Cent fois sur le métier

I’m a mess.

C’est comme ça que je commence mon 100e texte.

Vendredi, on m’a dit que j’étais dur à suivre. Pourtant, on parlait de sujets simples. Si en discutant de trucs plutôt anodins on me dit que je suis difficile à suivre, ça doit être vrai. Qui plus est, si ça vient d’un inconnu qui tâte le pouls de mon existence autour d’une bière, ça se peut que ce soit assez proche de la réalité.

Donc, je transpire la contradiction en ce moment. Je dois dire que j’ai peine à me comprendre moi-même. J’ai un peu l’impression de tourner à vide. Et j’ai aussi l’impression de réparer le même pot que je casse chaque fois. Over and over.

J’ai peut-être juste besoin de calme pour revenir à la vie. D’une petite pause pour me ressourcer. De temps.

Je ne sais pas.

Je lui ai expliqué tout ça. J’ai encore des sentiments pour lui, mais je n’ai pas la force de courir. Je ne peux pas faire plus d’efforts que j’en ai déjà fait. J’en suis incapable. Ma tête, mon coeur et mon corps ne veulent pas s’entendre. C’est pour cette raison que j’ai suggéré qu’on ferait de meilleurs amis. Et bam! En voulant réparer le pot cassé, en voulant trop m’expliquer et être compris, je l’ai cassé de nouveau. Il m’a glissé des mains.

Câlisse.

Avec lui, ça faisait cinq mois.

Récemment, il m’a informé que je n’étais peut-être pas prêt à être en relation. J’ai d’abord fait fi de l’annonce : « voyons, t’es qui toué pour me dire ça? ». J’ai ensuite subrepticement réfléchi et j’ai compris. Effectivement, je ne suis pas tout à fait prêt. Je me sens prêt à rien, en fait.

C’est difficile à expliquer. Même si j’essaie de faire des phrases complètes avec des mots simples, ça s’explique mal. Faut le vivre pour comprendre, je crois. En somme, je suis fatigué. 93% du temps. C’est un constat que j’ai fait tellement souvent à la fin de l’année dernière que je n’ai plus le droit de le dire. On l’appelle affectueusement le « F word« . J’aimerais beaucoup qu’il en soit autrement, mais j’en suis incapable pour le moment. Même si la vie est une question de choix. Même si je suis positif la majorité du temps.

En gros, c’est ce qu’il m’a reproché : mon manque d’efforts, de présence, de patience et d’attention. Le reproche est justifié et je le comprends. On doit prendre soin d’une relation qu’elle soit naissante ou pas, je sais. J’ai essayé. À ma manière, différemment, en essayant de ne pas trop me prendre la tête, dans la mesure de mon gros possible. Et en ce moment, mon gros possible, c’est beaucoup me demander.

Je voulais, j’en avais vraiment envie, mais je n’étais pas prêt à faire des efforts surhumains là, tout de suite, jour après jour. What you see is what you get. Tu veux-tu?

Le travail – son organisation, sa gestion, sa progression, son instabilité, sa rentabilité, ses difficultés – me prend toute mon énergie. Je n’arrive pas à tout concilier. Mettons que je ferais un très mauvais employé/parent dans l’optique d’une conciliation travail/famille. J’ai une jeune entreprise encore. Elle fonctionne relativement bien d’elle-même, mais elle n’est pas encore autonome. Elle demande beaucoup de temps, d’attention et de compromis. Comme un couple. C’est dire que j’ai déjà un couple : ma job. (Ark! Je peux pas croire que j’ai écrit ça). Faque, le reste du temps, j’ai BESOIN de vedger sur mon sofa dans le calme de ma maison ou de faire la fête bruyamment pour avoir l’impression de vivre un peu. Et un peu pour oublier.

Je suis un peu aigri, aussi. Constat #4389.

Pour toutes ces raisons ci-haut énumérées, seul ou accompagné, j’ai besoin de légèreté, de simplicité, de calme. Une safe place. Quelque part.

Sivouplaît.

Ce que je réalise cependant, c’est que je ne peux demander à personne de comprendre ma situation ni de me suivre là-dedans. C’est beaucoup demander. C’est mon choix, ce projet-là. C’est pour cette raison que je n’arrive pas à entrer en communion avec les garçons à ce stade-ci de ma vie. C’est aussi pour cette raison que je l’ai laissé partir et que j’ai cassé le pot une enième fois. Sad story.

Je fais de la peine à un gars qui ne mérite pas ça parce que je suis incapable de me gérer. 

Honnêtement, je ne sais plus trop comment réagir. Malgré tout le positivisme dont je sais faire preuve face à mon quotidien incertain, je me sens un peu gelé. Un peu emotionless. J’ai réalisé une ambition en devant entrepreneur, mais c’est loin d’être toujours simple. Je dois toujours être présent, alerte, souriant, aimable et polyvalent. Je dois toujours garder la tête hors de l’eau et penser trois actions d’avance pour rentabiliser l’affaire. Ce n’est pas toujours très joyeux ni super amusant. On se bat avec pas grand chose pendant que la terre entière pige dans nos poches. Au final, on travaille comme des mongols pour pour très peu outre la satisfaction personnelle du travail bien fait. Mais hé! je n’ai pas de patron. C’est le prix à payer, semble-t-il. Et je ne me plains pas, nononononon, je constate. Le constat est juste parfois brutal.

I’m a mess, que je disais. Dans un océan de contradictions.

Voilà. Un de plus, un de moins, une autre histoire d’amour gâchée.

Pourtant je l’aimais celui-là.

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Depuis 2011, j’ai réfléchi sur les rencontres, la politique, le théâtre, l’amour, les ruptures, les ruptures, les ruptures, l’amour. Je l’ai toujours surtout fait pour vider mon sac, pour moi-même, pour dompter mes pensées, sans attente aucune. Ce fut réconfortant. Chaque fois.

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Un clown est devenu président des États-Unis. En faisant une campagne de rien. Avec du vide et des affaires laides. En méprisant, vilipendant, agressant des valeurs de bases comme le respect, l’honnêteté, l’entraide. On est rendu là. Le monde est un mess.

