Show de boucane

La récente poursuite d’une personne non binaire contre un salon de coiffure me fait BEAUCOUP sourciller. Bien que la question soit délicate, bien que je respecte le fond de l’histoire, j’ai certaines réserves sur la manière et la finalité. Je suis bien évidemment encore prêt à me faire lancer des roches de manière constructive. J’ai par ailleurs pris connaissance du jugement du Tribunal des droits de la personne, d’articles de journaux, de l’entrevue avec Patrick Lagacé.

J’ai des réserves, donc. Et je vais m’en permettre un peu parce que je fais partie de cette large communauté 2ELGBTQI+ qui ne cesse de s’élargir. Ce n’est pas une raison, me direz-vous. M’en fout, je fais c’que j’veux :p

Je ne suis pas un vrai boomer, mais mon entourage dirait que parfois oui. J’ai, à l’occasion, un peu trop souvent, régulièrement, tendance à trouver que certaines situations dépassent le gros bon sens façon grand-papa Legault. J’ai envie de croire que malgré tout, au final, je sais être nuancé. Quand je suis né – l’équivalent de « dans mon temps » –, les notions de non-binarité, de demi-sexualité ou encore d’intersexualité n’existaient pas dans l’imaginaire collectif. Il y avait les gays, les lesbiennes et les bisexuels, c’est pas mal tout. On comprend tous, avec l’acronyme exponentiel actuel, que ça manquait de nuances pour plusieurs. C’est ok, chacun a bien le droit de se sentir bien dans sa case. Qui suis-je pour juger, anyways? Je fais partie d’une communauté marginalisée depuis des siècles et on commence à peine à penser que c’est peut-être normal qu’on existe librement. Et je ne peux que supposer la difficulté existentielle pour une personne qui ne se sent « fitter » dans aucune des catégories disponibles de vouloir défoncer sa porte et celles des autres. La société actuelle nous permet la liberté de discuter de tout, donc bring it on.

Sur le fond, si on revient au sujet précité, quand on regarde la formule du salon « coupe garçon » et « coupe fille » au même prix, c’est vrai que c’est inutilement genré. Si, à la rigueur, le prix avait différé, on aurait pu croire que la longueur des cheveux habituellement portés par les hommes ou les femmes aurait peut-être pu justifier le « gars » et la « fille » dans la description. C’est vrai, donc, que dorénavant les options proposées pourraient/devraient être en fonction de la longueur des cheveux à coiffer et non du sexe du client. Legit. Le fond, je l’accorde, mérite toute notre attention. Genrer les coupes de cheveux ne sert strictement à rien. Évoluons.

La forme, cependant, gosse.

Mandater la Commission des droits de la personne pour départager s’il s’agit de « discrimination fondée sur l’identité de genre », ok. C’est far fetch en titi pour une simple coupe de cheveux. Qu’à cela ne tienne, sur le principe, le Tribunal tranche que oui, c’est discriminatoire et c’est très bien. La Charte canadienne des droits et libertés existe bien pour une raison. C’est, à juste titre, sacro-saint dans notre société. En revanche, condamner le salon de coiffure à payer une amende de 500 $ pour avoir involontairement discriminé, tout en ayant offert des incitatifs pour accommoder et en expliquant ouvertement et constructivement la situation au plaignant, c’est très, très moyen. C’est à mon avis une sanction morale disproportionnée malgré la petitesse du montant. Éduquer, oui, punir, non. Et la partie plaignante d’en ajouter une couche en parlant de détresse émotionnelle, de dépression et de pensées suicidaires. Il y a quand même une pas pire marge. Une. Coupe. De. Cheveux, sacrament. Il y a des limites à faire porter le poids de toutes les maladresses sociales à des grains de sable.

Cette cause est devenue rapidement ridicule sur la forme. Le salon de coiffure a d’emblée fait amende honorable pour accommoder le partie plaignante, mais cette dernière semblait vouloir plus, plus gros, plus bruyant, plus punitif. Plus payant aussi, peut-être? Je comprends aussi que l’expérience subjective de l’exclusion est cumulative et peut, pour des « riens », devenir lourde à porter. Mais la cible est mal choisie et la manière, tout autant. Faire valoir ses droits pour faire avancer la cause, aider son prochain à ne pas vivre le même inconfort ou la même discrimination, accompagner l’entreprise à comprendre sa méconnaissance de l’enjeu, c’est très bien, c’est valeureux même. Ne rien demander en échange autre que le respect de l’esprit de la Charte, la reconnaissance de la différence et de la dignité humaine, c’est encore mieux. Mon vieil oncle avocat répète ad nauseam que mieux vaut la pire des ententes que le meilleur des procès. Il a plutôt raison.

Tout ce tapage n’a pas aidé grand monde, d’après moi. Juridiquement, elle clarifie un principe important, soit. C’est symbolique. Mais ça n’a pas convaincu le vrai boomer coincé en 1950 à comprendre l’importance de l’inclusion et du respect de la différence. Ça n’a fait que le conforter dans son idée que ce qui ne lui ressemble pas est, par définition, exagéré et, limite, illégitime. Ça commence à sentir la toast brûlée autour des droits des minorités, gays, lesbiennes et bisexuels compris. Ce serait l’fun qu’on ne mette pas le feu à toute la maison en même temps.

Jacob et la télé magique

Qu’est-ce que vous voulez que je vous dise, je n’en reviens toujours pas. Certains diront que ça frôle l’obsession. Sachez que je suis beaucoup plus zen depuis quelques semaines même si la flamme brûle encore. Cette missive s’adresse au réalisateur/créateur de la série et comme je n’ai pas moyen de lui envoyer personnellement, je le fais ici. Tsé, si les étoiles s’alignent.

Ça va comme suit :

J’ai, comme la planète entière ou presque, visionné avec grand intérêt votre nouvelle série sur Crave. Elle m’a tellement bouleversée que j’en suis à la 3e écoute, ce qui n’est pas habituel chez moi. Troisième écoute donc, mais lentement cette fois, patiemment, un épisode de temps à autres pour faire durer le plaisir et entretenir la flamme. Je choisis aussi le moment pour être dans le bon « mood » pour en absorber tous les bienfaits.

Cette série est magnifique.

Le 26 décembre 2025, Merry Cottage Day, j’ai vécu un grand jour de petites victoires. J’ai aussi ressenti un vide immense à l’idée de devoir attendre une date encore inconnue pour la suite de cette fascinante histoire d’amour.

On a le même âge, apparemment, vous et moi. Je vais avoir 46 ans en octobre prochain. Ça donne envie d’être votre ami. Du haut de mon âge « vénérable », je n’avais pas réalisé que j’avais sans doute perdu espoir de voir au petit ou au grand écran une histoire d’amour sincère, authentique, réciproque et positive entre deux hommes qui ne finit pas mal. Positive malgré les embûches, leur « position » dans la société et l’image qu’ils « doivent » maintenir. Positive surtout parce que, malgré ce qui s’en vient dans The Long Game, elle finira bien, éventuellement.

Je vous écris pour vous dire que ce que vous avez fait, Rachel Reid avec ses livres et vous avec cette incroyable écriture, a changé quelque chose en moi. Une envie de plus, de mieux, d’étincelles et de beau plus souvent. Ça me donne envie d’être une meilleure personne, d’être plus en forme, de briller le jour comme le soir malgré les effets du temps qui passe. Parce que même si on n’est plus si jeune, même si on change de catégorie d’intérêt avec la quarantaine aux yeux de certains (ou plusieurs?), on mérite tous d’être le Ilya ou le Shane de quelqu’un. On mérite tous d’être regardé avec le même désir.

