Exister sans s’excuser

Je viens de terminer la première saison de Heated Rivalry sur Crave. Je l’ai regardée un peu par hasard, parce qu’un ami qui travaille chez Bell m’a dit « tu vas aimer ça ». Évidemment, comme n’importe quel bingewatcher de ce monde, j’aurais fini par être rattrapé par le hype mondial entourant cette magnifique série.

Aimer, donc, est un euphémisme. J’ai désiré cette série de tout mon corps. J’ai eu mal d’attendre comme lorsqu’on attend des nouvelles d’une nouvelle idylle. J’ai attendu chaque vendredi avec une impatience infantile à en devenir irritable. J’ai chéri le moment de l’écoute comme on prend soin d’un nouveau-né. J’ai pris des pauses pour ralentir le rythme. J’ai eu des frissons, la larme à l’œil, des bouffées de « wow » avant, pendant et après chaque épisode. J’ai applaudi. J’ai reculé certaines scènes pour faire durer l’émotion et la grandiloquence de certains moments. J’ai regardé plusieurs fois les épisodes 1, 2 et 5. Je ne fais jamais ça, écouter de nouveau ce qui est terminé.

De son propre aveu (traduction libre), l’écrivaine a écrit ces livres pour dénoncer l’environnement masculin toxique du sport en général, et du hockey en particulier, qu’elle aime pourtant depuis toujours. Elle ressentait un malaise face à cet univers qui exige le silence et la conformité. Elle voulait brasser la cage, exposer les tensions et pointer du doigt la honte imposée à celles et ceux qui n’entrent pas dans le moule.

On sort donc des sentiers battus du cinéma et de la télévision. Des histoires gays, on en a vu encore et encore, mais toujours sur les mêmes tons : le méga drame, l’humour, le ridicule ou le second plan. Les personnages sont généralement marginaux, troublés, seuls, renfermés, vivent des situations difficiles à la maison, avec leurs parents, leurs amis. Ce n’est jamais simple et c’est souvent dark. On a rarement, voire jamais, vu le sujet abordé sous un angle positif, sain-dans-la-mesure-du-possible, où il devient le cœur même du récit.

La scène où Scott Hunter (François Arnaud) invite son amoureux gardé secret pour célébrer sur la glace la victoire de la coupe est incroyablement bien ficelée. Fini les cachettes. Je t’aime et je veux que tout le monde le sache. Juste WOW. Au hockey, par-dessus le marché. C’est du jamais vu et ça fait du bien.

On peut critiquer le physique parfait des protagonistes. Ce sont des joueurs de hockey… doit-on s’attendre à autre chose ? On peut critiquer les dialogues simplistes, les scènes de sexe quasi explicites, la rapidité de la ligne du temps, mais on ne peut nier le rendu exceptionnel de certaines scènes et ce doux message qui brise l’isolement.

Je pense que ça peut résonner pour plusieurs : je me suis non seulement senti vu, mais entendu et compris dans cette série. J’ai eu le sentiment qu’on comprenait l’inconfortable bataille intérieure que j’ai vécue plus tôt dans ma vie face à ma réalité. Je ne suis pas sportif, je n’ai jamais fait réellement partie d’une équipe sportive, et je ne m’y suis jamais senti le bienvenu non plus. Pas assez bon, pas assez masculin, next. Mais j’ai aussi eu le désagréable sentiment que la société me demandait de ne pas compliquer la « machine », de ne pas être un poids, de faire ma petite affaire dans mon coin, de ne pas déranger personne. Le mouvement gay est justement né de cet encabanement involontaire, de ce mépris de l’amour et de la liberté au nom de la rectitude morale.

Je n’ai cependant jamais eu ce mur de béton armé de stéréotypes et d’homophobie dans ma vie per se, mais j’ai fait mon coming out à une époque où l’on parlait de tolérance et non d’acceptation, où le gay bashing était encore possible en pleine rue un samedi après-midi, où il était fortement déconseillé d’embrasser un homme dans un bar hétéro. Ne pas faire de vagues, se fondre dans la masse, prendre son mal en patience et attendre son time to shine discrètement. Récompenser la conformité et étouffer la dissonance.

Heated Rivalry nous offre tout le contraire. Les épisodes 5 et 6 montrent un monde bien plus doux. Un monde qui fait du bien. Ça peut bien finir, parfois. It gets better, finalement.

De vivre cette intimité au petit écran, ce processus d’acceptation lent mais certain, cette histoire d’amour dans un monde compliqué, entre risque et vérité, entre cultures et authenticité, à la fois saine et étouffée entre Shane et Ilya…tout ça me redonne, l’espace de six trop courts épisodes, espoir en l’humanité.

Pas de coming out triomphant, juste le processus trop souvent malaisant de l’acceptation de soi. Un triomphe en soi, si je puis me permettre. Cette série, comme l’a justement dit Colton Underwood, est une reconnaissance du processus. Et ce processus mérite d’être nommé.

On a fait du chemin, mais c’est encore fragile. Et cette série arrive à un moment très précis. Même François Arnaud s’est fait déconseiller par ses gérants américains d’y participer. On est encore là. À une époque où certains groupes de droite brûlent d’envie de faire plusieurs pas de recul, où la haine prend de plus en plus place, où le monde semble constamment au bord de l’apoplexie.

Cette série est canadienne. On ne peut qu’en être fier. Le Canada, ce pays de bonnes-gens-polis-qui-s’excusent-sans-cesse-d’exister, fait le tour du monde avec une histoire d’amour entre hommes, envers et contre tous. C’est un FUCK YOU visuel à la fois doux et puissant à tout ce bruit dissonant.

J’avoue ne pas avoir lu, vu ou écouté les nouvelles durant cette période. Et je l’ai fait sans doute inconsciemment pour préserver ces moments comme un refuge qu’on ne partage qu’avec celles et ceux qui savent encore écouter ou de précieux trésors de réconfort à protéger.

Et quand tout s’est finalement posé, doucement, presque sans bruit, j’ai compris que ce n’était pas seulement une série que je regardais, mais une façon de me rappeler que l’amour, quand il ose exister, n’a pas besoin de s’excuser. Il suffit qu’il soit là.

Et parfois, ça change tout.

Juste un peu d’humanité

Allô. It’s been a boutte. Avant j’écrivais généralement pour ventiler, ça m’aidait à mettre mes idées en place et éventuellement, faire la paix avec la vie et ses aléas. Puis, un jour, les aléas sont devenus plus grands que nature, boostés par le stress et l’anxiété de la job beaucoup trop stressante et anxiogène et j’ai arrêté d’écrire. Je suis devenu incapable de mettre sur papier le trop-plein préférant anesthésier le concert de bruits devant la télé et bingwatcher avec Outrance, sans Parcimonie (elle, tsé). J’ai essayé plusieurs fois de m’y pencher, juste pour moi puis, rien. Le seul texte que j’ai réussi à composer était pour la mort d’un ami proche. L’émotion était trop forte, à juste titre.

Le truc, c’est que je ne peux pas craquer. Et ce que j’écris en ce moment, a un potentiel de craquage élevé. L’émotion est encore trop forte, à d’autres titres. Mieux vaut écrire et essayer de conjurer le craquage. Mais j’en ai envie, de flancher, je pense que ce serait libérateur, en fait. En revanche, si je me rends jusque-là, je ne me relèverai pas, pas rapidement en tout cas. Et j’ai besoin de rester debout pour plein de bonnes raisons. J’ai souvent cette peur qu’un moment donné, mon cerveau va juste tilter de trop de stress pis virer légume.

