L’amour ça fait pleurer

Semaine de la Fierté oblige, quelques coming out sont à l’affiche sur un Facebook près de chez vous.

Je viens d’ailleurs de voir le vidéo d’un youtubeur québécois dans lequel il annonce à ses fans qu’il est gay. À priori, pour ceux qui le connaissent, c’est une non nouvelle puisque tant de gens sont déjà au courant. Mais pour lui, de se mettre à nu devant ses abonnés, après des années de discrétion volontaire, c’était une grosse étape. Parce qu’il y a encore un risque. Un risque de rejet, de moqueries, d’homophobie. Et au moment où il l’a dit, il a pris une pause et ses yeux se sont remplis d’eau. Parce que, pour l’avoir vécu moi-même, avec l’immense ouverture d’esprit, l’accueil et la compréhension dont sait faire preuve ma famille, faire une telle « annonce » vient avec une trolley d’inquiétudes. Ça replonge dans tout le processus de réflexion amorcé souvent très très jeune, à un âge où on ne devrait jamais se sentir à part ou différent. Ça fait remonter à la surface des souvenirs surtout laids. Ça rappelle que c’est encore un obstacle au progrès pour certains et contre-nature pour d’autres. Ça met en lumière le possible rejet, l’abandon des loved ones. Ça rappelle qu’on s’est déjà fait traiter de fifs, qu’on s’est déjà senti féminin ou tomboy pour rien, qu’on s’est fait pointer du doigt pour avoir été fragile ou pas nécessairement à la hauteur de ce qu’un gars ou une fille devrait être.

Maudite hétéronormativité.

Pis ce matin, puisqu’on est dans le thème, j’en ai vu un autre où un jeune américain annonce à sa mère qu’il est gay. Et il pleure de peur, d’angoisse, de désespoir et elle, le cœur gros comme la Terre, lui répète que RIEN au monde ne pourrait l’empêcher de l’aimer tel qu’il est. On sait tous que ça devrait toujours être comme ça.

Reste qu’on a tous eu cette peur d’être rejeté. Par notre famille en premier lieu. Ceux avec qui l’amour devrait être inconditionnel nous apparaît incertain au moment de s’avouer. Viennent après les amis, qu’on espère compréhensifs et assez ouverts d’esprit pour nous accepter au-delà de cette « différence » qui au fond, ne regarde que nous et ne change en rien qui nous sommes. Puis, plus tard, au travail, la peur de perdre son emploi parce qu’on se dit gay ou lesbienne ou queer ou transgenre. Tout ça parce que le/la boss croit dur comme fer que les hommes aiment les femmes et font de bébés, point.

Pourquoi l’amour ça fait pleurer ?

Le youtubeur en question est en couple depuis deux ans. Avec un homme. Ils semblent s’aimer, ils doivent être heureux, leurs amis sont sans doute heureux pour eux, pourquoi cette impression d’avouer quelque chose d’inavouable ? Pourquoi cette peur ? Il me semble qu’avec tout le chemin parcouru, on ne devrait plus avoir peur. Le geste devrait être naturel : « tu en couple ? oui, je te présente mon chum ». Mais non. Comme il existe encore des white supremacists malgré l’horreur nazie, il existe encore des homophobes et autres phobies liées à l’orientation sexuelle.

Être gay au Québec en 2017 et l’avouer au monde entier peut encore sembler être un fardeau pour certains.

Pourtant, on est rendu loin dans la « normalisation » de l’homosexualité au Québec et au Canada. La célèbre phrase de Trudeau père qui faisait voter le projet de loi omnibus modifiant nombre de passages du code criminel en 1969 : « l’État n’a rien à faire dans les chambres à coucher de la nation » était le début d’une longue (lente, mais certaine) série d’améliorations pour la communauté LGBTQ2.

Et où on en est aujourd’hui ? À continuer le combat, puisque c’est bien ce dont il s’agit. On se bat pour la liberté de ceux qui ne l’ont pas, contre l’exclusion en tous genres, contre la violence gratuite, contre la haine. Un festival de la Fierté ou Gay Pride ici et ailleurs dans le monde, dans les mégapoles ou dans les petites villes, sont autant de raisons de saluer la diversité et de faire comprendre aux haters qu’on existe et qu’on ne se cachera plus. On s’expose, parfois à outrance, juste pour ça. Parce que la différence EXISTE, que c’est BEAU et INSPIRANT et que tout le monde doit le savoir. On est heureux, on a des jobs, certains fondent des familles, on apporte quelque chose à la société, comme TOUT LE MONDE. Mais surtout, peu importe notre couleur, notre orientation sexuelle, nos choix, nos envies, on est tous HUMAINS.

Hier, au T-Dance du parc des Faubourgs, il y avait de tout. Il y avait même quelques familles hétérosexuelles avec des enfants en bas âge venus fêter la diversité ou simplement profiter de la musique et de l’ambiance. Ces parents-là, peu importe la raison de leur présence, vont faire grandir des enfants avec les yeux grands ouverts sur le monde et le cœur sur la main. Simplement parce qu’ils dansaient tout sourire sous les couleurs du drapeau arc-en-ciel. Et ça, ça ne peut être que le prélude à des jours encore meilleurs.

Un jour peut-être, toi et moi, on ne sera plus différent. Toi et moi, peu importe qui tu aimes, ce sera beau. Un jour peut-être,  les gens comme moi n’auront plus besoin de faire leur coming out et que l’amour ne fera plus pleurer.

 

Love & happiness

J’étais à la piscine récemment. La piscine Fullum, celle où y’a full tapettes. On y va pour prendre du soleil beaucoup, pour se baigner un peu, mais surtout pour zieuter les beaux messieurs qui se pavanent autour de la piscine. Le plus souvent, ils sont dotés de muscles (présents ou en devenir), de beaucoup d’attitude (utile ou inutile) ET d’un maillot fort avantageux (ou pas). C’est bin l’fun. On se fait regarder aussi. Pour se faire juger et/ou désirer et/ou les deux. C’est à la fois grisant et intimidant. Bref, ça coûte juste 5 piastres, on serait fou de s’en passer.

Faque j’ai croisé du monde que je connaissais. J’ai eu une discussion avec un ami sur les couples ouverts. Honnêtement, je ne sais plus trop quoi en penser. Quand j’ai fait mon coming out, l’idée même du couple ouvert m’apparaissait absurde. J’en connaissais quelques-uns pour qui c’était une réalité en apparence fonctionnelle, mais l’ensemble (en apparence toujours) me semblait plutôt fragile. Et la même question me revenait sans cesse en tête: pourquoi (mais genre POURQUOI?!??!) rester en couple, prétendre s’aimer, si on a besoin de sauter la clôture et le voisin aussi souvent ?

