De la brume dans mes lunettes_extrait #1

Parce qu’au-delà des drames amoureux et des questionnements existentiels, il y a la vie, ouioui. Et cette vie, je la veux pleine de projets heureux. Pour ce faire, chaque semaine, j’essaierai de publier une suite à l’histoire qui suit. Donc, EXIT dramaaaaaa, HELLO création.

Vos commentaires sont les bienvenus! Titre sujet à changement sans préavis.

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TURGEON (Samuel), Montréal, Québec, 1990, éphèbe des temps modernes. Curieux, sensible, naïf, il est à la recherche du bonheur parfait.

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Je m’appelle Samuel. J’ai 24 ans et des poussières. Je viens tout juste d’entamer ma deuxième année d’université. J’étudies en sciences po à l’UQÀM. En fait, en relations internationales, mais c’est plus simple de dire science po. Ça m’intéresse, mais c’est avant tout un coup de tête. Mes trois choix de programmes étaient commerce international, sciences politiques et communication. Bin j’ai été accepté dans les trois, avec l’option exceptionnelle de m’inscrire en Relations internationales grâce à mon excellente cote R. Et je venais tout juste de flirté avec un beau diplomate en visite. Ça m’a inspiré. J’aimerais ça, devenir diplomate. C’est sexy, un diplomate, ça gagne beaucoup d’argent et ça voyage beaucoup. C’est donc ce que j’ai fait, je me suis inscrit dans un beau programme contingenté avec des gens qui vont faire partie de l’élite, qu’ils disent. Mais je suis loin d’être premier de classe, mais je patauge bien dans le « B+/B– « . Si ce n’était des lectures soporifiques et des fiches de lectures interminables, ce serait encore plus intéressant – et je serais encore meilleur. Mais il paraît que la masturbation intellectuelle fait des personnes intelligentes, faque je me branle les neurones big time.

J’habite le Plateau avec 3 colocs trouvés sur Kijiji. Sont smatts, mais bruyants. Sont tous straights et un peu douches, mais j’avais pas vraiment le choix avec mon pas-de-salaire et mon envie irrésistible d’habiter sur le Plateau. C’est quand même IN, le Plateau, même si c’est rempli de vieux et de Français exilés. En tout cas, il y a une belle vie de quartier. Pis j’aime ça, la vie de quartier. Pis mon appart est direct sur Laurier, à 2 secondes du métro. Au moins les colocs sont pas chiants. C’est pas mal vivre et laisser vivre. Chacun a sa tablette dans le frigo et chacun fait sa vaisselle. Le bol de toilette est toujours couvert de pisse, mais c’est pas mal l’affaire la plus dérangeante. Parfois on fait des partys, mais nos gangs ne se mêlent pas trop.

Je travaille au Starbuck de la Place d’Armes, celui sur Saint-Antoine. Dans un beau building des années 30, juste en face de la pire intégration architecturale du siècle: le palais des Congrès. Ewwww, quelle idée! Ça représente bien le Québec, ça. Faire du neuf avec pas de moyen, pas de temps et pas de goût. Ça donne inévitablement du laid. Je travaille comme barista 20 heures semaines et tôt le matin. Je commence à 5h00, mais j’aime ça. Je suis vraiment hop-la-vie à cette heure-là et j’ai vraiment envie de faire sourire les clients. C’est mon but en fait: les aider à bien commencer leur journée. Une chance que j’ai un but, parce que vendre du café, jour après jour, c’est pas la job la plus stimulante. Mais je me dis qu’en étant positif, il ne peut que m’arriver de bonnes choses.

Je sais pas trop ce que je veux faire dans la vie. Je sais juste que j’aimerais peut-être faire de la politique. Devenir premier ministre serait pas mal cool. Me semble que j’aimerais ça gérer un pays. Le Québec est pas encore un pays, mais ça pourrait le devenir. J’aimerais ça, en tout cas. Toujours est-il que j’ai pas vraiment d’idée, mais je suis un méchant bon doer. Donne-moi un projet, pis je vais te le monter et en faire quelque chose de gros. Pis beau. Pis l’fun. Faque imagine-moi premier ministre avec des gens plein de bonnes idées autour de moi. Ça serait fou!

