Le vent dans tes cheveux blonds

J’ai envie d’écrire au « je ». Paraît que c’est pas beau, écrire au « je ». C’est pour ça que je vais le faire. BOOM!

—//—

Depuis aussi longtemps que je me souvienne, on m’a allègrement répété que j’étais intense. Trop sensible, trop émotif, trop draaaaama, trop exagéré. Juste trop. Il y en a même qui sont partis en me le disant (ou en le criant, c’est selon). Je. Suis. Too. Much. Ouin. Mettons que j’aurais pu apprendre à doser. Malheureusement (ou heureusement, ça dépend), il n’y a que le temps et les expériences pour nous l’apprendre. Depuis, je dose. Parfois.

Je suis comme ça : constitué intensément. Sans doute dû à mes parents, au milieu où j’ai grandi, à l’éducation que j’ai reçue. Ou à un échange de chromosomes funkys. Peu importe, c’est moi, ça.

Quand j’ai eu envie de lui dire que je l’aimais, je l’ai fait. Quand j’ai eu envie de lui écrire que j’avais de la peine, je l’ai fait. Contre les avis et les conseils de tous mes amis. Je l’ai fait. Avec le plus de mots possibles. De beaux mots réfléchis dans des phrases bien construites. Souvent sur plusieurs pages. Des romans-fleuves. Parce que, sur le moment, je pensais que c’était la meilleure chose à faire pour moi. Parce que j’avais besoin de m’exprimer. Parce que j’avais un indescriptible besoin d’être entendu et compris. Pour recommencer à respirer, pour réapprendre à dormir, pour arrêter de perdre mes ch’feux.

Je ne regrette rien. Pas un seul mot.

Certains diront que j’ai été over drama et que j’ai juste vomis mes émotions indistinctement, à tout vent. Ça, c’est ceux qui sont partis. D’autres diront que j’ai bien fait, que j’ai été honnête avec moi et les autres et que c’est une qualité admirable. Ça, c’est ceux qui sont restés.

Au fond, les gens peuvent bien dire ce qu’ils veulent. Parce que j’ai que rarement regretté mon intensité. Parce qu’elle a toujours été employée dans le but de comprendre l’incompréhensible. Parce qu’elle m’a entre autre permis d’être là où je suis maintenant, d’être la personne que j’ai choisi d’être et d’être entouré de toutes ces belles personnes généreuses et sincères. C’est ce que je veux après tout, être authentique et entouré de belles personnes généreuses et sincères.

Bin oui, je m’enfarge souvent dans les fleurs du tapis, mais ça permet souvent de constater l’éclat des couleurs et la qualité du tissage. Bin oui, ça me prend du temps à passer au travers de certaines épreuves. Pis? Hen, pis? J’ai souvent répété à un ami qui a pris beaucoup de temps à se remettre d’une rupture: « tu peux m’en parler aussi souvent que tu veux, tu passeras à autre chose quand tu seras prêt ». C’est ça, pour moi, un ami. Pis c’est ça, pour moi, la vie.

Faque, j’ai souvent eu peur de montrer ma vraie personnalité. Parce que je suis intense, explosif, sensible, fou-mongol! Une belle folie, parzemple. Mais ça fait peur au monde, ça. Ça surprend, ça choque, ça confronte, parfois. Pis y font quoi quand ils ont peur, les gens? Ils se sauvent. Pis quand t’aimes la personne qui se sauve, ça fait mal.

Paraît que quand on s’assume pleinement, les gens n’ont pas le choix d’accepter. Je pense bien que ce soit vrai. Man, si ça te plaît pas, pars! Mais le secret du succès, je pense, demeure tout de même le relatif équilibre. Rien ne sert de courir, mieux vaut partir à point.

Il y a donc quelques personnes que j’ai beaucoup aimées et qui sont parties en courant. Dans toutes les directions. Partout où je n’étais pas. Meh.

Cé ça quié ça. Tant pis pour eux.