Ma question est légitime.

Ce qu’on nous a brainwashé, petits enfants occidentaux, ressemble plus au couple Walt Disney : Cendrillon pis le prince charmant. Euzes, ils se marient, vivent heureux et ont beaucoup d’enfants. Nulle part dans l’histoire ça dit qu’après un certain temps, dans beaucoup de cas, le couple s’accommode, fait des compromis à s’en pêter la tête su’é murs, se tape su’a d’jeule de temps en temps et se désire moins sur ♫ the long and winding road ♫. Dans ma tête de kid émerveillé par les belles affaires jusqu’au début de la trentaine toujours aussi émerveillé par les belles affaires, je pensais dur comme fer qu’une relation monogame, heureuse et passionnée était possible jusqu’à ce que la mort nous sépare. Ça arrive, je nous le souhaite tous, j’en ai croisé quelques-uns qui, de l’extérieur du moins, semblent jouir d’une symbiose déconcertante et d’un amour inconditionnel à faire envie. Ouverts ou pas (je précise).

Maintenant, plus près de la quarantaine (allô), j’entrevois la chose différemment. Je crois que malgré tous les efforts du monde, le couple éternel disparaît tranquillement (j’avais envie d’écrire « n’existe plus » haha). Les enfants, l’hypothèque entrecroisée (si, si), le chalet, le compte conjoint ET l’ouverture du couple m’apparaissent parfois comme des incitatifs pour s’accrocher plus longtemps (ou pour s’obliger plus longuement). Mais c’est peut-être aussi ça, « bâtir » une relation. Ça évolue. TOUT SE TRANSFORME. Ce sont peut-être les étapes « normales » d’un couple « normal ». C’est peut-être moi aussi qui ne comprend rien. Je ne sais pas, JE ME QUESTIONNE (sur tout, tout l’temps, même en dormant, you know). Je constate d’ailleurs que les couples ouverts ET verbaux ne me semblent pas tellement plus heureux que la moyenne. Parfois oui, mais souvent non (mon humble avis). On peut admettre cependant qu’ils doivent jouir d’une plus grande honnêteté entre eux et justement, jouir plus souvent.

Par contre, j’arrive de Provincetown, la gay city, où j’ai croisé un char pis une barge de couples fifs MARIÉS avec ENFANTS. Le même monde qu’on croisait à la plage avec leu’ zenfants, se retrouvaient au Boat Slip pour le 5@7 (19h tapantes, pas une minute de plus), à la A House (jusqu’à 1h du mat’) et au Spiritus (le last call pour le booty call). Un de ceuze-là a même affirmé « we have a nanny 24/7 and it worths every penny« . Fair enough. Pourquoi pas. Genre, de kessé que j’ai à me questionner là-dessus. Z’ont de l’argent, des enfants, sont mariés pis ils ont envie de faire la fête, why not?!

C’est à eux les oreilles.

Me suis fait dire par mes amis plusse vieux que j’étais conservateur dans ma manière de voir le couple. Sans doute parce que je n’ai pas arrêté d’en parler et que visiblement, ça créait un tourbillon de pensées contradictoires. Je sais pas man, moué, mes parents ne faisaient pas la fête jusqu’à la fermeture des bars ET ne flirtaient pas avec des zinconnus rencontrés sur la rue (enfin, je ne le sais pas, mais je suppose que non…MÔMAN?!). Maaaaaaiiiiiis, après avoir mijoté tout ça, peut-être auraient-ils aimé en avoir la possibilité. Peut-être, je dis bien PEUT-ÊTRE, que c’est le secret d’un meilleur bonheur ou d’un bonheur plus sain. Y’a personne à part Dieu-l’imposteur qui a dit oui à la monogamie. C’est toute de sa faute si ça existe. Si tout est fait dans le respect, avec franchise, d’égal à égal, sans cachette, que chacun y trouve son compte, ok, je me dis.

Tout est dans ma balance pis je suis pas mal ouvert à tout. Je sais que certaines situations vécues par le passé au sein de certaines de mes idylles ne me rendaient pas confortable. Est-ce que c’était moi, mes valeurs, mon manque de confiance en moi, l’autre, son comportement, mon niveau de confiance en lui et/ou en ses sentiments? Tout est une question de perception et de perspective je crois bien. Il y a matière à travail.

J’écris pour écrire, mais tout ce qui précède ne signifie pas que le couple ouvert sera plus éternel que celui qu’on connaît plus formel, mais peut-être qu’il se donnera le plus de chance possible de l’être.

On jase, là.

L’effort de la liberté

Allo. Ça fait un bout de temps. J’ai convenu avec moi-même de ralentir les écrits pour éviter de me répéter. Parce que tsé, ma vie depuis La Brume, ça rime pas mal toujours au même. Cela étant, j’ai eu quelques réflexions récemment dont j’avais envie de vous faire part. En voici une (autre).

Dimanche dernier, je suis allé bruncher avec un type devenu ami que j’ai connu au café. Un chic type qui traverse une passe vraiment pas facile. J’ai failli annulé, comme je l’ai fait si souvent récemment. Avec lui, avec d’autres, avec pas mal de monde. Ça ne me tentait pas. De quoi, c’est pas toujours clair, mais j’avais plus ou moins envie de parler pour parler. Mais j’ai pas annulé et j’y suis allé. Ça m’a fait du bien.

C’est un détail vous me direz, mais pour en avoir discuté avec ma partner, on a un peu l’impression d’être négatifs quand on voit du monde. Faque on annule pis on se cache dans nos maisons. En fait, on l’est un peu sans le vouloir, parce qu’on parle souvent de ce qui se passe au quotidien et ça revient un peu toujours à faire revivre les quelques frustrations qui vont et viennent. On a du fun tout plein, on aime ce qu’on fait, on ne ferait rien d’autre (en tout cas, pas en ce moment), mais ce qui ressort régulièrement ce sont les trucs qui gossent comme l’argent, la gestion du personnel et l’équipement qui pète (bis). Et voir du monde, à l’extérieur de notre sphère un peu trop étanche, ça signifie parler de notre job au moins un peu. Donc d’être possiblement négatifs.

J’ai pas envie d’être négatif.

