Courir comme Phidippidès

Dimanche, je me suis rendu au fil d’arrivée du marathon de Montréal. J’ai une amie, un peu folle il va sans dire, qui s’est dit que c’était une bonne idée, après avoir fait le demi l’année dernière, de le faire au complet cette année. Vraisemblablement, la prochaine étape sera sans doute un triathlon ou un ironman. Folle de même 😉

C’est donc au kilomètre 41,7 que je l’attendais. J’étais bin trop ému. Parce qu’on va se le dire, c’est courageux en esti. C’est tout un dépassement de soi. Parce que tu dois avoir envie d’abandonner quelques fois durant la course. Parce que tu dois avoir crissement mal partout pis que ça doit être un peu plate à la longue de courir pendant 5h. Si tu le fais au complet, c’est ta tête qui est assez forte pour dire à ton corps de continuer. C’est inspirant au possible. Phidippidès en est mort, c’est dire l’effort que ça demande. Pis hier, en l’attendant, ce qui était d’autant plus beau, c’était de voir les coureurs, eux aussi épuisés, encourager ceux qui ralentissaient ou s’arrêtaient à 500m de l’arrivée. Ça, pis le monde qui encourageait le monde tout au long du parcours. Super beau, je vous dis.

Faque, quand je l’ai vu, je lui ai crié : « dans 500 mètres, tu seras marathonienne ! ». J’ai un peu pleuré comme un fillette pis j’ai couru avec elle la centaine de mètres qu’il restait avant l’arrivée. C’était ma façon de l’encourager à aller jusqu’au bout. Elle a de quoi être fière, même si depuis hier elle se déplace comme un vieux gorille ! :p

Tout ça me ramène encore et toujours à réfléchir (surprise). J’étais hangover solide, je n’avais pas assez dormi il va sans dire, j’étais émotif (no shit), j’ai donc inévitablement réfléchi au sens de la vie. Soupirs. Pis je me suis demandé pourquoi moi, je n’en faisais pas un, un marathon ? Pourquoi je préfère me pacter la face le samedi soir plutôt que de me fixer des objectifs de vie plus sains, genre courir 42km once in a while ?

Revenu à la raison et voyant le vieux gorille se déplacer péniblement d’une pièce à l’autre, je me suis rappelé que chacun avait ses objectifs. Plus jeune, après une série de moments bizarres et de réveils avec l’impression-de-fin-du-monde, j’avais l’objectif assez large et imprécis de trouver le bonheur. C’est vaste « être heureux » vous me direz, mais pour certain, c’est un esti de cheminement. J’étais pas très loin déjà, mais disons que j’avais souvent le bonheur triste. J’ai consulté beaucoup – quelques années, tsé – j’ai travaillé fort et j’ai fait des choix. Parce que la vie est une question de choix. Je n’aimais pas ma job, j’ai changé. Je voulais faire des études universitaires pour avoir l’impression d’être quelqu’un, j’ai obtenu un baccalauréat. Je n’étais pas bien dans mon couple, je l’ai quitté. Je voulais être plus en forme, je m’entraîne régulièrement depuis en salle et à la course. J’ai aussi fait le choix de m’éloigner autant que faire se peut des énergies négatives, au nom d’une certaine santé mentale. Des choix sains, genre. Pour moi. Pour d’autres, c’est de faire abstinence d’alcool pendant un mois, de courir un marathon, de déménager en campagne. Chu juste pas rendu à courir 42 km dans ma tête, c’est tout. J’ai d’autres affaires à faire avant je pense.

Courir un marathon, c’est accepter de faire quelques sacrifices. Arrêter de consommer de l’alcool pendant un certain temps, surveiller son alimentation, se coucher tôt, courir beaucoup, plusieurs heures, recommencer. Toutes des affaires que je n’ai pas envie de faire en ce moment. C’est possiblement ça qui me déçoit. Je pourrais le faire, j’aimerais avoir le courage de l’abnégation, mais j’aurais l’impression de manquer trop d’affaires en ce moment. Un sacrifice de plus serait un sacrifice de trop. J’en suis encore là. Par choix. Je choisis la fête, les amis, la gratification instantanée, de rentrer aux petites heures du matin, de danser sur un podium comme si j’avais encore 20 ans. J’ai tellement fait de sacrifices depuis que je suis devenu « entrepreneur », j’ai tellement peu de loisirs depuis deux ans que je me garoche dans ce que je connais et qui me fait du bien. Ça me donne l’impression de vivre un peu. Parce que c’est bin l’fun faire du café, mais c’est beaucoup d’heures à faire juste du café.

Faque pas de marathon cette année. Pis peut-être pas l’année prochaine non plus. Je vais juste continuer à courir pour le plaisir et à le faire un peu plus longtemps chaque fois pour me dépasser à la hauteur de mes ambitions. Chacun ses objectifs, finalement.

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Récemment, on m’a présenté comme barista. Ça fesse. J’ai tout de suite gentiment, mais fermement repris la dite personne : je suis avant tout propriétaire d’un café. Déjà que j’ai un peu l’impression qu’il ne se passe rien de bien excitant dans ma vie à part avoir une entreprise populaire et rentable, je n’ai pas envie qu’on me voit comme un simple barista. Y’a pas de mal là, c’est juste qu’il y a une différence entre une « job d’étudiant » et une entreprise qu’on tient à bout de bras. Genre.

L’amour au temps de Wikipédia

Quoi ?! Est-ce que j’aurais un vrai match Tinder ? Genre moi ? Vraiment ?! Si la tendance se maintient, je dirais. Ça semble être sur une voie plutôt carrossable, en tout cas. En asphalte pis tute. C’est tellement rare que ça arrive, que j’ai envie de rouler vite vite vite, le bras en dehors du char, le cœur sur la main, au vent. Genre.