La dernière année fiscale a été I-N-T-E-N-S-E. Rien de tout ce que j’avais imaginé n’a abouti (pas encore, du moins). Ma route professionnelle a été jonchées d’embûches à l’allure insurmontable. Tout a déboulé quand la banque s’en est mêlée, pour un détail. Et quand elle s’en mêle, il n’y a pas d’émotion. C’est brut. C’est sec. C’est cartésien. Mais tout le monde sait, sans même être entrepreneur, qu’être en affaires, c’est souvent une question d’émotions autant que de faire de l’argent. L’idée arrogante qu’on va révolutionner le monde professionnel dans lequel on se lance. L’idée que le produit qu’on met au monde va faire le tour de l’Univers et plaire à tous. L’idée que son idée est l’idée du siècle et qu’elle, après le succès, apportera la richesse. Mais quand la banque s’en mêle, c’est le reality check que personne ne veut. Tu comprends à ce moment-là qu’il y a des entités et des gens qui n’ont pas de patience et qui ne disent pas « on va s’arranger » pour te rassurer. Un peu comme le gouvernement. T’es dans ‘marde, pas grave, on va te tirer vers le bas au maximum quitte à t’étouffer pour gagner pas grand-chose au final. Combien d’entreprises auraient pu survivre avec un peu plus de patience, d’aide et d’humanité de leur banquier, justement?  À partir de là, tout le monde le monde devient nerveux et tout le monde met de la pression, même ceux qu’on n’en pensait pas capable.

C’est lourd à porter.

Puis, tu te rappelles que c’était ton choix, cette aventure. Que des gens comptent sur toi, que tu ne veux pas décevoir, que tu ne veux pas « échouer » et perdre tout cet argent investi et ces amitiés généreuses. Donc, tu te relèves les manches, tu supprimes l’ensemble des émotions qui font surface, tu augmentes la dose pis tu joues la game. Je veux réussir. On veut tous réussir. Puis vient un moment où c’est plus fort que tout, plus que la logique, la santé mentale et l’équilibre émotionnel.

J’ai failli arrêter. Plus d’une fois. Récemment encore, avant une série de bonnes nouvelles, j’avais fait la paix avec « mettre la clé dans ‘porte » au risque de perdre beaucoup plus que des cennes. Pis là, pif paf pouf, tout s’arrange, encore. Des montagnes russes toujours difficiles à suivre. Et si une autre fois, tout ne s’arrangeait pas?

On a fait ce qu’il fallait faire. J’ai fait ce que je fais de mieux, faire aller mes antennes et s’entourer de gens compétents et chérants pour remonter l’abrupte pente. On est sur le point, un an et deux mois plus tard, de voir une lueur au bout du tunnel. Rien n’est réglé, c’est fragile, mais on a un bon produit et il y a de l’intérêt pour ce qu’on fait. C’est juste long. Toujours très long.

Aujourd’hui, on attend une nouvelle. On a reçu une approbation il y a PLUSIEURS mois, on devait recevoir les sous il y a PLUSIEURS semaines déjà, mais quelqu’une dans leur organisation a décidé de présenter notre projet devant son CA pour une deuxième fois. Juste pour être certaine qu’ils n’avaient pas dit oui les yeux fermés et les oreilles bouchées. Je suis sur le gros nerf depuis des semaines, je ne dors plus, je suis figé par la barge d’émotions qui m’assomme. Au moment de mettre en ligne, j’ai reçu la réponse que je souhaitais : on continue. Soulagement de feu, mais petites « séquelles » de tête tout de même. On ne se remet jamais vraiment de ces épreuves, je crois.

Il y a des humains derrière tout ça. Ici comme là-bas. Mais les humains ici n’ont pas beaucoup de grip sur la couvarte. Et on réussit tant bien que mal à enfouir la lourdeur du processus quelque part au fond de notre corps sous une couche épaisse de « toute va bin été » les doigts croisés, le chapelet accroché. Souvent ça va, souvent ça ne va pas. Je dis régulièrement que les succès sont petits et courts par rapport aux multiples petits et grands revers. Vient qu’on ne sait plus sur quel membre danser.

Ce qui me manque plus que tout, c’est d’entendre des histoires brutes d’échecs-succès. Qu’on le sache quand ça va mal ou du moins, qu’on ne fasse pas d’esbrouffe pour tout camoufler et qu’on se questionne. Une grande entreprise de prêt-à-manger a fait une faillite retentissante récemment, mais son ex-présidente flashait tout ce qu’elle pouvait dont son argent sur les réseaux sociaux. Pourtant, la marde était pognée en background avec bin du monde qui allait perdre. C’est certain que c’est moins glamour de montrer la rushante réalité, mais disons que ça donnerait l’impression qu’on n’est pas tous seuls à ramer.

Tout ce que je demande, au final, c’est davantage d’humanité. Ça irait tellement mieux pour tout le monde.

Un vrai conte de fée

Non, mais hen. Tsé, j’veux dire. Une belle année. Féérique pis toute.

Au boute du boute de toute ça, ça fera une année complète (peut-être plus) que la vie aura installé des speed bumps aux deux, trois mètres dans notre quotidien. Pour la majorité d’entre nous, on aura tout de même appris quelques petits trucs : apprivoiser la solitude, prendre le temps, ne rien prendre pour acquis, faire des économies, se garder une petite gêne, pleurer un peu pour rien et s’ennuyer à mourir de cette vie trépidante et un peu rushante que ça-fait-don’-longtemps-qu’on-n’a-pas-vécu. Pis on aura amplifié la plainte à un niveau jamais vu, comme si c’était possible de le faire plus.

Ce qui m’a fait réagir récemment? Le mot « retrouvailles » généralement associé à des réunions de familles lointaines ou à un rassemblement de mottés du secondaire une fois aux 10 ans. Cette fois, il s’adresse à chacun d’entre nous, à nos amis chéris, à notre famille adorée et à tous ces gens qu’on croisait ici et là, avec qui on échangeait des petits riens ou de grandes choses et qu’on n’a pas serré dans nos bras depuis le 21 mars 2020. C’est long, c’est plate, mais ça aura peut-être redéfini certaines valeurs.

Esti que ça finit pu.

Y se passe tellement rien, qu’on n’a pas tant de trucs à raconter. Ce qui ne signifie pas qu’il ne se passe rien en dedans. Et j’ai compris qu’on avançait pas mal tous tête baissée en se disant que ça allait finir par passer. Qu’en serrant les dents un peu plus longtemps, qu’on s’apercevrait que cette situation est enfin derrière nous. C’est en parlant avec des amis proches que j’ai compris que certains d’entre eux avaient perdu pied à un moment ou à un autre. Un genre de flash qui leur a fait réaliser que c’est pas ça, la vie, que c’est pas d’même qu’ils la voulaient, leur vie. C’est la première véritable épreuve collective des générations Boomer, X, Y et Z et c’est aussi la première fois que l’Occident au grand complet est soumis à un phénomène trop souvent vécu ailleurs. Parce que tsé, ici, en Occident, on est toujours épargnés des drames qui se passent ailleurs. C’est peut-être le karma?