Votre série a provoqué de bonnes discussions avec mon amoureux. Sur nous, sur notre manière d’aimer, sur ce qu’on veut maintenant et pour la suite. Elle nous a rappelé qu’on REFUSE de croire que la passion a une date d’expiration. Que c’est obligatoire que les « vieux » couples ralentissent. Que le désir soit condamné à s’étioler avec le temps. Vous savez, une discussion saine et préventive. J’ai aussi un ami dans la trentaine, toujours à la recherche d’une histoire d’amour réciproque, qui m’a affirmé qu’il refuserait désormais toute relation qui ne serait pas équivalente à celle de Shane et Ilya. You. Go. Girl.

On ne savait pas qu’on avait besoin de cette histoire-là à ce moment-là. Mais elle est arrivée à point nommé et a étouffé tous les bruits négatifs ambiants. Elle a réveillé chez plusieurs une passion pour cette improbable histoire de hockey et pour les acteurs incroyables. Je sens une ferveur qui ne m’a pas habitée depuis l’adolscence. Je me sens jeune à nouveau. Je me sens beau à nouveau. Je me sens prêt à reprendre le temps que j’ai pu perdre.

Pour tout ça et pour la suite, merci.

p.s. j’ai une entreprise de scones et j’aimerais pouvoir vous en envoyer comme marque de mon appréciation

Réfléchir indépendamment

Je n’aime pas la chicane. Je dis ça, mais si on m’y pousse, je vais sauter dans le ring et je tenterai de ne pas me laisser faire. Avec le temps cependant, avec l’âge et l’expérience j’ajouterais, je tente de mieux la « gérer » si ça se peut. Fermement, mais calmement, toujours en tentant d’éteindre le feu et d’être à l’écoute. Ce n’est pas toujours évident. Malgré tout, je suis un grand émotif et je ne suis jamais à l’abri de me retrouver près de rideaux faciles à grimper.

La chicane, cependant, c’est pas mal ce qui fait vivre les politiciens d’opposition et les politiciens en général. On n’est pas d’accord, on en fait un plat bien gras. On s’objecte avec théâtralité et on s’indigne pour des virgules. Je comprends le concept, je comprends la joute politique et l’intention derrière ces interventions outrées, mais c’est épuisant à la fin.

Je ne me ferai pas d’amis ici, mais les sorties dramatiques des derniers mois du chef du Parti Québécois m’agacent beaucoup. D’abord, parce que ça sonne de plus en plus comme du « chialer pour chialer » et ça, ça m’a toujours exaspéré. Trump le fait en respirant, Poilièvre le fait même en dormant, Coderre transpirait la chicane, Drainville en a fait une carrière. On n’a pas besoin de ça. La CAQ est en chute libre, les libéraux avancent de reculons, QS est « omniabsent ». Ce serait pourtant le temps, tous partis confondus, de parler avec une passion contagieuse des projets qu’ils souhaitent réellement mettre de l’avant une fois au pouvoir. Parce que ce qu’on retient, c’est la maudite chicane. Ce serait aussi le temps de s’élever au-dessus de la mêlée et de ne pas verser dans le populisme excessif dans le but d’être élu, même si je constate tristement que ça fonctionne de plus en plus. Ça devient une seconde nature, je crois. Ça donne de la prestance, de la force, on sait se tenir debout, qu’ils doivent se dire.

C’est du grand n’importe quoi et ça rend le débat, la politique dis-je, stérile.

À ce stade-ci, je ne voterai pas pour le PQ. C’était mon intention jusqu’à tout récemment. J’avais espoir d’une différente façon de gouverner propulsée par une nouvelle génération de politiciens comme PSPPTUVW. Le PQ a souvent été derrière de grands changements qui ont modernisé notre société, pour lesquels on a gagné respect, rapport de force et dignité. Mais le ton alarmiste et la posture victimisante à outrance des derniers mois m’épuise. C’est quoi, au-delà de ton projet d’indépendance, ton maudit projet de société?

Je viens d’une famille souverainiste de mère en fils et la dissidence n’est pas encouragée. On ne peut pas aller à contre-courant du mouvement sans que ça ne génère des hauts cris de disgrâce. On a un oncle ouvertement fédéraliste et ç’a fait des flammèches régulièrement dans les soupers de famille par le passé. Bien que le personnage ait pu être polarisant d’emblée, je le soupçonne d’avoir joué volontairement au loose canon par plaisir de faire fâcher les matantes bin trop crinquées pour s’en rendre compte.

Je suis un mou, donc. Je voterais oui à un référendum sur la souveraineté, mais j’ai toujours été fier d’être Canadien. Je suis un fervent monarchique pour la mémoire vivante et la continuité incarnée, mais je suis pour un régime parlementaire sans gouverneur général, avec des sénateurs élus et un chef d’État incarné par le premier ministre ou un président symbolique. Je suis un mou et un fucké, apparemment. Bref, je ne suis pas dogmatique, ce qui fait défaut à la majorité des partis et politiciens qui aspirent au pouvoir.

Je veux un gouvernement qui me gouverne pour mon bien et pour tout le monde. Je veux un gouvernement avec de grandioses projets de sociétés porteurs d’espoir et de prospérité, comme on a su le faire à plusieurs reprises ces 60 dernières années. Je veux un gouvernement logique, qui dépense intelligemment, pas électoraliste, à l’écoute de ce qui se passe en bas et qui ne s’époumone pas sur un 3e lien inutile ou une charte des valeurs clairement dirigée vers certaines communautés ethniques et religieuses. Je veux aussi des oppositions qui félicitent les bons coups sans « mais ».

Si on se fie aux sondages et qu’on écoute nos voisins, la souveraineté, on n’en veut pas à ce stade-ci. Les sondages le disent, mais la conjoncture aussi. On est moins fâchés, peut-être. On se tient plus serrés, comme tout un peuple face à l’adversité. Je suis aussi d’avis qu’on est plus forts unis. Je suis de ceux qui croient qu’on est actuellement mieux servis dans un Canada fort face au potentiel envahisseur américain. Ça n’enlève rien au fait que je souhaiterai toujours plus d’autonomie pour le Québec pour faire vivre pleinement nos différences notables en matière de toute et de gros bon sens. On est quand même, depuis belle lurette, la barrière morale aux éventuelles dérives canadiennes. Niaise-nous pas, on va te sortir. T’es trop populiste ou rétrograde, tu ne passeras pas. Je suis aussi pour le maintien du Bloc Québécois à Ottawa pour rappeler au ROC qu’on existe et qu’on est bin bons pour se tenir debout. GO FIGURE.

Le truc avec l’indépendance, c’est que ça ne réglera pas tout. Pouvoir décider de tout en toutes matières ne nous protègera pas contre les mauvais gouvernements ou les dérives de différents partis ou politiciens. Des idiots comme premiers ministres, on en aura encore. Ce sera juste plus rushant parce qu’on aura moins de contrepoids institutionnels qui ne pensent pas exactement comme nous. Il y a eu des moments difficilement excusables dans l’histoire passée et récente de la confédération canadienne, ouvertement contre le Québec, mais on est moins là, je crois. Il y a certes encore des insensibilités, des maladresses et du Québec bashing dans certaines régions du Canada. Honnêtement, je crois qu’à certains moments, on l’a cherché comme une preuve de plus qu’on n’est pas les bienvenus dans c’te pays-là.