Donc, dans les derniers mois, j’ai refusé / annulé tout plein de rendez-vous avec des amis proches et moins proches surtout dans l’expectative de devoir répondre à la câlice de question « comment ça va au café? ». C’est fin, ça veut dire qu’ils s’intéressent, que ça leur importe, mais ça m’oblige à parler de la seule chose qui occupe ma vie et dont je n’ai pas vraiment envie de parler parce que j’en parle tout l’temps : MA JOB. En plus, j’ai beau expliquer le pourquoi du comment, la majorité des gens ne peuvent qu’imaginer la marde dans laquelle on patauge parfois. Pis je dois don’ avoir l’air exagéré (je le suis, tiens toi le pour dit). Bref, je n’ai plus de repères professionnels avec les amis comme j’en avais avant. Ça reste que ça isole un peu, l’entreprenariat : horaires atypiques, manque de moyens financiers pour suivre le groupe dans ses aventures, redondance des sujets de conversation, problèmes vécus au quotidien difficiles à cerner, petites victoires difficiles à mesurer.

Je vends toujours bin yinke du criss de café.

Par contre, si on se croise dans un bar, sur la rue, au repos ou dans les loisirs (♬♪ une Mars aide à vous soutenir ♪♬), ça se peut que j’en parle, mais ça viendra naturellement. Je n’aurai pas cette pression du tête-à-tête-parle-moi-de-toi-ça-fait-longtemps-qu’on-s’est-vu. Et cette fâcheuse impression de lourdeur.

C’est l’idée de « devoir » en parler qui m’effraie. Ça peut paraître niaiseux parce qu’on sait tous que je finis toujours par en parler, mais c’est pas pareil. C’est moi qui « décide ». Pis généralement, j’essaie de ne pas le faire trop longtemps parce que je sais que radote.

Je sais que je vais finir par revenir à la raison. Peut-être pas tout de suite et peut-être pas avec tout ceux que j’ai un peu malgré moi repoussés / négligés, mais au moins avec certains d’entre eux. Un tinami à la fois. J’ai envie de ne plus être pris dans ma tête d’entrepreneur pauvre, angoissé et fatigué. Avant tout ça, j’avais un horaire de premier ministre. J’allais et venais dans toutes sortes de soirées. J’entassais le monde autour de ma table pour faire la fête. Là, sans revenir à ce brouhaha parfois étourdissant de jadis, j’ai envie de voir un peu plus de monde, du beau et bon monde, du monde souriant pis de les entendre me raconter leurs affaires drôles pas drôles. Pis en rencontrer du nouveau. Un peu. Juste pour dire que je tourne pas trop autour de mon pot.

Je les aime tous ces gens dont je refuse les invitations. Je les aime d’amour souvent. Je ne suis juste pas encore tout à fait prêt. Le temps et les circonstances nous ont un peu beaucoup éloigné et je ne feel pas encore l’idée du catch up. Parce que se revoir après autant de temps équivaut à récapituler le temps passé. Pis ça me tente moyen. J’ai aussi espoir que beaucoup de ses « retrouvailles » se feront un peu par hasard, ici et là.

Ça s’rait l’fun.

En ce moment, c’est souvent plus simple de niaiser sur mon sofa devant un épisode ô combien exagéré et pas crédible de Homeland, mais je me promets d’accepter une petite invitation par-ci, par-là. Même si à priori, sur le coup, je risque de ne pas en avoir envie. CHANGE D’AIR, ESTI.

Je sais que tout ce que j’ai à faire, c’est de répéter l’expérience de dimanche dernier : faire un effort. Parce qu’à force de ne pas en faire, on finit par ne plus en faire du tout. Et que comme dirait l’autre : « l’effort librement consenti rend libre ».

YOLO.

 

De fil en aiguille

Encore une histoire de job. Une triste, un peu.

Notre voisine de commerce, Michelle, vient de nous annoncer qu’elle jetait l’éponge. Après cinq années d’espoir, d’idées, de sacrifices, d’énormément de travail, elle a décidé de fermer boutique. For good, qu’elle dit. Elle semblait sereine. Elle était d’un calme olympien quand elle nous l’a annoncé. Souriante pis tute. Sa décision a été réfléchie, murie, retournée dans tous les sens. Parce que mettre un terme à un rêve tenu à bout de bras pendant aussi longtemps, ça demande BEAUCOUP de réflexion. Et de temps.

Je ne le répèterai jamais assez : être entrepreneur, c’est ultra valorisant, c’est grisant même, mais c’est aussi super duper insécurisant. À moins d’avoir choisi un domaine automatiquement rentable. Et encore. On a une cliente avocate qui, après deux ans de pratique, mange encore ses bas (c’est presque littéral). Une entreprise, ça reste toujours insécurisant à certains égards. Les comptes n’arrêtent jamais de remplir la boite à lettres. C’est la même chose qu’à la maison avec des montants multipliés par 10. Quand ça va bien, tu bûches pour que ça continue pis quand ça va mal, tu bûches pour que ça change. Esti.

Ce sont les maudits sacrifices qui n’en finissent plus qui gossent. Et la solitude. D’ailleurs, elle nous a dit que c’est ce qu’elle avait trouvé le plus difficile ces cinq dernières années. Les sacrifices et la solitude. Se retrouver seule dans sa boutique. 60% du temps. Et le fait de ne pas être capable de se payer un minimum et de profiter un tant soit peu de la vie. Elle a, fort heureusement, une copine adorable et moralement solide qui la supporte à fond depuis le début. Comme un phare qui la guide la nuit. Mais un man’né, ça ne suffit plus. Vient un temps où l’entrepreneur dévoué a besoin, comme tout le monde, d’un peu de récompense. Et quand la récompense ne vient jamais, le sourire des clients ne donne plus assez de gaz pour continuer.

On en a souvent parlé elle et moi. Sur le trottoir. Dans sa boutique. Dans notre « backstore ». Sous un soleil de plomb ou sous la pluie. Toujours avec le même degré de compréhension et d’ouverture. De l’affection même. C’est comme une collègue de travail, au fond. Pas le même domaine, mais les mêmes issues. On s’est souvent dit qu’on avait un deadline. Le mien est plus loin que le sien, évidemment, mais elle avait déjà quelques années et des poussières derrière la cravate. Chaque fois, je lui disais : « Tu pourras toujours dire que t’es allée au bout de ton idée. Tu l’as fait pis t’as tout donné. » Comme chaque entrepreneur.

Quand on nous parle de notre commerce, on nous dit souvent : « ça va bin vos affaires, c’est toujours plein! ». Et je réponds souvent qu’on est chanceux. Parce que derrière chaque entreprise, il y a évidemment beaucoup de travail et de décisions – bonnes ou mauvaises – mais il y a aussi beaucoup beaucoup de chance. Parce que chaque idée a le potentiel de fleurir. Ça dépend souvent juste du terreau. Parfois, la terre est pas fertile. T’as beau arroser, y’a rien qui va pousser.