C’est aussi une période où la communication est plus que jamais confrontée à un flot incessant d’opinions personnelles basées sur des croyances personnelles souvent à mille lieux de la vérité. C’est important de discuter de ce qui nous arrive, de ceux qui nous dirigent, des décisions qu’on nous impose, de l’information qui nous est rapportée. C’est aussi important de conserver un certain équilibre dans tout, dans la critique comme dans l’opinion. Ce que je pense de la situation du monde n’intéresse que les gens qui m’entourent et encore. C’est cependant et maintenant permis de dire tout ce qu’on pense de la manière qui nous chante et ce, peu importe l’interlocuteur. Les niveaux d’empathie, d’écoute, d’analyse et d’ouverture sont proches de zéro et c’est bien désolant. D’une discussion surréaliste avec un dude « qui avait fait ses recherches », j’ai retenu la chose suivante : je ne cherche pas à avoir raison, mais à nous faire réaliser qu’on a peut-être tous tort. Parce que je ne crois pas en la vérité absolue ni en des médias entièrement impartiaux ni en un gouvernement qui ne veut que notre bien. L’équilibre, moi j’dis.

Ceux qui ont faits leurs recherches, les « covidiots », sont finalement idiots du simple fait de ne rien mettre dans la balance, de contester l’ordre établi parce qu’on touche à leurs droits et libertés indivuels sans jamais penser à la collectivité. Eux, leur bien-être, leurs voyages, leur possibilité de choisir ou non de porter un masque ou de se regrouper. Eux. En oubliant que notre confinement en est un de luxe, qu’on est extrêmement chanceux d’avoir été pris en charge par leur gouvernement – qui a rapidement pris la mesure de l’aide à apporter sans trop broncher – et que le système de santé à ses limites, qu’il ait été bien financé au fil du temps ou pas. On a rapidement oublié également qu’il y a quelques mois à peine, les morts étaient empilés dans des remorques réfrigérées pas plus loin qu’à New York, le coeur de la première puissance du monde. La seule chose qu’on nous a vraiment demandé, c’est de porter un esti de masque en public et de restreindre nos déplacements et rassemblements avec notre entourage. C’est pas toi qu’on vise maudit criss, mais l’ensemble de la société. Un effort collectif. Pour le bien commun. Ça ne me semble pas bien compliqué. On n’est pas en train de restreindre tes droits et libertés pour t’en passer une belle, mais pour essayer de s’en sortir sans trop de séquelles. Pour que tu puisses encore jouir de tous tes privilèges à la fin de tout ça. Je ne vois pas où il devrait y avoir de débat. C’est juste un boute plate à passer, sans plus.

Reste que chu vraiment fru de voir qu’aux États-Unis, entre autres, le monde s’en criss, que ça continue de faire le parté pendant que des restrictions sommes toutes managable sont imposées. Chu fru de voir des smartass chez nous continuent de partager des photos de leurs soirées de groupe pendant qu’on essaie tous de garder la tête hors de l’eau. C’est ne pas comprendre le principe de société qu’on s’est donné. C’est vouloir prendre seulement ce qui nous avantage sans rien donner en échange. C’est individualiste et égoïste pis c’est pas du monde que je veux côtoyer.

C’est clair cependant qu’entre le ton larmoyant et formaté de Justin Trudeau et cette succession de décisions contradictoires et mal ficelées de Québec, on a perdu le fil de la logique depuis un certain temps. On n’y comprend plus grand chose et ça peut nous rendre un peu plus cynique chaque jour. Chose certaine, je ne voudrais pas être à leur place et devoir choisir entre l’économie et la santé ni à devoir faire une balance entre les deux. On choisit du monde pour nous représenter, nous devrions tous leur lever notre chapeau en ce moment et être solidaire de cette gestion de crise qui ne pouvait être que chaotique. J’aurais fait mille choses différemment, mais c’est pas moué qui décide et c’est peut-être mieux comme ça.

Je rêve qu’après cette épreuve le monde soit plus généreux, plus sensible, plus authentique et plus collectif. Qu’on comprendra mieux ce que c’est, vivre en société et que l’état Providence, c’est une idée géniale. Je rêve aussi que mes voisins pellètent la neige devant mon escalier de temps à autres. Ce serait l’fun qu’on soit juste un peu plus fins entre humains.

C’est la fête

Aujourd’hui, je deviens un adulte. Même si ce n’est pas ce que je ressens à l’intérieur, c’est un constat qui me semble assez juste. Théoriquement et statistiquement, j’ai vécu 48,5% de ma vie. Ce n’est ni positif ou négatif, mais ça ressemble à la moitié d’un tout. C’est beaucoup pour l’enfant médusé qui se rappelle avec vigueur le 40e anniversaire de son désormais vieux père. D’abord, du haut de mes 13 pommes, tous les gens présents semblaient bien grands et vieux. Ensuite, pour une raison que je préfère ne pas comprendre, tous portaient des épaulettes dans des accoutrements suivants différents tons de bruns, tant les hommes que les femmes. Je dois admettre que dès lors, cette étrange mode a eu un peu raison de mon espoir en l’humanité.

Je ne sais pas si j’ai aimé être un enfant. J’ai été anxieux et/ou « braillard » comme on s’évertue encore à me le rappeler, assez solitaire, pis bin bin accroché à la jupe de ma mère. Un instant loin d’elle et je pleurais. Malgré tous ses énormes efforts pour faire de moi un enfant indépendant, j’ai fini par ne jamais participer aux activités auxquelles elle m’inscrivait tant je pleurais de désespoir à son départ. Pas de karaté, de natation, de louveteau, ou autre activité éducative et bonne pour le développement de l’infint. Rien. Je pleurais.

Je voulais être astronaute, pape ou princesse héritière d’un grand empire.

Petit, frêle, gêné, coincé, toujours à ma place et têteux de prof, j’ai fait mon entrée au secondaire en longeant les murs sans trop vouloir me faire remarquer. Puis un jour, face à une injustice flagrante, j’ai affronté-effronté des p’tits bums de secondaire 3 qui nous sommaient, mes amies et moi, de quitter LEUR cafétéria. J’AI DIT NON! Mon premier véritable acte de bravoure m’a valu un lançage de roches en bonne et due forme à la sortie des classes ce jour-là. Qu’à cela ne tienne, mon objectif de vie était désormais d’essayer de toujours me situer au-dessus de la mêlée, de « vaincre » avec ma tête et non mes bras. Cinq années passèrent, j’étais fier finissant (et étrangement populaire) pendant qu’eux avaient redoublé 2 ou 3 fois, fuckers. J’avais gagné.

J’ai poursuivi mon chemin vers le cégep, volontairement loin de tous ces gens de la folievalente, pour entamer les études de ma première carrière : l’architecture. Je ne serais donc pas astronaute. Attentif, travaillant, doué pour le dessin, j’ai bûché encore et encore, sans jamais festoyer et sans alcool (it’s been a while) pour finir avec une cote R fort enviable (35,7) m’ouvrant les portes de toutes les universités dans ce domaine contingenté.

Fuck off, j’ai envie de vivre et de voyager, je vais travailler.

