Je les ai tous regardés hier soir, avec attention, en me disant que j’avais de la chance. Et j’ai apprécié chaque minute passée avec eux. J’ai vraiment profité (pour une rare fois) du moment présent (parce que, dans la vie, c’est ce qui est le plus important). Mon père, ma mère, ma sœur, son homme et les petits, le moment était agréable au possible. Il manquait la Française et un traditionnel étranger esseulé, il manquait toi aussi, mais les essentiels étaient là.
C’était un réveillon composé de toutes sortes de discussions, sur tous les sujets. Des plus anodins, aux plus sensibles. On a ri, chanté, dit des gros mots, raconté nos vies dans le détail (on avait du temps), grincé des dents par moment, parlé avec passion, trouvé le temps long, ri encore et pleuré dans les bras l’un de l’autre, quétaine de même. On s’est aimé à cause. On a même parlé à la petite Boulotte au téléphone, réfugiée pour les festivités de Noël en terre de France. On a tout fait ça naturellement, sans se forcer, avec intérêt, sincérité et respect.
Merci Jésus, ma famille a le mérite et le précieux privilège d’être – autant que faire se peut – équilibrée. Du moins, elle a appris à naviguer avec assurance sur des eaux pas toujours tranquilles. Nos parents nous ont offert le meilleur d’eux-même, avec tendresse et maladresse, avec justesse et excès. Elle n’est pas parfaite, oooooooh non! Mais elle sait discuter, écouter, s’entendre, profiter de la vie et surtout, aimer. Elle me fait du bien. Et elle a fait du bien à tous ceux qui se sont assis à leur table.
Il y a eu des cadeaux aussi, mais rien d’indécent. Juste des enfants heureux, satisfaits, avec des étoiles dans les yeux.
J’ai beaucoup pensé à toi hier soir, il me manquait quelque chose, mais je suis heureux. Parce que ceux qui m’entourent sont magnifiques. La famille, comme les amis. J’ai de la chance. Une chance qu’on s’a.