Sinon, j’aimerais bien être écrivain, chanteur, danseur, animateur télé, pape (pour foutre le bordel au Vatican), diplomate, astronaute, indépendant de fortune. J’aime bin des affaires. Je suis assez curieux dans la vie. Je dis souvent que je connais un peu de choses sur plein de sujets. Ça fait de moi quelqu’un de cultivé, il paraît. J’aime ça, être cultivé. Mais je sais aussi qu’il est « trop tard » pour certains jobs. Ou ça ne me ressemble juste pas. Je reste positif, parce que quand t’es positif, il peut t’arriver bin de belles affaires.

Fermer la porte

Mes deux dernières relations amoureuses se sont terminées de la même façon: « je t’aime, mais je ne peux pas ». Cet aveu, quoique plutôt joli en théorie, est bin bin laid dans la vraie vie. C’est rempli de candeur, c’est peut-être même d’une sincérité indéniable (ce n’est pas parce qu’on laisse qu’on n’aime plus). Mais on a beau mettre son cœur sur la table, se montrer sensible, le dude qui nous fait face ne le prendra pas mieux. Parce que malgré l’authenticité de la déclaration, c’est aussi une façon sournoise (et souvent inconsciente) de conserver un ascendant sur l’être-aimé-dont-on-ne-veut-plus. On veut bien faire, être fin, mais en ne fermant pas la porte, en émettant des « peut-être », on donne l’impression qu’on garde l’autre comme une option en poche (tout en fourrant avec la Terre entière) et celui qui s’est fait domper va attendre, malgré lui (et l’avis de ses amis).

Je me souviens très bien que ma première vraie rupture (désolé pour ceux d’avant) s’est terminée comme il se doit. Quoique qu’extrêmement douloureuse, les mots prononcés avaient le mérite d’être clairs et sans équivoque. JE. NE. T’AIME. PLUS. Rien de plus, rien de moins. Pas de r’venésie possible. Il y a eu des larmes, des nuits blanches de questionnements, de la colère. Mais que ce soit vrai ou non, cet homme a fait montre d’un grand respect. J’ai été psycho pendant un temps, je lui ai envoyé des courriels d’insultes, je lui ai crié des bêtises au téléphone et j’ai pris TOUTE la place quand on se trouvait dans la même pièce. J’ai été une sale petite pute. Mais quand je l’appelais, il répondait, calmement, toujours prêt à faire la paix. Il finissait toujours par me répéter les mêmes choses: « Je ne t’aime plus, tu dois passer à autre chose ». Anyway, quand un gars ne t’aime plus, ça paraît, il assume et vit « bien » avec ça. Il n’a pas peur de t’affronter et de se commettre. Dans ce temps-là, t’as pas le choix de prendre ton trou et de regarder ailleurs.

Est-ce que la rémission est plus facile? Non. Est-ce qu’il y a encore de l’espoir? Peut-être, mais vraiment juste un petit tiny fond inutile et vide de sens. Chose certaine, je n’ai pas attendu comme une conne qu’il se rejette dans mes bras. Il avait été clair, c’était fini pour la vie.

Depuis, on s’est tout pardonné et c’est même devenu un ami proche, le genre d’ami que je connais comme le fond de ma poche, qui me tombe souvent sur les nerfs,  mais que j’aime d’un amour inconditionnel. J’ai juste envie de le respecter d’avoir été aussi sensible et sensé dans les circonstances. Tout ça, parce qu’il a fait ce que je me suis évertué à faire avec les autres: « m’accompagner » dans la rupture.

Tous, sauf un.

