Gâ, je l’ai juste pas. Je ne sais pas quoi vous dire. L’expérience de mon âge vénérable n’y change STRICTEMENT rien. Ces années d’apprentissage, de remises en question, de travail sur moi, de réflexion sur la vie et les relations ne sont d’aucune utilité. Je ne sais pas dater casually. Je m’attache, j’entrevois, je désire, j’envie. J’aime le monde, il est beau et intéressant, il me donne envie de le connaître. Je réalise que je suis plutôt à l’opposé de la majorité de mes amis qui sélectionnent plus précisément, qui ont une idée assez claire de ce qu’ils souhaitent et qui refuseront potentiellement toute relation qui ne sera pas comme celle de Shane et Ilya (j’adore cette nouvelle référence). Je crois être assez ouvert, sans diminuer leur sincère ouverture et très curieux aussi. J’aime l’humain et la découverte. On a juste une approche différente, je crois.
Je date casually, mais je m’attache. Parce que je n’entre pas en « symbiose » de manière transactionnelle. Un contact sincère est nécessaire, j’ai besoin de connaître son prénom, d’être séduit, d’avoir un minimum confiance, de sentir une drive. Ça, mes amis, c’est TRÈS incompatible avec le casual dating. Avec tout ça, j’ai aussi BESOIN de ma liberté, de ne pas me sentir contraint par qui ou quoi que ce soit. J’ai besoin de ÇA.
Ça marche po.
J’ai peu dormi la nuit passée. Une nuit blanche à proprement parler. Parce que je vis mal avec le « rejet » instantané et l’inconnu qui s’en suit. Je vis mal avec les mixed signals, les « je te veux », mais « je te friend zone sans explication ». Tout mon être est en mode défense émotionnelle extrême. Et je ne veux surtout pas revivre ce pattern DÉ-GUE-LASSE d’anxiété liée au dating trop souvent vécu dans ma tendre jeunesse. Je ne souhaite pas revivre ces moments de suranalyse, de « qu’est-ce que j’ai bien pu faire pour qu’on en arrive là », de « pourquoi il a dit ça, mais fait le contraire », de refaire la genèse des textos et moments. Je suis trop vieux pour ça. Trop vieux pour cette game-là.
Que faire, donc?
Arrêter de dater?
C’est peut-être difficile à croire, mais je suis bien seul, vraiment. J’aime ma liberté. J’aime me réveiller la matin, avoir la journée devant moi, choisir ce que j’en ferai, ne pas avoir de plan et m’en créer. J’ai envie de gérer mon quotidien comme je l’entends, loin de toute contrainte ish. Mais j’ai aussi besoin de contact physique, comme tout le monde.
Il m’intéresse. Il me plaît. Il, c’est lui, mais ça pourrait être un autre. Je suis curieux, j’aurais du sexe sans lendemain avec lui et à répétition, je passerais un dimanche matin à bruncher et à le trouver beau. Je n’ai pas envie d’une relation, j’ai envie de lui, de ça. Spécifiquement. Le brunch, le sexe, la curiosité, repeat. Et avoir un truc similaire avec un autre, varier les plaisirs et les dividus. Est-ce que ça se peut? Suis-je gearé pour ça?
Avec mon récent couple, j’avais réussi avec le temps à vivre mieux avec une certaine ouverture, mais ç’a demandé BEAUCOUP de travail et de discussions et d’angoisses et d’avance-recule. Et de détachement at some point. L’ouverture n’a pas propulsé notre rupture, mais le processus n’a pas aidé, je crois. Parce qu’au début, on n’était pas au diapason sur le comment et le pourquoi. Et même si on a fini par l’être, les fissures générées par tant d’incompréhensions et de discussions animées et d’inquiétudes ont laissé des traces. Et le détachement est devenu « inattachable ». On n’oublie pas ces moments-là, malheureusement.
Je suis aussi broken-en-reconstruction. Tout ça ne se règle pas en un claquement de doigts. Même si le deuil était partiellement amorcé et que je vis bien avec notre décision, c’est beaucoup de changements et de « bouleversements » du quotidien. Avec la job et son chaos, le déménagement « rapide », la garde partagée du petit-chien-qui-pue, c’est beaucoup en même temps. Faut que je m’adapte. Le temps fera son oeuvre avec un peu de soleil et de chaleur, j’en suis convaincu.
Bref, ce que j’ai senti la nuit passée m’épuise, naturellement. Le flou, l’attente, le changement de cap, l’analyse, la suranalyse. C’est drainant. Je vis assez mal avec ça, c’est un constat. Je comprends FUCK ALL à tout ce processus et je ne sais sincèrement pas comment gérer tout ça. L’écrire et le partager m’aide, évidemment. Mais j’aimerais avoir cette lucidité adulte, cette solidité émotionnelle, ce pragmatisme-qui-n’est-pas-moi de vivre ces flirts avec plus de légèreté, moins d’attache et de remise en question. Et pas de nuit blanche.
Parce que personne à part ma job ne mérite mes nuits blanches.