It takes two to tango

La semaine, le travail et les activités de soirée me maintiennent dans un état de relatif équilibre. Je réfléchis toujours, j’ai les émotions variables, mais je me concentre sur ce qui se passe et j’arrive à ne pas trop me laisser envahir par les questions sans réponse. Je m’occupe, par choix ou obligation, du mieux que je peux. Mais systématiquement, la fin de la semaine sonne, et le hamster se met à courir dans ma tête. Vite vite vite. Et il court jusqu’au dimanche soir tard, parfois même jusque dans la nuit. T’as fait quoi ce weekend? Avec qui? Est-ce que t’as dormi seul? Est-ce que t’as pensé à moi?

Le weekend, j’arrive moins à prétendre que tout va, j’ai trop de temps pour penser. Et toi, t’as plus de temps pour me remplacer. La grisaille d’octobre et le froid automnal n’aident pas. Je me réveille seul le matin et je pense. Je pense longtemps, j’ai tellement de temps. Parce qu’à l’heure où je me réveille, y’a pas grand monde de disponible pour jaser. Et de toute façon, je n’aurais rien à dire de nouveau : t’es parti, je ne comprends pas, je m’ennuie. Puis, je vais bruncher, seul ou accompagné et je reviens chez moi pour siester, enfin essayer, et je pense à toi. Longtemps. Quitte à ne pas dormir.

Aujourd’hui, c’est samedi et devine quoi, je pense à toi. T’as fait quoi hier? Tu t’es amusé? T’as pensé à moi en choisissant ton vin? Ou était-ce en te rendant chez toi, un peu pompette? Est-ce que tu te rappelles quand on se retrouvait quelque part en fin de soirée et qu’on partait main dans la main, ivres de trop d’alcool, avec l’excitation des jeunes adolescents? Est-ce que tu te souviens aussi quand tu venais me rejoindre la nuit et que tu te collais contre moi pour t’endormir? Est-ce que t’as oublié cette fois où on s’est retrouvé Place des Festivals, et qu’on s’embrassait au milieu de la foule qui rentrait?

Je m’en souviens. Comme si c’était hier.

Hier, j’étais dans le bar où on s’est rencontré. Et j’ai pensé à toi. Je t’ai cherché partout, juste au cas. Quand je voyais un garçon passer, j’avais l’impression que ce pouvait être toi et mon cœur se tordait, quelques secondes, me rappelant que j’ai encore de la peine. Surtout, que je ne suis pas prêt pour une autre histoire.

Ce soir, tu fêteras ton anniversaire entouré de tes amis. J’aurais aimé être là, près de toi, et te voir sourire. Puis, je me serais approché de toi pour te dire que je t’aime. Et tu m’aurais regardé avec tes magnifiques yeux pour me le dire avec tes mots.

Avec tout ça, j’ai constaté que j’ai répété une erreur commise par le passé. J’ai affirmé, tout comme toi, que je ne me battrais pas si ça devenait trop compliqué. Pourtant, aujourd’hui, ce que je regrette le plus, c’est de t’avoir dit ça, pour avoir l’air en contrôle et détaché. Mais je réalise qu’au fond, j’avais juste envie que ça fonctionne, parce que je t’aime. Et quand on aime, on est prêt à se battre. Mais je réalise aussi que it takes two to tango. Et pour le moment, je suis seul sur la piste à danser…

Le bonheur au beau fixe

J’ai lu un texte intéressant il n’y a pas si longtemps. C’était une collaboratrice de Urbania qui faisait ses « adieux » à ses lecteurs. Elle expliquait les raisons de son départ et finissait sur une note assez quétaine, mais ô combien vraie. Une succession de phrases bien écrites et sensées pour remettre le bonheur au beau fixe.

Voici l’extrait [1] que j’aurais voulu écrire moi-même (watch out, c’est fucking fleur bleue) :

« Vous n’êtes pas petits. Ne laissez personne vous convaincre que vous l’êtes et que vous allez rester petits. Ne vous résignez jamais à une vie qui ne vous convient pas parce que vous êtes convaincu que c’est tout ce que vous méritez.

Prenez le risque de vous voir plus grand que vous êtes.

Ne laissez personne vous mépriser, remettre en question vos intentions.

