De la brume dans mes lunettes_extrait #12

– Bon matin, beau toi!, écrit Mathieu.

– Salut sexy! Tu vas?, je réponds.

– Tu fais?

– Je brunch avec mon ami Éric!

– Je vais bien, malgré la courte nuit…

– On est chez Régine!

– Oh! Chanceux! J’ai bcp entendu parlé!

– On reviendra si tu veux!

– J’aimerais bcp! T’as des plans pour ce soir?

– Hummm, oui! Je rejoins des amis pour un verre ou douze.

– Oh! Ok! J’ai hâte de te revoir! 🙂

– 🙂 (c’est tout ce que j’ai été capable de répondre).

BOOM! Il a hâte de me revoir. Déjà. C’est un peu intense, il me semble. Je ne sais pas trop comment le prendre, c’est pour cette raison que j’ai répondu avec un bonhomme sourire. Ça lui donne l’impression que je suis content de lire son dernier texto sans m’engager. Je suis content, là, faut pas douter, mais je trouve ça intense, comme je disais. L’impression, c’est bin important en relation, surtout au début. Et laisser une bonne impression, en laissant toutes les portes ouvertes, c’est vital. Ça nous donne la possibilité de choisir et à l’autre, d’espérer.

Éric me rappelle avec raison qu’un gars intéressé rappelle. C’est un point de vue qui se défend assez bien. Je suis intéressé aussi, mais je ne suis pas pressé, c’est tout. Il est vraiment génial, le mec, mais généralement, on dit d’attendre 2 ou 3 jours avant de donner des nouvelles. C’est un concept un peu débile, j’en conviens, mais il paraît que si tu rappelles trop vite, tu peux avoir l’air désespéré et si tu prends trop de temps, t’as l’air désintéressé. Faut jauger. Et on s’entend que ce n’est pas toujours évidente, de jauger.

D’abord, j’ai incontestablement envie de le revoir, mais le vendredi soir pour moi, c’est sacré. Je veux pouvoir décider de ce que je fais et avec qui je le fais. Je ne sacrifierai pas un vendredi soir festif pour le passer avec une simple date, aussi hot soit-elle. No way. Généralement, je passe tous mes vendredis avec mes amis. On va prendre un verre dans une boite de pédés, avec les amis jeunes ou vieux, on va manger dans un resto pas cher (et souvent cheap) du village et on finit ça sur une piste de danse, entourés de beaux gars (ou pas) et d’alcool. On finit souvent au même endroit, on voit souvent le même monde, on finit souvent saouls morts, mais ces soirées-là sont presque toujours mémorables. Et l’été, il y a les terrasses, la chaleur et les touristes pour ajouter au bonheur de vivre. Je les aime, mes amis. Et j’aime l’été.

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