Ce « un », c’est celui que j’ai dompé en lui disant que je l’aimais toujours, mais que je devais d’abord aller au bout de ce qui trottait dans ma tête i.e. une histoire de marde qui allait allait finir dans le ventilateur (when shit hits the fan). Je lui ai candidement dit, avec les meilleures intentions du monde, que la porte n’était pas fermée et qu’un jour, peut-être, après avoir fait mes niaiseries, je reviendrais vers lui. ER-REUR. J’ai mis ce magnifique garçon dans un mode attente et d’espoir intenable, jusqu’à ce qu’il décide que j’étais le pire trou d’cul de la Terre et qu’il me sorte de sa vie à tout jamais. Et il avait raison.

Quand on prétend que l’autre compte vraiment, l’accompagner dans la rupture ne signifie pas être présent et disponible tous les jours pour répondre à ses appels de détresse (les amis sont là pour ça). Ça ne signifie pas non plus répondre à tous ses textos ou ses lettres d’amour désespérées (et sans doute désespérantes). Ça signifie simplement établir des balises sans ambigüité sur la fin de l’aventure amoureuse et lui offrir un minimum de soutient vers l’amitié. Ne. Pas. Fuir. Me semble que c’est pas compliqué. C’est juste offrir à l’autre le respect que l’amour-inconditionnel-désormais-chose-du-passé devrait inspirer. Parce qu’on ne laisse pas toujours dans la rancœur et la colère. Parfois, souvent même, on laisse avec une grande tristesse parce qu’on sait qu’on perd beaucoup. Quand on « aime » toujours, ne vaut-il pas mieux tout tenter pour mettre en place une bonne « gestion » de la rupture. Évidemment, ça demande des efforts et, on va se le dire, on n’est pas tous gearé pour ça.

Au final, on est des adultes intelligents (enfin, je l’espère) et on devrait être capables d’établir un semblant d’harmonie dans la rupture afin d’établir tranquillement les bases d’une future amitié. Traite-moi comme un ami et j’agirai comme un ami. Parce qu’on peut réussir une rupture, tout comme on peut, si on le veut, réussir son couple. Mais pour que ça réussisse, il faut y mettre du sien, à deux. Il suffit d’assumer ses décisions, d’aimer son vis-à-vis sincèrement, de vouloir le garder dans sa vie et de croire que c’est possible. Le reste devrait aller de soi.

Ou comme dirait mon grand ami le gummy bear des neiges: « Même si parfois, il faut juste donner un peu de temps au temps! ». Le fucking temps.

 

Lève-toi et marche!

Je l’ai encore désinstallé. Ça doit bin faire 20 fois en 20 jours. J’ai développé une relation amour/haine intense avec les logiciels « de rencontres » que sont les Grindr, Scruff et autres supercheries du genre. Veux-tu bin m’dire pourquoi on est branché là-dessus?!

L’affaire, c’est ce que ça t’offre du rêve. L’espoir de trouver quelqu’un pour la nuit (surtout) ou pour la vie (on sait jamais) est au bout de tes doigts. C’est tellement plus simple, enfin, le croit-t-on. Tu navigues dans un catalogue de photos de beaux gars, avec ou sans torse, avec ou sans tête, avec ou sans queue, tu lis des textes remplis de fautes et tu te fais rapidement une fausse image de la personne à qui tu n’écriras pas. Y’a de tout, pour tous. Vraiment.

Parfois, tu fais de belles rencontres, très belles même, mais c’est rare, rare x 1000. Il y a beaucoup de morrons sur la planète virtuelle (et je suis sans aucun doute le morron de quelqu’un) et beaucoup de gens jugent rapidement avec l’intempestif bouton « block » (j’en fais souvent partie). Pas le temps de niaiser, je me cherche du divertissement NOW (not!).

