Samedi soir dernier, j’ai croisé l’ex. Le dernier, cette fois-ci. Je m’attendais à toutes sortes de réactions de ma part, considérant que je ne l’ai croisé qu’une seule fois en 10 mois et qu’à cette occasion, on n’a échangé que quelques mots distants. Samedi, c’était la première fois qu’on se retrouvait vraiment au même endroit et qu’une discussion était envisageable.
Je l’ai vu, mais semble-t-il que lui, non. Il ne m’a pas reconnu, semble-t-il aussi. En fait, on m’a dit qu’il n’était pas certain que c’était moi……..hehum. Peu importe. Pendant tout le processus de reconnaissance visuelle, j’étais assis au bar à profiter du spectacle organisé pour l’anniv’ d’un ami. Lui, l’ex, était assis à quelque pas de moi, hors de mon champ de vision (mais moi dans le sien). Je me sentais bien dans mon intérieur. Pas de tension particulière, pas de malaise non plus. Pas nécessairement envie d’entrer en communication, mais bien dans ma peau. J’étais en contrôle.
Il a fini par venir me saluer. Puis, c’est tout.
Plus tard, Superman et Obi-Wan, deux bon amis, sont venus me rejoindre. C’est à ce moment que le processus de communication s’est enclenché. Superman est bin willing quand il boit. Il perd ses filtres et réchauffe sa gêne. Faque il a dit à l’ex qu’il fallait enterrer la hâche de guerre (ou de peine, c’est selon). Après une longue discussion, l’ex est venu vers moi et m’a offert un verre. J’ai acquiescé, un peu sur mes gardes, tout de même.
Toujours est-il qu’on a jasé. Il a commencé par s’excuser une énième fois de m’avoir fait de la peine. Puis il m’a dit qu’il était content que j’aie rencontré quelqu’un de bien. Il n’en fallait pas plus pour me starter. Je me suis assis confortablement dans mon bulldozer et j’ai commencé à avancer. BIM! BANG! POUF! J’ai gardé mon calme, mais j’ai été ferme. Je lui ai dit ce que j’avais sur le cœur depuis tout ce temps. À visière levée. Je lui ai dit que je regrettais beaucoup. Je lui ai rappelé que quand on prétend aimer, on fait des efforts. Je lui ai donc fait la morale. Sur le coup, ça m’a fait un bien fou. Puis, calmement, sincèrement, il a dit : « je ne regrette rien de ce que j’ai pu te dire ». Ça devait aussi inclure les « je t’aime ».
J’ai terminé mon plaidoyer en lui disant qu’on n’avait sans doute plus rien à se dire.
Bête de même.
Il m’a fait de la peine et j’ai voulu lui en faire aussi. J’ai été maladroit et lui aussi. J’ai été condescendant et lui, excédé. J’ai voulu avoir raison, il a juste voulu être fin. Il n’y avait aucune raison que je mette des bombes en-dssour du char. Je suis heureux, il est heureux. La rupture nous a fait mal, mais elle nous a propulsé ailleurs, dans d’autres cieux différemment agréables, sans aucun doute mieux pour l’un et l’autre.
Je ne regrette pas ce que je lui ai dit. Je regrette seulement de lui avoir dit. Parce que ce n’était pas nécessaire. J’ai mal choisi mon combat. Ça arrive.
J’ai juste voulu avoir raison. Rien d’autre. Avoir raison et me tenir debout. Lui remettre en plein face que j’ai tant espéré/donné/aimé/pleuré pour fuck all. Je sais que c’est lui qui a raison: on est beaucoup mieux l’un sans l’autre/on n’était pas fait pour être ensemble. Ça n’enlève rien à ce qu’on a vécu/senti/aimé/voulu. C’était un beau moment, c’est terminé, on regarde devant, le cœur léger.
Après réflexion, j’aurais plutôt dû m’en tenir à ce que je lui ai déjà écrit : « Merci d’être passé, tu m’as rendu heureux. Merci d’être parti, tu m’as ouvert les yeux. Et merci de m’avoir permis d’avancer un peu plus dans la vie ».
On ne sera sans doute pas de bons amis, mais je n’ai pas envie de le détester.
Je lui ai donc écrit ceci : « On essaiera de faire mieux la prochaine fois qu’on se croise. Et merci pour le shooter 🙂 « .
√ Seen : 12:11 pm.
Ouin. Merci pour le shooter ;o)
Je pense qu’il est important pour un ancien couple de « fermer leur livre » ensemble, de se donner mutuellement un certain sentiment de clôture après leur relation. C’est ce que vous avez fait ce soir-là on dirait. Ça prend du tact et du calme parce que les choses à exprimer sont souvent difficiles et désagréables (mais qui a dit que l’apprentissage était confortable?). Malheureusement, ça n’arrive pas aussi souvent qu’on le voudrait, d’où le ressentiment qui peut persiste des années durant…