Accrochez-vous à vos principes, à vos valeurs et défendez les. Soyez courageux. Soyez responsable. Faites en sortes que vos pensées soient cohérentes avec vos actions. Je suis convaincue qu’il est là, le secret du bonheur.

Ne plongez jamais dans la honte, lorsque vous vous trompez. Vous avez le droit à l’erreur, à l’échec et de tout recommencer, dignement.

Soyez curieux. […] 

Soyez loyaux. Soyez fidèles. Soyez honnêtes. C’est si beau et si rare. 

Croyez à l’amour et si vous l’attrapez au passage, entretenez-le.

Ne vous obstinez pas à rester avec quelqu’un qui ne vous mérite pas.

Ne laissez jamais votre image ou votre look définir qui vous êtes. 

Ne devenez jamais une caricature de vous-mêmes. 

Surprenez ceux qui vous ont placé dans une case.

[…] Après les pires noirceurs, les pires trous noirs où les compteurs de nos vies repartent à zéro, c’est après qu’on bâtit de vraies relations et qu’on s’entoure de vraie lumière. […] 

Soyez en ce que vous voulez. Mais croyez surtout en votre humanité. Arrêtez de chercher dans le ciel, les anges et le vide, ce que vous pouvez trouver dans les yeux ou les bras d’un autre être humain.

Souriez quand on vous nargue. 

Riez quand vous vous trompez.  

[…]

Merci à ceux qui m’ont détesté. Qui m’ont haït au point de me le dire, me l’écrire, prendre du temps dans leur journée pour me laisser savoir qu’ils ne m’aiment pas. Merci de m’haïr pour ma personne, pour qui je suis, profondément. Merci de l’importance que vous me donnez. C’est pas rien.

[…] 

[…] Vous pouvez vivre les plus belles expériences de votre vie. Recevoir les plus belles nouvelles. Monter les échelons. Accomplir des exploits. Mais à quoi sert de vivre toutes ces choses, si l’on n’a personne de grandiose avec qui les partager? »

Et j’ajouterais ceci:  « à quoi sert de vivre toutes ces choses, si l’on n’a personne de grandiose avec qui les partager ».

AMEN.

[1]  LIZOTTE, Kim, 2013. « Je suis venu te d ire que je m’en vais ». URBANIA.

Un gros feu avec des pows

Il y a quelques semaines, on a eu un court échange de courriels. Dans cet échange, je te faisais part de quelques réflexions sur ma nouvelle relation et je précisais que l’apprentissage de l’autre n’était pas un processus facile ni toujours agréable. Je te disais aussi que tu me manquais, mais que je ne savais plus trop pourquoi. Tsé, après tout ce temps et à mon âge, ça m’arrive d’en perdre des bouts (ahah!).

Tu m’as alors répondu casually, en me rassurant, en me rappellant que je réfléchissais trop (nooooo kidding!) et t’en as profité pour m’annoncer que tu fréquentais aussi quelqu’un. Étrangement, ça ne m’a même pas fait un mini tiny pincement au cœur. J’étais juste content pour toi et je te l’ai dit. Puis tu m’as proposé d’aller prendre un verre un man’né pour parler de tout ça gentiment, tsé qu’on s’raconte nos vies. J’avais franchi un pas de plus dans la bonne direction i.e. mettre cette belle histoire qui a mal finie derrière moi.

Puis, le jour de mon anniversaire, me sentant plus fort que jamais, je t’ai fait une demande d’amitié FB en me disant que c’était un pas de plus vers ma totale guérison, c’est-à-dire, te faire entrer dans ma vie comme un simple ami, à petite dose pour commencer. Tu m’as d’abord souhaité un joyeux anniversaire puis, plus rien. J’ai alors convenu que toi, tu n’étais pas rendu là et je t’ai signifié que je comprenais. Et dans un élan de moralisation inattendu, tu m’a répondu un truc débile agrémenté de smileys, sans doute pour adoucir ta légendaire maladresse.