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Pis Hillary, la people’s president, était là le jour de l’inauguration, fière, haussant les épaules de tout son souffle pour garder la tête haute et la dignité à flot. Bravo, Madam President. You’re the less of the mess. 

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L’année commence. Comme ça. Avec quelques hauts et quelques bas.

Je l’ai trouvée devant ma porte

Ça fait quelques semaines que j’ai commencé à écrire ce texte-là. Je ne savais pas trop par quel bout le prendre, comment dire les choses, comme les voir non plus. C’est peut-être la grisaille de l’automne. Ou le fait que la frénésie de l’été ce soit calmée. Ou les deux. C’est peut-être juste moi qui réalise des affaires que je n’avais jamais pris le temps de réaliser encore. Ce que je sais, c’est que je ressens un truc nouveau. Et le mot que j’ai réussi à mettre sur mon état jusqu’à présent c’est solitude.

Pour en avoir parlé à quelques amis, je pense que c’est un « mal » relativement généralisé, mais canalisé différemment. On la vit tous, à un moment ou à un autre, à divers degrés, pour diverses raisons.

Admettre la solitude, c’est difficile. C’est comme une défaite. C’est comme ça que je le vis, en tout cas. J’ai pleuré quand j’en ai parlé avec un ami la première fois. Je trouvais que c’était inavouable. Surtout venant de celui qui fait toujours le party et qui a douze invitations pour une seule soirée. Ça paraît pas dans ta face que tu te sens seul, tsé. Et c’est encore plus difficile à admettre sans avoir l’air de vouloir faire pitié.

C’est étrange parce que je suis entouré de plein de gens toute la journée. Ce sont des clients, soit, mais j’ai développé un semblant de relation amicale avec certains d’entre eux. Ils me font sourire quand ils viennent et vont et quelques-uns, sans faire grand chose, apaisent le feu à l’intérieur quand il fait rage. Des petits rayons de soleil à travers la brume (tadah!). J’ai des amis aussi. Des proches, des réguliers, des occasionnels, des loins. Une famille. Un chum. Pourquoi, don’ ?

Le truc, c’est que j’ai l’impression d’avoir perdu certains repères pour fonctionner normalement en société. Mon travail, mon horaire, mes revenus, tout est différent de ce que je faisais avant et de ce que fait mon entourage. Ça devient compliqué de parler d’horaires, de paies, de revenus et de mes angoisses reliées à tout ça avec des gens qui ne peuvent que s’imaginer le casse-tête quotidien. Ça donne trop souvent lieu à des commentaires du genre  » y doit bin y avoir quelque chose que tu fais de pas correct ». Vraiment? Comme si je ne réfléchissais pas sans arrêt à des solutions pour garder la tête hors de l’eau ET avoir de meilleurs revenus. Voyons.

Comme conséquence, je me sens de trop dans trop de situations, pas à ma place, pas à la hauteur, pas suffisant. Ça et le sentiment de rejet vécu over and over parce que je l’ai bien laissé m’envahir, c’est vraiment un mélange super agréable. NOT.

Pourtant, je n’ai rien à envier à personne. J’ai des amis adorables, un travail stimulant, un horaire de rêve tout de même, un peu de temps de qualité pour moi, enfin. Mais depuis cette aventure de fou, mon monde a changé boutte pour boutte. Mon couple a éclaté, je vois moins mes amis, mon salaire à drastiquement diminué et mes dettes, généreusement augmentées. Je fais face à de nouveaux types de choix, comme celui de choisir de ne pas aller au resto avec des amis ou de manger avant, moins cher, pour éviter de me vider les poches. Avant, j’avais de la marge de manœuvre. C’est temporaire, que je me dis, mais le temporaire peut parfois être long.

En fait, j’ai réalisé hier que ce n’est pas tant la solitude qui pèse le plus, c’est que je n’arrive pas à faire le deuil de mon « ancienne » vie, celle où j’avais mes weekends, des vacances, de l’argent, un horaire de 9 à 5, du lundi au vendredi, du vrai temps pour faire la fête et m’en remettre le lendemain. Juste être nonchalant 95% du temps. Maintenant, je manque de latitude et conséquemment, je me sens seul. Je ne peux pas caller malade, ni arriver en retard (un vrai, là), prendre des vacances quand ça me tente ET la tête tranquille. Je dois maintenant être sérieux 95% du temps. Parfois, c’est lourd, mais je l’ai choisi. Pour le meilleur et pour le pire. Être entrepreneur, ce n’est pas tous les jours faciles, c’est stressant, c’est beaucoup beaucoup de sacrifices, mais c’est aussi ultra satisfaisant. Y’a rien de mieux qu’être son propre patron. Tout est une question de perspective, donc.

Et qu’est-ce que j’ai fait pour noyer le « mal » ces derniers temps ? J’ai abusé d’un peu tout ce que je connais. Je pense bien que ça suffit. De cette façon-là, en tout cas. J’ai des nouvelles limites que je dois respecter pour garder le cap. Plus j’abuse, plus je suis fatigué et plus je suis fatigué, plus je déprime, plus je me sens seul. C’est une roue qui tourne dans le mauvais sens. Je me suis donné une nouvelle vie, je l’ai voulu big time et elle est quand même successful. Le retour à la « normale » dans un contexte d’entreprenariat viendra à point parce que je saurai attendre.

Je m’époumone depuis des années à dire à mon entourage que la vie est une question de choix. On a le choix de la prendre du bon ou du mauvais côté. Rester positif face aux épreuves de la vie, c’est déjà un pas en avant. Personne n’a demandé à être sur Terre, aussi bien être positif, le temps passera plus agréablement. Get the most of it, que je dis tout le temps. Maintenant.

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La défaite crève-coeur d’Hillary m’a mis dans tous mes états. Ce qui me chagrine le plus, c’est qu’on se retrouve encore une fois du mauvais côté de l’histoire. C’était SON tour, SON moment, SA victoire presque assurée. Elle aurait dû être présidente. Elle aurait été une bonne présidente, positive. Il est trop tard maintenant, Hillary se retrouve maintenant au rang des souvenirs.

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On vient de me demander un latte décaféiné au lait de soya. Sérieux, je ne comprends pas.

