À vaincre sans péril on triomphe sans gloire

En amour, « passer à autre chose » est un concept qui devient plutôt flou et difficile à appliquer à soi-même. Ça signifie souvent mettre une croix sur quelqu’un à qui on tient, qu’on aime généralement beaucoup. C’est avancer seul, quand on a envie de faire le chemin à deux. C’est mettre derrière soi des mois de bonheur (nécessairement entrecoupés de creux), pratiquement du jour au lendemain. C’est se lever le matin en se disant que demain sera bien quand on pense qu’hier était mieux. Ça demande du temps (encore et encore), du recul et beaucoup d’efforts. Émotions en dents de scie obligent, on peut être pathétiques par moment, s’enfermer pendant des jours pour cuver notre peine, noyer notre chagrin dans l’alcool et les boites de nuit, embêter les amis avec les mêmes histoires ou perdre le contrôle devant l’être aimé croisé par hasard. Et ça passe, avec le temps. On se retrouve un matin sans douleur dans la poitrine, sans amertume, sans question existentielle. Le malaise s’est dissipé, on sourit de nouveau à la vie et on s’ouvre au bonheur.

Mais avant d’en arriver là, je suis d’avis qu’il faut, avec retenue et intelligence (prends des notes, Lulu), faire son possible pour réparer les pots cassés en cours de route. Quand on croit que ça vaut la peine, que cette histoire mérite de revivre sous de meilleurs cieux, il faut se battre avant d’abandonner. Il faut croire à l’impossible et garder espoir. Évidemment, en pareilles circonstances, ce sont les émotions qui guident trop souvent nos actions. Il faut donc prendre du recul et du TEMPS (le fucking temps).

Et je demeure persuadé que « nous n’avons pas le droit de fuir le bonheur [faire preuve de jugement ici]. La plupart des gens n’ont pas notre chance. Quand ils se plaisent, ils ne tombent pas amoureux. Ou quand ils sont amoureux, ça ne marche pas au lit. Ou quand ça marche au lit, ils n’ont rien à se dire après. Nous, on a tout, sauf qu’on n’a rien puisqu’on n’est pas ensemble » [1].

Je pense avoir compris. Passer à autre chose, pas de problème. Mais quand ce genre de bonheur te tend la main, tu la prends.

Avoir su, je l’aurais prise plus souvent…

[1] Beigbeder, Frédéric (1997). L’amour dure trois ans. Paris. Éditions Grasset & Fasquelle.

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