J’aurais tendance à croire qu’on y gagnerait tous à être moins fâchés tout le temps, à jouer le jeu du système tout en maintenant fermement notre nécessité d’autonomie et de société distincte. On base encore trop souvent notre colère actuelle sur les messes basses du passé qui remontent parfois jusqu’à la Conquête (misère). Si on essayait de ne pas oublier, de se tenir debout, de parler franc, mais d’être bons joueurs dans une période qui mérite unité et solidarité? Parce qu’à force de dire qu’on ce sont les autres le problème, on en devient peut-être un.

Exister sans s’excuser

Je viens de terminer la première saison de Heated Rivalry sur Crave. Je l’ai regardée un peu par hasard, parce qu’un ami qui travaille chez Bell m’a dit « tu vas aimer ça ». Évidemment, comme n’importe quel bingewatcher de ce monde, j’aurais fini par être rattrapé par le hype mondial entourant cette magnifique série.

Aimer, donc, est un euphémisme. J’ai désiré cette série de tout mon corps. J’ai eu mal d’attendre comme lorsqu’on attend des nouvelles d’une nouvelle idylle. J’ai attendu chaque vendredi avec une impatience infantile à en devenir irritable. J’ai chéri le moment de l’écoute comme on prend soin d’un nouveau-né. J’ai pris des pauses pour ralentir le rythme. J’ai eu des frissons, la larme à l’œil, des bouffées de « wow » avant, pendant et après chaque épisode. J’ai applaudi. J’ai reculé certaines scènes pour faire durer l’émotion et la grandiloquence de certains moments. J’ai regardé plusieurs fois les épisodes 1, 2 et 5. Je ne fais jamais ça, écouter de nouveau ce qui est terminé.

De son propre aveu (traduction libre), l’écrivaine a écrit ces livres pour dénoncer l’environnement masculin toxique du sport en général, et du hockey en particulier, qu’elle aime pourtant depuis toujours. Elle ressentait un malaise face à cet univers qui exige le silence et la conformité. Elle voulait brasser la cage, exposer les tensions et pointer du doigt la honte imposée à celles et ceux qui n’entrent pas dans le moule.

On sort donc des sentiers battus du cinéma et de la télévision. Des histoires gays, on en a vu encore et encore, mais toujours sur les mêmes tons : le méga drame, l’humour, le ridicule ou le second plan. Les personnages sont généralement marginaux, troublés, seuls, renfermés, vivent des situations difficiles à la maison, avec leurs parents, leurs amis. Ce n’est jamais simple et c’est souvent dark. On a rarement, voire jamais, vu le sujet abordé sous un angle positif, sain-dans-la-mesure-du-possible, où il devient le cœur même du récit.

La scène où Scott Hunter (François Arnaud) invite son amoureux gardé secret pour célébrer sur la glace la victoire de la coupe est incroyablement bien ficelée. Fini les cachettes. Je t’aime et je veux que tout le monde le sache. Juste WOW. Au hockey, par-dessus le marché. C’est du jamais vu et ça fait du bien.

On peut critiquer le physique parfait des protagonistes. Ce sont des joueurs de hockey… doit-on s’attendre à autre chose ? On peut critiquer les dialogues simplistes, les scènes de sexe quasi explicites, la rapidité de la ligne du temps, mais on ne peut nier le rendu exceptionnel de certaines scènes et ce doux message qui brise l’isolement.

Je pense que ça peut résonner pour plusieurs : je me suis non seulement senti vu, mais entendu et compris dans cette série. J’ai eu le sentiment qu’on comprenait l’inconfortable bataille intérieure que j’ai vécue plus tôt dans ma vie face à ma réalité. Je ne suis pas sportif, je n’ai jamais fait réellement partie d’une équipe sportive, et je ne m’y suis jamais senti le bienvenu non plus. Pas assez bon, pas assez masculin, next. Mais j’ai aussi eu le désagréable sentiment que la société me demandait de ne pas compliquer la « machine », de ne pas être un poids, de faire ma petite affaire dans mon coin, de ne pas déranger personne. Le mouvement gay est justement né de cet encabanement involontaire, de ce mépris de l’amour et de la liberté au nom de la rectitude morale.

Je n’ai cependant jamais eu ce mur de béton armé de stéréotypes et d’homophobie dans ma vie per se, mais j’ai fait mon coming out à une époque où l’on parlait de tolérance et non d’acceptation, où le gay bashing était encore possible en pleine rue un samedi après-midi, où il était fortement déconseillé d’embrasser un homme dans un bar hétéro. Ne pas faire de vagues, se fondre dans la masse, prendre son mal en patience et attendre son time to shine discrètement. Récompenser la conformité et étouffer la dissonance.

Heated Rivalry nous offre tout le contraire. Les épisodes 5 et 6 montrent un monde bien plus doux. Un monde qui fait du bien. Ça peut bien finir, parfois. It gets better, finalement.

De vivre cette intimité au petit écran, ce processus d’acceptation lent mais certain, cette histoire d’amour dans un monde compliqué, entre risque et vérité, entre cultures et authenticité, à la fois saine et étouffée entre Shane et Ilya…tout ça me redonne, l’espace de six trop courts épisodes, espoir en l’humanité.

Pas de coming out triomphant, juste le processus trop souvent malaisant de l’acceptation de soi. Un triomphe en soi, si je puis me permettre. Cette série, comme l’a justement dit Colton Underwood, est une reconnaissance du processus. Et ce processus mérite d’être nommé.

On a fait du chemin, mais c’est encore fragile. Et cette série arrive à un moment très précis. Même François Arnaud s’est fait déconseiller par ses gérants américains d’y participer. On est encore là. À une époque où certains groupes de droite brûlent d’envie de faire plusieurs pas de recul, où la haine prend de plus en plus place, où le monde semble constamment au bord de l’apoplexie.

Cette série est canadienne. On ne peut qu’en être fier. Le Canada, ce pays de bonnes-gens-polis-qui-s’excusent-sans-cesse-d’exister, fait le tour du monde avec une histoire d’amour entre hommes, envers et contre tous. C’est un FUCK YOU visuel à la fois doux et puissant à tout ce bruit dissonant.

J’avoue ne pas avoir lu, vu ou écouté les nouvelles durant cette période. Et je l’ai fait sans doute inconsciemment pour préserver ces moments comme un refuge qu’on ne partage qu’avec celles et ceux qui savent encore écouter ou de précieux trésors de réconfort à protéger.

Et quand tout s’est finalement posé, doucement, presque sans bruit, j’ai compris que ce n’était pas seulement une série que je regardais, mais une façon de me rappeler que l’amour, quand il ose exister, n’a pas besoin de s’excuser. Il suffit qu’il soit là.

Et parfois, ça change tout.

Juste un peu d’humanité

Allô. It’s been a boutte. Avant j’écrivais généralement pour ventiler, ça m’aidait à mettre mes idées en place et éventuellement, faire la paix avec la vie et ses aléas. Puis, un jour, les aléas sont devenus plus grands que nature, boostés par le stress et l’anxiété de la job beaucoup trop stressante et anxiogène et j’ai arrêté d’écrire. Je suis devenu incapable de mettre sur papier le trop-plein préférant anesthésier le concert de bruits devant la télé et bingwatcher avec Outrance, sans Parcimonie (elle, tsé). J’ai essayé plusieurs fois de m’y pencher, juste pour moi puis, rien. Le seul texte que j’ai réussi à composer était pour la mort d’un ami proche. L’émotion était trop forte, à juste titre.