Ce qui m’a le plus secoué de sa nouvelle, c’est la réaction de ma partner. Elle pleurait. Parce qu’on perd une voisine exceptionnelle, une fellow entrepreneure devenue amie. Pis parce qu’elle a réalisé que no matter what, c’est pas toujours toi qui décide de la finalité de ton aventure. Oui, mais non. Les circonstances le font souvent beaucoup à ta place. La réalité te rattrape et te fouette. Ça m’a bouleversé de la voir comme ça. Parce tous les jours tu pries l’Univers pour que ça finisse par rouler rondement. Mais pour certains, comme pour Michelle, malgré tous les efforts et toutes les incantations, de fil en aiguille, ça ne fonctionne pas.

Meh.

Good luck, gorgeous! You’ve done your best. You are the best. Take that well-deserved break and ENJOY life. You know, the one with money 😉

De la fonte et des hommes

Récemment, suite à quelques séances de gonflette dans un environnement hostile et douchebags oriented, j’ai eu envie d’exprimer haut et fort mes recommandations pour le gars-qui-passe-sa-vie-au-gym, le gym queen par excellence qui s’entraîne fort avant les vacances, celui un peu trop bruyant et vocal, celui qui veut qu’on sache qu’il existe et qu’il force pour la peine, celui que tout le monde a déjà croisé ici et là, au gré des poids.

En cette ère d’individualisme chronique, ode à toi, douchebag de fond de gym.

[1] Si t’es pas capable de retenir la colonne de poids de ta machine à la fin de ton exercice c’est peut-être que c’est trop lourd pour toi. En fait, c’est clairement trop lourd pour toi. Tu sais qu’un exercice bien réalisé est généralement contrôlé du début à la fin, oui? Si t’as mis le bon poids pour toi, évidemment. Pis les guides sur lesquels glissent les plaques de fonte sont un peu faits pour ne pas que tu les garoches dans tous les sens. C’est logique, il me semble. Donc, le bruit du métal qui claque quand tu les laisses nonchalamment tomber comme s’il n’y avait pas de lendemain fait sursauter tout l’monde et ça me rend généreusement agressif. C’est désagréable. C’est plate que tu ne t’en rendes pas compte et que tu continues, inlassablement. Pis tsé, c’est pas parce que tu fais beaucoup de bruit au gym que ça va te donner plus de muscles. C’est pas une cause à effet. Pis ton air suffisant suite à ton crime (oui, c’est un crime) te donne juste l’air un peu plus con. Tu comprends, dis?

[2] Tu n’es pas dans ton salon, chez tes chums ou dans un bar. Toué avec tes gym queens de bums, tu parles fort, tu ris fort, et tu le fais souvent d’un bout à l’autre de la pièce comme s’il n’y avait personne. Tu déranges tout l’monde et ce que tu dis est pas intéressant pour personne. Pas du tout, en fait. T’es même pas drôle. Et c’est pas parce que tu ris ridiculement fort que ça le devient. BAISSE LE TON.

[3] Prendre trois serviettes pour réserver trois machines et/ou bancs simultanément pendant tu fais TON programme est l’antithèse du partage et de la vie en communauté. Faire de l’attitude parce qu’un confrère outrepasse ton planning de marde rend ton comportement un brin plus ridicule. C’est toi qui es dans le tort, sache-le. Offre gentiment de partager l’espace-qui-appartient-à-tout-le-monde pis tute va bien aller. Si au moins il y avait chez toi l’ombre d’un changement corporel depuis le temps que tu gosses – tu dois être là TOUS les fucking jours – ça pourrait être un peu (je dis bien UN PEU) acceptable. Mais non, tu ne changes pas, ce ne l’est donc pas.

[4] Une ceinture lombaire aide à la performance, à réduire la tension sur la colonne vertébrale et à améliorer les mouvements pour ceux qui lèvent BEAUCOUP de poids. Ceux qui s’adonnent à l’haltérophilie, en l’occurence, pas à la gonflette d’apparat comme toi. À la quantité de poids que tu NE mets PAS sur ta barre, elle n’est peut-être pas nécessaire. À moins que tu ne souhaites que l’on constate ton égo démesuré. Tu connais le complexe de Napoléon? Va lire là-dessus, c’est intéressant. À voir ta shape qui ne change pas d’un iota, toi qui s’entraînes jour après jour, c’est d’un entraîneur dont t’as besoin, pas d’une ceinture lombaire. Pis si t’as des problèmes de dos, un physio pourrait t’être vraiment utile. Une pause de gym aussi.

[5] Apprends à communiquer avec des mots et des phrases complètes. Si je te pose une question simple comme « est-ce qu’on peut alterner? », tu peux répondre simplement sans me dévisager ou me donner l’impression que j’ai tué ta mère. Tu peux dire « oui » ou « non » dans la langue de ton choix. Ça demeure une réponse acceptable, même sans verbe et complément. Un grognement n’est pas une phrase et un air bête n’est pas une réponse. Aussi, ENLÈVE tes écouteurs quand quelqu’un te parle au lieu de faire répéter trois fois et de faire passer ton interlocuteur pour l’idiot du village. L’idiot de la planète, c’est toi et t’es pas poli.

[6] Faire douze séries sur la même machine, à l’heure de pointe, c’est pas super. J’ai envie de l’utiliser moi aussi. Raisonnablement. Un peu. Pour un programme NORMAL. Oui, j’ai vu, il y en a deux autres similaires plus loin, mais c’est « la tienne » que je veux. Je l’aime, elle. Si tu veux, toi et tes interminables séries de programme-pas-de-bon-sens, monopolise-les, les autres machines. Pendant que tu gosses là-bas, moi pis mes amis-qui-poussent-de-la-fonte-en-commaunauté-de-partage, on va pouvoir continuer notre entraînement et faire autre chose de notre vie rapidement.

[7] Change d’air, esti. T’as l’air bête et ridiculement au-dessus de tes affaires. T’es au gym, pas en commission parlementaire. Ton air de bœuf ne te rend pas plus viril. T’as juste l’air suffisant et c’est pas une qualité.

[8] Tu ne paies pas plus cher que moi, on est sur le même pied d’égalité, BEHAVE.

[9] Je veux PAS être ton ami, ok?

—//—

À bien y penser, les points 1, 2, 3, 5, 7 et 8 peuvent aussi s’appliquer aux usagers de la STM. Avec légère modification.

Heureux d’un printemps

J’ai couru 8km hier. Une première course depuis septembre. Faisait beau, plus chaud que les 18 dernières semaines, j’avais le vent dans les jambes. Après une semaine de déluge glacial (avouez qu’on ne pensait ne jamais s’en sortir), ça m’a fait le plus grand bien, même hangover, tsé. Courir, comme faire du vélo la nuit, c’est un de mes moments préférés pour décrocher et mettre mes idées en place. Here we go again.

