10 fois par jour. De dire fuck it, je mets la clé sous la porte, je change d’identité et je vais travailler dans un McDo en Californie. Ce serait si simple. Pour vrai, qu’on me montre où se trouve la maudite switch OFF parce que je ne la trouve pas.

Le plus difficile, c’est de manquer de cohérence, de constance et de positivisme face aux gens que j’aime. Je porte de beaux succès sur mes épaules, mais aussi plusieurs revers tristes et difficiles à accepter que j’ai dû absorber sans trop broncher parce je n’avais pas le temps. Que ce soit désorganisé dans ma tête est une chose, mais je sais que ma vie professionnelle a beaucoup d’impact sur la personnelle (sempiternelle affirmation). Je le sais. On me le dit. Ils ont raison, mais je ne sais juste pas quoi faire. Donc ils partent.

Étrangement, je ne ferais rien d’autre. Ça, ÇA, c’est étrange.

Malgré mon envie insoutenable de garocher ma serviette 10 fois par jour, j’ai 100 illuminations quotidiennement, des moments de profonde lucidité où je me dit que j’ai tout pour réussir, que je vais réussir, que j’en ai les capacités, le talent et le droit (notion que je travaille beaucoup en ce moment). Je finis toujours par trouver une solution quand j’ai le cordon du cœur qui traîne dans’ marde. Parfois c’est long, mais j’ai compris aussi que je devais me laisser le temps de ruminer, de dormir par déni, de procrastiner trop longtemps pour mieux revenir et être prêt à conquérir le monde.

Je sais que je peux manquer de cohérence, mais je fonce aussi souvent tête baissée, sans trop réfléchir, je me teste pour voir comment je vais me sentir ou réagir, si la situation m’est confortable ou non, voir si je suis capable d’en prendre et jusqu’où je suis capable d’aller. J’imagine que c’est un peu ce que j’ai choisi aussi.

Anyway, je retourne bingewatcher une série trépidante sur Netflix le temps que le beau temps revienne dans ma tête et que je remonte sur mon cheval de bataille.

J’ai hâte, mais j’ai toute la vie devant moi.

Le cordon du cœur

Les dernières semaines ont été étranges. Et intenses. Et révélatrices. Rien de grave en fait, juste une grosse dose de malentendus qui ont parfois fini en queue de poisson, sur la broche, calcinée, en miette. Beurk.

Je suis hypersensible, comme la voie lactée s’en doute. Un rien peut devenir une montagne escarpée qu’il est possible que je déboule violemment. J’essaie d’éviter d’en arriver là, assez que j’évite le drame et les conflits à tout prix (ce qui n’est pas toujours idéal ni de tout repos). Comme j’évite les gens qui ont tendance à en faire pour tout et rien. Ce qui fait que lorsque je ne suis pas d’accord, je peux devenir maladroit, sec, expéditif. Parfois mean. À l’intérieur, ça crie fort fort fort « ÉCOUTE-MOUÉ! » pis ça sort comme ça peut. C’est ce qui s’est passé, entre autres.

Je me remets régulièrement en question. À chaque 3 minutes 28 secondes environ. Je voudrais sans cesse être une meilleure version de moi-même. Je prends du recul aussi souvent que possible. Je mets à profit les expériences du passé pour faire mieux, autant que faire se peut. Je veux être une bonne personne. J’y travaille tous les jours. Mais parfois, je m’enfarge. Et parfois, ça ne marche juste pas. Dans mes mots, dans mes émotions, dans le ton. Je pense comprendre ce qui se passe, mais j’interprète, comme tout le monde, et la spirale de l’incompréhension s’emballe. Wiiiiiiiiiiiii!

C’est l’idée que quelqu’un puisse imaginer une intention malveillante de ma part et ne pas prendre le temps de comprendre mon point de vue qui me réduit en miette à chaque fois. Et par ricochet, de sentir que je suis responsable de l’échec des discussions de A à Z. Tout ça, parce que j’émet une opinion, que j’exprime un malaise ou un désaccord que je considère légitime. On me parle souvent de mon ton, celui que, visiblement, je n’entends pas. Mais ce que je veux qu’on entende c’est le propos, mon propos, pas le ton. Qu’on parte de là et qu’on laisse tomber les à priori et les émotions envahissantes (je sais, c’est moi qui dit ça). Est-ce que ça peut blesser, peut-être. Est-ce ma tendance abrasive peut déranger, sans aucun doute.

Mais est-ce qu’on a simplement envie d’écouter et de discuter?

À travers tout ça, le problème, je crois, c’est l’incapacité ou le désintérêt de certaines personnes de se mettre à la place de l’autre. Et business wise, il n’y a pas grand monde qui s’arrête deux secondes pour se demander ce que c’est de courir après les cennes pour 1. payer ses employés 2. juste survivre une semaine ou deux de plus. Je passe mes journées à calculer, à faire des appels, à espérer que ça décolle pour de bon, à gérer des crises, les émotions de autres, à essuyer des revers parfois niaiseux, parfois humiliants, parfois retentissants, à prévoir, à organiser, à vivre quelques succès et à garder le sourire, le cap et mon enthousiasme no fucking matter what. Me faire dire qu’une personne est trop importante pour que je lui parle ne me revient juste pas. Ça m’insulte même. Je n’ai pas le temps pour ça. Je suis en mode survie. Je n’ai pas le temps d’attendre. Il faut que ça bouge. Si la porte est fermée, je vais l’ouvrir. Si on me dit non, j’irai ailleurs. Je. Suis. En. Mode. Survie.

Et me dire quoi faire n’a jamais porté ses fruits non plus. Je n’aime pas ça. C’est sans doute pour ça que je suis mon propre boss. Je préfère qu’on me suggère, qu’on m’accompagne, qu’on m’insuffle le changement, qu’on me présente un chemin plus intéressant. Qu’on sème une graine qui germera sans aucun doute. J’ai besoin de réfléchir, de prendre acte avant d’agir. Tirer sur la fleur ne la fera pas pousser plus vite. Me dire quoi faire, en affaires surtout, ça enlève de l’importance au chemin que j’ai parcouru moi-même, seul dans mes bottes trouées, pour arriver où j’en suis aujourd’hui i.e. pas si mal, après tout. Je suis on ne peut plus ouvert à la discussion, à me raviser, à me repentir, le cas échéant. C’est important de discuter et d’embrasser des points de vue qui ne sont pas les siens. Tout est dans la manière et dans l’ouverture.

Est-ce que ça se peut que je grimpe dans les rideaux à l’occasion? FUCK YEAH. Est-ce que c’est souhaitable et/ou productif? HELL NO. Mais ça arrive et je réclame une fois de plus le droit à l’exagération. Avec les conséquences que ça peut impliquer.

Il y a quelque semaines, j’ai passé un pas pire quart d’heure. Découragé, à bout de nerfs, le cordon du coeur qui traîne dans’ marde. J’ai pris l’après-midi pour dormir. Pour oublier. Au son de la pluie. Je me suis levé avec un mal de tête carabiné, le cerveau en feu, les idées brouillées par trop d’émotions contradictoires et d’imbroglios à répétition. J’ai eu envie de tirer sur la plug de la job, encore une fois. Toute la maudite fucking journée.