Le truc, c’est que je ne peux pas craquer. Et ce que j’écris en ce moment, a un potentiel de craquage élevé. L’émotion est encore trop forte, à d’autres titres. Mieux vaut écrire et essayer de conjurer le craquage. Mais j’en ai envie, de flancher, je pense que ce serait libérateur, en fait. En revanche, si je me rends jusque-là, je ne me relèverai pas, pas rapidement en tout cas. Et j’ai besoin de rester debout pour plein de bonnes raisons. J’ai souvent cette peur qu’un moment donné, mon cerveau va juste tilter de trop de stress pis virer légume.

La dernière année fiscale a été I-N-T-E-N-S-E. Rien de tout ce que j’avais imaginé n’a abouti (pas encore, du moins). Ma route professionnelle a été jonchées d’embûches à l’allure insurmontable. Tout a déboulé quand la banque s’en est mêlée, pour un détail. Et quand elle s’en mêle, il n’y a pas d’émotion. C’est brut. C’est sec. C’est cartésien. Mais tout le monde sait, sans même être entrepreneur, qu’être en affaires, c’est souvent une question d’émotions autant que de faire de l’argent. L’idée arrogante qu’on va révolutionner le monde professionnel dans lequel on se lance. L’idée que le produit qu’on met au monde va faire le tour de l’Univers et plaire à tous. L’idée que son idée est l’idée du siècle et qu’elle, après le succès, apportera la richesse. Mais quand la banque s’en mêle, c’est le reality check que personne ne veut. Tu comprends à ce moment-là qu’il y a des entités et des gens qui n’ont pas de patience et qui ne disent pas « on va s’arranger » pour te rassurer. Un peu comme le gouvernement. T’es dans ‘marde, pas grave, on va te tirer vers le bas au maximum quitte à t’étouffer pour gagner pas grand-chose au final. Combien d’entreprises auraient pu survivre avec un peu plus de patience, d’aide et d’humanité de leur banquier, justement?  À partir de là, tout le monde le monde devient nerveux et tout le monde met de la pression, même ceux qu’on n’en pensait pas capable.

C’est lourd à porter.

Puis, tu te rappelles que c’était ton choix, cette aventure. Que des gens comptent sur toi, que tu ne veux pas décevoir, que tu ne veux pas « échouer » et perdre tout cet argent investi et ces amitiés généreuses. Donc, tu te relèves les manches, tu supprimes l’ensemble des émotions qui font surface, tu augmentes la dose pis tu joues la game. Je veux réussir. On veut tous réussir. Puis vient un moment où c’est plus fort que tout, plus que la logique, la santé mentale et l’équilibre émotionnel.

J’ai failli arrêter. Plus d’une fois. Récemment encore, avant une série de bonnes nouvelles, j’avais fait la paix avec « mettre la clé dans ‘porte » au risque de perdre beaucoup plus que des cennes. Pis là, pif paf pouf, tout s’arrange, encore. Des montagnes russes toujours difficiles à suivre. Et si une autre fois, tout ne s’arrangeait pas?

On a fait ce qu’il fallait faire. J’ai fait ce que je fais de mieux, faire aller mes antennes et s’entourer de gens compétents et chérants pour remonter l’abrupte pente. On est sur le point, un an et deux mois plus tard, de voir une lueur au bout du tunnel. Rien n’est réglé, c’est fragile, mais on a un bon produit et il y a de l’intérêt pour ce qu’on fait. C’est juste long. Toujours très long.

Aujourd’hui, on attend une nouvelle. On a reçu une approbation il y a PLUSIEURS mois, on devait recevoir les sous il y a PLUSIEURS semaines déjà, mais quelqu’une dans leur organisation a décidé de présenter notre projet devant son CA pour une deuxième fois. Juste pour être certaine qu’ils n’avaient pas dit oui les yeux fermés et les oreilles bouchées. Je suis sur le gros nerf depuis des semaines, je ne dors plus, je suis figé par la barge d’émotions qui m’assomme. Au moment de mettre en ligne, j’ai reçu la réponse que je souhaitais : on continue. Soulagement de feu, mais petites « séquelles » de tête tout de même. On ne se remet jamais vraiment de ces épreuves, je crois.

Il y a des humains derrière tout ça. Ici comme là-bas. Mais les humains ici n’ont pas beaucoup de grip sur la couvarte. Et on réussit tant bien que mal à enfouir la lourdeur du processus quelque part au fond de notre corps sous une couche épaisse de « toute va bin été » les doigts croisés, le chapelet accroché. Souvent ça va, souvent ça ne va pas. Je dis régulièrement que les succès sont petits et courts par rapport aux multiples petits et grands revers. Vient qu’on ne sait plus sur quel membre danser.

Ce qui me manque plus que tout, c’est d’entendre des histoires brutes d’échecs-succès. Qu’on le sache quand ça va mal ou du moins, qu’on ne fasse pas d’esbrouffe pour tout camoufler et qu’on se questionne. Une grande entreprise de prêt-à-manger a fait une faillite retentissante récemment, mais son ex-présidente flashait tout ce qu’elle pouvait dont son argent sur les réseaux sociaux. Pourtant, la marde était pognée en background avec bin du monde qui allait perdre. C’est certain que c’est moins glamour de montrer la rushante réalité, mais disons que ça donnerait l’impression qu’on n’est pas tous seuls à ramer.

Tout ce que je demande, au final, c’est davantage d’humanité. Ça irait tellement mieux pour tout le monde.

Un vrai conte de fée

Non, mais hen. Tsé, j’veux dire. Une belle année. Féérique pis toute.

Au boute du boute de toute ça, ça fera une année complète (peut-être plus) que la vie aura installé des speed bumps aux deux, trois mètres dans notre quotidien. Pour la majorité d’entre nous, on aura tout de même appris quelques petits trucs : apprivoiser la solitude, prendre le temps, ne rien prendre pour acquis, faire des économies, se garder une petite gêne, pleurer un peu pour rien et s’ennuyer à mourir de cette vie trépidante et un peu rushante que ça-fait-don’-longtemps-qu’on-n’a-pas-vécu. Pis on aura amplifié la plainte à un niveau jamais vu, comme si c’était possible de le faire plus.

Ce qui m’a fait réagir récemment? Le mot « retrouvailles » généralement associé à des réunions de familles lointaines ou à un rassemblement de mottés du secondaire une fois aux 10 ans. Cette fois, il s’adresse à chacun d’entre nous, à nos amis chéris, à notre famille adorée et à tous ces gens qu’on croisait ici et là, avec qui on échangeait des petits riens ou de grandes choses et qu’on n’a pas serré dans nos bras depuis le 21 mars 2020. C’est long, c’est plate, mais ça aura peut-être redéfini certaines valeurs.

Esti que ça finit pu.