Rencontrer, j’ai dû le répéter 1 349 672 fois, c’est devenu une opération plutôt mécanique. On a un match, une possible date, on se plaît (ou pas), on continu (ou pas). Il y a peu de nuances. Et chaque belle et intéressante rencontre efface un peu celle d’avant. En quelque sorte. Pas tout à fait, mais presque. On est tellement adaptable. Ce ne sera pas lui, mais lui. À quelques heures/jours/semaines/mois d’intervalle. Dans cette ère des relations jetables, on prend tout ce qui passe en consommation rapide. Pas de chimie, pas le temps de perdre 2 secondes, j’ai 148 affinités sur Tinder qui « attendent ». Well, well.

Mon ami Wiki dit que « l’amour désigne un sentiment d’affection et d’attachement envers un être vivant ou une chose [hehe] qui pousse ceux qui le ressentent à rechercher une proximité physique [le sexe, quoi d’autre], spirituelle [les valeurs, les intérêts] ou même imaginaire [c’est juste dans ta tête, bro] avec l’objet de cet amour et à adopter un comportement particulier [genre être fin pis attentionné]. »

Mais on dirait que je ne le sais plus. Si on se base sur la définition, ça se peut. Je sais que ça se peut. Mais j’ai tellement eu l’impression de ressentir ça avec tellement de monde qui ne le méritait pas que je ne sais plus. Disons que je suis peut-être plus adaptable que d’autres. Et disons aussi que j’ai déjà eu le « sentiment » facile. Je suis un peu naïf, mais ça ne me déplaît pas. Ça me permet souvent de voir du positif pis du beau en chaque personne et en chaque situation. Je suis naïf comme dans papillons dans le ventre, étoiles dans les yeux pis coucher de soleil sur le bord de la plage, mais je ne suis pas dupe non plus. Ma petite voix intérieure me parle et elle a souvent raison. Ma raison n’est jamais très loin. Est-ce que je suis – ark, j’hais tellement ce que je vais écrire – en amour avec l’amour ? Disons que je suis persuadé que nous sommes plus groundé accompagné. Au même titre que l’amitié. Une vie sans amis, c’est très triste. On pourrait dire qu’une vie sans amour est plus dull. La vie, c’est fait pour être partagé, point. Peu importe avec qui pis comment.

Fifi, Riri et Loulou, mes bons amis canards, mes disent souvent que je m’attache trop vite. Je leur réponds chaque fois que je ne m’attache pas, en tout cas pas d’emblée, mais je m’intéresse. Parce qu’à quoi bon dater si on ne s’intéresse pas. L’attachement arrive plus tard, parfois vite, parfois pas, mais plus tard, quand on connaît un peu mieux la personne. L’intérêt, lui, doit y être dès le départ. Et j’ai tendance à m’intéresser à ceux que je rencontre. Parce qu’il y a quelque chose de bon et d’intéressant en chaque personne même si souvent, le vraiment bon est caché sous d’immenses couches de protection. Tout le monde a été blessé et personne ne veut que ça se reproduise. Faque le monde se cache. Tsé.

Toujours est-il que j’ai envie de rencontrer quelqu’un pis que j’y travaille un peu. Parce que c’est amusant partager. Parce que c’est agréable de se coller, de dormir et de toucher quelqu’un qui en a autant envie de soi. Parce que j’aime apprendre à connaître les gens. Apprendre à les connaître vraiment. J’aime rire aussi. Et rire à deux, c’est mieux (je l’aime bin, celle-là).

Faque quand j’ai regardé le ciel hier, les étoiles avaient l’air plus alignées que d’habitude. Alignées comment ? Je sais pas, mais plus. Pour combien de temps ? Je ne sais pas non plus, mais ça va finir par me donner envie de laisser tomber quelques barrières. Comme je disais précédemment : ouvrir mon cœur un peu, me protéger un peu et regarder devant. Tsé. Juste pour voir.

J’ai un an, môman

Ça fait un an que je suis en poste à 7h du matin, presque tous les matins, la tête un peu dans les fesses, à ouvrir La brume dans mes lunettes et à attendre le premier client de la journée.

Un an à recevoir les clients no matter what, beau temps, mauvais temps, été comme hiver, avec le sourire, même quand ça va fucking mal, du mieux possible, avec du cœur, de l’ouverture, comme s’ils étaient des amis, comme s’ils passaient à la maison, à m’assurer de leur confort, à les fidéliser, à espérer qu’ils reviennent et qu’ils en parlent à leurs amis.

Chaque jour, j’ai essayé d’être à mon meilleur.

Un an à apprendre à gérer des employés, des agréables, des difficiles, des compétents, des « pas à leur place », à essayer de leur expliquer ce que c’est un bon café, un service à la clientèle impeccable et ce que j’ai imaginé depuis février 2015. J’ai fait de mon mieux pour agir en bon patron et tout fait pour ne pas reproduire les comportements désobligeants de certains d’entre eux. Puis, je me suis trompé parfois, j’ai parlé trop vite, trop fort, trop bête et je me suis excusé de ne pas toujours être à la hauteur. J’ai essayé de taper dans le dos des collègues pour le travail bien fait, de les féliciter pour leurs bonnes journées, de les encourager dans les moins bonnes, de les chicaner quand ça dépassait les bornes et surtout, de les remercier le plus souvent possible.

Un an à me retrousser les manches pour les congés, les absences, les retards, les départs, les petits et gros problèmes du quotidien, le manque de liquidités, à trouver des solutions concrètes, rapidement et pas toujours dans les meilleures conditions.

Chaque jour, puiser dans toutes mes ressources et parfois vivre de l’énergie du désespoir.

Un tour de planète complet à imaginer le futur proche, à développer, à organiser, à payer des factures, à faire des chèques, à négocier avec des fournisseurs, à stresser pour la paie et pleurer parfois, incontrôlablement, ne voyant pas plus loin que le jour suivant.