Premier job en achi, premier mentor (merci JFSD), premiers gros projets, premières responsabilités. Un peu plus sûr de moi et un peu plus baveux, j’ai crié tant de fois à mes collègues « chu pas yienqu’un dessinateur » avec la fougue et l’arrogance du débutant prêt à déplacer des montagnes. On m’a fait confiance, ils ont eu raison et j’ai passé au total 10 ans (14 en comptant les énièmes pauses) à dessiner des ostis d’escaliers en acier et des bâtiments institutionnels en tout genre. Vers la fin de ma carrière, je comptais pour 50 millions de dollars de projet sur mon seul bureau. J’avais gagné encore, je crois.

Entre temps, j’ai accepté mon HOMOSEXUALITÉ et je suis devenu un peu plus exagéré (allô RL).

Puis, un homme (I know) et le goût du défi m’ont mené en relations internationales à l’université, ici et en Angleterre. Rien de trop beau pour la classe ouvrière, j’avais décidé que l’avenir m’appartenait. La pédale dans l’tapis, avec toute l’assurance du monde, mon dernier travail de l’université de Leeds portait la mention « outstanding« . Même si tout n’a pas été rose et simple, je pouvais tourner cette page la tête haute.

Dans l’intervalle, j’ai vu Paris au moins 10 fois.
J’ai pris une photo avec Céline Dion, la vraie.
J’ai reçu une lettre de recommandation de la Déléguée générale du Québec à Atlanta suivant une fabuleuse entrevue.

Puis est venue la politique, court et intense passage auprès (pas si près) de Pauline Marois, ma première première ministre. Du beau, du grand, de l’impossible, du cassage de plafond de verre, mais aussi du weird, du « pas fin » et beaucoup, beaucoup d’apprentissage. J’ai compris à ce moment-là qu’il fallait parfois se faire violence pour changer de trajectoire. Je ne serais donc pas pape ni princesse héritière d’un grand empire. NON. HABEMUS. PAPAM.

Le reste, c’est de l’histoire.

Je ne sais pas si j’ai envie d’être un adulte. Chose certaine, je ne retournerais pas en arrière. Certes, j’aurais fait beaucoup de choses autrement : j’aurais été plus patient, plus léger, j’aurais appris à être moins émotif pour TOUTE, j’aurais sans doute pris d’autres chemins, surtout amoureux et moins douloureux, j’aurais voulu étudier autre chose, être plus indépendant financièrement plus tôt (ou ever haha!), être plus discipliné, plus musclé (lol), ne pas perdre mes chfeux, pleurer moins et trouver l’homme de ma vie pour la vie à 21 ans.

Ce que je vais faire, maintenant? Continuer à essayer de devenir une meilleure version de moi-même, apprécier mes petites victoires, solidifier les amitiés que j’ai déjà, faire la fête dans d’autres pays sans pandémie, manger plus de foie gras, boire plus de champagne, profiter de la présence de mes vieux parents, m’émerveiller devant mon cactus de Noël en fleur, essayer de devenir un muscle man au gym Halères & Go (j’adore le jeu de mot douteux), siester le plus souvent possible et tenter de dompter les maudites petites angoisses du quotidien une fois pour toute.

La chose qui m’a beaucoup rassuré en voyant le temps passer récemment, c’est que j’ai réalisé que je profitais enfin du moment présent. Comme ça, sans faire d’effort. Sans m’en rendre compte donc, la boule que je trainais depuis si longtemps s’est dissipée. C’est peut-être ça, vieillir.

Je ne sais pas si je suis devenu un adulte aujourd’hui. Je suis aussi anxieux qu’avant, plus du tout frêle, fonceur, frondeur, plutôt baveux (parfois trop, à ce qu’on dit), confiant, reconnaissant et prêt à tout. C’est moi. C’est le moi de quarante ans.

Et si c’est ça, être une adulte, je suis pas si déçu du Lulu que je suis devenu.

J’ai 5 ans

Aujourd’hui, La brume dans mes lunettes a cinq ans. Je me pince parce que je ne pensais pas vraiment fêter un jour les cinq ans d’une entreprise que j’ai moi-même bâtie. Et dans les circonstances, c’est d’autant plus surprenant parce qu’on traverse une autre tempête sans trop de dégât pour l’instant.

Cinq ans, ça m’apparaît le temps idéal pour un bilan. Et quelques remerciements.

Arrivé au bout apparent de ma carrière en architecture – ou simplement à bout de nerfs de mes tâches quotidiennes – j’ai perdu mon emploi. J’avais prévu l’annonce de mon patron quelques semaines plus tôt, mais pas la suite, évidemment. Pendant mon évaluation annuelle, à la question : « où te vois-tu dans cinq ans », j’avais répondu sans hésiter « je sais pas, mais certainement pas ici». No wonder que j’ai été mis à pieds haha! Je sais aujourd’hui qu’on s’est mutuellement rendu service. Pierre, merci de ta confiance, de ton écoute, de ta franchise et de ta bienveillance. Ta décision a été le début de quelque chose de grand.

Tour à tour, je l’ai annoncé à ma mère et à mon chum de l’époque. Et à l’unisson, ils m’ont encouragé à ouvrir un « restaurant », idée qui me trottait dans la tête depuis un certain temps. Maman, je ne pourrai jamais te remercier assez de ton soutien indéfectible depuis le début et en toutes circonstances. Ce projet-là, CES projets-là, ce sont aussi les tiens. Merci de me faire confiance, de me laisser conquérir le monde un scone à la fois, de déterminer la direction de toute, de gérer tous ces dollars et d’être toujours là pour m’aiguiller au besoin. Ton expérience, ta sagesse et tes roulements d’yeux sont souvent d’un grand secours (et d’une certaine frustration haha). Dave, ça n’a pas été le bout de chemin le plus simple, mais merci de m’avoir poussé à aller de l’avant. Et merci d’avoir préparé les premiers meilleurs scones au monde :p

Anik, comme j’ai moults fois établi, même si notre partenariat s’est bien/mal fini, saches que je serai toujours reconnaissant de ton apport et de ces années passées avec toi derrière le comptoir. On a eu nos divergences, nos légendaires prises de bec, mais chacun à notre façon, on a toujours eu à coeur le bien-être de toute l’affaire. Et on a ri en masse!

Mathieu, pour ton support dans les moments difficiles, tes étreintes, ton écoute, tes bons mots, ta logique, ta patiiiiiiiiience, et pour avoir sécher mes pleurs si souvent, merci du fond du cœur.

Ma précieuse famille et mes sincères amis qui m’écoutent raconter mes histoires avec intérêt et bienveillance, qui partagent et encouragent tous mes projets et qui ont su me tendre la main quand ça comptait, c’est inestimable. Ma soeur, pour toutes ces conversations pas-de-bon-sens sur le meilleur et le pire de l’entrepreunariat et de la vie, merci x 1000.

Aux employés présents et passés, vous avez été et êtes le coeur de cette aventure. Sans votre excellent service et votre continuel dévouement, rien de tout ça ne pourrait exister. Vous créez l’ambiance, l’excellence du service, l’attention aux détails, la délicatesse des plats servis, la justesse du café offert, les MEILLEURS scones au monde et ce, au QUO-TI-DIEN. Merci pour tout!