Y se passe tellement rien, qu’on n’a pas tant de trucs à raconter. Ce qui ne signifie pas qu’il ne se passe rien en dedans. Et j’ai compris qu’on avançait pas mal tous tête baissée en se disant que ça allait finir par passer. Qu’en serrant les dents un peu plus longtemps, qu’on s’apercevrait que cette situation est enfin derrière nous. C’est en parlant avec des amis proches que j’ai compris que certains d’entre eux avaient perdu pied à un moment ou à un autre. Un genre de flash qui leur a fait réaliser que c’est pas ça, la vie, que c’est pas d’même qu’ils la voulaient, leur vie. C’est la première véritable épreuve collective des générations Boomer, X, Y et Z et c’est aussi la première fois que l’Occident au grand complet est soumis à un phénomène trop souvent vécu ailleurs. Parce que tsé, ici, en Occident, on est toujours épargnés des drames qui se passent ailleurs. C’est peut-être le karma?

C’est aussi une période où la communication est plus que jamais confrontée à un flot incessant d’opinions personnelles basées sur des croyances personnelles souvent à mille lieux de la vérité. C’est important de discuter de ce qui nous arrive, de ceux qui nous dirigent, des décisions qu’on nous impose, de l’information qui nous est rapportée. C’est aussi important de conserver un certain équilibre dans tout, dans la critique comme dans l’opinion. Ce que je pense de la situation du monde n’intéresse que les gens qui m’entourent et encore. C’est cependant et maintenant permis de dire tout ce qu’on pense de la manière qui nous chante et ce, peu importe l’interlocuteur. Les niveaux d’empathie, d’écoute, d’analyse et d’ouverture sont proches de zéro et c’est bien désolant. D’une discussion surréaliste avec un dude « qui avait fait ses recherches », j’ai retenu la chose suivante : je ne cherche pas à avoir raison, mais à nous faire réaliser qu’on a peut-être tous tort. Parce que je ne crois pas en la vérité absolue ni en des médias entièrement impartiaux ni en un gouvernement qui ne veut que notre bien. L’équilibre, moi j’dis.

Ceux qui ont faits leurs recherches, les « covidiots », sont finalement idiots du simple fait de ne rien mettre dans la balance, de contester l’ordre établi parce qu’on touche à leurs droits et libertés indivuels sans jamais penser à la collectivité. Eux, leur bien-être, leurs voyages, leur possibilité de choisir ou non de porter un masque ou de se regrouper. Eux. En oubliant que notre confinement en est un de luxe, qu’on est extrêmement chanceux d’avoir été pris en charge par leur gouvernement – qui a rapidement pris la mesure de l’aide à apporter sans trop broncher – et que le système de santé à ses limites, qu’il ait été bien financé au fil du temps ou pas. On a rapidement oublié également qu’il y a quelques mois à peine, les morts étaient empilés dans des remorques réfrigérées pas plus loin qu’à New York, le coeur de la première puissance du monde. La seule chose qu’on nous a vraiment demandé, c’est de porter un esti de masque en public et de restreindre nos déplacements et rassemblements avec notre entourage. C’est pas toi qu’on vise maudit criss, mais l’ensemble de la société. Un effort collectif. Pour le bien commun. Ça ne me semble pas bien compliqué. On n’est pas en train de restreindre tes droits et libertés pour t’en passer une belle, mais pour essayer de s’en sortir sans trop de séquelles. Pour que tu puisses encore jouir de tous tes privilèges à la fin de tout ça. Je ne vois pas où il devrait y avoir de débat. C’est juste un boute plate à passer, sans plus.

Reste que chu vraiment fru de voir qu’aux États-Unis, entre autres, le monde s’en criss, que ça continue de faire le parté pendant que des restrictions sommes toutes managable sont imposées. Chu fru de voir des smartass chez nous continuent de partager des photos de leurs soirées de groupe pendant qu’on essaie tous de garder la tête hors de l’eau. C’est ne pas comprendre le principe de société qu’on s’est donné. C’est vouloir prendre seulement ce qui nous avantage sans rien donner en échange. C’est individualiste et égoïste pis c’est pas du monde que je veux côtoyer.

C’est clair cependant qu’entre le ton larmoyant et formaté de Justin Trudeau et cette succession de décisions contradictoires et mal ficelées de Québec, on a perdu le fil de la logique depuis un certain temps. On n’y comprend plus grand chose et ça peut nous rendre un peu plus cynique chaque jour. Chose certaine, je ne voudrais pas être à leur place et devoir choisir entre l’économie et la santé ni à devoir faire une balance entre les deux. On choisit du monde pour nous représenter, nous devrions tous leur lever notre chapeau en ce moment et être solidaire de cette gestion de crise qui ne pouvait être que chaotique. J’aurais fait mille choses différemment, mais c’est pas moué qui décide et c’est peut-être mieux comme ça.

Je rêve qu’après cette épreuve le monde soit plus généreux, plus sensible, plus authentique et plus collectif. Qu’on comprendra mieux ce que c’est, vivre en société et que l’état Providence, c’est une idée géniale. Je rêve aussi que mes voisins pellètent la neige devant mon escalier de temps à autres. Ce serait l’fun qu’on soit juste un peu plus fins entre humains.

C’est la fête

Aujourd’hui, je deviens un adulte. Même si ce n’est pas ce que je ressens à l’intérieur, c’est un constat qui me semble assez juste. Théoriquement et statistiquement, j’ai vécu 48,5% de ma vie. Ce n’est ni positif ou négatif, mais ça ressemble à la moitié d’un tout. C’est beaucoup pour l’enfant médusé qui se rappelle avec vigueur le 40e anniversaire de son désormais vieux père. D’abord, du haut de mes 13 pommes, tous les gens présents semblaient bien grands et vieux. Ensuite, pour une raison que je préfère ne pas comprendre, tous portaient des épaulettes dans des accoutrements suivants différents tons de bruns, tant les hommes que les femmes. Je dois admettre que dès lors, cette étrange mode a eu un peu raison de mon espoir en l’humanité.

Je ne sais pas si j’ai aimé être un enfant. J’ai été anxieux et/ou « braillard » comme on s’évertue encore à me le rappeler, assez solitaire, pis bin bin accroché à la jupe de ma mère. Un instant loin d’elle et je pleurais. Malgré tous ses énormes efforts pour faire de moi un enfant indépendant, j’ai fini par ne jamais participer aux activités auxquelles elle m’inscrivait tant je pleurais de désespoir à son départ. Pas de karaté, de natation, de louveteau, ou autre activité éducative et bonne pour le développement de l’infint. Rien. Je pleurais.

Je voulais être astronaute, pape ou princesse héritière d’un grand empire.

Petit, frêle, gêné, coincé, toujours à ma place et têteux de prof, j’ai fait mon entrée au secondaire en longeant les murs sans trop vouloir me faire remarquer. Puis un jour, face à une injustice flagrante, j’ai affronté-effronté des p’tits bums de secondaire 3 qui nous sommaient, mes amies et moi, de quitter LEUR cafétéria. J’AI DIT NON! Mon premier véritable acte de bravoure m’a valu un lançage de roches en bonne et due forme à la sortie des classes ce jour-là. Qu’à cela ne tienne, mon objectif de vie était désormais d’essayer de toujours me situer au-dessus de la mêlée, de « vaincre » avec ma tête et non mes bras. Cinq années passèrent, j’étais fier finissant (et étrangement populaire) pendant qu’eux avaient redoublé 2 ou 3 fois, fuckers. J’avais gagné.

J’ai poursuivi mon chemin vers le cégep, volontairement loin de tous ces gens de la folievalente, pour entamer les études de ma première carrière : l’architecture. Je ne serais donc pas astronaute. Attentif, travaillant, doué pour le dessin, j’ai bûché encore et encore, sans jamais festoyer et sans alcool (it’s been a while) pour finir avec une cote R fort enviable (35,7) m’ouvrant les portes de toutes les universités dans ce domaine contingenté.

Fuck off, j’ai envie de vivre et de voyager, je vais travailler.

Premier job en achi, premier mentor (merci JFSD), premiers gros projets, premières responsabilités. Un peu plus sûr de moi et un peu plus baveux, j’ai crié tant de fois à mes collègues « chu pas yienqu’un dessinateur » avec la fougue et l’arrogance du débutant prêt à déplacer des montagnes. On m’a fait confiance, ils ont eu raison et j’ai passé au total 10 ans (14 en comptant les énièmes pauses) à dessiner des ostis d’escaliers en acier et des bâtiments institutionnels en tout genre. Vers la fin de ma carrière, je comptais pour 50 millions de dollars de projet sur mon seul bureau. J’avais gagné encore, je crois.

Entre temps, j’ai accepté mon HOMOSEXUALITÉ et je suis devenu un peu plus exagéré (allô RL).

Puis, un homme (I know) et le goût du défi m’ont mené en relations internationales à l’université, ici et en Angleterre. Rien de trop beau pour la classe ouvrière, j’avais décidé que l’avenir m’appartenait. La pédale dans l’tapis, avec toute l’assurance du monde, mon dernier travail de l’université de Leeds portait la mention « outstanding« . Même si tout n’a pas été rose et simple, je pouvais tourner cette page la tête haute.

Dans l’intervalle, j’ai vu Paris au moins 10 fois.
J’ai pris une photo avec Céline Dion, la vraie.
J’ai reçu une lettre de recommandation de la Déléguée générale du Québec à Atlanta suivant une fabuleuse entrevue.

Puis est venue la politique, court et intense passage auprès (pas si près) de Pauline Marois, ma première première ministre. Du beau, du grand, de l’impossible, du cassage de plafond de verre, mais aussi du weird, du « pas fin » et beaucoup, beaucoup d’apprentissage. J’ai compris à ce moment-là qu’il fallait parfois se faire violence pour changer de trajectoire. Je ne serais donc pas pape ni princesse héritière d’un grand empire. NON. HABEMUS. PAPAM.

Le reste, c’est de l’histoire.

Je ne sais pas si j’ai envie d’être un adulte. Chose certaine, je ne retournerais pas en arrière. Certes, j’aurais fait beaucoup de choses autrement : j’aurais été plus patient, plus léger, j’aurais appris à être moins émotif pour TOUTE, j’aurais sans doute pris d’autres chemins, surtout amoureux et moins douloureux, j’aurais voulu étudier autre chose, être plus indépendant financièrement plus tôt (ou ever haha!), être plus discipliné, plus musclé (lol), ne pas perdre mes chfeux, pleurer moins et trouver l’homme de ma vie pour la vie à 21 ans.

Ce que je vais faire, maintenant? Continuer à essayer de devenir une meilleure version de moi-même, apprécier mes petites victoires, solidifier les amitiés que j’ai déjà, faire la fête dans d’autres pays sans pandémie, manger plus de foie gras, boire plus de champagne, profiter de la présence de mes vieux parents, m’émerveiller devant mon cactus de Noël en fleur, essayer de devenir un muscle man au gym Halères & Go (j’adore le jeu de mot douteux), siester le plus souvent possible et tenter de dompter les maudites petites angoisses du quotidien une fois pour toute.

La chose qui m’a beaucoup rassuré en voyant le temps passer récemment, c’est que j’ai réalisé que je profitais enfin du moment présent. Comme ça, sans faire d’effort. Sans m’en rendre compte donc, la boule que je trainais depuis si longtemps s’est dissipée. C’est peut-être ça, vieillir.

Je ne sais pas si je suis devenu un adulte aujourd’hui. Je suis aussi anxieux qu’avant, plus du tout frêle, fonceur, frondeur, plutôt baveux (parfois trop, à ce qu’on dit), confiant, reconnaissant et prêt à tout. C’est moi. C’est le moi de quarante ans.

Et si c’est ça, être une adulte, je suis pas si déçu du Lulu que je suis devenu.

J’ai 5 ans

Aujourd’hui, La brume dans mes lunettes a cinq ans. Je me pince parce que je ne pensais pas vraiment fêter un jour les cinq ans d’une entreprise que j’ai moi-même bâtie. Et dans les circonstances, c’est d’autant plus surprenant parce qu’on traverse une autre tempête sans trop de dégât pour l’instant.

Cinq ans, ça m’apparaît le temps idéal pour un bilan. Et quelques remerciements.

Arrivé au bout apparent de ma carrière en architecture – ou simplement à bout de nerfs de mes tâches quotidiennes – j’ai perdu mon emploi. J’avais prévu l’annonce de mon patron quelques semaines plus tôt, mais pas la suite, évidemment. Pendant mon évaluation annuelle, à la question : « où te vois-tu dans cinq ans », j’avais répondu sans hésiter « je sais pas, mais certainement pas ici». No wonder que j’ai été mis à pieds haha! Je sais aujourd’hui qu’on s’est mutuellement rendu service. Pierre, merci de ta confiance, de ton écoute, de ta franchise et de ta bienveillance. Ta décision a été le début de quelque chose de grand.

Tour à tour, je l’ai annoncé à ma mère et à mon chum de l’époque. Et à l’unisson, ils m’ont encouragé à ouvrir un « restaurant », idée qui me trottait dans la tête depuis un certain temps. Maman, je ne pourrai jamais te remercier assez de ton soutien indéfectible depuis le début et en toutes circonstances. Ce projet-là, CES projets-là, ce sont aussi les tiens. Merci de me faire confiance, de me laisser conquérir le monde un scone à la fois, de déterminer la direction de toute, de gérer tous ces dollars et d’être toujours là pour m’aiguiller au besoin. Ton expérience, ta sagesse et tes roulements d’yeux sont souvent d’un grand secours (et d’une certaine frustration haha). Dave, ça n’a pas été le bout de chemin le plus simple, mais merci de m’avoir poussé à aller de l’avant. Et merci d’avoir préparé les premiers meilleurs scones au monde :p

Anik, comme j’ai moults fois établi, même si notre partenariat s’est bien/mal fini, saches que je serai toujours reconnaissant de ton apport et de ces années passées avec toi derrière le comptoir. On a eu nos divergences, nos légendaires prises de bec, mais chacun à notre façon, on a toujours eu à coeur le bien-être de toute l’affaire. Et on a ri en masse!

Mathieu, pour ton support dans les moments difficiles, tes étreintes, ton écoute, tes bons mots, ta logique, ta patiiiiiiiiience, et pour avoir sécher mes pleurs si souvent, merci du fond du cœur.

Ma précieuse famille et mes sincères amis qui m’écoutent raconter mes histoires avec intérêt et bienveillance, qui partagent et encouragent tous mes projets et qui ont su me tendre la main quand ça comptait, c’est inestimable. Ma soeur, pour toutes ces conversations pas-de-bon-sens sur le meilleur et le pire de l’entrepreunariat et de la vie, merci x 1000.