Cette semaine-là, suite au trop plein d’émotions, j’ai entendu Zaz au Centre Bell avec ma sœur, une amie et mon étrange semaine dans le corps. Portant toute la pression de mon monde sur mes épaules, j’ai tendu l’oreille et ouvert les yeux. Pendant « Demain c’est toi », on a vu apparaître des petites lumières blanches dans la foule, puis une autre, puis tant d’autres jusqu’à former un truc irréel et beau et inspirant. S’unir pour faire du beau. Avec ce qu’on a. Comme des petites lueurs d’espoir dans les jours trop sombres. Ça m’a fait sourire. Ça m’a redonné foi.

Rien n’arrive pour rien, il paraît. J’y crois beaucoup. Et aussi bien que certains événements arrivent plus tôt que trop tard. Pour me consoler, je n’ai qu’à regarder la famille formidable qu’on s’est bâti dans ces deux entreprises qu’on tient à bout de bras. C’est beau. C’est vrai. C’est motivant. Et ensemble, on fait de grandes petites choses. Un scone à la fois. C’est pas mal tout ce qui compte.

Récolter la tempête

Il y a deux semaines, j’ai reçu l’appel d’une journaliste de la radio de Radio-Canada (Ici Première, je sais, je sais). Je pensais d’abord que c’était pour qu’on discute de salaire minimum, mais non. Elle voulait savoir si j’accepterais de parler du petit dernier : Le vent tourne. Un peu médusé, réalisant du même coup que mes textes plus personnels pouvaient être lu aussi, j’ai dit « oui, pourquoi pas ». Partons du constat qu’on ne parle jamais assez de la maladie mentale, peu importe la forme et la gravité. 

Puis, il y a eu l’entrevue, la diffusion et quelques messages de gens qui approuvaient la démarche. Je me suis quand même demandé s’il était approprié pour un entrepreneur dont je suis, avec, entre autres, une entreprise ayant pignon sur rue, de parler si ouvertement d’anxiété. Ça demeure encore stigmatisant, tout de même, ces problèmes-là. Même si je sais pertinemment que la Terre entière est occupée de gens de plus en plus anxieux et médicamentés, c’est encore tabou. C’est pas cute, le burnout. C’est faible de tomber. Pourtant non, loin de là, mais la dernière chose que je voudrais en ce moment, c’est qu’on me prenne en pitié. J’ai constaté un problème, j’en ai parlé, je me soigne. Rien de plus. Je ne m’apitoie pas sur mon sort (même si j’en aurais tout à fait le droit), je ne me plains pas, je partage plutôt un moment de ma vie où j’ai glissé sur le plancher des émotions. 

Cela étant dit, je vais bien. Malgré quelques petites crises de panique (phénomène jamais expérimenté auparavant), j’ai et je garde le cap. Mon comptable m’a dit que le meilleur remède était de continuer à travailler. Il n’a pas tort. J’ai traversé quelques journées où la peur de sortir de la maison a eu raison de ma motivation, mais traverser cette porte, descendre cet escalier et me rendre au boulot ont été des gestes très salutaires dernièrement.

D’ailleurs, la structure de mon entreprise a quelque peu changée. Ma partner a décidé de quitter. Même si on a travaillé à une rupture adulte et respectueuse, je ne peux pas dire qu’elle a été agréable ni simple pour personne. Nous avons semé le vent et récolté un peu de tempête. Je pense cependant avoir écouté ma petite voix qui ne voulait que mon bien. J’ai tout de même l’impression d’avoir recommencé à respirer et de m’être levé après avoir été trop longtemps assis. Je marche même, et d’un pas décidé. Je suis donc l’unique propriétaire (ou presque) de deux entreprises dont une en démarrage. C’est un beau casse-tête avec lequel je jongle plutôt bien dans les circonstances. Heureusement, je suis bien entouré. J’ai une famille aimante et dévouée, un chum très amoureux et à l’écoute, des amis qui me font beaucoup rire, des employés efficaces et disponibles. Tout ce beau monde rend mon quotidien vraiment plus agréable. 

La suite, je ne la connais pas. Elle me rend parfois anxieux, parfois pas. Ça varie entre « je tire su’ la plug » ou « check moi bin aller ». Ça dépend des jours, de mon sommeil beaucoup et de tellement d’autres facteurs, mais j’ai des objectifs en tête et j’ai envie de voir si je peux y arriver. Ça me pousse à continuer. Le quand et le comment sont assez flous et l’atteinte des objectifs pourrait être un processus plus long que prévu. Mais who cares parce que ce sera fait avec mes besoins personnels à combler en tête de liste. D’ailleurs, je suis à Washington DC venu voir des gens qui me font du bien et flâner sans but pendant que des employés de confiance et la Providence veillent sur mes commerces. Certains diront que je suis inconscient, mais je me rassure en me disant que j’ai appris à faire confiance et à lâcher prise sur bin des affaires. Ça me rassure beaucoup.  

Le vent tourne

Ça fait un bout. Depuis mon dernier texte, il s’en est passé des trucs. J’ai juste manqué de temps pour mettre mes idées en place. Comme dirait un vieil ami à la chevelure volatile, j’ai à peine eu le temps (ou l’énergie) de me laver les ch’feux.

Le temps file et je constate que je ne le vois presque pas passer. Ça fait un peu plus de trois ans que le café existe.  J’y ai passé tant de temps. J’y ai pensé tous les jours que je n’y étais pas. J’y pense encore depuis que je n’y suis presque plus. J’y pense en vacances. J’y pense parfois la nuit. Je regarde les ventes plusieurs fois par jour. J’appelle régulièrement pour prendre des nouvelles. J’essaie de veiller au bon grain de loin. C’est mon quotidien++ et donc, mon sujet de discussion principal. C’est parfois épuisant. Je me gosse souvent. J’appelle désormais le café « le bureau » pour me donner l’impression de parler d’autre chose.

Depuis septembre en fait, j’ai cessé d’ouvrir la porte de La Brume pour me consacrer à un nouveau projet : Le monde est scone. Tâche colossalement herculéenne quand on part de presque rien, avec presque rien. Depuis juin, je dépense de l’argent que je n’ai pas. C’est formidablement stimulant et évidemment, profondément angoissant. C’est un concept que j’ai encore beaucoup de difficulté à accepter et à comprendre : dépenser de l’argent pour en faire. Et dans ce nouveau monde (est scone, haha), j’ai découvert que les clients paient lentement. Yak. 

Au fil des mois, j’ai dû répondre à des questions que je ne me posais pas. J’ai dû trouver des choses que je ne connaissais pas. J’ai rempli des documents interminables (et franchement mal présentés), fait des demandes de prêts et de subventions compliquées, j’ai ouvert des comptes chez plusieurs fournisseurs, signé tellement de cossins utiles ou pas, organisé un local de prod sans trop savoir comment, formé du monde à faire les plus beaux scones du monde, parlé au téléphone trop longtemps, pogné les nerfs pour quelques trucs et contre quelques personnes. J’ai dit des saletés dans ma tête et dans le sous-sol humide des bas fonds de La Brume. J’ai appris pas mal d’affaires.