Chaque jour, j’ai croisé les doigts.

Un an à se pêter les bretelles pour les bons coups, les journées super rentables, la visibilité dans les médias, les clients qui reviennent, à se faire dire qu’on a les MEILLEURS scones en ville.

Un an à appeler maman pour qu’elle fasse les courses, qu’elle me console quand je broyais du noir, qu’elle me conseille, m’encourage quand j’en avais besoin (j’en ai encore souvent besoin, ha!), qu’elle insiste pour payer sa facture chaque fois. Elle qui voit toujours l’avenir beau, grand et successful. MERCI x 1 000 000.

Sept mois (parce que ça ne fait pas un an pour elle) à travailler avec la meilleure « deuxième » associée du monde (la première, c’est môman, tsé).  Elle est arrivée à point nommé, au moment où on avait besoin l’un de l’autre, au moment où il fallait sortir la tête de l’eau. J’avais besoin de souffler un peu, elle avait besoin de respirer à nouveau. Depuis, on tombe et on se relève ensemble, tous les jours, pour le meilleur et pour le pire. Parce qu’à deux, c’est bien connu, c’est mieux. MERCI x 1 000 000.

MERCI à vous tous, belles personnes, amis, clients réguliers, anciens et nouveaux, qui allez et venez régulièrement, qui me donnez des conseils, qui rendez les journées plus calmes agréables, qui me permettez de constater que La brume dans mes lunettes est un SUCCÈS depuis le premier jour, vous qui en parlez aux gens autour de vous et qui faites une réelle différence dans toute cette aventure. CHAQUE. JOUR. 

Et MERCI sans retenue à cette équipe formidable qui nous accompagne jour après jour, à ceux qui sont passés et à ceux qui ont gratuitement donné de leur temps. Sans vous, rien de tout ça ne serait possible.

LOVE tout plein et MERCI x 1 000 0001 000 000

 

Tinder, épisode 588

Le dating version moderne me décourage. J’en reviendrai jamais, j’pense. J’essaie de m’adapter, de comprendre, de voir la CHOSE autrement, mais ça gosse. Comment peut-on prétendre par des mots et des gestes être intéressé par l’autre si on est toujours en mode recherche ? Genre « recherche intensive ». Et cette game de je-ne-te-texte-pas-pendant-trois-jours, mais je t’inonde de selfie la 4e journée ça rime à quoi? Tu’ intéressé ou pas ? Parce que c’est pas clair. As-tu du temps cette semaine ? Tu devrais avoir envie de me voir le plus souvent possible. T’as pas cette envie, ça doit pas être ça, je ne suis sans doute pas le bon. T’es occupé ? Tu vas trouver le temps. Voyons, le monde! C’est supposé être naturel et simple.

On se voit, on jase, on s’embrasse, on baise, on dort, on se revoit, on recommence, mais c’est pas ça ? Ça se peut que tu ne le sentes pas dans ton intérieur, ça se peut vraiment. Mais pourquoi entretenir le vide et les peut-être, dans ce cas ? Pourquoi ne pas juste dire d’emblée : ça ne marchera pas, je ne le sens pas ? Pour essayer ? Ok. Mais pas trop longtemps, ok? C’est de la job pour toi aussi d’entretenir toutes ces conversations et ces prises de rendez-vous. On le sait assez rapidement que ça n’ira pas loin. On le sait, c’est tout.

Sinon, c’est quoi ? La peur d’avoir mal ? Parce que y’a ça aussi, la maudite peur d’être blessé. C’est bin plate, mais ça fait partie du processus de rencontre. Ça, pis les premiers rendez-vous qui rendent fucking nerveux où tu sais pas quoi te mettre pour séduire juste assez. T’es intéressé, mais t’as peur ? Protège-toi un peu, ouvre ton cœur un peu, gère tes émotions comme un adulte. Regarde pas trop derrière, concentre-toi sur un candidat, avance en regardant devant pour ne pas trop t’enfarger pis ESSAIE. Genre. Juste un peu. Sinon tu vas passer par-dessus mille affaires le fun. Pis si ça marche pas, t’auras au moins essayé (pis eu un peu sexe).  WIN-WIN.

Je crois aussi qu’on fait de la recherche intensive pour combler un certain vide. Ce vide laissé par la dernière relation ou celle qu’on aurait voulu. L’espoir du mieux. On a aimé, on a été blessé, notre cœur saigne toujours un peu, même quand on le croit guéri. Pour éviter de souffrir à nouveau, on prépare la prochaine étape (i.e. le candidat suivant) avant d’avoir même commencé la première (apprendre à connaître le premier). En partant du fait qu’il y a intérêt, bien évidemment. En gros, on ne fait pas trop d’efforts. Tout le monde veut quelqu’un, mais plus personne ne sait trop comment s’y prendre. On a tous de l’amour à donner, un shit load, mais on sait plus comment faire.

Pis qu’est-ce que je fais ? Un peu la même maudite affaire que tout le monde, tout en essayant de faire autrement. Je n’ai pas envie d’être le seul à me bercer d’illusions, tsé.

Toujours est-il que depuis une certaine lurette, j’ai mis un terme au niaisage avec l’anglophone. Oui, non, peut-être, pas aujourd’hui, je suis trop nerveux, j’ai pas assez dormi, mais on va se revoir, promis. LAISSE FAIRE. I like you but I don’t want something serious and I didn’t see anyone since I met you. Doux Jésus. Marie pis Joseph pis les dindons de la crèche. Nenon, tu veux quelque chose de sérieux, sinon tu ne passerais pas ton temps sur les applications. Tu veux juste pas de sérieux avec moi pis c’est bin correct. Plate, mais correct.