Aux clients qui vont et viennent, à ceux qui ont vu les premiers balbutiements du plus beau café du monde, à ceux qui y sont venus tous les jours pendant un temps, à ceux qui repassent à l’occasion pour se rappeler de bons moments, à tous ceux qui y en ont fait leur repaire, aux touristes qui découvrent, aux amoureux du service de thé, à ceux qui laissent des commentaires positifs ou non, MERCI de votre présence régulière ou sporadique et de votre retour post-pandémie. Ce cinquième anniversaire ne serait pas le même sans les « on est content de vous retrouver » et les «ça fait tant de bien de revenir ici » qu’on reçoit depuis quelques semaines. Ça, ÇA, c’est que vous apportez de plus précieux.

En cinq ans la Brume s’est régulièrement retrouvée dans des palmarès des meilleurs endroits à Montréal pour étudier ou pour prendre le thé à l’anglaise, elle s’est retrouvée dans un guide de voyage destiné aux touristes néo-zélandais appelé Montreal & Quebec City de Patricia Maunder, dans le livre Montréal l’hiver de Susan Semenak et Cindy Boyce, dans le guide Cafeine de Sarah-Émilie Nault, elle est passée deux fois à la télévision nationale (La Petite Séduction et l’Épicerie) et dans tous les grands journaux, blogs et guides culinaires de notre belle métropole. Mais plus encore, elle a été le théâtre de rendez-vous amoureux, de pèlerinages post-mortem, d’annonces de grossesses, de présentations de nouveaux-nés, de discussions enflammées, de quelques larmes, du mariage royal et en direct de Harry et Meghan, du discours de défaite de Hillary Clinton (en direct aussi), de matins ensoleillés, de brume dans la vitrine, de quelques soirées festives et de milliers de sourires satisfaits. Pour ces cinq années de pur bonheur et de moments touchants, MERCI!

Ça n’a pas été rose tous les jours, mais je considère que ça en a valu la peine (et l’angoisse haha). La Brume, môman, moi et les employés, on a traversé quelques tempêtes de tous acabits. Des belles pis des rushantes. Pis on est ENCORE là. Faque aujourd’hui, je suis fier de nous. Et je suis fier d’être le propriétaire plus beau café du monde.

C’est correct

C’est correct. T’es pas intéressé. Je l’ai compris au moment où j’ai été trop émotif avec toi pour rien. Des explications du bout des lèvres, un recul marqué puis, le silence. C’est correct, c’était pas meant to be. Mais je pense qu’avec un peu plus d’empathie de ta part, davantage d’écoute ou juste de fairness et ç’a aurait pu être quelque chose d’intéressant. Une belle amitié, peut-être. Parce que pour un moment de faiblesse, t’en as eu 10 où j’ai été attentif et empathique. T’as plutôt choisi de déposer tout le fardeau de « l’échec » sur moi, égoïstement. Dans ton message final i.e. avant que je te block forever (haha!) tu t’es délesté de tout et t’as tout dirigé vers moi, le problème, apparemment. Et avec tout ça, t’as décidé de mettre à la poubelle ce qui était beau et fun parce que c’était devenu « trop compliqué » sans même avoir essayé quoique ce soit. Classique. Déjà vu. Moultes fois cuvé.

J’ai rien inventé. Les discussions, les confessions, tout semblait être sur la même portée et en accord sur un joli chemin agréablement tracé. Toi, moi, nos faces souriantes, les moments tendres à distance, les appels, les FaceTime, les « je pense à toi » et les « j’ai hâte de t’voir ». Deux mois d’encouragement au coeur d’une pandémie de-marde-de-marde. Rien de compliqué, mais rien de solide non plus. Si embryonaire que ça ne mérite pas tous ces mots, mais ça m’a fait un bien immense de te connaître à ce moment-là et ça, ça compte.

J’aurais dû comprendre, je sais, mais tsé, les mixed signals. On en envoie tous un peu, mal gré. Pis ça fait son chemin même si on ne le veut pas vraiment. Et ça introduit souvent le début de quelque chose.

Le plus brutal, c’est quand tout semble bien se passer et que tout s’arrête. La porte qu’on ne voit pas avant qu’elle nous rentre dedans. Pour une fois avec toi, un soir, out of nowhere, j’ai été émotif, t’a pas aimé ça (ça devait toujours être toi, apparemment, la vedette de l’émotion), je me suis un peu trop montré intéressé, ça t’a brusqué, c’est devenu instantanément compliqué dans ta tête, genre toute. Too bad so sad. Je me suis repris et repentis de mon excès d’anxiété, j’avais pas rapport, mais peu importe, t’es disparu dans ta forme connue, je suis passé de cool à uncool en l’espace de plus ou moins 12 minutes. Un peu anxiety shaming style.

C’est comme ça que je me suis senti sur le coup : un gros caca puant.

Après deux nuits à me demander « de kossé don’ mon problème », j’ai dépompé pis j’ai continué mon train-train quotidien. Chacun ses torts, incompatibilité relationnelle apparente, difficulté de communication irréconciliable, c’est pas la fin du monde, c’est pas la première fois non plus, pis on n’a surtout pas besoin de ça ni l’un ni l’autre. C’est juste que tsé, la manière de le dire, LA MANIÈRE.

Et le soir où je t’ai demandé des explications, plusieurs, plusieurs semaines plus tard, ta réponse a été brusque, inconsidérante, toi, toi, toi, tes émotions, tes besoins, tes conclusions, toi. Pas un seul mot sur moi. Pas une seule seconde de « ça se peut que j’aie quelque chose à y voir ». J’ai eu le culot de, je suis difficile à suivre, je veux t’embarquer dans quelque chose qui « clairement ne t’intéresse pas ». Fuck you. Juste fuck you. Gère tes messages contradictoires d’abord, sois une coche moins égocentrique et arrête de tout ramener à toi, c’est mal.

L’affaire que j’aurais dû comprendre il y a bien longtemps, c’est que pas mal de monde s’en torche qu’il y ait un humain avec des émotions au boutte de leur manque d’empathie. C’est dommage parce que c’est vraiment correct de pas vouloir aller plus loin après avoir mis le pied dans l’engrenage, mais me semble que c’est pas obligé que l’ensemble de l’œuvre soit bonne pour la poubelle (et de faire sentir l’autre comme tel). Avec le temps, j’ai appris à dire à ceux avec qui il y a pu y avoir un intérêt commun : « on ne deviendra pas un couple, mais t’es l’fun, on pourrait peut-être être amis ». Ce n’est pas toujours simple, ce n’est pas toujours une bonne idée, mais j’ai le feeling que ça vaut souvent la peine d’essayer. Au moins pour arrêter d’éviter tous les gens qu’on a daté et de répandre un peu plus de beau au passage.

Faque ce soir-là, dans le petit lit du fond de la roulotte sur le terrain de mes parents aux Îles-de-la-Madeleine, en t’écrivant, j’ai tiré sur la plug tellement fort que j’ai arraché une partie du mur. Y restait pu rien qu’à mettre le feu à maison pis boire des bières. Fin de l’histoire. Pif paf pouf.

J’ai beau être une grande personne, ça brasse tout l’temps. Le choix de mots de cette fin de brève histoire était inutilement violent. On commençait tout juste à apprendre à se connaître, je ne peux pas être triste de le perdre lui. Je suis juste triste d’avoir été envahi par ce sentiment lumineux d’abord, puis de rejet doublé de dégoût vraiment difficile à absorber.