Pour certains, ça offre une pause (vraiment?!). Bin avachi sur ton sofa, tu jases avec des inconnus, de tout, mais surtout de rien. Ça t’empêche de trop penser aux vraies affaires, tsé celles qui font mal. Là-dessus, tu ne pourras possiblement pas discuter de la récente campagne électorale ou du dernier roman de Gabriel García Márquez (je sais, son dernier a été publié en 1997, pis?), mais tu pourras exercer ta dextérité à écrire « Salut! », « Comment ça va? », « Tu cherches quoi? » et qui sait, si t’es vraiment efficace et déterminé, obtenir un premier rendez-vous « galant » ou te tremper le pinceau avant le lever du soleil. Tout ça, si et seulement si, t’as pas la PIRE déception de ta vie (ce qui est assez fréquent) quand le gars ouvre la porte (il est plus petit, plus laid, plus gras, il parle du nez, a un mono sourcil et il ne ressemble à AUCUNE de ses photos). Sinon, après quelques minutes d’une discussion qui ne mène généralement nulle part, tu passeras au suivant, puis au suivant jusqu’à avoir envie de garrocher ton téléphone ou ta tablette (les photos sont plus grosses) sur le mur et t’acheter un chat. Au moins, t’as arrêté de penser à ce qu’il ne fallait pas. Petite, petite victoire.

Puis, un jour, après avoir changé de photo 12 fois et avoir obtenu des résultats inégaux, tu réalises que ça ne fait que vaguement revitaliser ton égo vidé de sa confiance après une rupture retentissante, ton célibat prolongé ou une mauvaise décision amoureuse. Pis là, tu lâches ta machine, tu commences à faire des activités qui te plaisent, tu t’arranges pour sortir, tu rencontres du nouveau monde réel (oui, oui, ça existe) et tu jases avec un beau gars live qui te sourit et te trouve charmant, là, devant toi, vrai comme chu là. Fiouuuuuuuu! Bon, ça demande évidemment un peu plus d’efforts parce qu’il te faut voir derrière la brume virtuelle, sortir de chez toi, réfléchir plus rapidement (quand t’écris, t’as plus de temps) et ouvrir ta bouche pour en faire sortir quelque chose de beau. Mais t’es capable. T’es beau aussi (ou belle, mais y’a pas de fille sur ces affaires-là). Vas-y, fais-le pour toi!

En gros, ça sert à rien. En fait, oui. Ça sert à réaliser que ce n’est pas ça, la vie, que t’as pas nécessairement envie de trouver l’homme de tes rêves dans un catalogue et que tu vaux plus qu’une photo et une description sommaire. Même juste pour du sexe. Tu. Vaux. Plus. Que. Ça. Tu m’entends?

Et rappelle-toi une chose: l’homme de ta vie ne sortira pas des craques de ton sofa. Faque, lève-toi et marche!

Après la pluie, le beau temps

Fait deux mois aujourd’hui que t’as décidé de me domper. J’ai comme réalisé ça à 14h38. C’est donc dire que ça se calme dans ma tête.

Parce que j’aurais pu attendre ce jour avec une impatience déplacée, pathétiquement compter les jours et les heures et ne pas dormir des nuits durant en pensant à ce triste anniversaire. Je m’étais même dit que je t’écrirais une lettre le 4 de chaque mois jusqu’à ce que tu flanches. Tsé, des belles lettres romantiques. Pis non, j’ai pas envie, j’ai pas cette énergie et j’ai pas mal tout dit ce qui comptait dans la lettre du s’quatre novembre dernier.

Il suffisait que tu me prennes la main, qu’on s’asseoit et qu’on attende que la brume se dissipe. On aurait pu prendre un autre chemin aussi.

Si un jour, peut-être, t’as envie de traverser les quelques ondées que la vie de couple peut provoquer, tu me feras signe. J’aime bien marcher sous la pluie avec mon amoureux, main dans la main, la confiance à tout vent.

Parce qu’après la pluie, mon beau toi, c’est nécessairement le beau temps…

La lettre

Il est clair que je viole allègrement les règles 9, 18 et 20 du manifeste « 20 choses que vous devez abandonner pour être heureux ». Pis, hen? C’est à qui les oreilles? 😉

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Je t’ai envoyé une lettre. Une belle lettre manuscrite. Tu trouves ça romantique, une lettre manuscrite. Ça s’est perdu avec le temps, que tu disais. Sur ces deux pages, avec ma plus belle écriture, je relate les beaux moments passés avec toi, moments magiques que t’as presqu’exclusivement initiés. Tu voulais tellement.

