Il y a quelques semaines, j’ai été passif-agressif dans un texto. J’écrivais à un gars qui me plaisait et qui, je le croyais à ce moment-là, s’intéressait à moi aussi, minimalement. Je me trouvais comique, mais je savais que c’était border. Rendu là, c’est généralement signe que la personne ou la situation m’importe. Ou me gosse, c’est selon. Mais c’est jamais bon de faire ça. Ça donne rarement un bon résultat. Bref, je l’ai fait quand même. Moitié sérieux, moitié funné.
Ça dit : « Alors que la soumission est perçue comme inacceptable, l’autonomie – son opposé – est source d’anxiété. La personne est donc dans l’impasse : elle ne veut ni se soumettre, ni s’émanciper. Ainsi la résistance indirecte devient la voie de contournement, la moins pire des solutions. ». Intéressant.
Je note.
J’ai établi (scientifiquement pis tute) que pour trouver un dude stimulant, ça en prend 8 qui frenchent mal, qui baisent mal, que t’aurais préféré ne pas ramener chez toi, ne pas rencontrer finalement, qui sont inintéressants, ennuyants, pas drôles, pas mon genre. C’est beaucoup de monde à dater. Beaucoup de moments dull à passer.
Pis l’hiver dernier, j’ai eu le dating en horreur. Je ne datais pas. Je me tenais loin de tout ce qui avait une bite susceptible de bouleverser mon quotidien. Je n’avais pas d’énergie, pas d’intérêt, pas de temps. L’été arrivé, ça s’est amélioré et j’ai recommencé à butiner avec la confiance du conquérant. Et de tous ceux qui sont passés à l’interrogatoire, deux ont vraiment attiré mon attention.
Spécimen #1 : Juin. On s’est vu trois fois. C’était toujours agréable, drôle, sexy pis tute. Le vendredi – tous les vendredis – je cessais d’exister pour lui jusqu’au lundi matin. Genre, zéro nouvelle jamais. Pis notre dernière rencontre était akward. Son textage intempestif au cinéma a sonné une deuxième cloche. Faque je lui ai posé la question : « ça s’en va tu quelque part? ». Non? Fine. Babaille.
Spécimen #2 : Août. On s’est rencontré à Pride, le dernier soir. On s’est frenché, pis refrenché pis refrenché encore. Comme des adolescents. On s’est vu le mardi suivant. Fort agréable. Le lendemain, il passait me voir au café. TOUT ALLAIT BIEN. J’avais l’impression d’être riche. Pis là, il est parti une semaine en voyage, il est revenu, m’a texté, c’était cute, il est reparti, une autre semaine, je l’ai texté, c’était cute, il est revenu et rien. Tout ce maintien en haleine pour fuck all. Faque je l’ai texté, gentil, avec une question qui sous-entendait « c’est le moment d’être honnête ». I have a crazy weekend and week coming. Me semble, oui. Le vin qu’il a laissé à la maison était même pas bon. Fucker.
On rigole, on rigole, mais je suis loin d’être chill avec ces situations. Quand je suis vraiment intéressé et que j’ai des signes probants de l’intérêt de l’autre, je deviens rapidement vulnérable. Je perds le contrôle de mon contrôle habituel et je deviens anxieux. Tout mon corps se met en mode « catastrophe annoncée ». J’ai envie de le revoir, je le dis, je me manifeste, mais on me dit aussi de jouer la game et ne pas rappeler/texter tout de suite, de me faire désirer, de faire l’indépendant i.e. de me crisser de l’autre. Fuis-moi et je te suivrai, suis-moi et je te fuirai. Dicton de MARDE. J’essaie, mais ça fait que je me mets en mode attente. Faque, contrôle perdu, je dors mal, j’ai chaud, j’ai pas faim, je suis incapable de me concentrer sur quoique ce soit, je refresh Instagram au 8 secondes, j’angoisse. Littéralement.
De l’ESTI d’MARDE.
Et là, j’en parle autour de moi. Je vide le sujet. Encore et encore. Sans doute pour essayer de mieux me comprendre moi-même, de trouver des solutions pour que ça ne se reproduise jamais. Les histoires se répètent, seuls les noms des personnages ont été modifiés. Pis tout le monde a son opinion. Sur le gars, la situation, moi. Certains pensent que je tombe amoureux de tout ce qui bouge. Je dirais plutôt que je m’intéresse beaucoup. Quand il y a des papillons d’impliqués, faut les laisser voler. D’autres me calment les nerfs avec raison et doigté. Personne ne comprend mon état. Moi non plus. Je les plains de m’écouter. Je me plains de réagir comme ça.
Pourtant, j’ai de l’expérience en dating (et en couple). Je devrais être capable d’arrêter de capoter pour les fuckers qui ne rappellent pas. Je devrais avoir compris que si c’est pas simple, c’est un big no-no.
Avec tout ça, j’ai aussi récemment réalisé que je suis super bien seul. J’adore passer du temps chez moi, dans mes affaires, regarder Netflix, flâner en bobettes, dormir seul, pêter fort, me réveiller seul, aller au resto seul. J’aime être avec moi-même. Pas d’obligation, pas de non-dit, pas d’incompréhension, pas de chicane. Je fais ce que je veux, quand je veux. BON-HEUR.
Mais présente-moi le 9e gars, beau, grand, intéressant et intéressé (un mégas crush, là), qui me raconte des belles affaires pis qui baise comme un dieu pis je suis tout chamboulé. Je suis prêt à donner, à recevoir, à apprendre à le connaître, à m’ouvrir aux possibilités. Ouvrir mon cœur tranquillement. Me semble que c’est normal. Me semble que c’est un peu ça, rencontrer. Sinon, à quoi bon l’essayer ? Je suis rendu là. Je me sens prêt. Pis là, je me dis que je devrais juste être moi-même. Ce serait le conseil que je donnerais à tout le monde. T’as envie de l’appeler, appelle-le. S’il aime pas ça, c’est que c’est pas le bon. Oser être imparfait et le montrer.
Il y a deux règles FONDAMENTALES : 1 / un gars intéressé rappelle et 2 / c’est supposé être simple. S’il ne rappelle pas et que c’est pas simple, c’est que c’est pas ça.
Écris ça quelque part.
C’est à ce moment précis que je me rappelle les douces rencontres que j’ai eu avec mes exs. La simplicité avec laquelle on s’est mis à marcher dans la même direction. L’intérêt, le respect, l’attention et l’affection qu’on se portait. C’était mutuel, simple et vrai. C’est ça que je veux. Pas rusher pour un sexy inconnu. C’est pas supposé faire mal.
Ça se peut que je sois rapide sur la gachette. Ça se peut. Je suis intense, tsé. On me l’a tellement répété. Mais ça se peut aussi que le gars qui va partager ma vie doive aimer ça. Je n’ai pas envie qu’on m’aime pour ce que je ne suis pas. Je ne jouerai pas de game. Si je suis intéressé, tu vas le savoir. Pis je vais être intense. Pis funné. Si je ne le suis pas, je vais essayer d’être clair. Et je ne serai pas le « back pocket choice » de PARSONNE. Je me dis ça d’même. Je me le répète souvent.
Vole maintenant, petit papillon.