Mais là, je suis fatigué. Et stressé. C’est moins clair dans ma tête. 

Entre les semaines folles qui prennent toute mon attention, les weekends sont courts et chargés. J’ai besoin de sentir que je vis encore un peu donc, j’exagère toujours un peu. J’ai constaté récemment que je n’avais plus tant de fun. Bâtir la première entreprise a été stimulant et ultra valorisant, surtout constatant aujourd’hui son succès qui ne ment plus. La machine est rodée, ça roule tout seul, c’est beau à voir. Nos employés sont des magiciens de l’accueil. Je suis bien reconnaissant de tout ça.

Mais là, encore une fois, je suis fatigué. La vie, celle que la majorité des gens vivent, celle où il existe des vacances, des jours fériés payés, des fins de semaine sans appel, des weekends getaway, un salaire régulier et conséquent, me manque terriblement. Il m’arrive souvent d’avoir envie de me contenter de flipper des boulettes chez McDo, brainlessly.

Cette fois, je me plains. Je ne fais plus que constater. J’embrasse l’émotion négative et je l’étale sur papier. En espérant que ça s’estompe un peu. Ou que ça disparaisse complètement. 

L’entreprenariat, c’est un ensemble très cohérent. C’est cohérent parce que tout est toujours un défi à surmonter, des objectifs à atteindre et beaucoup de travail pour y arriver. Et surtout, ça n’arrête jamais. C’est la plus grande cohérence de ce monde. Mais à quoi ça sert? Mon idole d’entrepreneur, celui qui me donne l’impression de ne jamais flancher et d’être toujours au-dessus de la mêlée, celui qui semble garder la tête froide en toutes circonstances, m’a raconté ses pleurs incontrôlables en ouvrant le coffre de son auto récemment. Comme ça, parce que. Les nerfs l’ont lâché. Parce que parfois, ça devient vraiment lourd à supporter. Parfois, la pression est si forte que le cerveau ne communique plus les bonnes infos. Le corps s’effondre, la tête et le coeur aussi.

J’ai grisonné de la barbe, je ne réagis plus de la même façon à certaines situations, j’angoisse pour des trucs sur lesquels j’avais un contrôle quasi absolu auparavant, je dors moins bien et moins longtemps. Dernièrement, je ne suis senti éteint dans des situations où j’aurais dû avoir du plaisir à l’infini. J’ai pleuré abondamment, à chaudes larmes, pendant des heures, devant des gens que je ne connaissais pas tant. Ce soir-là, j’ai réalisé bin des affaires. C’est bien beau tout ça, c’est stimulant d’espérer réussir dans ce difficile monde des PME, de se donner corps et âme au succès d’un projet, mais il me manque quelque chose. Ce n’est pas encore clair quoi, mais je mettrais un doigt sur la liberté. Je ne me suis jamais senti aussi coincé que depuis que j’entreprends. C’est désolant. Je m’en désole tellement. 

Quand la boutique de vêtements voisine de notre commerce a fermée, la proprio m’a dit une chose que j’ai profondément ressentie et que je n’ai pas oubliée. Elle était fatiguée, fatiguée de courir après l’argent, d’attendre les clients, de vivre aux crochets de ses parents, mais surtout, de ne pas avoir une vie « comme les autres ». J’ai compris. Je comprends. Je suis rendu là, je crois. Et récemment, la shit hit the fan de tellement de façons et pour tellement de raisons que j’en ai perdu mes assises. Le peu qu’il me restait. 

C’est là que j’en suis. En profonde réflexion. À l’avenir, mon avenir, mon bonheur, ma santé physique et mentale. Il y a des choses comme ça qui n’ont pas de prix.

Et d’autres qui en ont un que je ne suis plus prêt à payer.

Ne pas jeter la première pierre

En cette journée frisquette d’été, j’ai envie de parler de sexe. Peut-être parce qu’hier c’était humide et collant. Ou bedon parce que c’était nouvelle lune. La maudite lune. Qu’on le veuille ou non, elle a un réel impact sur nos vies. Parlez-en à tous ceux qui font du service à la clientèle. La lune pis les tempêtes de neige. Un drame annoncé. Toujours est-il que le sujet, immensément vaste et stimulant, me trotte dans la tête régulièrement, meaning à tou’é’ deux secondes.

Depuis quelques temps, je vois passer sous mes yeux, au propre et au figuré, le livre du yâble « The Ethical Slut ». Le titre est accrocheur ET dérangeant, il attire donc mon attention. Marketing réussi. On m’en a parlé aussi. C’est dans l’air du temps, on dirait. L’ouvrage se veut un « guide pratique au polyamour, aux relations ouvertes et autres aventures » [traduction libre]. Genre what the fuck?! Mais da fuck dans le sens de « ça me parle ».

Pour être bien franc, je suis mitigé (et effrayé et tourmenté et, et, et) parce que je ne m’y connais pas. C’est de notoriété qu’on a peur de l’inconnu. Mais qu’à cela ne tienne cher public, J’ADORE réfléchir ET l’inconnu.

Pas simple de tout démêler quand toute sa vie durant, on a été enveloppé par l’omniprésence de Dieu, de près ou de loin. Pas besoin d’avoir été à l’église ni d’être très pieu pour comprendre qu’on nous a brainwashé le couple uni, fermé, heureux avec beaucoup d’enfants à toutes les sauces, à tous vents et à qui mieux mieux. Société laïque, mon cul.

Nos parents sont les premiers à avoir défendu malgré eux le couple dans sa splendide fermeture. Au mieux, ils s’aiment vraiment et ont une réelle envie de fidélité et tout roule, ce qui ne gâche absolument rien. Au pire, ils s’endurent au nom de l’unité familiale et/ou se trompent secrètement jusqu’à l’implosion. Je grossis le trait, je tourne les coins ronds, mais ça me semble un résumé acceptable. Entre mariages, divorces, remariages, célibat, concubinage, il n’y a pas souvent de place, en tout cas, pas à ce que je sache, au couple uni ET ouvert au sein de cette génération.  Et la nôtre?

La nôtre fait de son mieux. Celle d’après a l’air complètement déjantée aux yeux de nos vieux parents.

Ce n’est pas nouveau dans ma vie, par contre. J’ai vu tant et tant de couples gay ouverts depuis mon coming out il y a – le temps file si viiiiiiite – 16 ans. Mais à l’époque (j’utilise maintenant des mots de vieux), je ne pouvais imaginer l’intérêt ni même la viabilité du couple ouvert : « s’ils ont besoin d’aller voir ailleurs, c’est qu’ils ne s’aiment plus », disais-je fraîchement sorti du four. J’ai répété cette phrase tellement de fois, sans jamais savoir ni poser de question. Je l’admet, je le disais avec jugement et dégoût. Et j’appliquais la même rhétorique à ma propre vie : « si j’en suis rendu là, c’est que mon couple ne va plus, aussi bien passer à un autre appel ». Je me sentais si fort dans la défense de l’amour infini avec toutes ses lettres (pas juste le A).

J’ai donbin garroché de roches, moué là.