À travers les paragraphes, je décris ce que j’aime de toi et, entre les lignes, je mentionne ce que j’ai à t’offrir : du beau et du pas-toujours-le-fun parce que la vie n’est pas parfaite, tsé. En la lisant, je me suis dit que t’aurais pas le choix de repenser au pourquoi-du-comment t’as voulu que je tombe pour toi, avec autant d’énergie. T’étais tellement convaincu que j’étais le bon. Je me suis dit aussi que tu pourrais pas t’empêcher de sourire et de sentir un peu ton cœur battre pour moi. Tu ne me le diras pas, mais je sais que c’est ce qui s’est passé.

Tu l’as reçue la semaine dernière, lundi probablement. J’avais évalué qu’au pire, tu ne répondrais pas et qu’au mieux, tu me répondrais ce que tu m’as répondu. T’as pris près d’une semaine pour réagir. Pour mieux répondre, j’imagine. Des mots bien comptés, réfléchis, sans émotion. Trois petites phrases pour éviter que j’espère. C’est assez réussi.

Dans le fond, c’est mieux que rien. J’étais persuadé, comme pour d’autres qui t’ont précédé, que tu opterais pour le silence. Je te l’ai dit, je le répète, je comprends. Je comprends ta réaction, ta peur, ton indécision, ton « impression ». Je comprends tout. Pour l’avoir vécu, pour le vivre encore, pour être trop sensible en toute circonstances.

Comme tu le sais, tout ça – mon intensité, ma sensibilité, mes envies – ça vient avec le package. Mais t’en veux pas, du package. Il est pas assez simple à comprendre, ça demande trop de travail, semble-t-il. Pourtant, de ta bouche, j’ai entendu le mot « magnifique » je ne sais combien de fois quand tu parlais de moi. Tu m’aimais, disais-tu, dans toutes mon authenticité, mon énergie, ma passion. Tu me l’as même répété la veille de courir dans l’autre direction. Tu transpirais de sentiments pour moi, tellement que depuis, tu fuis mon regard, ma présence, mes mots. T’as peur, pis je comprends. C’est épeurant, aimer.

T’es désolé, que tu dis. T’as pas à être désolé, c’est aussi ça la vie. Tu veux/peux pas, y’a rien à faire pour changer ça. C’est juste plate, parce qu’on formait une maudite belle équipe.

It takes two to tango

La semaine, le travail et les activités de soirée me maintiennent dans un état de relatif équilibre. Je réfléchis toujours, j’ai les émotions variables, mais je me concentre sur ce qui se passe et j’arrive à ne pas trop me laisser envahir par les questions sans réponse. Je m’occupe, par choix ou obligation, du mieux que je peux. Mais systématiquement, la fin de la semaine sonne, et le hamster se met à courir dans ma tête. Vite vite vite. Et il court jusqu’au dimanche soir tard, parfois même jusque dans la nuit. T’as fait quoi ce weekend? Avec qui? Est-ce que t’as dormi seul? Est-ce que t’as pensé à moi?

Le weekend, j’arrive moins à prétendre que tout va, j’ai trop de temps pour penser. Et toi, t’as plus de temps pour me remplacer. La grisaille d’octobre et le froid automnal n’aident pas. Je me réveille seul le matin et je pense. Je pense longtemps, j’ai tellement de temps. Parce qu’à l’heure où je me réveille, y’a pas grand monde de disponible pour jaser. Et de toute façon, je n’aurais rien à dire de nouveau : t’es parti, je ne comprends pas, je m’ennuie. Puis, je vais bruncher, seul ou accompagné et je reviens chez moi pour siester, enfin essayer, et je pense à toi. Longtemps. Quitte à ne pas dormir.

Aujourd’hui, c’est samedi et devine quoi, je pense à toi. T’as fait quoi hier? Tu t’es amusé? T’as pensé à moi en choisissant ton vin? Ou était-ce en te rendant chez toi, un peu pompette? Est-ce que tu te rappelles quand on se retrouvait quelque part en fin de soirée et qu’on partait main dans la main, ivres de trop d’alcool, avec l’excitation des jeunes adolescents? Est-ce que tu te souviens aussi quand tu venais me rejoindre la nuit et que tu te collais contre moi pour t’endormir? Est-ce que t’as oublié cette fois où on s’est retrouvé Place des Festivals, et qu’on s’embrassait au milieu de la foule qui rentrait?