Bin non, ça n’a rien adouci, même pas un peu. T’as juste mis l’feu à ma patiente et à ma compréhension. Mais ça m’a permis de constater un truc vraaaaaaaaiment important: je ne t’aime plus. Plus du tout, niet, fini. Ça m’a pris du temps, mais j’y suis arrivé. J’espérais en vain que tu reviennes (je me demande encore pouquoi), mais entre temps, j’ai compris qui j’étais et ce que j’avais à offrir pis je l’ai offert à quelqu’un d’autre. Bon, il est parti lui aussi, et dans des circonstances similaires, mais j’ai su assumer qui je suis sans m’oublier et ça, c’est assez PRICELESS. Pas de ma faute si les gars que je rencontre sont aussi sensibles que moi 😉

Comme je t’ai écrit dans un post précédent, t’as pas mal roulé avec ton char sur ce qu’il restait d’amusant. En fait, t’as fait de l’avance/recule avec abandon pis t’as même aspergé les restes d’essence avant de mettre le feu. Un gros feu avec des pows. J’espère que t’es fier de toi 😉

Qu’à cela ne tienne, merci pour tout ce bonheur!

Karma, est-ce bien toi?

Dans quelques heures, j’aurai 33 ans. Quand je fais le décompte de ce que j’ai vécu jusqu’ici, je suis plutôt satisfait. J’ai vu Paris huit fois, j’ai connu de belles et intéressantes personnes, j’ai côtoyé ma première ministre, on a cru en moi, j’ai d’excellents amis, une famille un peu folle, je sais faire la cuisine pour 100 personnes sans les rendre malades, quelques-uns de mes textes ont été publiés dans les journaux, j’ai serré la main de Céline. J’ai plutôt bien réussi jusqu’à présent. Tout va bien, je suis foncièrement heureux. Il me manque cependant un petit je-ne-sais-quoi…toi, peut-être.

J’ai vécu quelques belles et passionnées histoires d’amour. Avec chacun d’entre eux, j’ai essayé d’être une meilleure personne. Parfois j’y suis arrivé, à d’autres j’ai échoué. Avant tout, j’ai essayé d’être le plus honnête possible et de ne pas répéter les mêmes erreurs. J’y suis plutôt bien arrivé. Mais malgré ça, ils ne restent pas. Ce doit être le karma.

Le karma, c’est une action bonne ou mauvaise dont on est responsable qui induit des conséquences qui se répercutent sur les différentes vies d’un individu. On ne peut y échapper, semble-t-il. En somme, en amour, trop souvent, karma is a bitch.

Tout ça pour dire que je pense (j’espère en fait) être arrivé à la fin d’un cycle (et TOUT un cycle!). J’ai fait souffrir les hommes de ma vie et j’ai souffert en retour. Et là, je vis un peu ce que j’ai fait vivre au précédent. Donc, en principe, la prochaine fois devrait être la bonne. Inch’Allah!

C’est par un chaud soir de juin que je t’ai rencontré. Tu étais beau, fringuant, drôle, intéressant et intéressé. Avec tes gros sabots séduisants et ton sex appeal envoûtant, tu m’as complètement charmé. On s’est revu, de plus en plus souvent et je me suis attaché, sérieusement. J’étais hésitant au départ, pas tout à fait guéri de ma précédente histoire, mais j’ai eu envie de me laisser aller, tellement t’étais beau à voir aller. J’ai eu envie d’apprendre à te connaître davantage, de te faire confiance, de te faire la place que tu méritais. Tu m’as fait rêver, tu m’as offert ce que tu as de plus beau, tu m’as aimé avec de beaux mots. Puis, quelques imbroglios plus tard, quelques discussions difficiles et angoisses incomprises, tu es parti. Comme d’autres, tu es parti. Pourtant, la veille, tu m’aimais. Et je sais que tu étais sincère. Pourtant, à t’écouter parler, je suis la magnifique personne que tu attendais. Pourtant, pourtant, pourtant, tu es parti.

Sauf que là, malgré ton absence qui fait mal, je n’ai pas envie de me laisser abattre. J’ai envie de rester droit, debout, de ne pas tomber. J’ai mes torts, et je m’en excuse. J’ai été intense par moments, difficile à saisir à d’autres, mais ce que je t’ai montré, c’est ce que je suis. Je suis et serai toujours un grand sensible. Je suis et serai toujours un être angoissé et instable émotionnellement. Tout ce que j’aurais pu te promettre, c’est de travailler chaque jour pour faire mieux et essayer de nous rendre un peu plus heureux. Mais tu es parti.