J’ai ressenti, depuis quelque temps, un intense besoin de vivre (ou de vivre dans le déni, c’est selon). Une rage qui m’empêchait de me cloîtrer chez moi les fins de semaine. J’avais besoin de sortir, même seul. Pour voir du monde. Pour me faire regarder. Me sentir vivant et séduisant. Penser à autre chose. Oublier le quotidien un peu. Les problèmes et l’absence de solutions, parfois. Juste prendre une bouffée de vie. J’ai donc convenu avec moi-même que j’avais le droit de faire tout ça pour ces raisons-là. Au nom d’un certain équilibre mental.

Pas nécessairement, mais plus souvent qu’autrement, j’ai opté pour des lieux de mauvaise vie. Pour m’enivrer un peu. Parce que l’effet de l’alcool sur l’âme, sur le coup, c’est agréable. Ça allège. Ça soulage. Ça banalise. Malgré la tête lourde et les bouffées de chaleur du lendemain. Puis, l’heure de fermeture arrivée, je rentrais chez moi seul, de préférence. Toujours debout, avec la majorité de mes facultés, juste pas assez pour conduire la voiture que je n’ai pas. Le taxi est une invention formidable dans ces circonstances. Même pas besoin de parler, juste de payer. Supercalifragilistique.

Je ne suis pas nécessairement sorti pour rencontrer. Peut-être qu’il y a eu, au fond de mon coeur, une petite lueur d’espoir, mais pas tant. Pourquoi, de toute façon, aurais-je voulu faire entrer quelqu’un dans ma vie un peu désordonnée de l’hiver qui vient de fondre et ne pas être capable de lui offrir ce qu’il mérite de mieux et moi-même en profiter? Quand j’ai eu envie d’affection, j’ai su où aller en chercher. J’avais juste envie de sentir qu’il y avait quelqu’un pas loin, que je n’étais pas seul, sans baiser. Il y a parfois eu plus, mais pour pas tant de fun et d’agrément, finalement. J’aime pas trop les one nights. Je n’avais souvent pas envie de ça, avec ces gars-là, à ces moments-là. J’avais un mini doute, j’ai tout de même procédé, mais j’aurais dû m’abstenir. En fait, j’ai envie que le vrai prochain, peu importe quand, qu’il soit là pour les bonnes raisons et que ce soit fait un peu fait de la bonne façon. Mettons que si je pouvais NE PAS le rencontrer sur Tinder, METTONS, ça pourrait être amusant. Je ne ferme aucune porte, cependant.

Donc, comme mentionné dans un précédent article, j’ai récemment manqué du coup d’pied dans l’cul nécessaire pour bin des affaires. Pour discuter abondamment et à tous vents, pour ouvrir mon coeur, pour partager mon quotidien un peu dull, pour régler des différends, pour entretenir plus de relations que je n’en ai déjà, pour les situations délicates et/ou sensibles. Maaaaaaaaaaaais, qu’à cela ne tienne, tout ce repli sur soi hivernal, ponctuel et désagréable semble tirer à sa fin. Du moins, pour certaines facettes de mon existence. Je fais plus d’activités valorisantes (j’ai commencé le ménage du printemps de mon appartement et un peu de jardinage de maison. C’est beau une plante qui pousse, qu’est-ce que tu veux que j’te dise). Je suis plus ouvert à discuter et même possiblement à rencontrer si la personne me fait sincèrement capoter (un gars qui sait frencher est un esti de bon prospect). Je suis aussi plus raisonnable dans mes sorties de mauvaise vie i.e. j’ai moins envie de sortir pour les raisons sus-mentionnées et plus pour avoir du fun bien entouré.

Avec tout ça, j’ai l’intention d’être plus réfléchi pour les prochaines étapes :

1. C’est bientôt l’été. Pas besoin de vouloir se matcher à tout prix avant le solstice. Pas besoin de vouloir se matcher du tout, en fait. Laisser le temps faire les choses et savoir saisir les opportunités. Le temps sait si bien faire les choses. Et je sais si bien saisir les opportunités :p

2. Ne pas se garocher dans les bras de n’importe qui pour un peu d’affection. Mieux vaut se réveiller seul que mal accompagné et devoir inventer une excuse boboche pour qu’il s’éclipse ou pire, avoir du sexe pour s’en débarrasser (aye, pas de jugement, on l’a tous un peu fait).

3. Rencontrer quelqu’un, ok, mais no way que ça peut tout chambouler dans mon quotidien du jour au lendemain. D’abord, ça ne peut juste pas arriver, j’ai bin trop d’affaires à gérer. Ensuite, il y a moyen de le faire plus sainement que par le passé. Être plu sain. OH. MY. GOD.

4. Il faut que soit SIMPLE sans être simpliste.

5. Be the best version of yourself, tsé. Faire du sport, penser à moi, me faire plaisir, rayonner, resplendir et sourire. Kin toé.

C’est tu pas un bel été en perspective, ça?

Mieux vaut s’abstenir

L’hiver tire à sa fin. Il a été difficile, comme toujours. Tout le monde en a plein son casque, comme toujours. Le manque de lumière, de chaleur, la nuit qui tombe après le chant du coq, ce n’est rien pour pour aider les photosensibles que nous sommes à garder le moral. Bref, l’hiver a été difficile et tire à sa fin. ENFIN!

Toujours est-il que j’ai eu le temps de réfléchir. Mon sport préféré.

Je fréquentais quelqu’un et l’histoire s’est terminée en février, comme vous le savez. Je n’ai pas vécu la chose comme les autres fois, mais je ne l’ai pas moins ressentie. J’ai eu de la peine, je me suis remis en question, je le fais encore. Mais je dors bien. Possiblement parce que je me suis respecté dans la décision. La situation ne me convenait pas, j’ai tiré sua’ plogue. Cela étant, ça ne signifie pas que c’est simple et/ou toujours facile. Cependant, cette situation en particulier a mis en lumière d’autres situations déchirantes.

Donc, à tout cela, s’est ajouté quelques « ruptures » amicales constatées. Sans dire que ces relations sont terminées, on s’est éloigné, perdu de vue, désintéressé, un peu malgré. À cause des décisions des uns, de certaines réactions des autres, de la chimie, de certains virages, de la vie. Juste la vie. C’est rarement un long fleuve tranquille. Des bouts de notre amitié se sont un peu effrités, elle s’est mutée, on a changé. Puis, là, on ne se voit jamais ou presque, on ne se parle jamais ou presque et personnellement, je ne fais pas trop d’efforts pour prendre les devants. Le truc, c’est que j’en suis rendu là : je n’ai plus envie de faire d’efforts. Pas qu’ils ne le méritent pas. Certaines de ces amitiés existent depuis plusieurs années, voire une décénie. Sauf que moi aussi, j’ai changé. J’appréhende les autres et qui je suis d’une manière un peu différente. Tout a tellement changé dans mon quotidien que c’est impossible que ça n’affecte pas mon Moi.