Le monde, j’aimerais tant que tu réapprennes à dater comme du monde. Juste parce qu’en ce moment, tu me propose des relations jetables. Pis j’aime pas ça.

Le dating selon Lulu :

  1. Si je suis minimalement intéressé, je te donne des nouvelles régulièrement. Possiblement tous les jours, sans exagérer. Sauf si ton text behavior m’inspire l’inverse.
  2. Si on s’est déjà vu de près, j’ai envie de te revoir régulièrement aussi. Possiblement dès que j’ai un moment de libre. J’ai envie d’apprendre à te connaître, tsé.
  3. Je pense à toi sporadiquement dans la journée. Rien de catastrophique, mais tsé, tu me plais un peu, faque.
  4. Si tu me textes, ça me fait un petit quelque chose en-d’dans. Pas grand chose, là, juste une petite émotion agréable qui me donne envie de recommencer.
  5. Si on a baisé ensemble et que c’était bon, j’ai envie de recommencer. C’est quand même au moins 50% du couple, le sexe. C’est un esti de bon départ.
  6. Si tu étires le délai entre tes communications, ça gosse. Je me demande pourquoi tu fais ça et ça gosse un peu plus. Pourquoi je ne te texte pas, dans ce cas ? À cause du point 1.
  7. J’aime pas le niaisage.
  8. Si je te texte avec une phrase ouverte, t’as le droit de conclure. Laisser tout ça en suspend, c’est plate.
  9. Si tu joues une game (peu importe laquelle), je décroche.

Ça doit être l’alignement des planètes, mais je comprends pu rien.

Tinder, épisode 237

C’est dimanche soir, j’ai passé un bon weekend, je me sens en contrôle de mes maudites-émotions-à-marde, j’installe Tinder pour la 237e fois. Je « super like » un gars. Il me répond dans la seconde ou presque, la conversation est parfaite, il me fait rire, il est freaking hot. Il me donne son numéro de téléphone et on décide de se dater le lendemain. Tout beigne.

Il est grand, blond et anglophone. On aura plein de raisons de ne pas se comprendre. Yay!

On se date lundi soir. Il vient me chercher, m’emmène dans un resto sympathique, paye la note (sooooo gentleman), me propose un « dernier verre » chez lui. Tute va bien.

Je le texte, il me texte, le lendemain et les jours suivants. Il me propose de l’accompagner voir la maison qu’il vient d’acheter à l’extérieur de Montréal. J’accepte volontiers. Sur la route, il m’appelle future husband (avec une pointe d’humour, il va sans dire), on jase de tout et de rien, la conversation est fluide. On rit, c’est intéressant. Pas de temps mort. Pas d’hésitation. C’est simple et agréable.

On arrive, on démolit un mur vite fait, on jase, il m’embrasse, on démolit un autre truc, je me donne à fond, je lui montre mon côté masculin-je-suis-manuel-et-je-sais-tenir-une-drill x 1000, je l’embrasse, il me demande mon avis sur ses choix designs, me fait faire le tour du quartier, me ramène à la maison. Tsé, simple et léger. Il me prend dans ses bras avant de quitter. J’ai une petite émotion.

Je le texte pour lui dire you’re cool. I like you. Pas « je t’aime pis je veux t’épouser ». Plutôt « je t’aime bien et j’aimerais te revoir ». Tsé, apprendre à se connaître et peuuuuuuut-êeeeeetre, un man’né, m’attacher. Il me répond que je suis cool too and very chill. On a tous les deux passé une belle journée, donc. J’ajoute que je suis libre dimanche. Il acquiesce avec un we’ll make a plan.

On ne s’est pas vu dimanche, finalement. Personne n’a proposé de plan. Je n’ai pas osé le relancer, ayant préalablement fait une partie du chemin. J’ai senti un changement de rythme, je dirais. Ses réponses sont plus espacées et les textos n’ont plus de conclusion. Et hier, rien. Sauf quand j’ai décidé de le texter vers 19h. Il a répondu sur-le-champs cependant et la conversation semblait intéressée. J’ai quand même l’impression d’avoir commencé à courir tout seul. Un peu.

Je ne suis pas tant chill, finalement. Et je pense beaucoup trooooooop.

Je m’en fais encore pour rien, je sais. Je crois cependant qu’il soit justifié de penser que si on est vraiment intéressé, on propose un vrai plan et pas seulement « we’ll make a plan ». Maudit dating du criss.

Je. Pense. Trop.

Je ne suis pas assez casual pour dater, je pense bien. Je n’y arrive pas encore, du moins. Je sais qu’on peut dater quelqu’un par intermittence, sans engagement, sur une longue période. J’en connais plein qui le font et pour qui ça fonctionne. On se voit quand ça adonne jusqu’à ce que ça adonne full pin (ou pas). Entre temps, ça ne signifie pas que l’un ou l’autre n’est pas intéressé. Je sais. JE SAIS. Et j’essaie fort de faire autrement, mais c’est pas super naturel. Toutes les histoires funnées que j’ai connues auparavant ont été full pin dès le départ. Faque dans ma tête, c’est d’même que ça marche.

Maintenant, je cherche ce que je pourrais bien faire de différent cette fois-ci. Me CALMER LES NERFS serait une bonne chose. Être vraiment chill, comme je sais l’être quand je n’ai ni attente ni attache. Et ne rien faire de plus, je crois. Pour éviter d’être déçu, tsé.

Maudite psychologie de garage de mes deux fesses.

 

Au-delà de la violence

Il est minuit six. J’arrive tout juste à la maison.

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Je suis parti du travail avec un peu le cordon du cœur qui trainait dans’ marde. Un peu. Pour toutes sortes de raison. J’arrive juste pas à le raccrocher comme je voudrais en ce moment. C’est cyclique, je crois. Temporaire, surtout. Donc, ce soir, j’avais envie de prendre un verre et de rentrer un peu plus tard, mais pas trop tard. Juste pour dire. Je n’avais juste pas envie de rentrer seul à la maison en sortant du bureau. Tsé, ce genre de moment.