Ce matin, j’ai eu envie de dire ceci: « Il y a de ces frontières de la vie qui découragent, mais surtout, il y a de ceux qui nous donnent la volonté de les dépasser, de s’arrêter de l’autre côté et de réaliser que la peur n’existe plus ». C’est mon beau chum qui me l’a indirectement inspirée. Un soir, un peu saoul, très amoureux, il m’a demandé de lui promettre de ne jamais changer. Me suis mis à pleurer. Parce que pour la première fois, l’homme qui partage mes moments me donnait le droit d’être qui je suis. Avec ou sans lui. Sans avoir peur. Sans menace de disparaître. Sans sous-entendu. Be it, sti. Beau, grand, intense, funné. Toute. Ça, ça veut dire que ça peut plaire, du monde comme moi.

Faque, je n’ai plus peur.

Sti qu’c’est beau, c’est beau la vie.

De la brume dans mes lunettes_extrait #15

C’est maman qui téléphone.

– Alloooooooooooo!, oui, oui, je réponds.

– Salut, fiston! T’appelles pas souvent ta vieille mère…, elle dit TOUJOURS ça.

– Non, en effet, mais tu sais bien que je suis full occupé avec l’école, le travail et les hommes. Mais je t’aaaaaaime!

– Bin oui! Je l’sais bien! Bon, tu viens souper dimanche? Ta sœur va être là aussi.

– Hum, non, peux pas, j’ai déjà quelque chose.

– Bon. On va se passer de toi…encore! Fais moi signe si t’as envie qu’on lunch cette semaine.

– Oh oui! Ce serait bien. Suis libre mardi. On se texte plus tard, ok?

– Oui, oui, on se texte. Salut, mon fils. Sois prudent et bois pas trop!

– Bin non! Babaille!

Ma mère me texte, oui, oui. Et ma mère m’appelle souvent à de drôles de moments, comme le vendredi soir. Souvent, elle m’appelle plusieurs fois par jour. Elle doit s’ennuyer. C’est ce que ma sœur et moi en avons conclu.

L’important dans tout ça, c’est que malgré la conversation avec mom, je n’ai pas cessé de regarder le beau garçon de l’autre côté du bar. Par chance, il m’a aussi regardé et m’a lancé quelques sourires intéressés auxquels j’ai répondu, en souriant également, l’air timide. « L’air timide », ça plaît beaucoup. Je dois l’être un peu, mais ça ne paraît pas souvent. Je préfère foncer que de m’enfoncer dans une passagère timidité. Je n’ai donc pas souvent l’air timide. Et c’est tant mieux.

Bon, je fais quoi, là? Je vais lui parler ou pas?

– Yo! JF, tu penses quoi du dude en face?

– Mouin, pas laid. Tu m’as pas dit que t’avais daté un gars cette semaine?, une pointe de jugement dans le regard.

– Oui, oui, mais paraît qu’il ne faut pas mettre tous ses œufs dans le même panier…?, je dis à JF avec des yeux interrogateurs.

– Je te le confirme! Anyways, vous vous êtes vus juste une fois, tu peux bin continuer à butiner.

Je ne sais pas si son intervention est judicieuse, mais elle ne me laisse pas indifférent. C’est vrai, après tout. On ne s’est vu qu’une fois, Mathieu et moi. Et si je rencontrais l’homme de ma vie ce soir et que je m’empêchais à cause d’un dude que je n’ai vu qu’une seule fois? Et si je réalisais, suite à la deuxième date, que Mathieu ne m’attire pas tant que ça finalement? Et si je réalisais qu’il baise mal ou qu’on n’est pas compatible? Mieux vaut ne fermer aucune porte et m’ouvrir aux chances qui pourraient s’offrir à moi.

J’ai la FOMO.

Fear of missing out.