Aux employés présents et passés, vous avez été et êtes le coeur de cette aventure. Sans votre excellent service et votre continuel dévouement, rien de tout ça ne pourrait exister. Vous créez l’ambiance, l’excellence du service, l’attention aux détails, la délicatesse des plats servis, la justesse du café offert, les MEILLEURS scones au monde et ce, au QUO-TI-DIEN. Merci pour tout!

Aux clients qui vont et viennent, à ceux qui ont vu les premiers balbutiements du plus beau café du monde, à ceux qui y sont venus tous les jours pendant un temps, à ceux qui repassent à l’occasion pour se rappeler de bons moments, à tous ceux qui y en ont fait leur repaire, aux touristes qui découvrent, aux amoureux du service de thé, à ceux qui laissent des commentaires positifs ou non, MERCI de votre présence régulière ou sporadique et de votre retour post-pandémie. Ce cinquième anniversaire ne serait pas le même sans les « on est content de vous retrouver » et les «ça fait tant de bien de revenir ici » qu’on reçoit depuis quelques semaines. Ça, ÇA, c’est que vous apportez de plus précieux.

En cinq ans la Brume s’est régulièrement retrouvée dans des palmarès des meilleurs endroits à Montréal pour étudier ou pour prendre le thé à l’anglaise, elle s’est retrouvée dans un guide de voyage destiné aux touristes néo-zélandais appelé Montreal & Quebec City de Patricia Maunder, dans le livre Montréal l’hiver de Susan Semenak et Cindy Boyce, dans le guide Cafeine de Sarah-Émilie Nault, elle est passée deux fois à la télévision nationale (La Petite Séduction et l’Épicerie) et dans tous les grands journaux, blogs et guides culinaires de notre belle métropole. Mais plus encore, elle a été le théâtre de rendez-vous amoureux, de pèlerinages post-mortem, d’annonces de grossesses, de présentations de nouveaux-nés, de discussions enflammées, de quelques larmes, du mariage royal et en direct de Harry et Meghan, du discours de défaite de Hillary Clinton (en direct aussi), de matins ensoleillés, de brume dans la vitrine, de quelques soirées festives et de milliers de sourires satisfaits. Pour ces cinq années de pur bonheur et de moments touchants, MERCI!

Ça n’a pas été rose tous les jours, mais je considère que ça en a valu la peine (et l’angoisse haha). La Brume, môman, moi et les employés, on a traversé quelques tempêtes de tous acabits. Des belles pis des rushantes. Pis on est ENCORE là. Faque aujourd’hui, je suis fier de nous. Et je suis fier d’être le propriétaire plus beau café du monde.

C’est correct

C’est correct. T’es pas intéressé. Je l’ai compris au moment où j’ai été trop émotif avec toi pour rien. Des explications du bout des lèvres, un recul marqué puis, le silence. C’est correct, c’était pas meant to be. Mais je pense qu’avec un peu plus d’empathie de ta part, davantage d’écoute ou juste de fairness et ç’a aurait pu être quelque chose d’intéressant. Une belle amitié, peut-être. Parce que pour un moment de faiblesse, t’en as eu 10 où j’ai été attentif et empathique. T’as plutôt choisi de déposer tout le fardeau de « l’échec » sur moi, égoïstement. Dans ton message final i.e. avant que je te block forever (haha!) tu t’es délesté de tout et t’as tout dirigé vers moi, le problème, apparemment. Et avec tout ça, t’as décidé de mettre à la poubelle ce qui était beau et fun parce que c’était devenu « trop compliqué » sans même avoir essayé quoique ce soit. Classique. Déjà vu. Moultes fois cuvé.

J’ai rien inventé. Les discussions, les confessions, tout semblait être sur la même portée et en accord sur un joli chemin agréablement tracé. Toi, moi, nos faces souriantes, les moments tendres à distance, les appels, les FaceTime, les « je pense à toi » et les « j’ai hâte de t’voir ». Deux mois d’encouragement au coeur d’une pandémie de-marde-de-marde. Rien de compliqué, mais rien de solide non plus. Si embryonaire que ça ne mérite pas tous ces mots, mais ça m’a fait un bien immense de te connaître à ce moment-là et ça, ça compte.

J’aurais dû comprendre, je sais, mais tsé, les mixed signals. On en envoie tous un peu, mal gré. Pis ça fait son chemin même si on ne le veut pas vraiment. Et ça introduit souvent le début de quelque chose.

Le plus brutal, c’est quand tout semble bien se passer et que tout s’arrête. La porte qu’on ne voit pas avant qu’elle nous rentre dedans. Pour une fois avec toi, un soir, out of nowhere, j’ai été émotif, t’a pas aimé ça (ça devait toujours être toi, apparemment, la vedette de l’émotion), je me suis un peu trop montré intéressé, ça t’a brusqué, c’est devenu instantanément compliqué dans ta tête, genre toute. Too bad so sad. Je me suis repris et repentis de mon excès d’anxiété, j’avais pas rapport, mais peu importe, t’es disparu dans ta forme connue, je suis passé de cool à uncool en l’espace de plus ou moins 12 minutes. Un peu anxiety shaming style.

C’est comme ça que je me suis senti sur le coup : un gros caca puant.

Après deux nuits à me demander « de kossé don’ mon problème », j’ai dépompé pis j’ai continué mon train-train quotidien. Chacun ses torts, incompatibilité relationnelle apparente, difficulté de communication irréconciliable, c’est pas la fin du monde, c’est pas la première fois non plus, pis on n’a surtout pas besoin de ça ni l’un ni l’autre. C’est juste que tsé, la manière de le dire, LA MANIÈRE.

Et le soir où je t’ai demandé des explications, plusieurs, plusieurs semaines plus tard, ta réponse a été brusque, inconsidérante, toi, toi, toi, tes émotions, tes besoins, tes conclusions, toi. Pas un seul mot sur moi. Pas une seule seconde de « ça se peut que j’aie quelque chose à y voir ». J’ai eu le culot de, je suis difficile à suivre, je veux t’embarquer dans quelque chose qui « clairement ne t’intéresse pas ». Fuck you. Juste fuck you. Gère tes messages contradictoires d’abord, sois une coche moins égocentrique et arrête de tout ramener à toi, c’est mal.

L’affaire que j’aurais dû comprendre il y a bien longtemps, c’est que pas mal de monde s’en torche qu’il y ait un humain avec des émotions au boutte de leur manque d’empathie. C’est dommage parce que c’est vraiment correct de pas vouloir aller plus loin après avoir mis le pied dans l’engrenage, mais me semble que c’est pas obligé que l’ensemble de l’œuvre soit bonne pour la poubelle (et de faire sentir l’autre comme tel). Avec le temps, j’ai appris à dire à ceux avec qui il y a pu y avoir un intérêt commun : « on ne deviendra pas un couple, mais t’es l’fun, on pourrait peut-être être amis ». Ce n’est pas toujours simple, ce n’est pas toujours une bonne idée, mais j’ai le feeling que ça vaut souvent la peine d’essayer. Au moins pour arrêter d’éviter tous les gens qu’on a daté et de répandre un peu plus de beau au passage.

Faque ce soir-là, dans le petit lit du fond de la roulotte sur le terrain de mes parents aux Îles-de-la-Madeleine, en t’écrivant, j’ai tiré sur la plug tellement fort que j’ai arraché une partie du mur. Y restait pu rien qu’à mettre le feu à maison pis boire des bières. Fin de l’histoire. Pif paf pouf.