C’est raté, il est très tard.

Je me suis donc retrouvé chez l’EX, celui avec qui j’ai passé quatre années formidables/de marde, mais pour qui j’ai un profond respect et encore beaucoup d’amour. Pour l’occasion, parce que mon cordon machin trainait dans ÇA, j’ai acheté une bonne bouteille. Avec son copain que j’adore, on a discuté de choses et d’autres. Du quotidien pis tute. Et à un moment donné, j’ai dit : « le discours d’Hillary est à 22h ». Tout ce que je voulais, c’est l’écouter. Bin me v’là tu pas que je l’ai regardé sur grand écran, full HD avec le volume dans l’tapis! Pis avec eux. What a speech!

Ce soir, j’ai vécu un moment comme j’en rêve trop souvent. Un ESTI de moment. Comme quand  Pauline est devenue première ministre. Cette étape où tout semble possible. Où les dernières barrières tombent. Où sky is the fucking limit. Cette femme-là, Hillary, je ne sais pas pourquoi, mais elle m’inspire. Malgré tout ce qu’on a pu lui reprocher et plus encore. C’est Hillary Rodham Clinton. HRC, la présidentiable. C’est SA campagne, SON moment, SON accomplissement. Peu importe si elle gagne ou non, peu importe ses erreurs du passé, peu importe ce qu’on pu dire, elle mérite cette nomination. C’est une battante, elle est déterminée, qualifiée et fucking prête!

Je sais, je parle d’un autre pays. C’est juste tellement plus inspirant politiquement parlant qu’ici. Là-bas, à chaque campagne présidentielle, le monde peut changer. Là-bas, le monde VOTE. Ils s’intéressent et comprennent les principes de base de la démocratie, le moins pire des systèmes. En plus, ils ont le sens du spectacle, du rythme, du discours. Et ils en ont les moyens. C’est beau et inspirant (parfois un peu troublant).

J’ai absorbé chaque mot de son discours. Chaque intonation, chaque sourire, chaque martèlement. Elle est tellement prête! J’ai ri, j’ai applaudi, j’ai été fébrile, j’en ai redemandé. Quelle femme! Quelle future présidente!

Après ce discours véritablement historique, je marchais sur la rue en souriant béatement. J’étais bien. Heureux. Satisfait. Comme si tout pouvait arriver sans m’ébranler. Fallait donc que je trouve une chanson pour faire perdurer le moment. J’ai pitonné, et pitonné encore jusqu’à ce que je tombe sur L’amour existe encore. J’ai hésité, mais je l’ai laissé jouer.

L’amour existe encore. Parce qu’à travers tous ces mots que Hillary a su si bien juxtaposer, il n’y a que ça : du beau, du bon, de l’unité et de l’amour pour son prochain. Que ça mène à un résultat ou non. C’est de ça dont le monde a besoin en ce moment. Du positif. On n’est peut-être pas du même bord, mais au bout du compte on s’en fout d’avoir raison ou tort. Le monde est mené par de fous, mais il n’en tient qu’à nous de nous aimer plus fort. Au-delà de la violence. Au-delà de la démence. Malgré les bombes qui tombent aux quatre coins du monde. Malgré ce mal qui court et met l’amour mort. C’est tellement à propos.

Pis quétaine un peu (ou beaucoup).

Après ce soir, je pourrais mourir parce que j’ai vécu un moment parfait, mais j’ai bin trop envie de voir Hillary présidente des États-Unis. Pour toutes les personnes qui se battent pour un idéal dans le monde. Faque je ne mourrai pas. J’ai juste pas envie.

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Il est minuit cinquante et je vais dormir. PEACE.

Boyfriend material

Me semble que ça fait longtemps que je n’ai pas étalé ma vie privée sur la blogosphère. Ça vous manquait, je sais. Voici, donc.

Le chapitre Paragraphe 3 vient de se terminer. Pas parce que ce n’est pas du boyfriend material, au contraire, il est beau, pis fin, pis drôle, pis attentionné, pis généreux, pis amoureux, pis je crois bien qu’il aurait mis la Terre à l’envers pour me rendre heureux. Exactement comme je ferais pour celui que j’aime. Mais suite à une discussion que j’ai souhaité franche, il a mis un terme à nos ébats parce que je ne suis pas capable de lui donner tout ce qu’il attend de moi. Je rumine des vieilles affaires, encore. Je n’ai pas complété tous mes deuils, je crois. J’ai encore de la colère emmagasinée, on dirait bien. En ce moment, je lui ouvrirais mon cœur pour les mauvaises raisons. J’ai donc dit non, implicitement. Il a dit non, explicitement. Question de timing, qui disent.

C’est dire que j’ai, un peu malgré moi, tiré la plug sur une pas pire belle histoire. Comme un amateur.

Un soir un peu trop arrosé, un bon ami à moi lui a dit que j’étais un peu FOMO ces temps-ci, dans des termes plus affectueux, bien sûr. Effectivement, j’ai en ce moment cette fâcheuse impression d’avoir peur de manquer quelque chose. Quoi ? Je ne sais pas. Pourquoi ? Non plus. Mais je ne reste pas en place deux secondes, j’ai besoin de sortir, de voir du monde, de flirter, de me sentir libre. C’est ça, j’ai besoin de LIBARTÉ. Plus qu’à l’habitude. Comme si j’avais été encabané pendant trop longtemps. Comme si je m’étais un peu trop privé au nom d’une certaine stabilité émotionnelle.