De la brume dans mes lunettes_extrait #14

Comme prévu, c’est vendredi et qu’est-ce qu’on fait le vendredi? On sort! Comme je disais, généralement je retrouve les potes, on mate les beaux garçons et on se saoule jusqu’à pas d’heure! La routine, quoi. Ce soir, c’est Jean-François qui m’a texté en premier:

– Salut pitchounette! 😀

– Salut poulet! 🙂

– Vous allez bien?

– Oh! Oui! Et vous?

– Je vais, je vais. Quels sont nos plans ce soir?

– J’en ai pas encore. On va prendre une pinte ou douze au Sky?

– Parfait! 18h?

– J’y serai! 🙂

– À toute! 🙂

JF, c’est mon chum de sortie. Pas qu’on n’a pas d’autres points en commun, mais on se voit d’abord et avant tout les soirs de sortie. On forme un bon team de broue, en tout cas. On observe tous les garçons qui passent, on les jugent, on les envie, on rit d’eux, on bave, on roule souvent les yeux au ciel, mais aussi, parfois, on se parle de nos vies, où on est rendu, quelles sont nos dernières conquêtes, pourquoi ça ne fonctionne pas, ce qu’on recherche dans la vie. Bref, je l’aime bien. Je pense qu’il m’aime bien aussi, mais il n’est pas du genre à étaler ses émotions. JF, c’est du genre indifférent/indépendant, mais je sais qu’au fond, c’est un sensible, c’est juste qu’il préfère ne pas le montrer. Moi c’est l’inverse, je le montre trop. On doit s’équilibrer, je suppose. Bref, je rejoins JF au 5 @ 7 le plus meat market en ville!

Complexe Sky, 18h03.

– Me semble qu’on est toujours déçu quand on vient ici. Y’a juste des vieux bedonnants trop bronzés et ridés qui n’ont jamais réussi à se matcher…, je dis à JF en arrivant près de lui.

– C’est pas comme si on était pas habitué, répond JF, l’air détaché. Pis en plus, c’est deux pour un sur l’alcool, dois-je te le rappeler. On est des étudiants petits salariés pauvres, si je puis me permettre.

– Bin trop vrai! C’que j’peux être sotte!

Je commande une Labatt Bleue en fût, flat, et ça vient dans deux verres. Joie! JF prend un Bloody Ceasar, encore. Et on boit. Entre temps, je spot un joli garçon de l’autre côté du bar qui se démarque de la foule du troisième âge par sa jeune gueule de tueur. Grand, barbu, masculin. Je suis assez flirty dans la vie. J’aime flirter. Je vois un beau gars et je le regarde, beaucoup. On ne me connait pas très subtil. En fait oui, je suis subtil dans l’approche, mais pas dans le geste. Quand je regarde un dude, c’est aussi subtil qu’un camion de vidanges dans une ruelle. Donc, je lui jette un regard de feu qu’il ne peut pas ne pas remarquer.

Ça vibre dans ma poche.

De la brume dans mes lunettes_extrait #13

Évidemment, Éric est témoin de notre échange, il est assis en face de moi. Même s’il joue avec intérêt à Candy Crush, bien avachi dans sa chaise de matante, il est attentif à mon échange et lève fréquemment les yeux quand je lui fais part de ce que j’écris et de ce que Mathieu me répond. Et évidemment, il me convainc de ne pas trop faire attendre le beau Mathieu. Il me souligne avec raison qu’un gars intéressé, beau et intéressant mérite à tout le moins qu’on s’y attarde et qu’on lui donne une chance (ou deux). Parce que c’est assez rare un gars intéressé, beau et intéressant, si le reminder est nécessaire. C’est pas rare, il y en a tout plein, mais vous comprenez ce que j’veux dire. Pis c’est aussi parce que je dis à qui veut bien l’entendre que j’ai envie d’être en couple. Faut que je sois conséquent.