Je m’en souviens. Comme si c’était hier.

Hier, j’étais dans le bar où on s’est rencontré. Et j’ai pensé à toi. Je t’ai cherché partout, juste au cas. Quand je voyais un garçon passer, j’avais l’impression que ce pouvait être toi et mon cœur se tordait, quelques secondes, me rappelant que j’ai encore de la peine. Surtout, que je ne suis pas prêt pour une autre histoire.

Ce soir, tu fêteras ton anniversaire entouré de tes amis. J’aurais aimé être là, près de toi, et te voir sourire. Puis, je me serais approché de toi pour te dire que je t’aime. Et tu m’aurais regardé avec tes magnifiques yeux pour me le dire avec tes mots.

Avec tout ça, j’ai constaté que j’ai répété une erreur commise par le passé. J’ai affirmé, tout comme toi, que je ne me battrais pas si ça devenait trop compliqué. Pourtant, aujourd’hui, ce que je regrette le plus, c’est de t’avoir dit ça, pour avoir l’air en contrôle et détaché. Mais je réalise qu’au fond, j’avais juste envie que ça fonctionne, parce que je t’aime. Et quand on aime, on est prêt à se battre. Mais je réalise aussi que it takes two to tango. Et pour le moment, je suis seul sur la piste à danser…

Le bonheur au beau fixe

J’ai lu un texte intéressant il n’y a pas si longtemps. C’était une collaboratrice de Urbania qui faisait ses « adieux » à ses lecteurs. Elle expliquait les raisons de son départ et finissait sur une note assez quétaine, mais ô combien vraie. Une succession de phrases bien écrites et sensées pour remettre le bonheur au beau fixe.

Voici l’extrait [1] que j’aurais voulu écrire moi-même (watch out, c’est fucking fleur bleue) :

« Vous n’êtes pas petits. Ne laissez personne vous convaincre que vous l’êtes et que vous allez rester petits. Ne vous résignez jamais à une vie qui ne vous convient pas parce que vous êtes convaincu que c’est tout ce que vous méritez.

Prenez le risque de vous voir plus grand que vous êtes.

Ne laissez personne vous mépriser, remettre en question vos intentions.

Accrochez-vous à vos principes, à vos valeurs et défendez les. Soyez courageux. Soyez responsable. Faites en sortes que vos pensées soient cohérentes avec vos actions. Je suis convaincue qu’il est là, le secret du bonheur.

Ne plongez jamais dans la honte, lorsque vous vous trompez. Vous avez le droit à l’erreur, à l’échec et de tout recommencer, dignement.

Soyez curieux. […] 

Soyez loyaux. Soyez fidèles. Soyez honnêtes. C’est si beau et si rare. 

Croyez à l’amour et si vous l’attrapez au passage, entretenez-le.

Ne vous obstinez pas à rester avec quelqu’un qui ne vous mérite pas.

Ne laissez jamais votre image ou votre look définir qui vous êtes. 

Ne devenez jamais une caricature de vous-mêmes. 

Surprenez ceux qui vous ont placé dans une case.

[…] Après les pires noirceurs, les pires trous noirs où les compteurs de nos vies repartent à zéro, c’est après qu’on bâtit de vraies relations et qu’on s’entoure de vraie lumière. […] 

Soyez en ce que vous voulez. Mais croyez surtout en votre humanité. Arrêtez de chercher dans le ciel, les anges et le vide, ce que vous pouvez trouver dans les yeux ou les bras d’un autre être humain.

Souriez quand on vous nargue. 

Riez quand vous vous trompez.  