J’ai souvent dit que j’avais trouvé un anxiolitique efficace : le couple. Quand je suis en couple et heureux (cela va de soi), je n’angoisse pas, je dors la nuit, je souris le jour, j’apprécie rester chez nous les fins de semaine. Je suis léger et funné. Je crois qu’en pareille situation, et mon entourage pourra en témoigner, je suis à mon meilleur. Quand je date, je deviens rapidement instable, émotif, exagéré, intolérant, je me réveille la nuit pour ruminer, réfléchir ou paniquer, inutilement.

Maudit câlisse.

Dans la vie en général, mais plus particulièrement en ce moment, j’ai besoin de voir du monde, d’organiser des soupers le vendredi soir, de sortir dans les boites de pédés. Mes amis sont majoritairement gays, je suis gay, je vis gay et c’est comme ça que je me sens bien. C’est donc dire que j’ai besoin de quelqu’un qui va avoir envie de faire les mêmes activités que moi, avec le même monde que moi, au même rythme que moi ou presque. J’aimerais être différent, me satisfaire de peu, être capable de naturellement rester chez moi les fins de semaine, jardiner, tricoter ou jouer à la pétanque avec des amis. J’aimerais vouloir désespérément partir en camping, en voyage de pêche, avoir un chalet pour m’évader tous les fuckin’ weekends de l’année. Je ne suis pas encore rendu là. Je ne me sens pas comme ça. Je préfère les 5 à 7, les partys et rentrer aux petites heures du matin.

Ça me déçoit parfois.

J’ai 35 ans. J’ai l’impression d’en avoir 20. J’agis comme si je n’avais pas vécu et/ou appris. Mes amis me répètent à juste titre que ce serait peut-être le bon moment de prendre une pause, de me retrouver, de me ressourcer, d’être en couple avec moi-même. Genre.

Que faire maintenant ? Rien, je suppose. C’est la meilleure réponse que j’ai trouvée. Rien ou essayer de faire différemment, encore. J’imagine devoir construire un Trump wall entre les autres et moi. Pas par peur d’être blessé, juste pour éviter de rencontrer prématurément et de m’attacher indûment. Du moins temporairement.

En attendant, je vais laisser accrochés les dessins que Paragraphe 3 m’a fait au café. Juste pour me rappeler que c’était l’fun. Pis que j’aurais aimé être à la bonne place, au bon moment.

En deux temps, trois mouvements

Épisode 2783 sur les rapports humains.

J’ai revu le dude du premier paragraphe (réf.: Trois fois passera). Appelons-le affectueusement Paragraphe 1. Il m’a expliqué les raisons de son silence et m’a signifié son envie de me revoir. Il a d’abord oublié notre rendez-vous de « retrouvailles » d’une journée (wink), mais on réussi à setter une autre date. C’était bien. On a jasé de choses et d’autres, simplement. Depuis, on échange régulièrement, amicalement. C’est un bon gars au fond (wink wink).

Paragraphe 2 et moi on continue d’échanger et tout va pour le mieux. Je le trouve funné et j’aime beaucoup sa répartie. Il a plus d’une soirée dans son sac, ça change souvent le mal de place (sourire satisfait).

Sans même avoir lu mon blog, Paragraphe 3 est revenu dans le portrait. Il s’est confondu en excuses, en explications et en « je voudrais te revoir ». Je lui ai donc accordé audience. Je lui ai dit : « qui suis-je, intense x 1000, pour refuser les explications d’un intense x 1 000 000? ». On est allé bruncher, je l’ai écouté, il a remis son train sur les rails après un spectaculaire déraillement, j’ai dit des choses, on a échangé. Il a payé le déjeuner. Gentleman.

Il a perdu beaucoup de points. Il en a gagné plein d’autres. À suivre.

J’ai jamais été indifférent, au fond. J’étais plutôt intéressé, en fait. Mais tout ce branlebas de combat m’a fait un peu peur (no shit). Ça allait vite, c’était intense, ça allait sans doute un peu trop vite et c’était peut-être un peu trop intense. Ralentissons, donc. On va se revoir. Lentement, mais sûrement. À mon rythme et sans contrat. Tant que c’est simple de parts et d’autres, ça ira.

Ce qui m’étonne encore, c’est que je ne m’attendais pas à tant de revirements. Je n’espérais ni les explications de Paragraphe 1 ni le retour de Paragraphe 3. Habituellement, quand je prends le guess d’écrire des platitudes sur mes dates déchues, la suite est rarement positive. Je ne m’attendais à erdjien. Une ex-fréquentation m’avait déjà écrit pour me dire d’arrêter de parler de lui sur mon blog, que notre « histoire » était déjà loin derrière lui et que je devais cesser de l’embêter. J’avais ri. C’est donc qu’il se reconnaissait. Et que ça l’embêtait. J’en avais profité, du haut de ma confiance renouvelée, pour lui répondre que personne ne le forçait à me lire : « c’est à toué les oreilles », je disais.

Mais je peux le comprendre. Qu’on parle de moi en termes plus ou moins élogieux sur un site à 677 abonnés, ça pourrait me gosser. Mais ça signifierait sans doute aussi que j’ai été une p’tite vache à certains égards. Ça, ou que j’ai manqué de maturité. Ou de clarté. Ou de bin des affaires nécessaires à tout humain engageant un contact avec autrui. J’en viens donc à la conclusion que Paragraphe 1, 2 et 3 sont des gens bien et relativement groundés. Le monde et les temps changent.

Pis bonne fête des pères.

Des paillettes de solidarité

C’est un texte que j’ai publié en 2014 pour faire la morale à l’infâme Richard Martineau. Je le reprends aujourd’hui, suite aux événements d’Orlando, pour tous les haters de la Terre.

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Toi, hétéronormatif, tu ne comprends pas l’importance de célébrer la Fierté. Tu trouves qu’on est exagéré, déplacé, exubérant et qu’on devrait juste « être » et faire « comme tout le monde ». Pas besoin d’être fier de quoique ce soit de toute façon ou de se montrer avec des plumes dans l’cul, on a le droit d’adopter des enfants sur « votre » bras, c’est bin assez.