Le temps a passé, j’ai rencontré toutes sortes de monde, j’ai baisé – doux Jésus – me suis matché, me suis fait chier, j’ai recommencé. Toujours avec l’idée en tête qu’il était possible 1. de trouver l’homme de toute une vie et 2. qu’on s’aimerait assez pour n’avoir besoin de personne d’autre. Je pense que ça se peut, peut-être pas juste dans le cadre que je connais. C’est que je mélangeais beaucoup trop de concepts. Désir et amour vont souvent de pair et heureusement, mais ne sont pas nécessairement lié. On peut aimer sans désirer et désirer sans aimer. Et, semble-t-il, on peut aimer et désirer plusieurs personnes à la fois. Surprise et étonnement (not).

J’ai, à l’occasion, eu des contacts rapprochés avec des hommes en couple ouvert. Chaque fois, amusé et surpris, j’ai posé des questions. On m’a déjà dit : « j’ai fait l’amour à mon chum ce matin, et je te baise en ce moment et mon chum est au courant ». Petite toux de stupéfaction ici. MAIS COMMENT FONT-ILS? Pourtant, ces couples rencontrés au fil du temps ont l’air profondément heureux. Peut-être parce qu’ils sont plus libres. Peut-être parce qu’ils sont plus honnêtes l’un envers l’autre. Peut-être parce qu’ils communiquent plus que la moyenne. Tous ces facteurs les rapprochent sans doute. Peut-être sont-ils plus intimes et plus amoureux. Je sonde.

Seule chose, l’exposure. J’en ai un peu contre les couples ouverts qui manquent de discrétion. Ceux qui agissent comme s’ils étaient célibataires sans lendemain. Ceux qui s’exposent dans les partys et qui frenchent chacun dans leur coin. J’ai des limites, je crois. Par respect, je me dis. Par amour aussi. Mais je ne suis pas eux. Peut-être que ça leur convient et que ça tient.

Je me demande souvent si je suis adapté à cette nouvelle réalité. À vrai dire, pas exactement, pas encore. Mais est-ce que j’ai envie de faire mieux, d’être plus heureux, d’essayer autre chose, de changer certains paradigmes douteux dans ma vie? Toujours. Imaginez (ALLÔ maman!) la possibilité, sous certaines conditions négociées sous la couette, de satisfaire certaines pulsions à l’extérieur du nid conjugal ET de retrouver le plus souvent possible la personne merveilleuse avec qui on partage notre vie. Me semble que ça fait du sens (de l’anglais it does make sense) et que ça doit effectivement rendre heureux. On jase. On jase tout l’temps.

Je lirai donc ce livre maudit. J’espère qu’il sera révélateur et éducatif. On s’en reparle.

Bye les chums ❤

 

Quelques minutes de gloire

Allô les gens. Allô les 45 000 (and counting) nouveaux lecteurs ou les ceuzes et ceux qui ont décidé de me suivre. C’est bon, pas trop de pression, je vais essayer de pas trop vous faire honte (haha! c’pas vrai!).

C’est bin pour dire, mon texte sur le salaire minimum a été lu 20 636 fois sur mon blogue personnel (not anymore), partagé des centaines d’autres sur les réseaux sociaux (une mention spéciale à l’Association des restaurateurs du Québec), sans compter l’inattendue exposure de 4019 likes et 24 433 lectures sur la page d’Urbania (genre ALLÔ!). Grâce à ce texte, ma grosse face est passée à Radio-Canada, RDI, TVA et CTV pour parler de ce sujet intarissable. Je suis si reconnaissant de ce spotlight. Je ne compte plus les commentaires convergents échangés ici et là et les tapes dans le dos données et reçues depuis sa publication. Et je ne parle que des petites entreprises comme la nôtre. Je parle aussi des moyennes qui, malgré le lustre de leur bannière, rushent jour après jour pour offrir services, qualité et avantages à leur clientèle et employés avec une marge de manoeuvre pas toujours évidente.

Toujours est-il que le sujet n’est pas clos. Oui haut et fort et all the way à l’augmentation du salaire minimum, du pouvoir d’achat et du niveau de vie des classes plus défavorisées (dont je suis, malgré l’entreprenariat), mais pas au détriment de la diversité des modèles d’affaires. Pas non plus en faisant reposer le fardeau sur les petits épargnants et les petites entreprises. Une révision de la fiscalité s’impose. BIG TIME. J’ai entendu dire à travers les branches comptables qu’un rapport sur la refonte de la fiscalité au Québec existe, mais comme tant d’autres, il est tabletté et accumule la poussière parce qu’impopulaire politiquement. Vrai ou pas, cette vision des gouvernements électoralistes qui gouvernent à court terme m’empêche de dormir la nuit. Malheureusement, les prochaines élections générales provinciales n’augurent rien de bien stimulant pour la suite. Blanc bonnet, bonnet blanc.

La CAQ, ark.

Une lectrice a écrit la phrase suivante : « équilibrer la richesse est la solution à la pauvreté ». C’est simpliste, mais il n’y a rien à ajouter. Il me semble que ça va de soi. Il me semble que ça devrait déjà être le cas. On ne devrait même plus en parler tellement c’est logique. Comme tant de gens, je rêve d’un monde rempli de social-démocratie, d’un équilibre entre les politiques de gauche et le capitalisme sauvage, où chacun a la possibilité de réussir à la hauteur de ses moyens. Une société (plus) juste. Un peu comme le rêve américain sans le bling-bling et la ségrégation systémique.

Avec tout ça, à travers tout ça, mon cœur est comblé depuis un certain temps. Presque cinq mois de beau temps (sans aucun nuage, c’est bin pour dire). On dit souvent que les gens heureux ne font pas les nouvelles. Grosso modo, ça veut dire tout va bien sous le soleil. Le moral est au beau fixe, le cœur aussi. L’ordre actuel des choses est satisfaisant (et enivrant et effrayant et euphorique et déstabilisant). Cet état émotif positif rend instantanément toutes les situations désagréables beaucoup plus faciles à supporter. Parce qu’au-delà des tracas, il y a la vie, celle qui nous permet de juste être bien et d’en profiter. J’imagine que c’est un peu ça, le couple.

Genre.

Quand je vous disais que ça doit être simple, c’était pas pour être cool. Une relation amicale ou amoureuse doit être simple, sans exception. Sinon, ça ne vaut pas tant la peine. J’ai côtoyé des gens dit « toxiques » qui siphonnaient constamment mon énergie et exigeaient tant de choses que je n’avais pas tant envie d’offrir. J’ai aussi eu des non-relations-loin-d’être-amoureuses qui, dès le départ, sentaient le pneu brûlé tellement le char faisait du sur place. Pourtant, je me suis acharné sur certaines d’entre elles avec l’espoir que ce soit différent. Simple, je vous dis. SIMPLE.

Deux règles TRÈS importantes à retenir :

  1. Keep it simple, stupid (garde ça simple, idiot).
  2. Never miss a chance to have sex or appear on tv (ça se passe de traduction).

Ça se passe assez bien pour moi en ce moment.

Babaille, là.