Donc, virgule, une situation m’a déplue, je l’ai adressée aux personnes concernées et je me suis retiré. Volontairement. Sans fracas. Sans drame. Sans rien. Je n’ai plus d’énergie pour gérer les situations potentiellement conflictuelles et/ou trop émotives. Plus d’énergie ou d’intérêt. Je suis à la recherche de calme, de sérénité, de paix. Je fuis intentionnellement les discussions trop sérieuses portant sur les relations entre humains. C’est compliqué, un humain. Parce que parfois, on ne se comprend juste pas. Et que ça ne sert à rien de pousser le bouchon. Mieux vaut passer GO tout seul, mais heureux.

Un jour, une vieille personne homosexuelle inconnue rencontrée dans un bar m’avait exposé sa vision des relations humaines. Après quelques minutes seulement, il m’avait sizé. Surprenamment. Il avançait qu’il préférait mourir incompris que de passer sa vie à s’expliquer. Wise. Clever. Indeed. Je ne comprenais pas à l’époque (j’ai maintenant le droit, à 36 ans, d’utiliser le mot « époque »), mais je comprends mieux maintenant. J’ai tellement écrit/parlé pour m’expliquer, qu’on me comprenne, en pesant mes mots, en choisissant le moment, la forme, le ton, en vidant mon coeur sur la table, en vomissant mes pensées. Parfois devant des gens qui n’écoutaient pas ou qui regardaient déjà ailleurs. Je me suis tellement époumoné pour qu’on me comprenne. Parfois pour rien. Souvent même, si on considère que beaucoup de ces personnes ne sont possiblement plus là depuis longtemps.

Pis là, je réalise que c’est bin correct d’être incompris, de ne pas toujours comprendre les autres et que tout est une question de perception et de perspective. Constat #3490.

Mon choix donc, l’abstention. Ce n’est pas de l’évitement. C’est le choix conscient et assumé de ne pas m’impliquer dans des relations que je considère trop compliquées ou sensibles ou toxiques ou l’ensemble de ces réponses.

Rien ne dit qu’on ne se recroisera pas sur ce chemin au long cours, mais pour le moment, on a pris des chemins plus ou moins compatibles. Chacun ses choix, ses bonheurs, sa route. Je suis heureux pour eux, je le suis pour moi. Peut-être le sont-ils pour moi aussi. Sans doute.

Pour le moment, j’ai mes propres shits à gérer. Je me concentre sur mon p’tit bonheur de chemin plutôt que sur celui des autres. La vie est remplie de surprises. Et je suis persuadé que je serai surpris.

Pasta gate

C’était un 23 février. Lui, moi, une allé d’épicerie et la pire crise de notre couple déjà amoché. Une crise de larmes, de mots durs, de je-suis-fucking-à-boutte, une éternité de distance entre nos coeurs et un point de non retour dans nos vies. C’était la fin.

Ce gars-là, ce n’était pas le coup de foudre dévastateur, mais c’était un excellent life partner. Le genre de gars avec qui j’aurais passé les vingt prochaines années. On parlait de tout, on essayait tout, on avait peur de rien. On s’obstinait tout l’temps, on se challengeait sur tous les sujets, on se poussait mutuellement vers le haut, enfin je crois. Il n’y avait pas de sujets tabous. On riait beaucoup. C’est tellement important, ça, dans la survie d’un couple.

On s’est rencontré sur Grindr. Une estie d’app sur lequelle 98% de la population tapette cherche une baise d’un soir ou deux. On a cherché pendant longtemps comment raconter notre histoire en omettant ce léger-pas-pire-gros détail. On a brodé toutes sortes de trucs pour finalement s’en foutre et se dire qu’on était l’exception qui confirmait la règle.

ll a tout fait pour me séduire. Il a laissé des cupcakes sur le pas de ma porte pour ma dent sucrée, de la tisane fancé pour mon sommeil léger, des baklavas au sirop d’érable pour m’impressionner. Il a été avec moi ce que j’avais essayé d’être avec les autres : un gentleman intéressé. Il s’est donné à fond parce qu’il me voulait. C’était beau, ça m’a inspiré, je me suis laissé tenter. Tout a commencé comme ça.

Est-ce que j’étais certain? Non. Est-ce que je me serais retourné sur son passage si on ne s’était pas woofé sur l’app? Possiblement pas. Quand on s’est daté le premier soir, il portait une espèce de veste molle un peu pâlotte et moi j’avais l’air bête/déprimé/triste/sûr de rien. Rien de vraiment attirant. Qui plus est, je venais de me faire flusher, 2-3 jours plus tôt (bravo! champion!). Mais il a gagné beaucoup à être connu. Exactement ce que je prêchais depuis des années : se donner une chance de se connaître. On passe trop souvent, trop rapidement au suivant. Bis.

Pourtant, parce que ça allait un peu trop vite pour mon coeur meurtri, j’ai reculé quelques semaines plus tard, ne sachant plus si j’avais envie de ça ou pas, continuant de cuver la rupture d’avant. Pas bin bin winner, je sais. Puis, re-intéressé, je l’ai invité le 31 décembre pour un parté. Après avoir frenché sur la « piste de danse », je lui ai proposé de rester pour la nuit. Et là, complètement saouls, bercés d’une douce musique, il m’a dit la plus belle chose qu’on a pu me dire : « promets-moi de ne jamais changer ». J’ai pleuré.

Puis, en ce jour du jugement dernier où tout c’est terminé devant les pâtes sèches de l’allée 4, il m’a dit que son coeur était fatigué. Ça signifiait qu’il ne ferait plus jamais d’efforts pour moi. Et que le ne-change-jamais n’avait plus cours. Ça m’a donné l’impression que ce qu’on avait vécu était un peu faux, lui qui prétendait tant m’aimer. Comment, quand on aime, est-il possible d’abandonner au moment où c’est justement le temps de donner plus de gaz? J’aurais été prêt à travailler. Lui non. The end.

Je ne l’ai pas tellement revu depuis. Sauf quelques fois tendues et maladroites. Je ne suis pas encore rendu là, je crois. Je ne sais pas si je serai rendu là un jour. Pour toutes sortes de raisons reliées et pas rapports, je suis encore fâché de cette finale inattendue. Mais je vais finir par en revenir.