Depuis le temps que j’ai accepté ma condition, que mon entourage le sait et que je vis activement ma différence sexuelle dans des lits inconnus, j’ai envie d’être en couple. Il me semble que ça va de soi. Je peux compter sur les doigts d’une seule main les amis qui n’en ont pas envie. Certains prétendent qu’ils préfèrent le célibat, mais je pense qu’ils se mentent à eux-mêmes. Et moi, mis à part quelques amourettes de quelques heures à quelques jours, ça ne m’est jamais arrivé. Je ne sais pas ce que c’est partager avec quelqu’un au quotidien (sur une longue période), les matins collés de fin de semaine (semaine après semaine), les brunch à deux, le sexe à toutes heures, les discussions sérieuses. Mais j’ai aussi envie d’un gars qui va me faire vibrer, autant que les Life Savers rouges. Pis pour le savoir, bin, je dois le côtoyer. Donc, je le côtoierai.

Avant de se quitter, Éric et moi on a « élaboré » la stratégie de retour sur l’échange textos. Je dois le texter (ou le rappeler, c’est mieux) pour lui proposer une autre journée, genre un déj samedi matin ou une date romanticoquétaine dimanche soir. Avec bouffe, alcool et film. C’est un bon conseil que Éric m’a donné: « Si t’es intéressé, mais que tu as autre chose de prévu, propose une autre soirée, ça entretient la flamme ». C’est ce que je vais faire right now.

J’embrasse Éric, on se serre dans nos bras et on se dit « à la prochaine fois ». Je choisis d’appeler Mathieu, même si j’HAIS parler au téléphone!

(ça sonne)

(il répond)

– Oui, bonjour!

– Yo! c’est Sam!

– J’ai bien vu sur mon afficheur…que me vaut ton appel, beau toi?

– Bin, je voulais te proposer une autre date, étant donné que je peux pas vendredi. Que dirais-tu de samedi matin, pour le déj ou dimanche soir, ailleurs que chez moi?

– Ahah! Je choisirais bien les deux, mais je vais y aller pour dimanche soir. Tu veux venir chez moi?

– J’ai complètement oublié de te demander si t’habites seul…

– Non! J’ai une coloc, bin sympathique. Elle est très discrète par contre. Une vieille amie que j’ai connu y’a 10 ans à l’école. Le plus beau, c’est qu’on vit et on laisse vivre, si tu vois ce que je veux dire. Et on a un immense appartement, avec chacun notre salon.

– Nice! Bin si ça te dérange pas, on peut faire ça chez toi?

– Ça ne me dérange vraiment pas. Ça me tente beaucoup, même!

– Bon, parfait, mais c’est moi qui cuisine, ça te va?

– Excellent! J’ai hâte!

On a convenu d’une heure, que Mathieu irait chercher le vin et on a jasé menu un peu avant de se laisser avec le sourire et l’envie de se revoir. Ça s’entend un sourire. C’est fou ce qu’il me fait à l’intérieur. Moi qui jouait l’indépendant face aux textos de tout à l’heure, ça vibre en-dedans maintenant. Étrange.

C’est ça, les papillons?

Très chère Pauline

Très chère Pauline,

Pour cette dernière lettre, j’ai envie de t’appeler Pauline. Et j’ai envie de te tutoyer. Ce n’est pas par manque de respect, c’est justement parce que je te respecte beaucoup. Les gens que l’on aime et que l’on admire font un peu partie de nos vies et on a souvent l’impression qu’ils sont comme un ami proche ou un membre de notre famille. Et malgré la distance que la fonction oblige, je me sens proche de toi. Depuis des années, tu partages un peu mon quotidien. À la maison, plus jeune, à travers les discussions avec mes parents, et plus vieux, dans les médias, durant la course à la chefferie de 2005, aux cabinets de Montréal et de Québec, à l’opposition et au gouvernement.

Ma mère, que tu connais bien, m’a transmis cette passion pour la politique et le Québec. Elle et Denise, sa sœur que tu connais aussi. C’est de famille, il paraît. Je me rappelle encore les conversations familiales teintées bleu foncé où l’on était un pour tous et tous contre Yvan, l’oncle fédéraliste! Il n’y avait de la place que pour le Parti Québécois et l’indépendance de notre beau Québec. Et pas question d’aller à contre courant! Un LeBlanc (ou fils de), c’est souverainiste, point final!