J’étais prêt à te faire entrer dans toute ma vie, à partager mes bons moments, à vivre les tiens. J’avais envie de t’appuyer dans tes projets, de t’écouter me les raconter, de te faire l’amour, au propre et au figuré. J’avais vraiment envie que ce soit ÇA.

Je ne connais pas l’avenir et je ne veux pas la connaître. Tout ce que je sais, c’est que je t’aime et que j’ai envie que la Terre entière le sache. Ce que tu dois savoir, c’est que j’ai assez attendu les hommes que j’ai aimés, ceux qui ne sont jamais revenus.

Bref, ça semble être la fin d’un cycle de karma de marde qui fut, malgré tout, grandiose en tous points. Il y a eu de très hauts et de très bas. Un beau et grand manège de joies et de déceptions. Et il y a eu toi. Beau et magnifique Toi. Mais je me suis dit que je ne pouvais pas pleurer tous les hommes de ma vie comme je les ai pleurés. Sinon, ma vie ne sera qu’une succession de bonheurs tristes.

Et j’ai plus envie de bonheur que de larmes.

Un débat préventif *

Je suis partisan de la Charte des valeurs québécoises et pourtant, je ne suis pas raciste. J’ai, dans mon entourage, des gens de différentes origines et tenants de différentes religions. J’ai du respect pour leurs croyances et leur dieu, qu’il se nomme Yahvé, Allah ou Bouddha. Je ressens une grande fierté de voir que mon Québec est ouvert sur le monde et que des immigrants de différentes cultures et confessions s’installent ici pour de bon. Je suis tout aussi fier de voir qu’on a pu, à un certain moment, tenter d’accommoder quelques-uns d’entre eux, à tort ou à raison. Je serai plus fier encore quand mon État sera laïc, de la base au sommet.

J’ai beaucoup lu sur le sujet. Du projet de loi sur la Charte des valeurs québécoises, en passant par des articles d’opinions de différentes allégeances et par des commentaires positifs et négatifs sur les réseaux sociaux. Ce que je constate, c’est que beaucoup sont prêts à déchirer leur chemise pour faire valoir leur point de vue. Pourtant, ce dont il devrait s’agir, c’est d’une discussion. Discutons donc.

Le débat sur les valeurs québécoises n’arrive sans doute pas à point nommé, puisque de crise, il n’y a pas. Mais ce débat, il devra tôt ou tard avoir lieu. Disons que c’est un débat préventif. En 2012, le Québec accueillait 55 036 immigrants, et ce chiffre revient bon an mal an à quelques milliers près. Il me semble alors tout à fait justifié qu’on analyse l’impact de leur installation au Québec et leur niveau d’intégration au « nous » inclusif. De toute façon, il n’y a pas de honte à discuter de la question. Comme il n’y a pas de honte à vouloir baliser la laïcité de notre État québécois. Et il est normal qu’après 12 ans de gestionnite libérale, on ne soit plus habitué aux débats de société!

Dans ce projet, il n’y a pas de mépris des minorités. Il n’y a pas non plus de vendetta contre une religion en particulier. Il y a une tentative de tracer une ligne plus claire entre la religion et l’État, rien de plus, rien de moins. C’est une tentative de neutraliser ce qu’on a appelé les accommodements déraisonnables. La méthode peut sembler douteuse et le projet mal ficelé, mais à priori, le fond est très intéressant. Et le propre d’un projet, c’est qu’il peut et doit évoluer. La discussion est ouverte, cessons de verser dans le mélodrame et de soulever le spectre de la fracture sociale. Discutons et faisons-le intelligemment.

Miche Baril écrivait la semaine dernière : « Comme tout autre emploi, travailler pour l’État est un choix qui comporte des exigences et celle de la neutralité vestimentaire n’est pas plus discriminatoire que celle de la neutralité politique ». Je n’ai rien contre qu’une femme porte le voile dans un CPE, elle n’est pas moins compétente ni plus susceptible « d’imposer » sa religion, mais je suis pour la laïcité de l’État dans ses plus subtiles retranchements. Je suis d’avis qu’un service gouvernemental, délivré par un État qui se dit laïc, se doit d’être sans couleur politique ou religieuse. Je suis aussi d’avis qu’à Rome, on doit vivre comme les Romains. C’est un fait. C’est aussi une marque de respect pour celui qui reçoit.