Toi, hétéronormatif, tu rejettes l’idée d’un défilé parce que toi, hétéro normatif, tu n’en as pas, toi, de défilé. Tu prétends ne pas avoir à être fier d’être hétéro et sans histoire. Et s’il fallait qu’on fasse un défilé pour tous les « gens différents », il y en aurait tous les jours. Tsé.

Toi, tu ne te réveilles pas un matin de tes 6 ans avec du désir gros comme la Terre pour un copain du même sexe que toi sans comprendre pourquoi. Tu n’as jamais eu peur d’en parler, toi. Toi, à 6 ans, tu joues avec tes autos miniatures et tu ne penses pas à ça. Au mieux, tu joues au docteur avec ta petite voisine et ça, c’est drôle et mignon pour la majorité des gens.

Toi, tu ne comprends pas ce que c’est de vouloir être « normal » aux yeux de gens comme toi. Tu n’as jamais eu à mentir sur qui tu es intrinsèquement pour avoir l’impression d’être accepté de gens comme toi. Parce qu’être pointé du doigt parce que t’aimes pas les mêmes choses que « tout le monde », tu ne connais pas ça.

Toi, tu ne comprends pas ce que c’est de faire rire de toi par les p’tits cons de ton école. Entouré d’hétéronormatifs, l’enfant « différent », qu’il soit blanc, gay, noir ou jaune, ne fait pas partie de la norme, il est donc risible, cela va de soi.

Toi, tu ne comprends pas ce que c’est d’avoir 16 ans, une blonde pour être « comme tout le monde » et être amoureux de ton meilleur ami. Tu ne sais pas ce que c’est de ne pas pouvoir lui dire parce que ce n’est pas « normal » ou « acceptable ». Les questions que tu peux te poser sur ton orientation sexuelle ne t’empêchent pas de dormir la nuit.

Toi, tu ne comprends pas ce que c’est d’avoir 15, 20 ou 30 ans, d’être un gars (ou une fille) et de devoir annoncer à tes parents que t’aimes quelqu’un du même sexe que toi. Aussi compréhensibles et humains soient-ils. T’as rien à annoncer de spécial sauf, peut-être, que t’as rencontré quelqu’un de bien et ça, pour tes parents, cela va de soi.

Toi, tu ne comprends pas cette peur d’être rejeté par ceux que t’aimes parce que la société te considère comme différent. On ne rejette pas un gars qui présente une fille à sa famille, à ses amis ou à ses collègues. Ou l’inverse.

Toi, tu n’as pas à avoir peur de marcher sur la rue et de tenir la main de la personne que t’aimes. Et toi, tu peux le faire partout dans le monde. C’est normal d’être toi. C’est accepté partout, comme VISA. Moi, pas si loin que ça, je peux me faire jeter d’un resto parce que j’aime un gars. Ou être la cible d’un hater meurtrier juste parce que je suis gay. T’as déjà pensé à ça?

Toi, t’as peut-être oublié qu’il n’y a pas si longtemps, à Montréal, on coffrait des gens parce qu’ils se retrouvaient dans des endroits dits clandestins parce que ce n’était pas légal de vivre comme eux. Ils se cachaient pour être heureux. T’as peut-être oublié aussi qu’ils se faisaient tabasser sans autre raison que leur différence et que leurs bourreaux étaient impunis et parfois même, applaudis.

Toi, tu ne soutiens pas toujours les gens qui font encore parfois les frais de commentaires homophobes, d’humiliation, de licenciement injustifié et de violence. Tu ne réalises pas qu’il y a 72 pays dans le monde où la communauté LGBT n’est pas la bienvenue. Que ces mêmes pays votent des lois pour condamner les homosexuels jusqu’à la peine de mort. Aux États-Unis, encore aujourd’hui, des lois sont votés pour restreindre nos droits et libertés. Toi, as-tu peur d’être tabassé parce que t’es hétéro et « normal »? Tu te souviens des deux jeunes gay iraniens qui ont été pendus par leurs pairs parce qu’ils s’aimaient? C’est ça, tu crois, la vie?

Toi, tu penses que de payer des taxes et d’avoir des avantages fiscaux est suffisant. Toi, tu penses qu’on s’est battus juste pour ça. Mais tu ne comprends pas qu’on s’est avant tout battu pour être respecté et accepté, non pas juste toléré.

On s’est battu pour rester debout.

Un défilé de la fierté, pourquoi? Pour se féliciter du chemin parcouru pour la communauté LGBT ici et à travers le monde. Qu’on le fasse avec exubérance, enrobé de plumes, de paillettes ou les fesses à l’air ne change rien. On est là pour faire du bruit et rappeler que la différence existe. Et c’est beau, la différence. Qui plus est, ça aide parfois quelques âmes en détresse à sortir la tête de l’eau et vivre. Tsé, vivre.

Chaque défilé aussi, on garde une minute de silence en l’honneur de ceux qui sont morts du SIDA et de l’intolérance et pour ceux qui marchent toujours pour leur liberté au péril de leur vie. C’est pour ça qu’année après année, à chaque défilé, lors de la minute de silence, je lèverai le poing afin de signifier que je les soutiens dans leur combat.

On appelle ça la solidarité.

Le 12 juin, au Pulse d’Orlando, la vie était belle. Des gens s’amusaient, dansaient le sourire aux lèvres. Ils ne demandaient rien de plus que d’avoir du gros fun noir avec leurs amis. Rien de plus, rien de moins. Faire « comme tout l’monde », tsé.

Pense à tout ça. Parce que toi, tu n’as peut-être jamais eu à te battre pour exister.

Trois fois passera

Dans les trois derniers mois, j’ai daté trois gars. Commençons par ça.