J’ai eu longtemps du mal à comprendre que quelqu’un pouvait ne pas s’intéresser à moi sans remettre en question mon existence toute entière, sans avoir l’impression de devenir un déchet aux yeux du monde entier. Ça m’a pris du temps à comprendre, mais j’ai finalement vu une lumière au bout du long tunnel que je me suis imposé il y a quelque temps : je le vaux bien. Pas avec lui. Ni lui ou un autre, peut-être avec personne même, mais ça ne fera jamais de moi quelqu’un de moins intéressant ou moins désirable ou moins valable pour autant. La pandémie m’a fait réaliser un truc SUPER important : je suis bien avec qui je suis, seul avec moi-même. Ça ne signifie pas que je m’enfargerai jamais dans les filets du sentiment de rejet ou d’abandon de nouveau, ça signifie juste que je pense être en mesure de le vivre autrement, plus sereinement.

La vie est annulée depuis si longtemps que la moindre petite flamme redonne espoir sur ce qu’on connait. Tout le monde est à cran pis on n’a pu tant de plaisir. On partage des photos de voyage dans des endroits magnifiques où la moitié des commerces sont fermés, où le désinfectant craquelle les mains un peu plus à chaque utilisation et où le masque est obligatoire à l’extérieur d’un shack à patates. On n’a pu de fun même si on fait semblant. On travaille fort pour que ça ne ternisse pas trop notre quotidien en se répétant que « ça va bien aller » même si ça ne va pas si bien que ça.

Mais ça va bien aller pour vrai. Juste pas maintenant. Avec en plus tous ces mouvements qui nous remettent en question en tant que société jour après jour, on a du pain sur la planche pour remonter la pente, for good parzemple. Le temps, le temps fait si bien les choses, qui disent.

Quelle année, hen?

La bonne conscience

Allo! C’est encore moi, le grumpy blogger.

Chu bin bin tanné de me faire garocher des roches parce que je ne dis pas e-x-a-c-t-e-m-e-n-t ce qu’il faudrait dire. Me suis fait parler de ma white opinion parce que je n’étais pas totalement d’accord ni totalement en désaccord avec le mouvement defund the police.

Entouécas, m’a juster raconter des affaires.

Samedi soir dernier, avec trois amis de trois adresses, on a évidemment parlé de la situation actuelle, mais surtout de racisme. Discussions houleuses, s’il en est, où l’on s’est levé pour parler et avoir l’impression d’être mieux entendu et où j’ai failli monter sur ma chaise pour finalement lâcher un « ferme don’ ta yeule pis laisse-moi finir ». Bref, une discussion animée, mais respectueuse (wiwi) et surtout, responsable.

J’ai toujours vu le racisme comme la haine profonde de l’autre, de celui qui ne nous ressemble pas, avec la conception principale qu’il est inférieur à soi et qu’ultimement, en tant que sous-race, il ne mérite que d’être exploité ou même de mourir. La ségrégation raciale aux États-Unis, la Shoah de l’Allemagne nazie, le génocide rwandais pour ne donner que quelques exemples absurdes à trop grande échelle. Ç’a toujours été ça pour moi, le racisme. Ça et comme on le voit aux États-Unis ces jours-ci, refuser de servir une personne de couleur ou un sud-américain avec le commentaire assassin du « retourne dans ton pays ». Je ne me suis au grand jamais associé à ça.

Avec le temps, j’ai aussi fini par voir le racisme comme la peur injustifiée de l’autre alimentée par beaucoup d’ignorance, mais pas de haine réelle. Des biais (de l’anglais bias) alimentés par des communautés homogènes, l’éloignement des grands centres et les médias. Hérouxville style. Rien de bien dangereux dans ces cas-là, juste beaucoup de maladresse, de méconnaissance de la diversité et d’un certain manque d’ouverture. Ces mêmes personnes racistes sont souvent aussi ‘phobes à tous vents sans trop savoir pourquoi. Bien éduqués sur le sujet, beaucoup changeraient d’avis. Ça demeure du racisme, mais malléable, il me semble.

Le Larousse dit du racisme : « idéologie fondée sur la croyance qu’il existe une hiérarchie entre les groupes humains » et « attitude d’hostilité répétée voire systématique à l’égard d’une catégorie déterminée de personnes ». Donc, selon cette définition, c’est plutôt violent, le racisme.

Revenons à samedi. On a aussi parlé de nos parents, de nos grands parents qui, malgré toutes leur sagesse et leurs belles qualités, passent parfois des commentaires considérés trop souvent comme anodins, mais qui au fond sont insidieux, récurrents et qui alimentent à juste titre le concept de white privilege et le racisme systémique, surtout à l’encontre des noirs. Des biais racistes allant de « criss de n**** » au déjà mentionné « retourne dans ton pays » pour finir avec un « est bin belle pour une noire ». Ou nous qui, spectateurs de ces comportements depuis toujours, les répétons parfois sans trop se poser de question et sans y voir d’incidence outre-mesure. Des mauvaises blagues, des à priori, des automatismes, des préjugés ou raconter des histoires vécues en précisant l’origine des personnages, inutiles et futiles précisions, au demeurant. Comme si c’était normal et/ou acceptable. Finalement, ce que je constate, c’est que je, tu, il, nous, vous, ils, avons été racistes à un moment ou à un autre. Penser le contraire aujourd’hui serait malhonnête. Inconsciemment ou non, ça s’est passé. C’est le moment d’en prendre conscience, de faire amende honorable et de tabler sur demain.

Et il n’y a pas de « mais ». J’ai sans aucun doute eu des comportements racistes que je ne considérais pas préjudiciables parce que faits sous le coup de l’humour ou de la nonchalance, mais qui au fond, on pu l’être à certains égards et pour certaines personnes. Je regrette et je tâcherai de faire beaucoup mieux. Tâchons tous de faire mieux.

Dans le discours actuel, j’ai rapidement compris qu’avoir des réserves est devenu impossible. Étonnamment, c’est le festival du blanc qui lance des roches, qui pointe du doigt et qui accuse tous ceux qui osent questionner la trajectoire du mouvement. Le ton acerbe, le discours unique et catégorique des tyrans de la pensée correcte qui te disent quoi dire, comment le dire et comment agir (encore là, tous des blancs), je l’ai déjà dit, ça gosse en esti. Pour être à la hauteur des détracteurs à la bonne conscience et ne pas être un racist-white-privileged-asshole, il faudrait que j’acquiesce sans broncher et que je crie aussi fort qu’eux sans laisser la moindre place à la discussion. Ça ne me ressemble pas. Je me tairai donc sur le sujet, à partir de maintenant. Je continuerai cependant d’être le meilleur allié possible dans ces circonstances impossibles, en étant attentif et en dénonçant les comportements racistes, tout en écoutant, en corrigeant et en éduquant le mieux possible. Être constructif, quoi.

Parce qu’il n’y a qu’un seul but à atteindre, mais plusieurs chemins pour y arriver.

Blackout un jour de pluie

Aujourd’hui, jour tendu du Blackout Tuesday, j’ai eu envie de lancer des objets. Je ne me souvenais plus d’avoir été crinqué comme ça dans un récent passé.