 

Salaire minimum

Allo. Je m’appelle Luc, j’ai 37 ans et je suis co-propriétaire d’une petite entreprise. C’est un café et salon de thé dans Rosemont–La Petite-Patrie. On a ouvert il y a un peu plus de deux ans. Les affaires vont bien. On emploie présentement sept personnes à temps plein et partiel. La plupart d’entre eux sont payés au salaire minimum ou un peu au-dessus. On aimerait beaucoup les payer plus. Ça fait partie de nos plans à court et moyen terme. On aimerait leur donner un salaire équivalent à leurs besoins et un peu plus décent. On aimerait aussi se payer plus. Mais pour le moment, on ne peut pas. Les affaires vont bien, mais on se sert la ceinture.

Nous ne sommes pas des patrons qui siphonnent crapuleusement le talent de nos employés. On est loin de faire des millions, nous sommes trois petits actionnaires et nous avons tout risqué ce qu’on avait ou à peu près. Nous payons nos employés à la hauteur de nos moyens pour le travail qu’il font. Et sans JAMAIS dénigrer les tâches à accomplir, les compétences demandées ne sont pas de l’ordre du doctorat. C’est avant tout considéré comme un travail étudiant, une jobine, sauf exception. Ça n’enlève rien à la nécessité de les payer justement. Qui plus est, en tant qu’entrepreneurs, on a besoin d’eux x 1 000 000, qu’ils soient disponibles, dévoués, travaillants, efficaces et consciencieux. On a aussi besoin qu’ils restent avec nous un certain temps et qu’ils s’épanouissent autant que faire se peut. Ça se paye, on en est conscient. On est généreux, en général, je crois.

Si on pouvait les payer 15$/heure maintenant, on serait les premiers à le faire. Si on n’avait pas de dette, si les revenus étaient plus élevés, si nous, personnellement, on n’était pas si pauvre. Si, si, si. Cette augmentation, si elle nous était imposée aujourd’hui, correspondrait à une augmentation de 10% de notre masse salariale. Annuellement, selon la dernière année financière, ça correspondrait à 44% de nos revenus. C’est énorme ET indécent. Ça signifie qu’on ne pourrait plus se verser nos quelques peanuts par semaine. Ça, ou couper dans le personnel. Ou augmenter nos prix. Ou les trois.

La vraie de vraie vérité, c’est que tout le monde va payer pour ça, malheureusement. Il n’y a pas une entreprise qui se respecte qui va absorber la hausse sans sourciller. La logique fera en sorte qu’aucun chef d’entreprise ne pigera dans ses profits pour payer la hausse. Il y aura des mises à pieds, mais surtout, une augmentation des prix. Pour tout le monde. Partout. Et je suis prêt à parier que ce sont les entreprises qui sont en moyen qui vont gosser le plus.

J’ai beau retourner l’affaire dans tous les sens, je ne vois pas comment ceux qui gagneront désormais 15$/heure auront un meilleur pouvoir d’achat. La réaction sera en chaîne et vers le haut.

Avec tout ça, le véritable problème n’est pas la hausse du salaire minimum, mais le système qui la propose. Tout le monde pige dans nos poches. Le gouvernement du Québec, du Canada, la ville, l’arrondissement, le propriétaire du bâtiment, la SOCAN, la CNESST, la RRQ, les assurances, les fournisseurs, les banques, le service de paie, name it. Taxes, frais, intérêts, pénalités, taxes, frais, intérêts, pénalités, encore et encore. La liste est très très très longue. Puisque l’ensemble de l’univers fonctionne selon la même logique capitaliste, l’ensemble de l’univers veut sa part du gâteau de tous les gâteaux disponibles. Et au final, ce sont les petites et moyennes entreprises et le petit épargnant qui paie la note. Toujours.

Ça s’arrête où? Jamais, paraît-il. C’est le plus fort qui gagne.

À titre d’éclaircissement, juste pour notre petite affaire, voici une énumération incomplète de la réalité monétaire à laquelle on est soumis :

  • Hydro-Québec exige un dépôt de 900$ jour 1. Puis, chaque mois, comme tout le monde, on doit payer la consommation mensuelle dont le kilowatt-heure coûte plus cher que pour les clients résidentiels.
  • Chaque année, la SOCAN exige une contribution basée sur la superficie du local pour nous accorder le droit de faire jouer de la musique dans notre établissement.
  • À la première demande, la ville exige le plan d’un architecte et un permis pour installer une terrasse sur le trottoir ou la voie publique. Ça se chiffre en milliers de dollars. Puis, chaque année, le permis est renouvelable et monayable, plan d’architecte en moins.
  • La machinerie brise TOUT LE TEMPS, n’est pas garantie longtemps (6 mois à 1 an) et les réparateurs se graissent la patte avec les pièces et la main d’oeuvre. Le petit moteur de plastique, après avoir passé dans les mains de quelques fournisseurs, ne coûte plus 40$, mais bien 400$. Ce qui fait qu’on n’a pas fait réparer le congélateur et la machine à glace qui nous on lâché en cours de route. On les paie encore.
  • Loi oblige, on doit imprimer tous les reçus et les remettre aux clients qui n’en veulent pas et les jettent. Quand on parle de jeter l’argent à la poubelle, c’est un peu ça.
  • Revenu Québec impose une amende de 25 piastres par jour de retard quand on oublie de produire un relevé sommaire périodique des ventes, intérêts en sus. Un avis ne suffit pas.
  • Chaque transaction faites à l’aide d’une carte de crédit spécialisée (de type « entreprise », par exemple) nous coûte plus cher. En somme, le commerçant paie pour les choix de ses clients en matière de crédit.
  • Chaque transaction « sans contact », aussi pratique soit-elle, coûte 2.5 cents de plus qu’avec la puce.
  • Chaque fois qu’on dépose ou retire de l’argent du compte bancaire, il y a un frais. Chaque. Fucking. Fois. Entreprises ou particuliers. NOTRE argent, esti. Quelqu’un trouve ça normal?
  • Un loyer commercial est deux fois taxable. En plus de la TPS et de la TVQ, on doit payer une taxe d’affaires à la ville.
  • Le permis du MAPAQ est renouvelable, donc payable. Chaque année.
  • Le service d’incendie nous a récemment remis un avis pour remplacer l’extincteur, selon eux, non-conforme. Évidemment, le dit extincteur ne se trouve nulle part et il faut le commander chez un fournisseur spécialisé, 345$ plus tard.
  • Pour la sécurité de nos clients et pour se protéger d’une éventuelle poursuite, nous avons choisi de s’équiper de deux auto-injecteurs Epipen. Un pour enfant, l’autre pour adulte. 250$, annuellement.
  • Chaque fois qu’un employé arrive, on le forme. Chaque fois qu’il part, on lui remet son 4%. S’il reste, on lui doit des vacances. Et pendant ces dites vacances, on doit le remplacer. On paie donc deux fois.
  • Chaque fournisseur exige une commande d’un montant minimum. 100$, c’est le minimum pour certains, parfois c’est 300$. Pas d’exception. Si une commande n’atteint pas le montant minimum, pas de livraison. Too bad, so sad. Consomme, ma noire, consomme.

Je ne me plains pas, je constate avec déception. J’ai choisi de devenir entrepreneur et je ne ferais rien d’autre pour l’instant. Je ne fais qu’exposer une réalité parmi tant d’autres. Le drame, c’est que le système fonctionne en symbiose. Le fournisseur d’extincteur le vend cher parce qu’il est obligatoire. Le réparateur de machinerie s’en met plein les poches parce que l’équipement en question est vital au fonctionnement de l’entreprise. Le gouvernement ne fait jamais de cadeau et déguise des taxes en permis. C’est la théorie du complot.

On s’est débrouillé pour « innover » quand on était acculé au pied du mur. On a demandé de l’aide à nos proches parce que Desjardins ne voulait pas nous prêter « une cenne de plus ». Sans cette love money sporadique, la clé serait déjà sous la porte. Et c’eût été dommage. Parce que parfois, un petit coup de pouce suffit pour sortir la tête hors de l’eau. Une entreprise naissante a parfois besoin qu’on la guide et qu’on la prenne par la main. Ce n’est pas vrai que tout réside dans le modèle d’affaires. Le capitalisme n’a pas à être obligatoirement sauvage. Pour qu’une entreprise comme la nôtre fonctionne, elle a besoin de clients, mais les client ne viennent pas toujours aussi rapidement que souhaité. Parfois, ça prend du temps. Et on aurait avantage à donner plus de temps au temps.

J’aurais juste envie que le dude qui a eu l’idée de cette augmentation salariale planche AUSSI sur une réforme réelle et en profondeur de la fiscalité. C’est juste devenu n’importe quoi. On le constate davantage avec la dernière augmentation de taxes foncières à Montréal. La capacité de payer du citoyen s’amenuise d’année en année. Le taux d’endettement des Canadiens a atteint 167% en 2017. Le taux directeur de la Banque du Canada va augmenter 3 fois cette année. Un moment donné, l’économie va s’effondrer pis on ne s’en remettra juste pas.

Le système actuel ne favorise pas les petites entreprises comme la nôtre. On n’a droit à aucune subvention, aucun allègement fiscal, aucun accompagnement et les banques sont très frileuses quand on cogne à leur porte. La restauration est un domaine considéré comme financièrement risqué. Un retraité aussi, d’ailleurs. Malgré ses économies, ses placements, sa pension une personne en âge de la retraite devient à risque pour les banques. Bref, tout le monde est à risque, personne n’aide vraiment personne et tout le monde a peur de tout. On en est rendu a valoriser la faillite plutôt que d’aider. Évidemment, les grandes entreprises comme Bombardier sont dans une classe à part. Parlez-moi de ça une entreprise déficitaire qui reçoit des milliards en subvention pour payer des bonis à ses cadres et donner sa filière subventionnée à Airbus. Wicked.

Ça fait quelques semaines que le sujet du salaire minimum fait les manchettes. Les syndicats considèrent que c’est LA solution aux problèmes de pauvreté. Les associations patronales crient à la faillite des entrepreneurs. Les économistes louangent la loi du marché et se moquent de la faiblesse des modèles d’affaires. La réthorique superficielle derrière tous ces intervenants manque cruellement de nuance et ça me fait capoter. Il ne sert à rien de mettre une pression supplémentaire sur les épaules de ceux dont les poches sont déjà trouées. S’il y a des mesures compensatoires et/ou d’allègement à annoncer pour absorber la hausse, que le gouvernement le fasse maintenant. Peut-être échelonner, pour un temps, l’augmentation à 15$/h en fonction du nombre d’employés (+ de 10) et/ou des revenus (+ de 400k $) ? Il serait aussi plus que temps de revoir les tables d’impôts et ce que signifie vraiment le seuil de la pauvreté en 2018. À juste titre, il serait judicieux de demander un peu plus à ceux qui le peuvent et moins à ceux qui passent leur vie à se serrer la ceinture. Il faut repenser le système de taxation et de distribution de la richesse, cibler le gaspillage et arrêter l’hémorragie. Réévaluer le système fiscal au grand complet, tiens. C’est dit.

Je comprends que le capitalisme n’a pas d’émotion, que sa logique réside dans le fait que si une entreprise ne survit pas, une autre prendra sa place. C’est logique en effet. C’est la main invisible qui régule le marché. La loi du libre marché joue son rôle comme une championne. Mais c’est aussi un système qui appauvrit davantage le pauvre et qui enrichit abondamment le riche. Il me semble qu’il doit y avoir mieux comme système. Ou un juste milieu. Tsé, un système où chacun y trouve un peu son compte ? Sans être trop solidaire ni trop conservateur. Pas besoin d’attendre que tout le monde ait la langue à terre pour procéder, il me semble.

Bref, tout va bien pour nous. Si notre entreprise poursuit sur sa lancée, quand l’augmentation du salaire minimum à 15$/heure entrera en vigueur, on devrait être assez solide pour encaisser le choc. Et on espère le faire avec le sourire et la satisfaction de contribuer au bien commun. En attendant, essayons d’imaginer une société un peu plus égalitaire et un peu plus humaine. Sinon, un jour pas si lointain, le karma de la société nous le renverra en pleine face. Et ce ne sera pas beau du tout.

Netflix and chill

Ça fait littéralement des mois que j’hésite pour écrire un autre texte. La peur d’être redondant. Ou de ne pas prendre le bon ton. Ou encore, de parler toujours des mêmes affaires. Je constate que c’est le cas pis c’est ok. Je RADOTE, pis je suis vieux. J’ai l’doua.

—//—

Ouais bin, c’est ça. Cabine-Boulotte-B4-No-Goods-To-Follow a repris le chemin de sa première maison. Après 8 ans à vivre au rythme des canicules suintantes, des retards de la STM, des demandant congrès de l’ACFAS, des tempêtes de neige de slush et de Noëls festifs en famille, elle a pris la difficile décision d’aller voir ailleurs, si elle y était. Je l’entends déjà maugréer que sa maison, c’est aussi ici – peut-être plus, même – mais elle avait besoin de retrouver ses racines et de voir si elle pouvait faire quelque chose de bien de cette France-là. Je lui souhaite un siècle des Lumières. Je lui souhaite la plus belle et la meilleure des chances. Elle le mérite et elle la prendra, sa chance. Elle part avec une boite à outils bien remplie, en tout cas.

Avec tout ça, Noël arrive vite cette année et ça me rend inévitablement nostalgique. Le départ de Boulotte laisse un vide, tout de même. Un vide qui me rappelle que je n’ai pas tant de monde autour de moi pour varger sur la vie comme je l’ai fait avec elle. J’en ai, mais avec elle, il n’y jamais eu de barrière et/ou limite. Même si on ne se voyait pas tous les jours ni même toutes les semaines, elle n’était jamais bien loin. On était toujours a phone call away, comme on se disait. Donc, cette année, puisqu’elle m’accompagnait toujours dans les soirées familiales, ce sera mon premier Noël vraiment seul depuis longtemps. C’est pratique une meilleure amie pour combler le vide émotif. Ce l’est moins quand elle est loin loin. On va s’y faire. Et on ne sera jamais vraiment bien loin, finalement.

Toujours est-il que ça me fait réfléchir à ce que je vis depuis quelques temps (la nuit des temps, oui). J’ai l’impression de courir après quelque chose que j’aurais perdu. Pourtant, là où j’en suis dans ma vie, je devrais marcher et ne pas chercher. Je ne suis pressé de rien, en fait. Et je ne cherche pas vraiment, comme je dis toujours, mais je suis alerte et ouvert à rencontrer. Si je tombe sur un candidat potentiel, je ne le laisserai pas partir. J’ai (j’avais?) Tinder, mais c’est surtout pour le divertissement d’avoir des matchs. Ça fait du bien à l’égo. Ça, pis les like Instagram.

Mais fait déstabilisant, chaque fois que j’entrouvre la porte pour voir ce qui se trouve derrière, chaque fois que je me dis que je peux peut-être me laisser emporter par le vent, elle se referme sans même que j’aie pu prendre la mesure de quoi que ce soit. Un peu sur mon nez. Bêtement. On me dira que ce n’était pas le bon.

Et si le bon n’existait pas ?

Se faire refuser l’entrée aussi souvent et régulièrement, à la longue, ça joue sur les certitudes. T’as beau te faire croire que t’es fort, que ça ne t’atteint pas tant que ça, ça gosse. Beaucoup même. Mon angoisse nocturne me le rappelle constamment. Ça joue dans les émotions pas l’fun, ça remue les insécurités, ça fait ressortir les affaires-que-tu-pensais-réglées-mais-qui-ne-le-sont-pas-tant-que-ça-finalement. Que faire, donc ?

Je ne suis peut-être pas fait pour dater.

C’est rendu que j’analyse les likes que je reçois sur Instagram et Facebook tout en jaugeant ceux que moi je devrais donner aux autres. Je joue la game que je reproche aux autres. Tu vois bin que c’est n’importe quoi!

À voir quelques personnes matchés autour de moi, je me dis qu’on est un peu tous dans la même galère. Ils sont en couple, mais pas nécessairement heureux, et un peu à la recherche du temps perdu, mais eux, au moins, ils ont quelqu’un que je me dis. Ce qui reviendrait à dire que c’est mieux d’être mal accompagné que seul. Mais j’ai aussi l’impression qu’ils se font souvent chier pour rien. Et en gros, je ne veux pas me faire chier et je ne veux pas être mal accompagné. Est-ce que ça se peut ?

Je suis plutôt bien seul. Dans ma petite maison, avec mon Netflix et mon verre de vin, je jouit agréablement de la vie. Il y a juste des moments plus solitaires, plus tristes ou des moments où j’aurais vraiment envie d’affection ou de me faire ramasser par l’homme que j’aime et qui m’aime. Ça vient et ça passe. Et les hookups c’est l’fun, mais pas tant. Une fois fini et le dude parti, la situation reste la même.

À quoi bon, donc ?

Je fais les constats suivants : 1) j’ai envie de rencontrer, je suis rendu là, mais 2) dater me déstabilise émotionnellement, 3) beaucoup sinon la majorité des gars rencontrés depuis cet été semblent avoir peur de l’engagement i.e. perdre cette liberté qui leur permet de choisir/flirter/baiser à outrance (et j’en suis), 4) TOUS ont peur d’être blessé donc gardent une distance appréciable entre le cœur et l’objet désiré, ce qui fait que 5) personne n’a envie de faire plus d’efforts qu’il ne faut, parce que de toute façon, statistiquement parlant, et selon l’expérience de plusieurs, c’est un échec annoncé.

Je ne suis pas défaitiste et je crois encore dur comme fer à l’amour at first sight et/ou à force de travail, mais j’essaie aussi d’être réaliste. Je réalise donc que si je veux vraiment entrer en relation avec quelqu’un, au moment où je vous parle, je devrai être patient, travailler sur mes attentes, apprendre à mieux contrôler mes émotions et ramer plus longtemps que prévu. La multiplication des applications de rencontres et des relations jetables fait en sorte que tout le monde reste sur ses gardes et s’investi peu et/ou lentement. Et être sur ses gardes, on va se le dire, ça ne fait pas des enfants forts.

Qui plus est, je prends conscience également qu’on ne peut se permettre d’être aussi intense que l’on est en réalité. Mon intensité a fait fuir tant de belles personnes. Je constatais encore récemment qu’un gars m’avait retiré de son Facebook sans doute à cause de cette intensité. Ce qui me fait dire qu’il y a des limites à vouloir être soi-même, à tout prix. Ça ne fonctionne pas toujours. Faut savoir doser.

Comme d’hab’, je ne sais pas trop si c’est cohérent et ousse que je m’en vais avec tout ça…

Depuis ma dernière retentissante rupture d’il y a deux ans, il y a eu de bons moments seul et accompagné, mais je n’étais pas tout à fait prêt. J’ai donc dû, le plus honnêtement possible, laisser partir de bons partis. Maintenant, reconnaissant beaucoup de mes défauts, de mes erreurs, mais aussi mes qualités boyfriend material, j’ai envie d’essayer quelque chose de sérieux et d’y mettre l’effort. Avec les compromis que ça comporte. Avec le lot de hauts et de bas. Même si je me réjouis joyeusement d’être célibataire chaque fois qu’un couple d’amis se pogne pour des niaiseries.

Tout ce que je demande, c’est de l’honnêteté et du feedback. Tu dates quatre personnes en même temps, fine. Si ça paraît dans ton jeu, que tu gosses par ton manque de disponibilité, que tu répètes les mêmes affaires à tous tes prétendants et que je l’apprends, c’est moins cool, mais sois honnête si je te pose la question et je jugerai si ça me tente de continuer. Et surtout donne du feedback, maudit criss. Rappelle. Text back. Intéresse toi. Propose. C’est plutôt simple.

La Boulotte m’a écrit ceci avant de s’envoler vers les Zeuropes : « Tous les changements, même les plus souhaités, ont tous leur mélancolie car ce que vous quittez, c’est une partie de vous-même. Il faut mourir à une vie pour entrer dans une autre. » Ça doit venir d’un livre savant qu’elle a dû lire.

Ça me permet de conclure que je suis peut-être rendu là. Après quelques nuit d’insomnie à penser à ce qui ne fonctionne pas, après avoir expérimenté ce qui s’apparente à des petites crises d’angoisse, après avoir conclu que la manière dont je date me rend un peu malheureux, il serait peut-être temps que je pense à ma stabilité émotionnelle. Chu pu jeune jeune. Et si ça passe par être seul plus longtemps, mais plus longtemps heureux, ce sera ça. Le dude qui rendra mon quotidien plus effervescent arrivera bien un jour. Je ne sais pas quand ni comment. Mais je sais que ça arrivera et que je n’aurai pas besoin de travailler pour ça. Surtout, pas angoisser pour ça.

Alea iacta est, espérons-le.

 

Désaccords de Charlottetown

Allo. C’est l’automne. Ça sent les feuilles mortes. Fait plussssse froid. Lulu content. Ça occupe de parler météo. Faque EXIT l’été qui n’a jamais commencé qui ne finissait plus de finir. Ba-baille.