Cependant, cessons d’être hypocrites. Le crucifix de l’Assemblée nationale n’a pas sa place au Salon bleu. Il peut rester au Parlement, mais pas dans l’enceinte où l’on vote les lois. L’État québécois doit être laïc, point. Et l’argument du patrimoine historique ne tient pas la route, surtout sachant que le dit objet a été installé par Maurice Duplessis en 1936, donc rien à voir avec la fondation, ni avec une période particulièrement glorieuse de notre histoire. Je n’ai pas non plus envie de voir un député ou un ministre porter un signe dit ostentatoire. Je ne souhaite pas que les lois votées dans notre Parlement soient teintées d’une croyance ou d’une autre. Je veux que mon Québec gouvernemental soit consensuel et neutre. En tout temps. En tout lieu.

Je ne suis pas raciste et je suis pour la Charte des valeurs québécoises, mais je suis aussi pour plus de cohérence.

*http://www.lapresse.ca/debats/votre-opinion/201309/17/01-4690371-un-debat-preventif.php

Reality check

Il y a des moments dans la vie qui vous ramènent sur le plancher des vaches. Un reality check comme dirait l’autre. C’est rarement agréable comme constat. C’est souvent un moment comme celui-là qui nous fait réaliser ce qu’on n’a pas.

Pourtant, sans être totally successful, ça va plutôt bien. On a des amis, une famille, de l’amour, un travail, des activités enrichissantes, un beau parcours, de belles réussites, un cerveau dont on se sert plutôt bien. On a des convictions, des valeurs, des envies, des rêves. À priori, tout semble aller comme sur de belles grosses roulettes.

Et puis non. Dedans, ça bouillonne, ça tord, ça remet en question, ça cherche une voie, une raison de faire tout ça, jour après jour, ça angoisse et ça pleure. Ça part et ça revient. Et ça passe. Parce que c’est comme ça.

Ce qu’on voit devant soi est flou, incertain, brumeux. Parfois on ne voit rien. Ce qu’on a, on l’apprécie, on se félicite d’avoir accompli tout ça, mais ce qu’on veut, c’est ce qu’on n’a pas. C’est ce petit quelque chose de plus qui donne une raison à l’ensemble de l’œuvre.

Ce qui manque souvent, c’est quelqu’un avec qui on pourra partager tout ça, aujourd’hui et demain. Parfois on trouve, d’autres pas. Et ce n’est pas simple de comprendre pourquoi ça fonctionne bien pour les uns et moins pour les autres. C’est souvent juste « parce que ». Et il n’y a rien d’autre à faire que de continuer. Croire, avancer, essayer, recommencer. La méthode ne fonctionne pas, on change. À force d’expérimenter, il y a bien quelque chose qui va se passer! Au mieux, on aura trouvé ce qu’on cherchait, au « pire », on sera rendu ailleurs et mieux.

Il faut d’abord essayer d’être bien dedans, autant que faire se peut. Faire taire la petite voix qui dit que ça ne sert à rien, cesser de chercher une raison de faire tout ça, mater la rébellion et l’angoisse. Parce qu’au fond, il n’y a pas de raison « valable » d’être là. La vie, grossièrement réfléchie, c’est naître et mourir. Et entre les deux, faire de son mieux. Parce que nous ne sommes pas tous destinés à changer le monde, nous sommes au moins destinés à changer le nôtre intérieur pour qu’il soit plus beau.

Le but, au final, c’est juste d’être heureux. Y’a rien d’autre à faire. Voir, entendre, goûter, partager, toucher. Si on peut le faire à deux, c’est mieux, mais si on peut apprécier tout ça seul, c’est aussi bien. Parce que le bonheur ne réside pas dans les autres, mais à l’intérieur de soi. Le bonheur, c’est surtout ce qu’on veut bien en faire.