Récolter la tempête

Je suis allé prendre un verre vendredi soir. Dans une boite de pédés. J’allais rejoindre un ami qui est arrivé avec un peu plus d’une heure de retard. Je suis d’une rare patience dans certains cas. J’étais sur le point de partir avec fracas quand je l’ai croisé avec d’autres ce qui m’a convaincu de rester. J’ai même retrouvé le sourire. Toujours est-il que j’ai vu une ex-date que je suis allé saluer.

C’est bizarre comme souvent on devient un brin autiste devant une ex-date. Pourtant, je n’ai aucune émotion ni attirance particulière pour cette personne. C’est un beau garçon, soit, mais il n’y pas que ça. On s’est daté deux fois, c’était un moment agréable, mais je sentais bien que ce serait temporaire. Le style de vie, l’absence de réelle communication, l’omniprésence sur tous les réseaux de rencontres, pas mal de trucs me séparaient de lui. Je trouve tout de même important, dans la mesure du possible, d’essayer d’entretenir un semblant de cordialité post-date. Après tout, on s’est vu dans un contexte très explicite, dans une certaine vulnérabilité et qui plus est, nous allons presque nécessairement se recroiser, amis communs obligent.

Bref, je l’ai salué et après quelques secondes de silence akward, j’ai essayé de faire un minimum de conversation sur un sujet qu’on a en commun. J’ai dit : « bla bla bla, j’ai vu tes photos sur IG, c’est cool ce que t’as fait, ça me rappelle que j’ai déjà fait ça par le passé, attends, je vais te montrer, j’ai une photo… ». Toute mon intervention – qui se voulait légère et amicale, je le rappelle – a été ponctuée de quelques « hum oui » détachés et désintéressés de sa part jusqu’au moment où il s’est retourné vers ses amis, ne concluant rien, me tournant bêtement le dos et me laissant planté là comme une vieille chaussette laide et trouée. J’ai attendu quelques secondes, me disant que ça ne pouvait pas que je sois en train de vivre ça et je suis parti vers d’autres amis, portant l’odieux sentiment du rejet et du ridicule.

Je lui ai pourtant dit que c’était vraiment cool ce qu’il faisait. Deux, trois fois. Enthousiaste.

Un peu saoul, mais surtout blessé et insulté, je lui ai plus tard texté un inutile « esti qu’té bête ». Mais je n’avais pas besoin de lui écrire ça. Tout ce que j’avais à faire, c’était de me rappeler que je n’ai pas besoin de gens qui me tournent le dos autour de moi. Mais le rejet, peu importe la forme, peu importe le contexte, fait mal. Même quand on a confiance en soi.

Bref, on ne fait pas ça à personne. Surtout pas quand on prétend être une personne respectueuse. Surtout pas quand on prétend minimalement apprécier la dite personne. On ne tourne pas le dos à quelqu’un qui essaie d’être gentil et qui fait un effort. C’est infiniment brutal. Ce n’est pas comme si on était en guerre, on a discuté un peu chaque fois qu’on s’est croisé, simplement et gentiment.

J’ai eu ma réponse cependant. Semble-t-il que tout ce que j’ai fait, c’est de vanter mes mérites et lui montrer que j’étais meilleur que lui bla bla bla. Really? Genre REALLY?! Ça donne vaguement l’impression que je lui ai volé un peu de son follow spot. Ou peut-être que j’aurais dû le féliciter à outrance avec des fleurs verbales pis tute, comme ça doit être le cas si souvent. Faut pas avoir une grande estime de soi pour se sentir bousculer par une intervention aussi anodine. Ou être un brin narcissique. Ou les deux. Je suis peut-être intimidant aussi. On me l’a déjà dit. Ça se peut. Pourtant, quand on prend le temps de me connaître, on sait bien que ce n’est pas le cas.

Ne cherchant plus à comprendre, avec le peu de cohérence qu’il me restait à cette heure, j’ai écrit : « mon approche se voulait amicale et surtout pas prétentieuse. C’est ça qui est dommage ». C’était la meilleure réponse que je pouvais donner.

J’ai retourné tout ça dans ma tête toute la fin de semaine. Je me suis posé beaucoup de questions. Je me suis demandé s’il avait raison, si j’avais été prétentieux dans mon approche. Mais non. Je refuse. NON. C’est ça qui arrive. J’avais la meilleure intention du monde. Au pire, j’ai été maladroit. C’était peut-être un simple imbroglio, aussi. La dernière option, c’est que c’était simplement méchant, même inconscient. Peu importe la raison, je ne méritais pas ça. Surtout pas pour ça.

Une valse à mille temps

T’as été le premier grand amour de ma vie. Je t’ai aimé chaque seconde. Pendant toutes ces années. Avec des papillons pis tute. Du début à la fin, même dans les moments moins fun où on se traitait comme d’la marde. Je t’ai aimé comme possiblement je n’aimerai plus. Non, pas vrai, j’aimerai encore. J’aimerai aussi intensément, passionnément, dramatiquement et de tout mon cœur. Mais j’aimerai différemment. On n’aime jamais deux fois de la même façon, de toute façon.

Ce soir-là, t’as suivi un de tes amis au C’est extra. Tu sortais d’une année impossible à imaginer. Fallait que tu vois du monde. J’y étais aussi, avec une face-de-carême-de-kossé-que-je-fais-là et des amis communs. Je t’ai vu et tu m’as plu. Je t’ai offert un verre. Quétaine de même. Parce qu’à une époque pas si lointaine, c’était encore romantique d’offrir un verre à un prospect. Tu l’as accepté, on a jasé puis on a dansé.

On devait avoir l’air tellement ridicules. Danser sur Une valse à mille de temps de Jacques Brel, c’est chic au début, mais ça devient rapidement un sport olympique. Puis, tout de suite après, on a dansé collé sur une chanson dont j’oublie le titre. Peu importe. C’était notre moment.

En partant, on s’est embrassé avec gêne et comme un amateur (tes mots), tu m’as laissé ta carte d’affaires. Je t’ai trouvé sweet, tout de même. Puis, le lendemain, on s’écrivait et tu me disais que les étoiles devaient être alignées, ce qui ne gâchait rien. T’avais raison, elles étaient alignées, les étoiles.