D’abord, la nuit dernière, j’ai vu circuler le carré noir sur Instagram et, considérant les récents événements aux États-Unis, je me suis senti interpellé et trouvai justifié de faire de même avec le hashtag blacklivesmatter. Parce que oui, barnak, la vie des noirs importe autant que celle de tous les êtres humains. Parce que JAMAIS dans une société juste, démocratique, sensible et humaine, un événement comme la mort de George Floyd, Breonna Taylor, Ahmaud Arbery et tant d’autres ne devrait se produire et laisser indifférent. Ni même l’apartheid reconnu en Palestine au vu et au su de la communauté internationale et sous nos yeux injustement impuissants. Ni les morts par milliers dans nos CHSLD pour cause de pandémie et du financement anémique de notre système de santé. Les injustices en ce bas monde sont trop souvent monnaie courante ET toujours inacceptables, point. Peu importe l’origine, la couleur, le sexe, le bagage, l’âge ou l’orientation sexuelle. Il ne devrait pas non plus y avoir de hiérarchie de drame humain.

Un drame humain est un drame humain.

Donc, d’une intention positive, ç’a viré en pointage de doigt. D’une bonne action à poser, ça s’est soldé par une confusion générale et un manque flagrant de coordination dans tout le processus juste, justement, de la défense des droits de ce qu’on ne devrait plus jamais appeler « le droit des minorités », mais les droits humains. Ok, le dièse blacklivesmatter était à proscrire dans les circonstances parce qu’il a couvert un lien utile et vital d’information et de support en ces temps de crise-par-dessus-crise aux États-Unis. J’ai compris, me suis senti con de ne pas m’être informé davantage et j’ai modifié.

J’ai lu sur le sujet, me suis encore senti interpellé, j’ai fait le partage sur toutes mes plateformes autant personnelle que professionnelles.

Après, j’ai compris via les story repartagées que c’était, et je cite, une mauvaise idée de partager le carré noir d’abord, parce que je suis blanc (wooooooké?) et ensuite parce que ça contrecarrait le plan initial de promouvoir les réussites noires, mouvement lancé par Jamila Thomas et Brianna Agyemang au Sud de la frontière pour dénoncer la violence policière envers la communauté noire et l’atroce spectacle de la semaine dernière, dernier en liste d’une interminable liste.

Ok. Ok, ok, ok, ok, ok, ok. Tout d’un coup, ça m’a semblé compliqué et délicat et dangereux de m’y aventurer. J’ai donc tout effacé, plutôt contrarié. Et à tort – je l’ai bin trop vite compris – je me suis servi de ma plateforme sociale favorite pour ventiler mon incompréhension face à la complexité de la solidarité attendue dans ce cas bien particulier et extrêmement polarisant. Comme si j’avais 14 ans et que je voulais bitcher sur un « copain » de classe qui me traite de tapette pendant la récré. WRONG. En plus des « haha » face à mon commentaire, j’ai reçu cette réponse sanglante, insultante et inutilement agressive d’un maintenant ex « ami » Facebook :  » En tant que blanc, privilégié et cis genre, ton seul droit est de fermer ta yeule ». J’ai perdu pied. Les fils se sont touchés forever. Je me suis retenu de toutes mes forces pour ne pas garocher ma colère sur les murs. TA. BAR. NAK.

Il m’arrive d’être mal informé sur certains sujets, limite maladroit sur la manière du comment et je ne comprendrai jamais – ça va de soi – ce que c’est d’être une personne racisée parce que je suis blanc et dixit privilégié, mais me taire parce que je ne suis pas « de la bonne couleur pour comprendre » n’est pas une réponse logique ni pertinente ni édifiante quand on doit, en tant qu’humains, se soutenir devant l’imparfait. Le but de toute l’opération était d’apporter un certain soutien virtuel et une concertée solidarité transfrontalière aux événements de la semaine dernière, mais aussi, de manière plus générale, enfin, je crois, de faire un gros FUCK YOU mondial à l’injustice généralisée.

Mais encore une fois, un bien-pensant a préféré brandir la torche brûlante équivalente au point Godwin pour disqualifier ma réflexion sincère du jour. Comme s’il s’agissait de l’apocalypse.

Pour reprendre les paroles d’un ami qui m’a écouté haïr le monde entier par messagerie : « les petits tyrans de la pensée correcte qui te disent comment réagir et avoir les émotions autorisées…FUCK OFF ». Certes, je ne comprendrai jamais ce qu’est l’ostracisme racial, systématique et systémique, mais on ne devrait JAMAIS dans un débat dont la quête est la justice sociale et l’égalité, miner les intentions sincères et ultimement positives, aussi maladroites soient-elles, du porteur de message parce qu’il est « blanc, privilégié et cis genre ». Ça ne fait aucun sens.

On veut tu s’aider ou on veut tu pas s’aider? J’espère justement que du monde extérieur existe pour défendre les droits de ma communauté LGBTQ2S+ élargie et généreuse. Je l’espère à chaque seconde. C’est l’essence qui fait rouler le moteur des changements sociaux, le monde. Je ne dirai jamais non aux coalitions élargies et positives et bien intentionnées.

Donc, aujourd’hui, après avoir ruminé et ragé sur tous les fronts, je me suis senti comme en 2012 quand j’essayais de défendre mon carré rouge à tous crins sur les réseaux sociaux pis que je réalisais pas encore que ça servait à rien. C’était aussi bien avant que je connaisse l’existence de l’avilissant point Godwin. Ça pis enlever des gensses de ma liste « d’amis » Facebook parce que ça devenait juicy et insultant pour des miettes.

Je nous souhaite de l’ouverture, de la compassion, de l’écoute, de la mobilisation et de la solidarité gros comme la Terre et tous ceux qui la compose. On en a besoin. On aura toujours besoin de la plus petite des attentions pour créer un monde de changements.

Au temps du corona

« Ce sont les plus innovants qui s’en sortiront le mieux ».

Combien de fois j’ai entendu cette affirmation depuis le début de la crise. On pourrait remplacer l’adjectif « innovants » dans cette phrase par inventifs, ingénieux, travaillants, débrouillards, tenaces, avant-gardistes et tant d’autres mots qui pourraient sonner encourageants dans ma grosse tête. C’est anodin et je comprends que c’est sans doute plutôt vrai, que ceux qui en font plus que le client en demande maintenant risquent de sortir de tout ça un peu plus gagnants. Mais bon.

Ça résonne dans ma tête depuis tant de jours. Indûment, ça ajoute une pression sur mes épaules qui, malgré les circonstances, ne sont pas nécessairement plus légères qu’à l’habitude. Avec d’autres et de mon plein gré, j’essaie de ne pas être complètement déconnecté et je discute de solutions possibles pour le pendant puis, de certaines avenues réalisables pour l’après. On se casse la tête pour continuer d’exister dans une période où rien se peut. Ce que chaque discussion me fait réaliser, c’est que je sens que je m’oblige à être à la même hauteur que tous les p’tits vites qui avaient déjà une carte ou deux de plus dans leur jeu avant la Grande Pause. Plus que ça, j’essaie d’être à la hauteur de ce à quoi je pense que les gens pourraient s’attendre de moi. Meh.

C’est lourd.

Pis ça m’tente pas.