Faut essayer de ne pas trop se poser de questions, continuer de se lever chaque matin pour faire de son mieux, avec ce qu’on a et toujours essayer d’aller un peu plus loin dans sa quête du bonheur. Un jour, on trouvera bien ce pourquoi on est ici et où on s’en va…

Madame la première ministre

J’étais là le soir du 4 septembre 2012. J’étais là avec quelques amis, ma mère, des collaborateurs, des bénévoles et de l’espoir plein les bras. Ça faisait 35 jours que travaillais au QG avec des gens qui, comme moi, croyaient que c’était votre tour. Trente-cinq jours bien remplis, de tôt le matin à tard le soir, à entraîner des bénévoles, à faire ma petite part pour que vous deveniez la première. Et nous y sommes arrivés! À ce moment-là, quand les chaînes de télévision ont annoncé que le Parti Québécois formerait le prochain gouvernement, j’ai explosé de joie, comme les centaines de personnes venues vous voir monter sur la plus haute marche de l’État. Ma première ministre était devenue réalité. J’étais fier. Nous l’étions tous.

J’ai regardé ma mère, la larme à l’œil, remplie d’émotions de vous voir devenir la première. Dans ses yeux, j’ai pu voir le souvenir de sa sœur Denise LeBlanc Bantey, députée et ministre du Parti Québécois, qui toute sa vie durant a défendu la place des femmes dans la société, comme vous. J’ai aussi vu sa fierté de vous avoir déjà côtoyée et d’avoir, à sa façon, contribué à ce moment historique. Ce sont des femmes comme vous et elles qui nous apprennent que tôt ou tard, les efforts sont récompensés.

Depuis, je vous ai vu travailler jour après jour à tenter de rendre le quotidien des Québécois plus agréable. Vous vous levez tôt le matin pour enfiler les rencontres, les réunions, les points de presse, les allocutions avec discipline et précision. Vous dormez peu, il y a tellement à faire, à réaliser, à bâtir. C’est le propre des grands chefs d’État. Les décisions que vous avez prises, l’ont souvent été avec adresse, parfois avec une certaine inexpérience, mais toujours avec sensibilité, conviction et droiture. C’est la Pauline Marois que je connais.

Le parcours de la dernière année n’est pas parfait, surtout en terme de communication. Ce doit être le nécessaire rodage à tout nouveau gouvernement. Souvent, le message a été mal interprété parce qu’étrangement livré. L’essentiel, c’est que les promesses électorales ont presque toutes été tenues. Le nouveau gouvernement a rapidement opéré les changements proposés dans son programme électoral, même les plus délicats.

Le bilan est positif, donc.

Vous avez pu être maladroite dans la méthode, être parfois trop loyale à des gens qui ne le méritent pas toujours, mais vous gardez le cap. Vous savez où vous allez, avec cœur et raison. Vous conservez en tête le projet de pays en ne négligeant jamais le quotidien de vos 8 millions de concitoyens. Vous écoutez, analysez, attentivement, et vous avancez en espérant en laisser le moins possible derrière.

Vous êtes belle en première ministre, la charge vous va bien, vous avez l’air heureuse. C’est Lac-Mégantic qui a révélé ce que je savais depuis longtemps, vous êtes une femme chaleureuse, authentique, déterminée, sensible. Humaine dans le verbe et dans le geste.

Je suis fier de vous, Madame la Première Ministre.

Et vous pouvez compter sur moi au prochain rendez-vous électoral.

You lost the moon while counting the stars

Ça fait longtemps que je ne t’ai pas écrit. Pourtant, je pense à toi chaque jour, plusieurs fois par jour même. Me suis dit que tu serais content de me lire (Ahah! Probably NOT!). C’est en écoutant Unchained melody en boucle aujourd’hui (bin quoi?!) que j’ai entendu ceci : « time can do so much ». C’est vrai que le temps fait beaucoup, surtout quand on est patient. Le fuckin’ temps.

Voici mon explication du pourquoi et du comment.

Lors de notre dernier échange courriel, je t’ai exposé trois faits: 1/ on s’est croisé dans la rue et on a jasé, simplement (c’était même assez agréable); 2/ je t’ai envoyé par courriel des vœux d’anniversaire courts et sympathiques auxquels tu as répondu par une platitude (ça commence à être ta marque de commerce); 3/ on s’est croisé dans un bar, on a dansé à quelques mètres l’un de l’autre, tu as même regardé longuement dans ma direction et pas même un hochement de tête. Et tout ce que tu trouves à me répondre c’est: « J’ai supposé que t’étais trop émotif »! Le problème, il est dans ma tête ou dans la tienne? À ce stade-ci, j’avoue être confus sur la question.