T’as possiblement été la première personne avec qui j’ai été moi-même de A à Z.

Pourquoi je te dis tout ça ? J’ai lu un texte intitulé Mon ex, je t’aime. Je l’ai trouvé beau. Ça m’a fait penser à « nous » et à tout ce qui en a découlé. Contrairement à eux, on ne se voit pas souvent, on ne fait pas de recettes de Marilou, on s’aime autant qu’on se déteste, mais on tient beaucoup l’un à l’autre, je pense. Notre rencontre et ces quatre années rocambolesques passées à essayer d’être un couple ont un peu fait la personne que je suis devenue aujourd’hui ce qui, encore une fois, ne gâche rien.

T’as toujours été là quand j’en ai eu vraiment besoin. Et vice-versa. T’as accepté tellement souvent que je dorme sur ton sofa durant mes soirs de pluie.

Je réalise aussi que t’es pas mal le seul ex avec qui j’ai encore de vrais contacts i.e. chez qui je peux débarquer à peu près à n’importe quel moment avec une bouteille de vin et vider mon sac.

J’ai un peu basé chaque nouvelle rencontre sur ce sentiment que j’ai eu avec toi. Comme s’il était gage de longévité et/ou de qualité. J’ai longtemps attendu quelqu’un comme toi, enfin, quelqu’un qui me bouleverserait le quotidien comme tu l’as fait, in a good way. J’ai mis un terme à tellement de dates possibles juste parce qu’elles ne correspondaient pas à cet idéal. Ce que je cherchais, c’est ce sentiment d’amour inconditionnel qui te donne envie de déplacer des montagnes. J’avais envie que l’amour me rentre dedans comme un train et qu’il m’emmène loin. J’ai mis du temps à relativiser. J’ai eu peine à me relever. J’ai don’ eu l’impression que jamais plus je ne revivrais tout ça.

Je l’ai revécu depuis. Avec d’autres. Différemment.

Je te connais comme si je t’avais tricoté. Je connais tes réactions à à peu près toutes les situations, je sais ce que tu aimes, ce qui t’horripiles, pour quel parti tu votes tout dépendant de ton mood, sur quel bouton peser pour te faire chier. Je sais que tu fais semblant de m’écouter quand je te donne mon avis sur un sujet dont tu ne veux pas parler, mais je sais que le message se rend, éventuellement.

Ce qui m’a inspiré le plus dans le texte du dude, c’est sa finale. Le moment où il parle de la réussite de sa rupture. Une chose dont je suis plutôt fier dans ma vie, c’est qu’on ait réussi notre post-relation. T’as été le premier à prendre le temps de me laisser pour vrai, avec respect et affection. T’as répondu à toutes mes questions, chaque fois, même quand je radotais. C’était encore l’époque où le monde se parlait au lieu de se texter. Tu répondais à tous mes appels, même les plus dramatiques, ceux où je pleurais incontrôlablement ou ceux où je hurlais de colère, incontrôlablement aussi. Tu t’es laissé insulter et brasser par mes sept étapes du deuil sur une looooooongue période. Je t’ai fait vivre mon enfer du laissé pour contre. Maaaaaaaaiiiiissss on a survécu et on s’est revu. Jamais avec de fausses intentions. Toujours en regardant vers l’avant. En amis.

Puis un jour, on s’est excusé de ne pas toujours avoir été des bons chums. C’est un peu ce que j’attendais. C’est à ce moment que mon cœur a pu véritablement s’ouvrir à autre chose. Merci, man.

Étant donné qu’on n’est pas toujours très chaleureux l’un envers l’autre, prends tout ça comme une grosse accolade avec des tapes dans l’dos. Comme des straights qui savent pas trop comment s’aimer.

J’haïrai toujours autant tes conseils de marde, ta pseudo indépendance, ton manque de coopération sporadique, pis l’absence relative de démonstration affective à mon égard, mais je sais qu’on s’aime quelque part dans le détour. Malgré tout, je suis heureux de faire partie de ta vie. Et pour moi, c’est tout ce qui compte.

Courir comme Phidippidès

Dimanche, je me suis rendu au fil d’arrivée du marathon de Montréal. J’ai une amie, un peu folle il va sans dire, qui s’est dit que c’était une bonne idée, après avoir fait le demi l’année dernière, de le faire au complet cette année. Vraisemblablement, la prochaine étape sera sans doute un triathlon ou un ironman. Folle de même 😉

C’est donc au kilomètre 41,7 que je l’attendais. J’étais bin trop ému. Parce qu’on va se le dire, c’est courageux en esti. C’est tout un dépassement de soi. Parce que tu dois avoir envie d’abandonner quelques fois durant la course. Parce que tu dois avoir crissement mal partout pis que ça doit être un peu plate à la longue de courir pendant 5h. Si tu le fais au complet, c’est ta tête qui est assez forte pour dire à ton corps de continuer. C’est inspirant au possible. Phidippidès en est mort, c’est dire l’effort que ça demande. Pis hier, en l’attendant, ce qui était d’autant plus beau, c’était de voir les coureurs, eux aussi épuisés, encourager ceux qui ralentissaient ou s’arrêtaient à 500m de l’arrivée. Ça, pis le monde qui encourageait le monde tout au long du parcours. Super beau, je vous dis.

Faque, quand je l’ai vu, je lui ai crié : « dans 500 mètres, tu seras marathonienne ! ». J’ai un peu pleuré comme un fillette pis j’ai couru avec elle la centaine de mètres qu’il restait avant l’arrivée. C’était ma façon de l’encourager à aller jusqu’au bout. Elle a de quoi être fière, même si depuis hier elle se déplace comme un vieux gorille ! :p

Tout ça me ramène encore et toujours à réfléchir (surprise). J’étais hangover solide, je n’avais pas assez dormi il va sans dire, j’étais émotif (no shit), j’ai donc inévitablement réfléchi au sens de la vie. Soupirs. Pis je me suis demandé pourquoi moi, je n’en faisais pas un, un marathon ? Pourquoi je préfère me pacter la face le samedi soir plutôt que de me fixer des objectifs de vie plus sains, genre courir 42km once in a while ?