Le premier, ça s’annonçait super bien. On s’est rencontré dans un bar, on s’est plu tout de suite, genre sourires automatiques, petites étoiles dans les yeux, une envie irrésistible de s’arracher nos vêtements. On s’est revu, en tête-à-tête au resto, chez lui, on avait envie de se revoir, on s’est revu, trois fois, et c’est à ce moment que j’ai dit l’impensable : tu me plais. Ça et quelques autres questionnements que je considère légitimes. MAIS OÙ AVAIS-JE LA TÊTE?! Depuis, plus rien ou presque. Des grenailles d’attention et quelques relances.

Le deuxième, je l’ai connu sur Tinder avant ma résolution. On a tous les deux swipé à droite, on s’est envoyé un premier message pis ça semblait parti pour la gloire. On s’est vu trois fois, chez lui, et c’était vraiment agréable. Cette fois, c’est moi qui ai reculé, je ne le sentais pas, mais je lui ai dit rapidement et avec des mots en séquence cohérente : « je ne souhaite pas m’aventurer sur cette voie avec toi ». Et le traditionnel : « je préfère qu’on reste ami ». Depuis, quand il a été prêt, on s’est revu en amis et j’apprécie ces moments.

Le troisième, je l’ai poké sur Facebook. Bin oui, je fais ça. Il m’a poké back, je lui ai envoyé un message et s’en est suivi un échange enflammé pendant deux semaines. Le gars, à l’extérieur de la ville pendant ce temps, est même revenu plus tôt parce qu’on ne se pouvait plus. Beau, fin, drôle, into me x 1000. Into him x 1000 aussi. On s’est vu pour la première fois vendredi et c’était juste parfait. Malgré son intensité plus aiguisée que la mienne et l’évolution rapide de la « relation », j’ai mis mes quelques issues récurrentes de côté au profit d’une possible chouette histoire.

On s’est revu samedi soir, je rencontrais ses amis (bin oui, vite de même, mais pourquoi pas?!), et je devais repartir avec lui, chez lui. Sauf que, j’étais fatigué et un peu dans ma tête, j’ai donc préféré partir sans lui, chez moi, et éviter des discussions possiblement akwards. Je lui ai dit et il a déchanté sur-le-champ. S’en est suivi – de sa part – un envoi massif de textos plus ou moins agréables à lire et deux appels manqués – je dormais, tsé, j’étais vraiment et réellement fatigué. Faqueeeeee, me suis fait domper hier matin. Bête de même. Je n’étais plus à la hauteur de ses attentes, tout à coup. J’aurais dû rester avec lui, faire comme si tout allait bien et sourire à tous vents. Me sacrifier pour la cause, en quelque sorte. Ça s’est fini hier matin donc, au téléphone. C’est toujours mieux que par textos. Ooooooooh well. Ça m’a rassuré sur un truc : il y a plus intense que moi. Merci, bonsoir.

Étonnement, hier matin, j’étais d’un calme plat. Quoi dire ou faire face à ça? Absolument rien. J’ai donc expérimenté le « lâcher prise » avec succès. C’est dire que devant une situation totalement hors de mon contrôle et démesurément dramatique, je suis encore assez sensé pour me retirer avec grâce et sans trop de séquelle. Je me sens quand même vidé de toute cette intensité, j’ai fait à peu près huit siestes dans la journée, mais je suis fier de ne pas avoir accepter de courir vers l’impossible, tête baissée. Y’a toujours bin des limites!

Ça met donc un terme, pour le moment, à un cycle de dating poche. Aujourd’hui, je dois avouer que j’étais un peu découragé/dégoûté des dernières semaines et de certaines de ces rencontres. C’est comme courir vers des portes grandes ouvertes, mais les recevoir en pleine face au moment d’entrer. Un moment donné, ça gosse.

Conseils du jour :

  1. Si tu dates pis que ça marche pas ou que tu veux pas, aies au moins les couilles de le dire rapidement, avec des mots qui se comprennent et des phrases claires. Sois assez adulte pour ne pas garder l’autre comme un rond de poêle allumé, juste au cas. C’est nul. La personne l’autre bord a possiblement un intérêt pour toi et tu lui donnes espoir pour rien. Répéter au besoin avec patience et un peu de cœur.
  2. Si t’es intense, apprends à te gérer un peu. Ce n’est jamais simple, les émotions sont souvent plus fortes que la raison, mais fais un effort. Au pire, rumine chez vous, parles-en à tes amis, radote, mais ne sois pas pathétique devant lui. Apprend à parler calmement, à tête reposée. Pour l’avoir vécu trop souvent, parler sur le coup de l’émotion ne donne JAMAIS les résultats escomptés. Répéter avec abandon, intelligence et estime de soi.
  3. N’accepte jamais qu’on joue avec toi. Tu vaux plus que ça, tu m’entends?

Comment conclure, maintenant?

Les gars (les filles), on a tous des issues dans la vie. Y’a personne de parfait ni de totalement prêt à se lancer en relation. Même les plus zen de mes amis sont un peu fuckés. Sont juste plus calmes. On a tous un passé, des angoisses, des attentes, des trucs à régler, l’espoir de trouver le bon et le cœur fissuré d’histoires ratées. Y’en aura jamais de facile, maudit câlisse. Être en couple, c’est UN TRAVAIL DE TOUS LES JOURS. C’est pas juste du WOW, c’est aussi des discussions pas l’fun, des ajustements, des compromis, c’est traiter avec un HUMAIN qui a des travers différents des vôtres. Pis après avoir compris ça, c’est essayer d’avancer ensemble dans la même direction. C’est là que la magie s’opère, en principe. Mais pour ça, faut avoir un intérêt d’abord et être prêt à faire des efforts ensuite.

Parce qu’on a rien pour rien dans la vie, tsé.

Neeeeeeeext.