Paroles célèbres d’un ami : « P’t’être qui s’en câlice ». P’t’être bien.

Reste que, depuis cet échange et ces événements, j’ai compris une chose bien importante: je mérite beauuuuuuuucoup mieux. Je mérite plus de respect et de considération de ta part. Pour quelqu’un qui a prétendu m’aimer avec autant de passion et qui souhaitait garder un contact amical, t’es pas mal en train de rouler avec ton char sur ce qui restait d’amusant.  On jase, là.

Il y a quelques mois, j’écrivais ceci : « On se retrouve un matin sans douleur dans la poitrine, sans amertume, sans question existentielle. Le malaise s’est dissipé, on sourit de nouveau à la vie et on s’ouvre au bonheur ». C’est variable, mais je me sens un peu là.

J’arrive désormais à dormir sans artifice, je ne me réveille plus angoissé par ton absence, je suis capable d’imaginer mon quotidien sans toi, je me vois même rencontrer quelqu’un de bien à moyen terme. Pourtant (il y a toujours un « mais », tsé), tu me manques à chaque instant. Quand je reçois un texto (et que j’espère que ce soit toi), quand je ferme les yeux, quand je les ouvre, quand j’entends ton nom, quand je le prononce, quand je vois passer le nom d’un de tes amis, quand je lis des trucs du genre « you lost the moon while counting the stars », quand je rencontre un nouveau garçon, quand il m’embrasse, quand il me touche, quand je me réveille dans ses bras, quand sa voix ne ressemble pas à la tienne. Les occasions de penser à toi sont infinies, mais je n’ai plus mal à l’intérieur. Je suis déçu, je ne comprends pas (je ne comprendrai jamais), j’aimerais rencontrer quelqu’un qui va me donner autant de discussions intéressantes, de bon sexe, d’amour et d’attention que toi, mais je n’ai plus mal. J’ai même retrouvé cette urgence de vivre que j’avais piétinée en faisant ce que je faisais de mieux : m’adapter. Exit l’adaptation, viva la revoluciòn!

Tu sais quoi, je t’aime toujours du plus profond de mon cœur et je pense bien que ce sera le cas toute ma vie durant. Mais je n’ai plus envie de te drunk texter pour te le rappeler. Tu sais ce que je ressens, tu sais ce que j’ai à offrir et tu sais où me trouver. En attendant (même pas un peu), je vis à plein régime. Il y a bien quelqu’un sur cette planète qui n’aura plus envie de compter les étoiles et qui acceptera la lune que je voulais t’offrir. Life is good, you know.

Un petit bonheur de chemin

Je revenais d’une charmante soirée passée avec une amie dans un resto près de chez toi. Je venais tout juste d’enfourcher mon BIXI – la station de vélos la plus près était au coin de ta rue – en me disant que j’allais « innocemment » passer devant chez toi. À peine deux révolutions et trois mètres en direction de ton appart que je changeais d’idée et faisais demi-tour, au nom de ma santé mentale. Et comme ces choses-là arrivent au moment où on s’y attend le moins, tu étais là, à pieds, tournant le coin de ta rue.

Nos regards se sont croisés et, hésitants, nous nous sommes arrêtés. Les salutations – à distance raisonnable – ont été « chaleureuses » et la discussion, très cordiale. Tu as pris de mes nouvelles, j’ai pris des tiennes. Comme d’habitude, on avait beaucoup de choses à se dire, naturellement, sans effort. Je m’intéressais à ce que tu disais, et tu étais attentif. On a même ri un peu. C’était un dialogue très casual, sans terrain glissant ou détonateur à portée de main. J’ai senti beaucoup de respect et même un peu d’affection. À un moment, j’ai conclu avec un « bon bin, j’vais y aller » parce que je commençais à avoir peur de ne plus pouvoir m’arrêter de parler, de m’enfarger dans mes pensées et que ça dégénère, comme trop souvent. On s’est dit « au revoir » comme on le dit à un ami et nous nous sommes éloignés.

J’ai évidemment réfléchi à ce qu’on s’était dit, à tes réactions, à ton rire magnifique. Juste un peu. Je t’ai trouvé beau, comme toujours. Malgré tout, t’avais l’air bored, avec un genre de « crissez-moi patience » dans le geste. Souriant, agréable et sincère, mais bored.

Plus je roulais et plus je pensais à ma propre réaction et j’étais fier de moi. Je t’ai parlé avec ouverture et simplicité, sans animosité ou rancœur, comme si j’étais rendu là. En fait, je ne sais toujours pas où j’en suis rendu, mais j’ai eu l’impression d’avoir fait quelques pas en avant sur mon petit bonheur de chemin.

Quand j’ai raconté l’épisode à un ami le lendemain, il m’a dit avoir vu des étoiles dans mes yeux, une petite étincelle de victoire. Et il a vu juste, parce qu’après toutes mes lettres sans réponse, mon espoir déçu, mes larmes répandues, tes silences convaincants, le retour du petit paquet, ton fameux texto – assez dégueu, merci – sur le principe de « passer à autre chose » et l’impression d’être devenu un débile mental à tes yeux, cette petite parenthèse m’a permis de me remettre résolument à marcher, la tête haute.

Tu ne reviendras pas, j’en suis presque convaincu aujourd’hui, mais avec cette courte discussion, je t’ai montré le Lulu que t’as connu et ça, pour moi, ça vaut plus que tout les retours inattendus.

Come On Eileen

Ce devait être la fête du printemps. Il aurait fait 18 degrés, on aurait ouvert la terrasse, sorti la table de pique-nique, fait le va-et-vient entre le dedans et le dehors, on aurait été fous comme d’la marde. Au lieu de ça, il a neigé mouillé, ça slushait, faisait frette. Qu’à cela ne tienne, on est organisé, un party du printemps sous la neige, ça s’est déjà vu, mettez vos bottes dans le corridor et venez vous réchauffer entre la cuisine et la salle à manger.

Ce soir-là, vous deviez être une 40aine de personnes de tous acabits : nouveaux amis, amis de longue date, nouveaux et ex-collègues, famille, un mélange éclectique de genres, de milieux et d’intérêts. Une belle crowd diversifiée. Le temps maussade ne vous a pas empêché de vous pointer, vous étiez au rendez-vous, comme si vous attendiez cette soirée depuis longtemps. Comme d’habitude, je ne vous ai pas tous beaucoup parlé, me promenant de l’avant en arrière, m’assurant que tout le monde s’amusait, buvait et aimait ce qui se passait. J’ai ri avec quelques-uns d’entre vous, pris un coup avec d’autres, consolé un ami, bitché le passé et géré, avec deux grandes âmes, un type un peu trop bourré ruminant son incohérence à genoux dans la neige.   

Malgré la foule clairement dégourdie et la musique d’ambiance, ça vous a pris un certain temps avant d’enflammer la place. Il a fallu faire tourner « Come on Eileen » pour que le feu prenne! Vous vous êtes mis à danser les bras dans les airs comme s’il n’y avait pas de lendemain. J’aimais ce que je voyais, de belles personnes qui savent faire la fête, avec naturel et générosité. Vous étiez magnifiques à regarder.

Et à ce moment-là, je me suis estimé chanceux de vous avoir dans ma vie, de près ou de loin, que vous soyez là, avec moi et un peu pour moi, du bonheur plein les bras. C’est beau, la vie. 

Je n’y ai pas échappé, j’ai pensé à toi, juste un peu. Sur cette chanson, j’aurais bien aimé faire briller les étoiles dans tes yeux. À la place, j’ai répandu mon amour en sourires et en éclats de rire aux gens qui étaient là. Ils étaient contents, eux.

Avec tout ça, on a fait revenir le printemps. Quand je me suis levé ce matin, la neige avait fondu, le vent soufflait les odeurs de la nouvelle saison et le soleil brillait dans toute la maison. Je me suis dit que c’était un peu grâce à vous. En tout cas, dans ma tête c’est le printemps et c’est certain que vous y êtes pour quelque chose…