J’ai beau être une grande personne, ça brasse tout l’temps. Le choix de mots de cette fin de brève histoire était inutilement violent. On commençait tout juste à apprendre à se connaître, je ne peux pas être triste de le perdre lui. Je suis juste triste d’avoir été envahi par ce sentiment lumineux d’abord, puis de rejet doublé de dégoût vraiment difficile à absorber.

J’ai eu longtemps du mal à comprendre que quelqu’un pouvait ne pas s’intéresser à moi sans remettre en question mon existence toute entière, sans avoir l’impression de devenir un déchet aux yeux du monde entier. Ça m’a pris du temps à comprendre, mais j’ai finalement vu une lumière au bout du long tunnel que je me suis imposé il y a quelque temps : je le vaux bien. Pas avec lui. Ni lui ou un autre, peut-être avec personne même, mais ça ne fera jamais de moi quelqu’un de moins intéressant ou moins désirable ou moins valable pour autant. La pandémie m’a fait réaliser un truc SUPER important : je suis bien avec qui je suis, seul avec moi-même. Ça ne signifie pas que je m’enfargerai jamais dans les filets du sentiment de rejet ou d’abandon de nouveau, ça signifie juste que je pense être en mesure de le vivre autrement, plus sereinement.

La vie est annulée depuis si longtemps que la moindre petite flamme redonne espoir sur ce qu’on connait. Tout le monde est à cran pis on n’a pu tant de plaisir. On partage des photos de voyage dans des endroits magnifiques où la moitié des commerces sont fermés, où le désinfectant craquelle les mains un peu plus à chaque utilisation et où le masque est obligatoire à l’extérieur d’un shack à patates. On n’a pu de fun même si on fait semblant. On travaille fort pour que ça ne ternisse pas trop notre quotidien en se répétant que « ça va bien aller » même si ça ne va pas si bien que ça.

Mais ça va bien aller pour vrai. Juste pas maintenant. Avec en plus tous ces mouvements qui nous remettent en question en tant que société jour après jour, on a du pain sur la planche pour remonter la pente, for good parzemple. Le temps, le temps fait si bien les choses, qui disent.

Quelle année, hen?

La bonne conscience

Allo! C’est encore moi, le grumpy blogger.

Chu bin bin tanné de me faire garocher des roches parce que je ne dis pas e-x-a-c-t-e-m-e-n-t ce qu’il faudrait dire. Me suis fait parler de ma white opinion parce que je n’étais pas totalement d’accord ni totalement en désaccord avec le mouvement defund the police.

Entouécas, m’a juster raconter des affaires.

Samedi soir dernier, avec trois amis de trois adresses, on a évidemment parlé de la situation actuelle, mais surtout de racisme. Discussions houleuses, s’il en est, où l’on s’est levé pour parler et avoir l’impression d’être mieux entendu et où j’ai failli monter sur ma chaise pour finalement lâcher un « ferme don’ ta yeule pis laisse-moi finir ». Bref, une discussion animée, mais respectueuse (wiwi) et surtout, responsable.

J’ai toujours vu le racisme comme la haine profonde de l’autre, de celui qui ne nous ressemble pas, avec la conception principale qu’il est inférieur à soi et qu’ultimement, en tant que sous-race, il ne mérite que d’être exploité ou même de mourir. La ségrégation raciale aux États-Unis, la Shoah de l’Allemagne nazie, le génocide rwandais pour ne donner que quelques exemples absurdes à trop grande échelle. Ç’a toujours été ça pour moi, le racisme. Ça et comme on le voit aux États-Unis ces jours-ci, refuser de servir une personne de couleur ou un sud-américain avec le commentaire assassin du « retourne dans ton pays ». Je ne me suis au grand jamais associé à ça.

Avec le temps, j’ai aussi fini par voir le racisme comme la peur injustifiée de l’autre alimentée par beaucoup d’ignorance, mais pas de haine réelle. Des biais (de l’anglais bias) alimentés par des communautés homogènes, l’éloignement des grands centres et les médias. Hérouxville style. Rien de bien dangereux dans ces cas-là, juste beaucoup de maladresse, de méconnaissance de la diversité et d’un certain manque d’ouverture. Ces mêmes personnes racistes sont souvent aussi ‘phobes à tous vents sans trop savoir pourquoi. Bien éduqués sur le sujet, beaucoup changeraient d’avis. Ça demeure du racisme, mais malléable, il me semble.

Le Larousse dit du racisme : « idéologie fondée sur la croyance qu’il existe une hiérarchie entre les groupes humains » et « attitude d’hostilité répétée voire systématique à l’égard d’une catégorie déterminée de personnes ». Donc, selon cette définition, c’est plutôt violent, le racisme.

Revenons à samedi. On a aussi parlé de nos parents, de nos grands parents qui, malgré toutes leur sagesse et leurs belles qualités, passent parfois des commentaires considérés trop souvent comme anodins, mais qui au fond sont insidieux, récurrents et qui alimentent à juste titre le concept de white privilege et le racisme systémique, surtout à l’encontre des noirs. Des biais racistes allant de « criss de n**** » au déjà mentionné « retourne dans ton pays » pour finir avec un « est bin belle pour une noire ». Ou nous qui, spectateurs de ces comportements depuis toujours, les répétons parfois sans trop se poser de question et sans y voir d’incidence outre-mesure. Des mauvaises blagues, des à priori, des automatismes, des préjugés ou raconter des histoires vécues en précisant l’origine des personnages, inutiles et futiles précisions, au demeurant. Comme si c’était normal et/ou acceptable. Finalement, ce que je constate, c’est que je, tu, il, nous, vous, ils, avons été racistes à un moment ou à un autre. Penser le contraire aujourd’hui serait malhonnête. Inconsciemment ou non, ça s’est passé. C’est le moment d’en prendre conscience, de faire amende honorable et de tabler sur demain.

Et il n’y a pas de « mais ». J’ai sans aucun doute eu des comportements racistes que je ne considérais pas préjudiciables parce que faits sous le coup de l’humour ou de la nonchalance, mais qui au fond, on pu l’être à certains égards et pour certaines personnes. Je regrette et je tâcherai de faire beaucoup mieux. Tâchons tous de faire mieux.

Dans le discours actuel, j’ai rapidement compris qu’avoir des réserves est devenu impossible. Étonnamment, c’est le festival du blanc qui lance des roches, qui pointe du doigt et qui accuse tous ceux qui osent questionner la trajectoire du mouvement. Le ton acerbe, le discours unique et catégorique des tyrans de la pensée correcte qui te disent quoi dire, comment le dire et comment agir (encore là, tous des blancs), je l’ai déjà dit, ça gosse en esti. Pour être à la hauteur des détracteurs à la bonne conscience et ne pas être un racist-white-privileged-asshole, il faudrait que j’acquiesce sans broncher et que je crie aussi fort qu’eux sans laisser la moindre place à la discussion. Ça ne me ressemble pas. Je me tairai donc sur le sujet, à partir de maintenant. Je continuerai cependant d’être le meilleur allié possible dans ces circonstances impossibles, en étant attentif et en dénonçant les comportements racistes, tout en écoutant, en corrigeant et en éduquant le mieux possible. Être constructif, quoi.

Parce qu’il n’y a qu’un seul but à atteindre, mais plusieurs chemins pour y arriver.