[…]

Merci à ceux qui m’ont détesté. Qui m’ont haït au point de me le dire, me l’écrire, prendre du temps dans leur journée pour me laisser savoir qu’ils ne m’aiment pas. Merci de m’haïr pour ma personne, pour qui je suis, profondément. Merci de l’importance que vous me donnez. C’est pas rien.

[…] 

[…] Vous pouvez vivre les plus belles expériences de votre vie. Recevoir les plus belles nouvelles. Monter les échelons. Accomplir des exploits. Mais à quoi sert de vivre toutes ces choses, si l’on n’a personne de grandiose avec qui les partager? »

Et j’ajouterais ceci:  « à quoi sert de vivre toutes ces choses, si l’on n’a personne de grandiose avec qui les partager ».

AMEN.

[1]  LIZOTTE, Kim, 2013. « Je suis venu te d ire que je m’en vais ». URBANIA.

Un gros feu avec des pows

Il y a quelques semaines, on a eu un court échange de courriels. Dans cet échange, je te faisais part de quelques réflexions sur ma nouvelle relation et je précisais que l’apprentissage de l’autre n’était pas un processus facile ni toujours agréable. Je te disais aussi que tu me manquais, mais que je ne savais plus trop pourquoi. Tsé, après tout ce temps et à mon âge, ça m’arrive d’en perdre des bouts (ahah!).

Tu m’as alors répondu casually, en me rassurant, en me rappellant que je réfléchissais trop (nooooo kidding!) et t’en as profité pour m’annoncer que tu fréquentais aussi quelqu’un. Étrangement, ça ne m’a même pas fait un mini tiny pincement au cœur. J’étais juste content pour toi et je te l’ai dit. Puis tu m’as proposé d’aller prendre un verre un man’né pour parler de tout ça gentiment, tsé qu’on s’raconte nos vies. J’avais franchi un pas de plus dans la bonne direction i.e. mettre cette belle histoire qui a mal finie derrière moi.

Puis, le jour de mon anniversaire, me sentant plus fort que jamais, je t’ai fait une demande d’amitié FB en me disant que c’était un pas de plus vers ma totale guérison, c’est-à-dire, te faire entrer dans ma vie comme un simple ami, à petite dose pour commencer. Tu m’as d’abord souhaité un joyeux anniversaire puis, plus rien. J’ai alors convenu que toi, tu n’étais pas rendu là et je t’ai signifié que je comprenais. Et dans un élan de moralisation inattendu, tu m’a répondu un truc débile agrémenté de smileys, sans doute pour adoucir ta légendaire maladresse.

Bin non, ça n’a rien adouci, même pas un peu. T’as juste mis l’feu à ma patiente et à ma compréhension. Mais ça m’a permis de constater un truc vraaaaaaaaiment important: je ne t’aime plus. Plus du tout, niet, fini. Ça m’a pris du temps, mais j’y suis arrivé. J’espérais en vain que tu reviennes (je me demande encore pouquoi), mais entre temps, j’ai compris qui j’étais et ce que j’avais à offrir pis je l’ai offert à quelqu’un d’autre. Bon, il est parti lui aussi, et dans des circonstances similaires, mais j’ai su assumer qui je suis sans m’oublier et ça, c’est assez PRICELESS. Pas de ma faute si les gars que je rencontre sont aussi sensibles que moi 😉

Comme je t’ai écrit dans un post précédent, t’as pas mal roulé avec ton char sur ce qu’il restait d’amusant. En fait, t’as fait de l’avance/recule avec abandon pis t’as même aspergé les restes d’essence avant de mettre le feu. Un gros feu avec des pows. J’espère que t’es fier de toi 😉

Qu’à cela ne tienne, merci pour tout ce bonheur!

Karma, est-ce bien toi?

Dans quelques heures, j’aurai 33 ans. Quand je fais le décompte de ce que j’ai vécu jusqu’ici, je suis plutôt satisfait. J’ai vu Paris huit fois, j’ai connu de belles et intéressantes personnes, j’ai côtoyé ma première ministre, on a cru en moi, j’ai d’excellents amis, une famille un peu folle, je sais faire la cuisine pour 100 personnes sans les rendre malades, quelques-uns de mes textes ont été publiés dans les journaux, j’ai serré la main de Céline. J’ai plutôt bien réussi jusqu’à présent. Tout va bien, je suis foncièrement heureux. Il me manque cependant un petit je-ne-sais-quoi…toi, peut-être.