Revenu à la raison et voyant le vieux gorille se déplacer péniblement d’une pièce à l’autre, je me suis rappelé que chacun avait ses objectifs. Plus jeune, après une série de moments bizarres et de réveils avec l’impression-de-fin-du-monde, j’avais l’objectif assez large et imprécis de trouver le bonheur. C’est vaste « être heureux » vous me direz, mais pour certain, c’est un esti de cheminement. J’étais pas très loin déjà, mais disons que j’avais souvent le bonheur triste. J’ai consulté beaucoup – quelques années, tsé – j’ai travaillé fort et j’ai fait des choix. Parce que la vie est une question de choix. Je n’aimais pas ma job, j’ai changé. Je voulais faire des études universitaires pour avoir l’impression d’être quelqu’un, j’ai obtenu un baccalauréat. Je n’étais pas bien dans mon couple, je l’ai quitté. Je voulais être plus en forme, je m’entraîne régulièrement depuis en salle et à la course. J’ai aussi fait le choix de m’éloigner autant que faire se peut des énergies négatives, au nom d’une certaine santé mentale. Des choix sains, genre. Pour moi. Pour d’autres, c’est de faire abstinence d’alcool pendant un mois, de courir un marathon, de déménager en campagne. Chu juste pas rendu à courir 42 km dans ma tête, c’est tout. J’ai d’autres affaires à faire avant je pense.

Courir un marathon, c’est accepter de faire quelques sacrifices. Arrêter de consommer de l’alcool pendant un certain temps, surveiller son alimentation, se coucher tôt, courir beaucoup, plusieurs heures, recommencer. Toutes des affaires que je n’ai pas envie de faire en ce moment. C’est possiblement ça qui me déçoit. Je pourrais le faire, j’aimerais avoir le courage de l’abnégation, mais j’aurais l’impression de manquer trop d’affaires en ce moment. Un sacrifice de plus serait un sacrifice de trop. J’en suis encore là. Par choix. Je choisis la fête, les amis, la gratification instantanée, de rentrer aux petites heures du matin, de danser sur un podium comme si j’avais encore 20 ans. J’ai tellement fait de sacrifices depuis que je suis devenu « entrepreneur », j’ai tellement peu de loisirs depuis deux ans que je me garoche dans ce que je connais et qui me fait du bien. Ça me donne l’impression de vivre un peu. Parce que c’est bin l’fun faire du café, mais c’est beaucoup d’heures à faire juste du café.

Faque pas de marathon cette année. Pis peut-être pas l’année prochaine non plus. Je vais juste continuer à courir pour le plaisir et à le faire un peu plus longtemps chaque fois pour me dépasser à la hauteur de mes ambitions. Chacun ses objectifs, finalement.

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Récemment, on m’a présenté comme barista. Ça fesse. J’ai tout de suite gentiment, mais fermement repris la dite personne : je suis avant tout propriétaire d’un café. Déjà que j’ai un peu l’impression qu’il ne se passe rien de bien excitant dans ma vie à part avoir une entreprise populaire et rentable, je n’ai pas envie qu’on me voit comme un simple barista. Y’a pas de mal là, c’est juste qu’il y a une différence entre une « job d’étudiant » et une entreprise qu’on tient à bout de bras. Genre.

L’amour au temps de Wikipédia

Quoi ?! Est-ce que j’aurais un vrai match Tinder ? Genre moi ? Vraiment ?! Si la tendance se maintient, je dirais. Ça semble être sur une voie plutôt carrossable, en tout cas. En asphalte pis tute. C’est tellement rare que ça arrive, que j’ai envie de rouler vite vite vite, le bras en dehors du char, le cœur sur la main, au vent. Genre.

Rencontrer, j’ai dû le répéter 1 349 672 fois, c’est devenu une opération plutôt mécanique. On a un match, une possible date, on se plaît (ou pas), on continu (ou pas). Il y a peu de nuances. Et chaque belle et intéressante rencontre efface un peu celle d’avant. En quelque sorte. Pas tout à fait, mais presque. On est tellement adaptable. Ce ne sera pas lui, mais lui. À quelques heures/jours/semaines/mois d’intervalle. Dans cette ère des relations jetables, on prend tout ce qui passe en consommation rapide. Pas de chimie, pas le temps de perdre 2 secondes, j’ai 148 affinités sur Tinder qui « attendent ». Well, well.

Mon ami Wiki dit que « l’amour désigne un sentiment d’affection et d’attachement envers un être vivant ou une chose [hehe] qui pousse ceux qui le ressentent à rechercher une proximité physique [le sexe, quoi d’autre], spirituelle [les valeurs, les intérêts] ou même imaginaire [c’est juste dans ta tête, bro] avec l’objet de cet amour et à adopter un comportement particulier [genre être fin pis attentionné]. »

Mais on dirait que je ne le sais plus. Si on se base sur la définition, ça se peut. Je sais que ça se peut. Mais j’ai tellement eu l’impression de ressentir ça avec tellement de monde qui ne le méritait pas que je ne sais plus. Disons que je suis peut-être plus adaptable que d’autres. Et disons aussi que j’ai déjà eu le « sentiment » facile. Je suis un peu naïf, mais ça ne me déplaît pas. Ça me permet souvent de voir du positif pis du beau en chaque personne et en chaque situation. Je suis naïf comme dans papillons dans le ventre, étoiles dans les yeux pis coucher de soleil sur le bord de la plage, mais je ne suis pas dupe non plus. Ma petite voix intérieure me parle et elle a souvent raison. Ma raison n’est jamais très loin. Est-ce que je suis – ark, j’hais tellement ce que je vais écrire – en amour avec l’amour ? Disons que je suis persuadé que nous sommes plus groundé accompagné. Au même titre que l’amitié. Une vie sans amis, c’est très triste. On pourrait dire qu’une vie sans amour est plus dull. La vie, c’est fait pour être partagé, point. Peu importe avec qui pis comment.

Fifi, Riri et Loulou, mes bons amis canards, mes disent souvent que je m’attache trop vite. Je leur réponds chaque fois que je ne m’attache pas, en tout cas pas d’emblée, mais je m’intéresse. Parce qu’à quoi bon dater si on ne s’intéresse pas. L’attachement arrive plus tard, parfois vite, parfois pas, mais plus tard, quand on connaît un peu mieux la personne. L’intérêt, lui, doit y être dès le départ. Et j’ai tendance à m’intéresser à ceux que je rencontre. Parce qu’il y a quelque chose de bon et d’intéressant en chaque personne même si souvent, le vraiment bon est caché sous d’immenses couches de protection. Tout le monde a été blessé et personne ne veut que ça se reproduise. Faque le monde se cache. Tsé.

Toujours est-il que j’ai envie de rencontrer quelqu’un pis que j’y travaille un peu. Parce que c’est amusant partager. Parce que c’est agréable de se coller, de dormir et de toucher quelqu’un qui en a autant envie de soi. Parce que j’aime apprendre à connaître les gens. Apprendre à les connaître vraiment. J’aime rire aussi. Et rire à deux, c’est mieux (je l’aime bin, celle-là).

Faque quand j’ai regardé le ciel hier, les étoiles avaient l’air plus alignées que d’habitude. Alignées comment ? Je sais pas, mais plus. Pour combien de temps ? Je ne sais pas non plus, mais ça va finir par me donner envie de laisser tomber quelques barrières. Comme je disais précédemment : ouvrir mon cœur un peu, me protéger un peu et regarder devant. Tsé. Juste pour voir.

J’ai un an, môman

Ça fait un an que je suis en poste à 7h du matin, presque tous les matins, la tête un peu dans les fesses, à ouvrir La brume dans mes lunettes et à attendre le premier client de la journée.

Un an à recevoir les clients no matter what, beau temps, mauvais temps, été comme hiver, avec le sourire, même quand ça va fucking mal, du mieux possible, avec du cœur, de l’ouverture, comme s’ils étaient des amis, comme s’ils passaient à la maison, à m’assurer de leur confort, à les fidéliser, à espérer qu’ils reviennent et qu’ils en parlent à leurs amis.

Chaque jour, j’ai essayé d’être à mon meilleur.

Un an à apprendre à gérer des employés, des agréables, des difficiles, des compétents, des « pas à leur place », à essayer de leur expliquer ce que c’est un bon café, un service à la clientèle impeccable et ce que j’ai imaginé depuis février 2015. J’ai fait de mon mieux pour agir en bon patron et tout fait pour ne pas reproduire les comportements désobligeants de certains d’entre eux. Puis, je me suis trompé parfois, j’ai parlé trop vite, trop fort, trop bête et je me suis excusé de ne pas toujours être à la hauteur. J’ai essayé de taper dans le dos des collègues pour le travail bien fait, de les féliciter pour leurs bonnes journées, de les encourager dans les moins bonnes, de les chicaner quand ça dépassait les bornes et surtout, de les remercier le plus souvent possible.

Un an à me retrousser les manches pour les congés, les absences, les retards, les départs, les petits et gros problèmes du quotidien, le manque de liquidités, à trouver des solutions concrètes, rapidement et pas toujours dans les meilleures conditions.

Chaque jour, puiser dans toutes mes ressources et parfois vivre de l’énergie du désespoir.

Un tour de planète complet à imaginer le futur proche, à développer, à organiser, à payer des factures, à faire des chèques, à négocier avec des fournisseurs, à stresser pour la paie et pleurer parfois, incontrôlablement, ne voyant pas plus loin que le jour suivant.

Chaque jour, j’ai croisé les doigts.

Un an à se pêter les bretelles pour les bons coups, les journées super rentables, la visibilité dans les médias, les clients qui reviennent, à se faire dire qu’on a les MEILLEURS scones en ville.

Un an à appeler maman pour qu’elle fasse les courses, qu’elle me console quand je broyais du noir, qu’elle me conseille, m’encourage quand j’en avais besoin (j’en ai encore souvent besoin, ha!), qu’elle insiste pour payer sa facture chaque fois. Elle qui voit toujours l’avenir beau, grand et successful. MERCI x 1 000 000.

Sept mois (parce que ça ne fait pas un an pour elle) à travailler avec la meilleure « deuxième » associée du monde (la première, c’est môman, tsé).  Elle est arrivée à point nommé, au moment où on avait besoin l’un de l’autre, au moment où il fallait sortir la tête de l’eau. J’avais besoin de souffler un peu, elle avait besoin de respirer à nouveau. Depuis, on tombe et on se relève ensemble, tous les jours, pour le meilleur et pour le pire. Parce qu’à deux, c’est bien connu, c’est mieux. MERCI x 1 000 000.

MERCI à vous tous, belles personnes, amis, clients réguliers, anciens et nouveaux, qui allez et venez régulièrement, qui me donnez des conseils, qui rendez les journées plus calmes agréables, qui me permettez de constater que La brume dans mes lunettes est un SUCCÈS depuis le premier jour, vous qui en parlez aux gens autour de vous et qui faites une réelle différence dans toute cette aventure. CHAQUE. JOUR. 

Et MERCI sans retenue à cette équipe formidable qui nous accompagne jour après jour, à ceux qui sont passés et à ceux qui ont gratuitement donné de leur temps. Sans vous, rien de tout ça ne serait possible.

LOVE tout plein et MERCI x 1 000 0001 000 000

 

Tinder, épisode 588

Le dating version moderne me décourage. J’en reviendrai jamais, j’pense. J’essaie de m’adapter, de comprendre, de voir la CHOSE autrement, mais ça gosse. Comment peut-on prétendre par des mots et des gestes être intéressé par l’autre si on est toujours en mode recherche ? Genre « recherche intensive ». Et cette game de je-ne-te-texte-pas-pendant-trois-jours, mais je t’inonde de selfie la 4e journée ça rime à quoi? Tu’ intéressé ou pas ? Parce que c’est pas clair. As-tu du temps cette semaine ? Tu devrais avoir envie de me voir le plus souvent possible. T’as pas cette envie, ça doit pas être ça, je ne suis sans doute pas le bon. T’es occupé ? Tu vas trouver le temps. Voyons, le monde! C’est supposé être naturel et simple.

On se voit, on jase, on s’embrasse, on baise, on dort, on se revoit, on recommence, mais c’est pas ça ? Ça se peut que tu ne le sentes pas dans ton intérieur, ça se peut vraiment. Mais pourquoi entretenir le vide et les peut-être, dans ce cas ? Pourquoi ne pas juste dire d’emblée : ça ne marchera pas, je ne le sens pas ? Pour essayer ? Ok. Mais pas trop longtemps, ok? C’est de la job pour toi aussi d’entretenir toutes ces conversations et ces prises de rendez-vous. On le sait assez rapidement que ça n’ira pas loin. On le sait, c’est tout.

Sinon, c’est quoi ? La peur d’avoir mal ? Parce que y’a ça aussi, la maudite peur d’être blessé. C’est bin plate, mais ça fait partie du processus de rencontre. Ça, pis les premiers rendez-vous qui rendent fucking nerveux où tu sais pas quoi te mettre pour séduire juste assez. T’es intéressé, mais t’as peur ? Protège-toi un peu, ouvre ton cœur un peu, gère tes émotions comme un adulte. Regarde pas trop derrière, concentre-toi sur un candidat, avance en regardant devant pour ne pas trop t’enfarger pis ESSAIE. Genre. Juste un peu. Sinon tu vas passer par-dessus mille affaires le fun. Pis si ça marche pas, t’auras au moins essayé (pis eu un peu sexe).  WIN-WIN.

Je crois aussi qu’on fait de la recherche intensive pour combler un certain vide. Ce vide laissé par la dernière relation ou celle qu’on aurait voulu. L’espoir du mieux. On a aimé, on a été blessé, notre cœur saigne toujours un peu, même quand on le croit guéri. Pour éviter de souffrir à nouveau, on prépare la prochaine étape (i.e. le candidat suivant) avant d’avoir même commencé la première (apprendre à connaître le premier). En partant du fait qu’il y a intérêt, bien évidemment. En gros, on ne fait pas trop d’efforts. Tout le monde veut quelqu’un, mais plus personne ne sait trop comment s’y prendre. On a tous de l’amour à donner, un shit load, mais on sait plus comment faire.

Pis qu’est-ce que je fais ? Un peu la même maudite affaire que tout le monde, tout en essayant de faire autrement. Je n’ai pas envie d’être le seul à me bercer d’illusions, tsé.

Toujours est-il que depuis une certaine lurette, j’ai mis un terme au niaisage avec l’anglophone. Oui, non, peut-être, pas aujourd’hui, je suis trop nerveux, j’ai pas assez dormi, mais on va se revoir, promis. LAISSE FAIRE. I like you but I don’t want something serious and I didn’t see anyone since I met you. Doux Jésus. Marie pis Joseph pis les dindons de la crèche. Nenon, tu veux quelque chose de sérieux, sinon tu ne passerais pas ton temps sur les applications. Tu veux juste pas de sérieux avec moi pis c’est bin correct. Plate, mais correct.

Le monde, j’aimerais tant que tu réapprennes à dater comme du monde. Juste parce qu’en ce moment, tu me propose des relations jetables. Pis j’aime pas ça.

Le dating selon Lulu :

  1. Si je suis minimalement intéressé, je te donne des nouvelles régulièrement. Possiblement tous les jours, sans exagérer. Sauf si ton text behavior m’inspire l’inverse.
  2. Si on s’est déjà vu de près, j’ai envie de te revoir régulièrement aussi. Possiblement dès que j’ai un moment de libre. J’ai envie d’apprendre à te connaître, tsé.
  3. Je pense à toi sporadiquement dans la journée. Rien de catastrophique, mais tsé, tu me plais un peu, faque.
  4. Si tu me textes, ça me fait un petit quelque chose en-d’dans. Pas grand chose, là, juste une petite émotion agréable qui me donne envie de recommencer.
  5. Si on a baisé ensemble et que c’était bon, j’ai envie de recommencer. C’est quand même au moins 50% du couple, le sexe. C’est un esti de bon départ.
  6. Si tu étires le délai entre tes communications, ça gosse. Je me demande pourquoi tu fais ça et ça gosse un peu plus. Pourquoi je ne te texte pas, dans ce cas ? À cause du point 1.
  7. J’aime pas le niaisage.
  8. Si je te texte avec une phrase ouverte, t’as le droit de conclure. Laisser tout ça en suspend, c’est plate.
  9. Si tu joues une game (peu importe laquelle), je décroche.

Ça doit être l’alignement des planètes, mais je comprends pu rien.

Tinder, épisode 237

C’est dimanche soir, j’ai passé un bon weekend, je me sens en contrôle de mes maudites-émotions-à-marde, j’installe Tinder pour la 237e fois. Je « super like » un gars. Il me répond dans la seconde ou presque, la conversation est parfaite, il me fait rire, il est freaking hot. Il me donne son numéro de téléphone et on décide de se dater le lendemain. Tout beigne.

Il est grand, blond et anglophone. On aura plein de raisons de ne pas se comprendre. Yay!

On se date lundi soir. Il vient me chercher, m’emmène dans un resto sympathique, paye la note (sooooo gentleman), me propose un « dernier verre » chez lui. Tute va bien.

Je le texte, il me texte, le lendemain et les jours suivants. Il me propose de l’accompagner voir la maison qu’il vient d’acheter à l’extérieur de Montréal. J’accepte volontiers. Sur la route, il m’appelle future husband (avec une pointe d’humour, il va sans dire), on jase de tout et de rien, la conversation est fluide. On rit, c’est intéressant. Pas de temps mort. Pas d’hésitation. C’est simple et agréable.

On arrive, on démolit un mur vite fait, on jase, il m’embrasse, on démolit un autre truc, je me donne à fond, je lui montre mon côté masculin-je-suis-manuel-et-je-sais-tenir-une-drill x 1000, je l’embrasse, il me demande mon avis sur ses choix designs, me fait faire le tour du quartier, me ramène à la maison. Tsé, simple et léger. Il me prend dans ses bras avant de quitter. J’ai une petite émotion.

Je le texte pour lui dire you’re cool. I like you. Pas « je t’aime pis je veux t’épouser ». Plutôt « je t’aime bien et j’aimerais te revoir ». Tsé, apprendre à se connaître et peuuuuuuut-êeeeeetre, un man’né, m’attacher. Il me répond que je suis cool too and very chill. On a tous les deux passé une belle journée, donc. J’ajoute que je suis libre dimanche. Il acquiesce avec un we’ll make a plan.

On ne s’est pas vu dimanche, finalement. Personne n’a proposé de plan. Je n’ai pas osé le relancer, ayant préalablement fait une partie du chemin. J’ai senti un changement de rythme, je dirais. Ses réponses sont plus espacées et les textos n’ont plus de conclusion. Et hier, rien. Sauf quand j’ai décidé de le texter vers 19h. Il a répondu sur-le-champs cependant et la conversation semblait intéressée. J’ai quand même l’impression d’avoir commencé à courir tout seul. Un peu.

Je ne suis pas tant chill, finalement. Et je pense beaucoup trooooooop.

Je m’en fais encore pour rien, je sais. Je crois cependant qu’il soit justifié de penser que si on est vraiment intéressé, on propose un vrai plan et pas seulement « we’ll make a plan ». Maudit dating du criss.

Je. Pense. Trop.

Je ne suis pas assez casual pour dater, je pense bien. Je n’y arrive pas encore, du moins. Je sais qu’on peut dater quelqu’un par intermittence, sans engagement, sur une longue période. J’en connais plein qui le font et pour qui ça fonctionne. On se voit quand ça adonne jusqu’à ce que ça adonne full pin (ou pas). Entre temps, ça ne signifie pas que l’un ou l’autre n’est pas intéressé. Je sais. JE SAIS. Et j’essaie fort de faire autrement, mais c’est pas super naturel. Toutes les histoires funnées que j’ai connues auparavant ont été full pin dès le départ. Faque dans ma tête, c’est d’même que ça marche.

Maintenant, je cherche ce que je pourrais bien faire de différent cette fois-ci. Me CALMER LES NERFS serait une bonne chose. Être vraiment chill, comme je sais l’être quand je n’ai ni attente ni attache. Et ne rien faire de plus, je crois. Pour éviter d’être déçu, tsé.

Maudite psychologie de garage de mes deux fesses.

 

Au-delà de la violence

Il est minuit six. J’arrive tout juste à la maison.

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Je suis parti du travail avec un peu le cordon du cœur qui trainait dans’ marde. Un peu. Pour toutes sortes de raison. J’arrive juste pas à le raccrocher comme je voudrais en ce moment. C’est cyclique, je crois. Temporaire, surtout. Donc, ce soir, j’avais envie de prendre un verre et de rentrer un peu plus tard, mais pas trop tard. Juste pour dire. Je n’avais juste pas envie de rentrer seul à la maison en sortant du bureau. Tsé, ce genre de moment.

C’est raté, il est très tard.

Je me suis donc retrouvé chez l’EX, celui avec qui j’ai passé quatre années formidables/de marde, mais pour qui j’ai un profond respect et encore beaucoup d’amour. Pour l’occasion, parce que mon cordon machin trainait dans ÇA, j’ai acheté une bonne bouteille. Avec son copain que j’adore, on a discuté de choses et d’autres. Du quotidien pis tute. Et à un moment donné, j’ai dit : « le discours d’Hillary est à 22h ». Tout ce que je voulais, c’est l’écouter. Bin me v’là tu pas que je l’ai regardé sur grand écran, full HD avec le volume dans l’tapis! Pis avec eux. What a speech!

Ce soir, j’ai vécu un moment comme j’en rêve trop souvent. Un ESTI de moment. Comme quand  Pauline est devenue première ministre. Cette étape où tout semble possible. Où les dernières barrières tombent. Où sky is the fucking limit. Cette femme-là, Hillary, je ne sais pas pourquoi, mais elle m’inspire. Malgré tout ce qu’on a pu lui reprocher et plus encore. C’est Hillary Rodham Clinton. HRC, la présidentiable. C’est SA campagne, SON moment, SON accomplissement. Peu importe si elle gagne ou non, peu importe ses erreurs du passé, peu importe ce qu’on pu dire, elle mérite cette nomination. C’est une battante, elle est déterminée, qualifiée et fucking prête!

Je sais, je parle d’un autre pays. C’est juste tellement plus inspirant politiquement parlant qu’ici. Là-bas, à chaque campagne présidentielle, le monde peut changer. Là-bas, le monde VOTE. Ils s’intéressent et comprennent les principes de base de la démocratie, le moins pire des systèmes. En plus, ils ont le sens du spectacle, du rythme, du discours. Et ils en ont les moyens. C’est beau et inspirant (parfois un peu troublant).

J’ai absorbé chaque mot de son discours. Chaque intonation, chaque sourire, chaque martèlement. Elle est tellement prête! J’ai ri, j’ai applaudi, j’ai été fébrile, j’en ai redemandé. Quelle femme! Quelle future présidente!

Après ce discours véritablement historique, je marchais sur la rue en souriant béatement. J’étais bien. Heureux. Satisfait. Comme si tout pouvait arriver sans m’ébranler. Fallait donc que je trouve une chanson pour faire perdurer le moment. J’ai pitonné, et pitonné encore jusqu’à ce que je tombe sur L’amour existe encore. J’ai hésité, mais je l’ai laissé jouer.

L’amour existe encore. Parce qu’à travers tous ces mots que Hillary a su si bien juxtaposer, il n’y a que ça : du beau, du bon, de l’unité et de l’amour pour son prochain. Que ça mène à un résultat ou non. C’est de ça dont le monde a besoin en ce moment. Du positif. On n’est peut-être pas du même bord, mais au bout du compte on s’en fout d’avoir raison ou tort. Le monde est mené par de fous, mais il n’en tient qu’à nous de nous aimer plus fort. Au-delà de la violence. Au-delà de la démence. Malgré les bombes qui tombent aux quatre coins du monde. Malgré ce mal qui court et met l’amour mort. C’est tellement à propos.

Pis quétaine un peu (ou beaucoup).

Après ce soir, je pourrais mourir parce que j’ai vécu un moment parfait, mais j’ai bin trop envie de voir Hillary présidente des États-Unis. Pour toutes les personnes qui se battent pour un idéal dans le monde. Faque je ne mourrai pas. J’ai juste pas envie.

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Il est minuit cinquante et je vais dormir. PEACE.