En fait, ce qui me tracasse, c’est la rapidité avec laquelle il s’est rematché sérieusement. Et la vitesse folle avec laquelle il l’a présenté à ses parents. Vue la réaction de tout le monde, c’est comme si je n’avais jamais existé. J’ai cru longtemps que ça en disait long sur la place que j’avais occupé dans sa vie.

Mais il m’a écrit aujourd’hui pour me rappeler que ça faisait un an. Un court message sans conséquence accompagné d’un beau texte qu’il voulait me partager. Dans ce texte, l’auteure parle des relations terminées qu’on n’oublie jamais vraiment. J’imagine qu’à travers toute l’étrangeté du geste, il a voulu me faire comprendre que finalement, j’avais compté.

On dirait que ça m’a soulagé. Comme une certaine délivrance, un poids en moins sur ma conscience pas souvent en paix. En tout cas. Merci.

L’autre texte : https://voir.ca/chroniques/sale-temps-pour-sortir/2017/02/15/pourquoi-les-gens-attendent-ils-en-file-pour-dejeuner/

Cent fois sur le métier

I’m a mess.

C’est comme ça que je commence mon 100e texte.

Vendredi, on m’a dit que j’étais dur à suivre. Pourtant, on parlait de sujets simples. Si en discutant de trucs plutôt anodins on me dit que je suis difficile à suivre, ça doit être vrai. Qui plus est, si ça vient d’un inconnu qui tâte le pouls de mon existence autour d’une bière, ça se peut que ce soit assez proche de la réalité.

Donc, je transpire la contradiction en ce moment. Je dois dire que j’ai peine à me comprendre moi-même. J’ai un peu l’impression de tourner à vide. Et j’ai aussi l’impression de réparer le même pot que je casse chaque fois. Over and over.

J’ai peut-être juste besoin de calme pour revenir à la vie. D’une petite pause pour me ressourcer. De temps.

Je ne sais pas.

Je lui ai expliqué tout ça. J’ai encore des sentiments pour lui, mais je n’ai pas la force de courir. Je ne peux pas faire plus d’efforts que j’en ai déjà fait. J’en suis incapable. Ma tête, mon coeur et mon corps ne veulent pas s’entendre. C’est pour cette raison que j’ai suggéré qu’on ferait de meilleurs amis. Et bam! En voulant réparer le pot cassé, en voulant trop m’expliquer et être compris, je l’ai cassé de nouveau. Il m’a glissé des mains.

Câlisse.

Avec lui, ça faisait cinq mois.

Récemment, il m’a informé que je n’étais peut-être pas prêt à être en relation. J’ai d’abord fait fi de l’annonce : « voyons, t’es qui toué pour me dire ça? ». J’ai ensuite subrepticement réfléchi et j’ai compris. Effectivement, je ne suis pas tout à fait prêt. Je me sens prêt à rien, en fait.

C’est difficile à expliquer. Même si j’essaie de faire des phrases complètes avec des mots simples, ça s’explique mal. Faut le vivre pour comprendre, je crois. En somme, je suis fatigué. 93% du temps. C’est un constat que j’ai fait tellement souvent à la fin de l’année dernière que je n’ai plus le droit de le dire. On l’appelle affectueusement le « F word« . J’aimerais beaucoup qu’il en soit autrement, mais j’en suis incapable pour le moment. Même si la vie est une question de choix. Même si je suis positif la majorité du temps.

En gros, c’est ce qu’il m’a reproché : mon manque d’efforts, de présence, de patience et d’attention. Le reproche est justifié et je le comprends. On doit prendre soin d’une relation qu’elle soit naissante ou pas, je sais. J’ai essayé. À ma manière, différemment, en essayant de ne pas trop me prendre la tête, dans la mesure de mon gros possible. Et en ce moment, mon gros possible, c’est beaucoup me demander.

Je voulais, j’en avais vraiment envie, mais je n’étais pas prêt à faire des efforts surhumains là, tout de suite, jour après jour. What you see is what you get. Tu veux-tu?

Le travail – son organisation, sa gestion, sa progression, son instabilité, sa rentabilité, ses difficultés – me prend toute mon énergie. Je n’arrive pas à tout concilier. Mettons que je ferais un très mauvais employé/parent dans l’optique d’une conciliation travail/famille. J’ai une jeune entreprise encore. Elle fonctionne relativement bien d’elle-même, mais elle n’est pas encore autonome. Elle demande beaucoup de temps, d’attention et de compromis. Comme un couple. C’est dire que j’ai déjà un couple : ma job. (Ark! Je peux pas croire que j’ai écrit ça). Faque, le reste du temps, j’ai BESOIN de vedger sur mon sofa dans le calme de ma maison ou de faire la fête bruyamment pour avoir l’impression de vivre un peu. Et un peu pour oublier.

Je suis un peu aigri, aussi. Constat #4389.

Pour toutes ces raisons ci-haut énumérées, seul ou accompagné, j’ai besoin de légèreté, de simplicité, de calme. Une safe place. Quelque part.

Sivouplaît.

Ce que je réalise cependant, c’est que je ne peux demander à personne de comprendre ma situation ni de me suivre là-dedans. C’est beaucoup demander. C’est mon choix, ce projet-là. C’est pour cette raison que je n’arrive pas à entrer en communion avec les garçons à ce stade-ci de ma vie. C’est aussi pour cette raison que je l’ai laissé partir et que j’ai cassé le pot une enième fois. Sad story.

Je fais de la peine à un gars qui ne mérite pas ça parce que je suis incapable de me gérer. 

Honnêtement, je ne sais plus trop comment réagir. Malgré tout le positivisme dont je sais faire preuve face à mon quotidien incertain, je me sens un peu gelé. Un peu emotionless. J’ai réalisé une ambition en devant entrepreneur, mais c’est loin d’être toujours simple. Je dois toujours être présent, alerte, souriant, aimable et polyvalent. Je dois toujours garder la tête hors de l’eau et penser trois actions d’avance pour rentabiliser l’affaire. Ce n’est pas toujours très joyeux ni super amusant. On se bat avec pas grand chose pendant que la terre entière pige dans nos poches. Au final, on travaille comme des mongols pour pour très peu outre la satisfaction personnelle du travail bien fait. Mais hé! je n’ai pas de patron. C’est le prix à payer, semble-t-il. Et je ne me plains pas, nononononon, je constate. Le constat est juste parfois brutal.

I’m a mess, que je disais. Dans un océan de contradictions.

Voilà. Un de plus, un de moins, une autre histoire d’amour gâchée.

Pourtant je l’aimais celui-là.