J’ai vu ma mère faire de la politique pour donner ce qu’elle a de meilleur à sa communauté. Je l’ai vu donner du temps dans une campagne électorale ou l’autre et surtout, participer avec conviction et ardeur au référendum de 1995. J’étais jeune, mais je l’ai suivi dans son élan. Parce que son élan était inspirant.

C’est grâce à cette femme formidable qu’est ma mère que je t’ai rencontré. Je devais avoir 20 ans. Depuis cette rencontre, parce que le cœur a ses raisons, j’ai décidé de te suivre et de t’appuyer, bon gré, mal gré.

C’était à ton tour de m’inspirer.

Ce que j’ai vu chez toi, c’est de la conviction, de la générosité, du respect et de l’authenticité. Ce que j’ai vu, c’est une femme qui croit profondément que les Québécois seraient mieux servis à diriger eux-mêmes leur destinée. Ce que j’ai vu aussi, c’est une femme fière, forte et déterminée à tout donner pour en laisser le moins possible derrière. Une femme qui croit vraiment qu’elle peut faire une différence.

J’ai toujours cru que tu irais plus loin encore. Dès le jour où nous avons été présentés, je t’imaginais un jour devenir la première. De ces réunions de comité dans Taillon, aux trajets en voiture où je te conduisais vers un évènement ou un autre durant la course à la chefferie – jusqu’à peindre ton local de campagne! – à ton retour en politique en 2007, je savais bien que jamais tu n’abandonnerais. Et je savais aussi que quoiqu’il arrive, je ne t’abandonnerais pas non plus.

Jour un de mon militantisme, j’ai travaillé pour que mon entourage connaisse la personne inspirante que tu es. Puis, j’ai écris des lettres d’opinion dans les journaux, j’ai participé à des tribunes téléphoniques, j’ai, avec mon copain de l’époque, créé un site internet qui s’appelait « Pauline la pas fine » pour démentir tous les ragots qu’on racontait à ton sujet. Je t’ai appuyé à tout moment, même quand je n’étais pas d’accord, parce que c’est ça, la loyauté. Je t’ai écrit aussi.

Avec toi, j’ai vogué de défaites en victoires, j’ai traversé des eaux troubles et j’ai grimpé au sommet de l’État. Tu y es arrivée! Tu es devenue la première! Ma première! Le sentiment que j’ai vécu à ce moment était indescriptible. Un moment unique, inoubliable, j’en frisonne encore. J’ai pleuré, même. Pauline Marois, devenait ENFIN première ministre! La première! Après toutes ces années de travail et d’attente, après tous ces efforts et cet espoir, enfin les Québécois avaient compris. Et tu m’as donné ma chance : celle de te servir au meilleur de mes compétences.

Les Québécois ont compris, mais ils oublient vite aussi. Ils sont devenus aussi insondables que les gens de la capitale nationale. Ils sont capricieux, ils tranchent et punissent par les urnes, en ne visant souvent pas les bonnes personnes. Je sais qu’avec toi, on aurait déplacé des montagnes, on aurait fait du Québec un endroit plus prospère et des Québécois, des gens plus fiers. Je le sais. Il nous fallait juste du temps.

La politique, on ne le dira jamais assez, est un sport extrême. C’est ingrat, aussi. Tu le sais plus que quiconque. Tu as tout donné, surtout ce que tu as de meilleur pour ton Québec. Tu lui as donné 30 ans de ta vie. Et qu’est-ce qu’il te reste? Nous, moi, des gens fiers et honorés d’avoir pu te côtoyer, d’avoir pu t’aider à atteindre ton idéal et de nous avoir fait rêvé. Tu as marqué l’imaginaire de milliers de Québécois. Et avec toi, on a fait l’histoire.