J’ai déjà d’la misère à me gérer quand toute va bin, imaginons maintenant.

Avant qu’un pangolin fasse ses petits besoins dans le manger d’un humain, toutes nos affaires allaient bon train. J’avançais vers l’été confiant qu’on allait être capable de le traverser sans trop de difficulté. Pis là, du jour au lendemain, sur ordre gouvernemental et suivant un mouvement mondial, me suis ramassé chez nous un peu soulagé que la roue se mette à rouler pour tout l’monde en même temps. Ma stratégie du moment : me reposer. Un repos bien mérité, je dirais.

Est-ce que j’aurais dû paniquer et essayer de me retourner sur un dix cennes? Ça se peut. Je n’en ai pas senti la nécessité, jusqu’à présent. De toute façon, cette urgence-là, je la vis au quotidien. Chaque jour je réfléchis à comment survivre un ou deux mois de plus. C’est pas plus nouveau avant qu’après l’annonce de la pandémie.

Ce que je sens, c’est que je devrais sentir l’urgence à tout prix pour être un bon entrepreneur. Il faudrait que je me démène jour et nuit pour des grenailles au nom de la survie de mon/mes entreprises. Montrer que j’ai des couilles d’acier, pis un moral d’enfer, que je suis motivé et prêt à renverser ciel et terre pour arriver à la ligne d’arrivée en même temps que le Québec en entier. Mais non. Je ne me suis pas comme ça. Je n’en sens pas la force en ce moment. Et depuis toujours, je suis partisan du « advienne que pourra ». Ça ne signifie pas que je reste sur mon cul à regarder le temps passer. Je me prépare, j’analyse, je continue d’avancer, mais plus lentement. Je finalise des dossiers, je reste à l’affût, je serai prêt pour le retour et espérons-le plus en forme que jamais, des idées plein la tête. J’ai un plan, pis COVID ou pas, ça va se passer.

Il y a les gens, ceux qui sont bin motivés à ma place, et il y a moi. Parce qu’encore une fois, au final, on parle ici de mon cerveau, de mes bras, de mon portefeuille, de ma motivation, de mon entreprise, de mon avenir. Ils sont évidemment bien intentionnés et je me sens mal de leur dire que je préfère ne pas me garocher partout. Ça fait sans doute de moi un real pain in the ass, mais pas quelqu’un de moins ambitieux.

Attendre que la tempête passe un peu, n’est pas la pire des idées non plus. Anyways, tout est ralenti au mieux, arrêté au pire.

J’ai absorbé le choc, j’ai beaucoup dormi, j’ai aussi mal dormi, mais je reprends tranquillement un rythme « normal » dans les circonstances. J’ai bon espoir que tout ça reprenne lentement, mais sûrement. J’arriverai au bout du tunnel, là où il y a la lumière, sans aucun doute plus endetté, mais peut-être aussi moins essoufflé ET en même temps que tout le monde. J’avais tant besoin de reprendre mon souffle.

Les sentiments humains

Il y a longtemps que je n’avais pas senti tout ce poids sur mes épaules, cette fébrilité, cette panique latente. J’avais l’impression de bien gérer les nouvelles en continu et l’ingérable propagation du virus jusqu’à ce qu’un jeune de 22 ans commente sur Instagram les dernières mesures mises en place au café : « Fermez s’il vous plaît, pour le bien de tous ». D’un seul coup, en quelques mots, je me suis senti responsable de propager à moi seul le pangolin virus à la Terre entière.

J’ai ruminé pendant des heures. Un peu pour éviter de sombrer. J’ai essayé de trouver une solution pour moi, mes employés et le bien commun, un truc équitable et sensé dans les circonstances qui ne le sont pas. Dans mon coeur, fermer était la seule solution, mais…j’ai hésité, je l’admets, parce que je n’ai rien devant moi. Il y a tout un tas de raisons à cette valse hésitation qui sont difficiles à comprendre en dehors de mes souliers. Je me suis troublé. Je me suis jugé. Il y a morts d’hommes, c’est assez pour s’encabaner chez soi pendant plusieurs semaines. Mais je pense aussi à la mort clinique et imminente de rêves, de projets tenus à bout bras, de quotidiens heureux, de stabilité financière. Lundi soir, j’ai eu l’impression que j’allais tout perdre et ça m’a déchiré le coeur.

Mais hé! on est pas mal tous dans le même bateau. Rassurant?

J’ai fermé le café, finalement. J’ai fait les relevés d’emploi de tous mes dévoués employés et j’ai mis la clé dans la porte, soucieux que ce soit peut-être pour la dernière fois. Parce que malgré l’aide annoncée (qui ne s’appliquera visiblement pas aux cafés, bars et restaurants) et la bonne volonté de tous, certains d’entre nous devront tourner la page. Ça se peut que j’en fasse partie. On venait tout juste de passer les deux pires mois de l’année en terme de rentabilité (février devrait juste arrêter d’exister). Mars s’annonçait ensoleillé. La clientèle, les revenus et tout le bazar étaient au rendez-vous. Poc! Fini oiseau.

Pur hasard, j’avais un rendez-vous de prévu depuis quelques semaines avec ma médecin soleil. Ça s’est passé au téléphone, distanciation sociale pis toute oblige. Étrange moment de discussion où j’ai eu l’impression d’être entendu et compris, mais hystériquement anxieux pour tout, sauf pour le contagieux virus. Je m’étais fait une liste de « symptômes » physiques qui gossent depuis un bout. C’tu un cancer, une dépression, la glande thyroïde, la sclerodermie, la maladie de Lyme? EST-CE QUE JE VAIS MOURIR, DOCTEUR? Une fois l’appel terminé, j’ai eu envie de m’excuser, de lui envoyer une petite carte me désolant d’être un patient que je n’ai jamais voulu être. Je me sens ouach, je dors mal, j’ai mal partout, mes poches sont plus vides que jamais et j’ai beau vivre d’espoir, l’avenir est plutôt gris pour l’instant. C’est pas une raison pour devenir hypocondriaque, bout’crisse.

À fait dire que je suis anxieux (hahahahahahaha!). C’est juste ça. Chu pas malade, tous mes tests sont normaux, je suis en parfaite santé physique, chu juste fucking anxieux. Pis je ne m’en rends pas tout à fait compte quand ça se passe. J’ai quand même quelques années de pratique dans le déni des petits problèmes, étape que j’ai considérée essentielle pour survivre à ma nouvelle vie de faiseur de projets. Mais ça gruge, finalement. Insidieusement et silencieusement. J’ai toujours quelque chose qui traîne dans mon cerveau, quelque part.

Conclusion heureuse?

J’ai appelé mon psy, j’ai pris ma pellule pis mon gaz égal. Qu’est-ce qui peut bien m’arriver de si grave? La faillite, ok, ça sera pas juste de ma faute (haha!). Toute va bin été, comme dirait l’autre. Ou presque. Toi, moi, la Terre malgré cet étrange événement qui occupe nos journées et qui décime trop de gens. On n’a pas le choix. The show must go on. Je vais faire ce que j’ai à faire, trouver des solutions, faire ce que je sais faire de mieux : croire que tout est possible. On va tous se relever de ça un peu éreinté, décontenancé, mais plus fort, je crois. Parce qu’apparemment, à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire.