I’m a mess.
C’est comme ça que je commence mon 100e texte.
Vendredi, on m’a dit que j’étais dur à suivre. Pourtant, on parlait de sujets simples. Si en discutant de trucs plutôt anodins on me dit que je suis difficile à suivre, ça doit être vrai. Qui plus est, si ça vient d’un inconnu qui tâte le pouls de mon existence autour d’une bière, ça se peut que ce soit assez proche de la réalité.
Donc, je transpire la contradiction en ce moment. Je dois dire que j’ai peine à me comprendre moi-même. J’ai un peu l’impression de tourner à vide. Et j’ai aussi l’impression de réparer le même pot que je casse chaque fois. Over and over.
J’ai peut-être juste besoin de calme pour revenir à la vie. D’une petite pause pour me ressourcer. De temps.
Je ne sais pas.
Je lui ai expliqué tout ça. J’ai encore des sentiments pour lui, mais je n’ai pas la force de courir. Je ne peux pas faire plus d’efforts que j’en ai déjà fait. J’en suis incapable. Ma tête, mon coeur et mon corps ne veulent pas s’entendre. C’est pour cette raison que j’ai suggéré qu’on ferait de meilleurs amis. Et bam! En voulant réparer le pot cassé, en voulant trop m’expliquer et être compris, je l’ai cassé de nouveau. Il m’a glissé des mains.
Câlisse.
Avec lui, ça faisait cinq mois.
Récemment, il m’a informé que je n’étais peut-être pas prêt à être en relation. J’ai d’abord fait fi de l’annonce : « voyons, t’es qui toué pour me dire ça? ». J’ai ensuite subrepticement réfléchi et j’ai compris. Effectivement, je ne suis pas tout à fait prêt. Je me sens prêt à rien, en fait.
C’est difficile à expliquer. Même si j’essaie de faire des phrases complètes avec des mots simples, ça s’explique mal. Faut le vivre pour comprendre, je crois. En somme, je suis fatigué. 93% du temps. C’est un constat que j’ai fait tellement souvent à la fin de l’année dernière que je n’ai plus le droit de le dire. On l’appelle affectueusement le « F word« . J’aimerais beaucoup qu’il en soit autrement, mais j’en suis incapable pour le moment. Même si la vie est une question de choix. Même si je suis positif la majorité du temps.
En gros, c’est ce qu’il m’a reproché : mon manque d’efforts, de présence, de patience et d’attention. Le reproche est justifié et je le comprends. On doit prendre soin d’une relation qu’elle soit naissante ou pas, je sais. J’ai essayé. À ma manière, différemment, en essayant de ne pas trop me prendre la tête, dans la mesure de mon gros possible. Et en ce moment, mon gros possible, c’est beaucoup me demander.
Je voulais, j’en avais vraiment envie, mais je n’étais pas prêt à faire des efforts surhumains là, tout de suite, jour après jour. What you see is what you get. Tu veux-tu?
Le travail – son organisation, sa gestion, sa progression, son instabilité, sa rentabilité, ses difficultés – me prend toute mon énergie. Je n’arrive pas à tout concilier. Mettons que je ferais un très mauvais employé/parent dans l’optique d’une conciliation travail/famille. J’ai une jeune entreprise encore. Elle fonctionne relativement bien d’elle-même, mais elle n’est pas encore autonome. Elle demande beaucoup de temps, d’attention et de compromis. Comme un couple. C’est dire que j’ai déjà un couple : ma job. (Ark! Je peux pas croire que j’ai écrit ça). Faque, le reste du temps, j’ai BESOIN de vedger sur mon sofa dans le calme de ma maison ou de faire la fête bruyamment pour avoir l’impression de vivre un peu. Et un peu pour oublier.
Je suis un peu aigri, aussi. Constat #4389.
Pour toutes ces raisons ci-haut énumérées, seul ou accompagné, j’ai besoin de légèreté, de simplicité, de calme. Une safe place. Quelque part.
Sivouplaît.
Ce que je réalise cependant, c’est que je ne peux demander à personne de comprendre ma situation ni de me suivre là-dedans. C’est beaucoup demander. C’est mon choix, ce projet-là. C’est pour cette raison que je n’arrive pas à entrer en communion avec les garçons à ce stade-ci de ma vie. C’est aussi pour cette raison que je l’ai laissé partir et que j’ai cassé le pot une enième fois. Sad story.
Je fais de la peine à un gars qui ne mérite pas ça parce que je suis incapable de me gérer.
Honnêtement, je ne sais plus trop comment réagir. Malgré tout le positivisme dont je sais faire preuve face à mon quotidien incertain, je me sens un peu gelé. Un peu emotionless. J’ai réalisé une ambition en devant entrepreneur, mais c’est loin d’être toujours simple. Je dois toujours être présent, alerte, souriant, aimable et polyvalent. Je dois toujours garder la tête hors de l’eau et penser trois actions d’avance pour rentabiliser l’affaire. Ce n’est pas toujours très joyeux ni super amusant. On se bat avec pas grand chose pendant que la terre entière pige dans nos poches. Au final, on travaille comme des mongols pour pour très peu outre la satisfaction personnelle du travail bien fait. Mais hé! je n’ai pas de patron. C’est le prix à payer, semble-t-il. Et je ne me plains pas, nononononon, je constate. Le constat est juste parfois brutal.
I’m a mess, que je disais. Dans un océan de contradictions.
Voilà. Un de plus, un de moins, une autre histoire d’amour gâchée.
Pourtant je l’aimais celui-là.
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Depuis 2011, j’ai réfléchi sur les rencontres, la politique, le théâtre, l’amour, les ruptures, les ruptures, les ruptures, l’amour. Je l’ai toujours surtout fait pour vider mon sac, pour moi-même, pour dompter mes pensées, sans attente aucune. Ce fut réconfortant. Chaque fois.
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Un clown est devenu président des États-Unis. En faisant une campagne de rien. Avec du vide et des affaires laides. En méprisant, vilipendant, agressant des valeurs de bases comme le respect, l’honnêteté, l’entraide. On est rendu là. Le monde est un mess.
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Pis Hillary, la people’s president, était là le jour de l’inauguration, fière, haussant les épaules de tout son souffle pour garder la tête haute et la dignité à flot. Bravo, Madam President. You’re the less of the mess.
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L’année commence. Comme ça. Avec quelques hauts et quelques bas.