J’ai vécu quelques belles et passionnées histoires d’amour. Avec chacun d’entre eux, j’ai essayé d’être une meilleure personne. Parfois j’y suis arrivé, à d’autres j’ai échoué. Avant tout, j’ai essayé d’être le plus honnête possible et de ne pas répéter les mêmes erreurs. J’y suis plutôt bien arrivé. Mais malgré ça, ils ne restent pas. Ce doit être le karma.

Le karma, c’est une action bonne ou mauvaise dont on est responsable qui induit des conséquences qui se répercutent sur les différentes vies d’un individu. On ne peut y échapper, semble-t-il. En somme, en amour, trop souvent, karma is a bitch.

Tout ça pour dire que je pense (j’espère en fait) être arrivé à la fin d’un cycle (et TOUT un cycle!). J’ai fait souffrir les hommes de ma vie et j’ai souffert en retour. Et là, je vis un peu ce que j’ai fait vivre au précédent. Donc, en principe, la prochaine fois devrait être la bonne. Inch’Allah!

C’est par un chaud soir de juin que je t’ai rencontré. Tu étais beau, fringuant, drôle, intéressant et intéressé. Avec tes gros sabots séduisants et ton sex appeal envoûtant, tu m’as complètement charmé. On s’est revu, de plus en plus souvent et je me suis attaché, sérieusement. J’étais hésitant au départ, pas tout à fait guéri de ma précédente histoire, mais j’ai eu envie de me laisser aller, tellement t’étais beau à voir aller. J’ai eu envie d’apprendre à te connaître davantage, de te faire confiance, de te faire la place que tu méritais. Tu m’as fait rêver, tu m’as offert ce que tu as de plus beau, tu m’as aimé avec de beaux mots. Puis, quelques imbroglios plus tard, quelques discussions difficiles et angoisses incomprises, tu es parti. Comme d’autres, tu es parti. Pourtant, la veille, tu m’aimais. Et je sais que tu étais sincère. Pourtant, à t’écouter parler, je suis la magnifique personne que tu attendais. Pourtant, pourtant, pourtant, tu es parti.

Sauf que là, malgré ton absence qui fait mal, je n’ai pas envie de me laisser abattre. J’ai envie de rester droit, debout, de ne pas tomber. J’ai mes torts, et je m’en excuse. J’ai été intense par moments, difficile à saisir à d’autres, mais ce que je t’ai montré, c’est ce que je suis. Je suis et serai toujours un grand sensible. Je suis et serai toujours un être angoissé et instable émotionnellement. Tout ce que j’aurais pu te promettre, c’est de travailler chaque jour pour faire mieux et essayer de nous rendre un peu plus heureux. Mais tu es parti.

J’étais prêt à te faire entrer dans toute ma vie, à partager mes bons moments, à vivre les tiens. J’avais envie de t’appuyer dans tes projets, de t’écouter me les raconter, de te faire l’amour, au propre et au figuré. J’avais vraiment envie que ce soit ÇA.

Je ne connais pas l’avenir et je ne veux pas la connaître. Tout ce que je sais, c’est que je t’aime et que j’ai envie que la Terre entière le sache. Ce que tu dois savoir, c’est que j’ai assez attendu les hommes que j’ai aimés, ceux qui ne sont jamais revenus.

Bref, ça semble être la fin d’un cycle de karma de marde qui fut, malgré tout, grandiose en tous points. Il y a eu de très hauts et de très bas. Un beau et grand manège de joies et de déceptions. Et il y a eu toi. Beau et magnifique Toi. Mais je me suis dit que je ne pouvais pas pleurer tous les hommes de ma vie comme je les ai pleurés. Sinon, ma vie ne sera qu’une succession de bonheurs tristes.

Et j’ai plus envie de bonheur que de larmes.