J’ai croisé l’ex-ex récemment. Dans le métro. Par hasard. Considérant le fait que j’ai étalé notre fin de vie amoureuse sur mon blogue – si peu, allons donc! – et que mon dernier texte était plutôt « violent » à son endroit, j’ai supposé qu’un signe de tête scellerait l’issue de cette rencontre impromptue. Mais non, il m’a vu, il m’a souri et s’est empressé de venir me jaser. Faque on a jasé. Simplement. On a même ri.
C’est dire que le temps arrange beaucoup de choses.
J’ai bien conscience que d’écrire sur des épisodes de ma vie, même sans nommer personne, puisse choquer/troubler/déranger les principaux intéressés. Ils se reconnaissent, tsé. Je sais aussi que ce n’est peut-être pas le meilleur moyen de développer une relation amicale post-relation amoureuse. Mais c’est le seul moyen que j’ai trouvé de faire sortir le trop plein d’émotions quand ça devenait insoutenable. Ça m’a évité d’être trop pathétique. Au téléphone ou par texto. Au moins ici, ils ont eu le choix de me lire ou pas. C’est à eux les oreilles.
Insoutenable, ça l’a été. Parce que pour cuver ma peine, j’ai délaissé les nuits de sommeil réparateur et j’ai enivré mes pensées de Grindr, de théâtre et d’alcool. J’ai tout remis en question, encore une fois, pour essayer d’éviter de répéter les mêmes erreurs, encore une fois. Comme d’habitude, j’ai exagéré, j’ai été pathétique et j’ai recommencé. Jusqu’à ce que ça s’arrête, après quelques mois, sans avoir besoin de crier lapin. Mais insoutenable, ce ne l’est plus et depuis un bon bout d’temps déjà. J’ai retrouvé le sourire. Pour moi et pour de bon, je crois bien.
Je pense encore souvent à ceux qui ont croisé ma route. J’ai encore beaucoup de questions sans réponse. Elles le resteront possiblement toujours. C’est sans doute le plus difficile à accepter. Il m’arrive parfois d’être nostalgique par rapport à ce qui s’est passé ou qui aurait pu/dû se passer. Je réalise aussi qu’ils m’ont apporté un peu ou beaucoup et qu’ils m’ont permis d’être là, en 2014, avec un coffre à outils-pour-la-vie bien garni. Juste pour ça, je suis reconnaissant. Pour la finale, je les emmerde un peu.
Par contre, ils m’ont aussi permis d’assimiler une chose fondamentale : la vie à deux est loin d’être parfaite. Pour vivre à deux, il faut du temps, de la patience et de l’ouverture. Une vie de couple sans problème ou discussion sérieuse, ça n’existe pas. ÇA. N’EXISTE. PAS. Communiquer, c’est essentiel. Il faut pouvoir parler de tout. Il n’y pas de sujet tabou.
Il n’y en pas, un point c’est tout.
Il y a quelques temps, j’ai rencontré un garçon génial. Avec lui, j’ai eu peine à m’ouvrir. Pas qu’il ne le mérite pas, pas qu’il n’en vaut pas la peine, mais j’ai eu maille à détacher la corde (avec un gros nœud) que le précédent avait attaché à mon cœur et ma tête. Puis, exaspéré, j’ai décidé de la couper et d’éteindre le ventilateur-when-shit-hits-the-fan. J’ai finalement laissé monter dans ma barque le dude avec un grand D. Depuis, il est là et il me rend heureux. Pour une fois, l’homme que je côtoie n’a pas envie de courir dans la direction opposée. Je n’ai pas besoin de le retenir, de l’attacher ou de lui promettre la lune. Il reste là, quand je grimpe dans les rideaux et quand j’en redescends. Il est même prêt à ramer pour deux.
Surtout, il me permet d’être moi-même. Et il aime quand je brille de mille feux.