Comme vous savez, je ne cherche pas nécessairement à rencontrer, mais je ne suis jamais fermé. Si je suis dans le bon mood, entouré des bonnes personnes et que je rencontre un dude intéressant, je ne vais certainement pas lui dire non. Genre JAMAIS d’la vie. Parce que j’aime rencontrer, quand c’est l’fun. Je l’admets cependant, ce n’est pas souvent l’fun. Ça finit toujours par tourner au vinaigre pour x y raisons. Lui, moi, Trump, le référendum catalan, Keystone XL, l’ouragan Jose. Tout est une bonne raison pour que ça s’essouffle at some point. Qu’à cela ne tienne, je garde espoir en la race humaine et en ses capacités d’aimer et de recevoir en retour.

Puis, après quelques semaines de réflexion, j’ai décidé de retirer quelques personnes de ma liste « d’amis » Facebook. Je ne l’avais pas fait depuis un certain temps, préférant les ‘hider’ plutôt que de les supprimer. Je trouvais ça moins bébé. Sauf que là, suivant l’attitude étrange et compliquée de certains, j’ai pris sur moi d’élaguer. J’ai donc supprimé du monde qui ont déjà été fins, avec qui j’ai joliment communiqué, qui m’ont déjà fait des avances ou avec qui je suis passé à la casserole et qui, pour aucune raison apparente, ont arrêté d’être fins et on perdu le minimum de savoir vivre nécessaire en société. Donc, nous en conviendrons, ce n’est pas une grosse perte.

Reste que c’est bin plate d’en arriver là.

Si au moins le monde se parlait.

Ajoutez à tout ça spécimen #2 qui m’a relancé régulièrement sans que ça aboutisse, spécimen #3 qui m’a avoué à notre première date fréquenter quelqu’un avec qui ça « ne va nulle part », qui m’a répété à tous vents qu’il voulait ABSOLUMENT me revoir, mais qui n’a juste fait rien et spécimen #4 qui apparaît et disparaît au gré de ses émotions. Du bin bon monde, je vous dis pas.

Malgré les efforts colossaux mis en branle dans mon cerveau pour éviter des débordements émotifs (étonnamment, ça fonctionne assez bien), il n’en demeure pas moins que ce sont des manifestations de rejet sans trop d’équivoque. Du gros rejet sale, maladroit, insensible et parfois (inconsciemment, espérons-le) méchant. Ça me fait réaliser que le monde est pas toujours fin, je trouve. Souvent même. Surtout quand il y a de l’intérêt sincère d’un côté ou l’autre. Pis c’est tellement pas nécessaire.

Le diable est dans les détails.

Spécimen #2 m’a relancé pas plus tard que vendredi vers 14h30 pour me dire qu’il avait envie de me revoir et qu’il avait pensé à moi la veille en jouant avec ses attributs. C’était flatteur, je trouve. Surpris de recevoir un texto de sa part et intéressé à le revoir, j’ai acquiescé à ce qu’on se voit le soir même. Il a conclu (chose rare chez lui) : « Let me sort some stuff out and get back to you« . J’ai rien demandé, tsé. Il propose, j’ai envie, je dis oui. Sans trop attendre, j’ai un peu attendu, puis, vers 18h30, j’ai rejoint des amis pour souper quite à les ditcher plus tard pour le retrouver. Vers 21h30 je reçois : « So. I was waiting for you thinking you were going to say come. Then, I realized you’re waiting for me. I’m sorry. » Mkay. C’est peut-être vrai. Peut-être pas. C’est à la fois gentil et niaiseux. Toujours est-il que j’ai fini par dire : « text me later ». Et depuis, rien. Eeeeeeeerien. Ça commencer à ressembler à un pas pire trou d’cul.

Ça l’air que c’est d’même que ça marche en 2017.

D’ailleurs, spécimen #3, après une semaine de silence, m’a aussi relancé vendredi pour me dire qu’il avait été super occupé, que ce n’était pas une excuse, mais qu’il voulait vraiment VRAIMENT revoir ma handsome face. À ce stade-ci, vous aurez peut-être compris que, ces temps-ci, je date dans le rest of Canada (ROC). Je réponds alors que c’est bien de préciser le tout parce que ce n’est pas toujours super clair. Breeeeeeef, il m’a réitéré son intérêt, répété qu’il voyait quelqu’un, que ça n’allait nulle part, MAIS, fait nouveau, qu’il ne pouvait pas le laisser. Tiens donc. De retour dans la petite poche d’en arrière au cas où ça marche pas avec le premier. T’es intéressant, mais pas autant que l’autre. Pas pour l’instant. Beurk. Sa conclusion : question de timing. Well. Comment dire? Question de choix, je dirais.

Je n’ai rien demandé. À personne. Mis à part faire part de mon intérêt quand il y en a un, je ne leur demande pas de me relancer, de me dire des belles affaires, de me regarder comme si j’étais la plus belle affaire sur Terre, de me faire miroiter de beaux moments en leur compagnie. JE. NE. DEMANDE. RIEN. En fait oui, je demande plus d’honnêteté et moins de niaisage. C’tu possible?

Je finis toujours par me demander si c’est pas moi le problème. Sans doute parfois. Je constate qu’il m’arrive de faire de mauvais choix. Naturellement, je choisis un peu le gars troublé. Et un peu comme tout l’monde, je trouve ça moins attirant, les ceuzes facile d’accès. Considérons que c’est une partie du problème. Mais je persiste à croire que ça existe du monde un peu fucké ET fréquentable. Je crois en être un, doit bin y en avoir d’autre!

Toujours est-il que ça m’a un peu ébranlé, tout ça. Ébranlé au point d’avoir envie d’envoyer un gros FUCK YOU à spéciment #2. Assez pour avoir envie de m’enfermer jusqu’au printemps prochain. Mais finalement, j’ai réussi à canaliser toute la colère générée par ces deux défections. J’ai surtout vidé la question avec mon associée et en déjeunant avec môman. Deux personnes qui sont toujours de bonne écoute et qui ne sont pas systématiquement de mon bord. J’ai décidé de ne rien faire. Ne pas relancer, ne pas invectiver, ne pas faire la morale. Rien. Ils ont leurs raisons, elles sont peut-être bonnes, je ne les connais pas, ni leur vie, ni leurs envies, ni leurs problèmes. Donc, je ne fais rien.

J’ai fait ce que j’avais à faire et j’ai dit ce que j’avais à dire quand ça comptait. Je leur ai dit que je n’avais pas envie de jouer la carte du hard to get. Je ne le suis pas tant que ça. Et ça ne sert à rien de vouloir contrôler l’agenda. Anyway, aussi rusé que je puisse être, c’est impossible. Tout ce que je peux faire, c’est 1) garder une présence tranquille, saine, être cute quand c’est nécessaire et entrer quand les portes s’ouvrent ou 2) m’en aller dans la direction opposée et ouvrir les yeux sur autre chose. Quand un babe disparaît, un autre babe apparaît, qu’on m’a dit.

Faque j’ai fini ça samedi soir après une longue sieste d’automne, calme, joyeux et confiant entouré d’amis de qualité dans une soirée d’anniversaire.

Pis là, samedi, 22h38, spécimen #2 : « Can I take you for brunch tomorrow« . DOUX. JÉSUS. NO. FUCKING. WAY. FUCK. YOU.

(j’y suis allé)
(niaiseuse)