Promenons-nous dans les bois

L’affaire Legendre me gosse un brin. C’est pas tant d’avoir découvert (une nouvelle? vraiment?!) qu’il avait menti (Joël le gentil?!) ni le fait qu’il se soit fait aérer le moineau devant un homme qui semblait, avant de sortir son gros calepin de contraventions, consentant au demeurant. EH HO! Messieurs, je vous voir v’nir avec vos gros sabots de taureau violent, calmez-vous le pompon de l’invective, que j’vous vouèye lancer des roches! Oh! Wait! C’est déjà fait. L’internet a ça de mal, tous les idiots de l’univers peuvent donner leur opinion à l’instant même où elle traverse leur minuscule cerveau. Moi c’est pas pareil, je suis pas idiot. C’est dit. Je poursuis.

Je mettrais votre main au feu (certainement pas la mienne), que la majorité d’entre vous avez sans AUCUN doute déjà eu moult ébats dans des endroits publics sans vous faire prendre. Que ce soit dans un PARC, dans une toilette publique ou dans une ruelle. Ceux qui l’ont vécu l’ont sans aucun doute raconté à leurs amis et aux amis de leurs amis. Fait cocasse qui mérite qu’on le raconte, tsé. Je vous l’apprend peut-être, mais c’est AUSSI un acte considéré comme indécent par le code CIVIL (il faut le préciser, parce que le monde comprend fuckin’ rien entre civil et criminel).

Un homme qui s’astique la cuillère dans un parc, dans un endroit reclus, devant un homme de son âge qui le veut bien, ça se peut. C’est ordinaire, vous me direz. Les enfants pis tute. Bin oui, mais je suppose quand même que le Joël a pas fait ça en haut de la glissade les deux bras din zairs. Mettons qu’il aurait fait ça dans un coin reculé, caché par des arbres, loin des CPE pis du jardin d’enfants, mettons. C’est grave au point de lui faire perdre sa carrière? Vraiment? À ce que je sache, Claude Dubois fait des niaiseries avec l’alcool et des véhicules automoteurs (ce qui est d’autant plus dangereux), mais on le considère quand même comme un homme « respectable ». Il a des problèmes de consommation et il a cavalièrement flushé Louise Marleau (la pire erreur de sa vie), mais il peut encore sortir de chez lui la tête « haute ».

Le « problème » de Joël, c’est qu’il est gay. Tous les gays sont des pervers, voyons. Toué, moué, lui. PERVERT (avec un « T », c’est en anglais)!

Manque de jugement, oui. Big time. J’ai jamais osé faire ce genre de truc (aller dans un parc connu pour son activité homosexuelle et attendre qu’on me tripotte le phallus), même si on s’entend que ça peut titiller l’esprit. J’ai bin trop peur de me faire prendre ou de tomber sur du monde laid. Pis se faire arrêter pour grossière indécence : la honte. Ça sonne gros, ça sonne médiéval, ça sonne chasse aux sorcières. Marquez-le de la lettre écarlate! Bref, je l’ai pas fait, mais ça aurait pu arriver.

Qui se souvient de cette histoire de Max Mosley, ancien président de la Fédération internationale de l’automobile? Bon, peut-être personne. Peu importe, des photos de lui avec une coupl’ de prostituées légèrement vêtues d’un semblant d’uniforme Nazi avaient leakées sur le world wide web. Si je me souvient bien, bien que l’acte en question eu été considéré indécent et inapproprié pour un homme de son rang (really?!), ce qui a le plus choqué dans tout ça, c’est que la scène revêtait une connotation nazi. Le Max était pointé du doigt pour être nazi et antisémite, pas pour avoir fourré avec trois pitounes consentantes. Exit le sexe débridé, faites place au Godwin point. Soit. Il a poursuivi la Terre entière, il n’a pas perdu sa job, on a arrêté de le traiter de tous les noms et a il pu terminer son mandat avec un semblant de dignité.

Ce que je veux dire, ce qui me chicote, c’est pas que le beau Joël ait montré sa grosse graine en plein air à un public prétendument averti, c’est le traitement de la nouvelle qu’on en a fait et les réactions épidermiques de la populace qui monte aux barricades en le traitant de pervers. Ça me choque. Ça m’attriste. Le parc, la masturbation, ça peut déranger les âmes sensibles, peut-être, avec raison sans doute, mais ce qui les agace encore plus, c’est que ce soit une tapette. Tapette, enfant, pédo, pervers, même affaire. Je dis STOP, NON pis VOS YEULES.

Le monsieur n’est pas pervers. Il aime le sexe, il aime le danger, il aime les hommes et il a un peu manqué de jugement. Point.

Rien à ajouter.

2 réflexions sur “Promenons-nous dans les bois

  1. Merci pour la mise au point. J’ajouterais que si JL ne se sentait pas obligé pour assurer ses cotes d’écoute de jouer au gentil gay « presque comme vous autres », au gendre presque parfait, au conjoint fidèle et père de famille respectable malgré tout, il se serait assumé dans sa sexualité et ne serait pas senti obligé de mentir. On ne parle pas de pédophilie ou de viol, on parle de baiser entre adultes dans un endroit où des hommes se rencontrent pour ça, au point que la police envoie des agents en civil pour piéger ses gentils messieurs. C’est comme ça, fallait pas jouer avec le feu. Mais une simple amende sans accusation criminelle on en revient sans tout quitter la queue entre les jambes… Allo, on est en 2015. Promenons-nous donc et fourrons dans les bois. Sans écœurer personne et sans nous faire prendre. Ps: sinon Joël, la prochaine fois essaie donc grindr qui te permet de faire la même chose dans la discrétion de ton foyer. Ça va passer même si ta belle mère reconnaît ton petit tatouage sur ton bras dans ton profil, car même les hétérosexuels s’y sont mis aujourd’hui.

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