—//—

Depuis 2011, j’ai réfléchi sur les rencontres, la politique, le théâtre, l’amour, les ruptures, les ruptures, les ruptures, l’amour. Je l’ai toujours surtout fait pour vider mon sac, pour moi-même, pour dompter mes pensées, sans attente aucune. Ce fut réconfortant. Chaque fois.

—//—

Un clown est devenu président des États-Unis. En faisant une campagne de rien. Avec du vide et des affaires laides. En méprisant, vilipendant, agressant des valeurs de bases comme le respect, l’honnêteté, l’entraide. On est rendu là. Le monde est un mess.

—//—

Pis Hillary, la people’s president, était là le jour de l’inauguration, fière, haussant les épaules de tout son souffle pour garder la tête haute et la dignité à flot. Bravo, Madam President. You’re the less of the mess. 

—//—

L’année commence. Comme ça. Avec quelques hauts et quelques bas.

Je l’ai trouvée devant ma porte

Ça fait quelques semaines que j’ai commencé à écrire ce texte-là. Je ne savais pas trop par quel bout le prendre, comment dire les choses, comme les voir non plus. C’est peut-être la grisaille de l’automne. Ou le fait que la frénésie de l’été ce soit calmée. Ou les deux. C’est peut-être juste moi qui réalise des affaires que je n’avais jamais pris le temps de réaliser encore. Ce que je sais, c’est que je ressens un truc nouveau. Et le mot que j’ai réussi à mettre sur mon état jusqu’à présent c’est solitude.

Pour en avoir parlé à quelques amis, je pense que c’est un « mal » relativement généralisé, mais canalisé différemment. On la vit tous, à un moment ou à un autre, à divers degrés, pour diverses raisons.

Admettre la solitude, c’est difficile. C’est comme une défaite. C’est comme ça que je le vis, en tout cas. J’ai pleuré quand j’en ai parlé avec un ami la première fois. Je trouvais que c’était inavouable. Surtout venant de celui qui fait toujours le party et qui a douze invitations pour une seule soirée. Ça paraît pas dans ta face que tu te sens seul, tsé. Et c’est encore plus difficile à admettre sans avoir l’air de vouloir faire pitié.

C’est étrange parce que je suis entouré de plein de gens toute la journée. Ce sont des clients, soit, mais j’ai développé un semblant de relation amicale avec certains d’entre eux. Ils me font sourire quand ils viennent et vont et quelques-uns, sans faire grand chose, apaisent le feu à l’intérieur quand il fait rage. Des petits rayons de soleil à travers la brume (tadah!). J’ai des amis aussi. Des proches, des réguliers, des occasionnels, des loins. Une famille. Un chum. Pourquoi, don’ ?

Le truc, c’est que j’ai l’impression d’avoir perdu certains repères pour fonctionner normalement en société. Mon travail, mon horaire, mes revenus, tout est différent de ce que je faisais avant et de ce que fait mon entourage. Ça devient compliqué de parler d’horaires, de paies, de revenus et de mes angoisses reliées à tout ça avec des gens qui ne peuvent que s’imaginer le casse-tête quotidien. Ça donne trop souvent lieu à des commentaires du genre  » y doit bin y avoir quelque chose que tu fais de pas correct ». Vraiment? Comme si je ne réfléchissais pas sans arrêt à des solutions pour garder la tête hors de l’eau ET avoir de meilleurs revenus. Voyons.

Comme conséquence, je me sens de trop dans trop de situations, pas à ma place, pas à la hauteur, pas suffisant. Ça et le sentiment de rejet vécu over and over parce que je l’ai bien laissé m’envahir, c’est vraiment un mélange super agréable. NOT.

Pourtant, je n’ai rien à envier à personne. J’ai des amis adorables, un travail stimulant, un horaire de rêve tout de même, un peu de temps de qualité pour moi, enfin. Mais depuis cette aventure de fou, mon monde a changé boutte pour boutte. Mon couple a éclaté, je vois moins mes amis, mon salaire à drastiquement diminué et mes dettes, généreusement augmentées. Je fais face à de nouveaux types de choix, comme celui de choisir de ne pas aller au resto avec des amis ou de manger avant, moins cher, pour éviter de me vider les poches. Avant, j’avais de la marge de manœuvre. C’est temporaire, que je me dis, mais le temporaire peut parfois être long.

En fait, j’ai réalisé hier que ce n’est pas tant la solitude qui pèse le plus, c’est que je n’arrive pas à faire le deuil de mon « ancienne » vie, celle où j’avais mes weekends, des vacances, de l’argent, un horaire de 9 à 5, du lundi au vendredi, du vrai temps pour faire la fête et m’en remettre le lendemain. Juste être nonchalant 95% du temps. Maintenant, je manque de latitude et conséquemment, je me sens seul. Je ne peux pas caller malade, ni arriver en retard (un vrai, là), prendre des vacances quand ça me tente ET la tête tranquille. Je dois maintenant être sérieux 95% du temps. Parfois, c’est lourd, mais je l’ai choisi. Pour le meilleur et pour le pire. Être entrepreneur, ce n’est pas tous les jours faciles, c’est stressant, c’est beaucoup beaucoup de sacrifices, mais c’est aussi ultra satisfaisant. Y’a rien de mieux qu’être son propre patron. Tout est une question de perspective, donc.

Et qu’est-ce que j’ai fait pour noyer le « mal » ces derniers temps ? J’ai abusé d’un peu tout ce que je connais. Je pense bien que ça suffit. De cette façon-là, en tout cas. J’ai des nouvelles limites que je dois respecter pour garder le cap. Plus j’abuse, plus je suis fatigué et plus je suis fatigué, plus je déprime, plus je me sens seul. C’est une roue qui tourne dans le mauvais sens. Je me suis donné une nouvelle vie, je l’ai voulu big time et elle est quand même successful. Le retour à la « normale » dans un contexte d’entreprenariat viendra à point parce que je saurai attendre.

Je m’époumone depuis des années à dire à mon entourage que la vie est une question de choix. On a le choix de la prendre du bon ou du mauvais côté. Rester positif face aux épreuves de la vie, c’est déjà un pas en avant. Personne n’a demandé à être sur Terre, aussi bien être positif, le temps passera plus agréablement. Get the most of it, que je dis tout le temps. Maintenant.

—/—

La défaite crève-coeur d’Hillary m’a mis dans tous mes états. Ce qui me chagrine le plus, c’est qu’on se retrouve encore une fois du mauvais côté de l’histoire. C’était SON tour, SON moment, SA victoire presque assurée. Elle aurait dû être présidente. Elle aurait été une bonne présidente, positive. Il est trop tard maintenant, Hillary se retrouve maintenant au rang des souvenirs.

—//—

On vient de me demander un latte décaféiné au lait de soya. Sérieux, je ne comprends pas.