J’aurais aimé être plus proche de toi, pouvoir te parler de mes impressions, de ce que j’entendais dans la rue, qu’on discute du Québec qu’on souhaite pour tout un chacun. J’aurais aimé pouvoir te servir plus longtemps et qu’on fasse, tous ensemble, de grandes choses et plus encore, l’indépendance du Québec. Avec ton départ, c’est un peu une partie de mon rêve qui s’éteint. Il faudra quelqu’un de bien charismatique pour te remplacer à la tête de l’État et du Parti Québécois.

Tu m’auras appris le sens des mots travail, loyauté, humilité et détermination. Tu m’auras appris à donner ce que j’ai de meilleur pour une cause qui en vaut vraiment la peine. Tu m’auras appris qu’on arrive à tout à force de travail. L’espoir fait vivre, qu’ils disent.

Merci pour l’espoir et les convictions!
Merci pour l’aventure et le rêve!
Merci pour la fierté et la confiance!
Mais surtout, merci d’avoir été ma 1re première ministre!

Désormais, quand je parlerai de toi, je t’appellerai Madame la Première Ministre, parce que c’est que tu es. La plus grande des premières.

Prends bien soin de toi, Pauline. Et si tu as besoin de moi, je serai toujours là, prêt à servir.

Ton plus grand fan.

De la brume dans mes lunettes_extrait #12

– Bon matin, beau toi!, écrit Mathieu.

– Salut sexy! Tu vas?, je réponds.

– Tu fais?

– Je brunch avec mon ami Éric!

– Je vais bien, malgré la courte nuit…

– On est chez Régine!

– Oh! Chanceux! J’ai bcp entendu parlé!

– On reviendra si tu veux!

– J’aimerais bcp! T’as des plans pour ce soir?

– Hummm, oui! Je rejoins des amis pour un verre ou douze.

– Oh! Ok! J’ai hâte de te revoir! 🙂

– 🙂 (c’est tout ce que j’ai été capable de répondre).

BOOM! Il a hâte de me revoir. Déjà. C’est un peu intense, il me semble. Je ne sais pas trop comment le prendre, c’est pour cette raison que j’ai répondu avec un bonhomme sourire. Ça lui donne l’impression que je suis content de lire son dernier texto sans m’engager. Je suis content, là, faut pas douter, mais je trouve ça intense, comme je disais. L’impression, c’est bin important en relation, surtout au début. Et laisser une bonne impression, en laissant toutes les portes ouvertes, c’est vital. Ça nous donne la possibilité de choisir et à l’autre, d’espérer.

Éric me rappelle avec raison qu’un gars intéressé rappelle. C’est un point de vue qui se défend assez bien. Je suis intéressé aussi, mais je ne suis pas pressé, c’est tout. Il est vraiment génial, le mec, mais généralement, on dit d’attendre 2 ou 3 jours avant de donner des nouvelles. C’est un concept un peu débile, j’en conviens, mais il paraît que si tu rappelles trop vite, tu peux avoir l’air désespéré et si tu prends trop de temps, t’as l’air désintéressé. Faut jauger. Et on s’entend que ce n’est pas toujours évidente, de jauger.

D’abord, j’ai incontestablement envie de le revoir, mais le vendredi soir pour moi, c’est sacré. Je veux pouvoir décider de ce que je fais et avec qui je le fais. Je ne sacrifierai pas un vendredi soir festif pour le passer avec une simple date, aussi hot soit-elle. No way. Généralement, je passe tous mes vendredis avec mes amis. On va prendre un verre dans une boite de pédés, avec les amis jeunes ou vieux, on va manger dans un resto pas cher (et souvent cheap) du village et on finit ça sur une piste de danse, entourés de beaux gars (ou pas) et d’alcool. On finit souvent au même endroit, on voit souvent le même monde, on finit souvent saouls morts, mais ces soirées-là sont presque toujours mémorables. Et l’été, il y a les terrasses, la chaleur et les touristes pour ajouter au bonheur de vivre. Je les aime, mes amis. Et j’aime l’été.

Briller de mille feux

J’ai croisé l’ex-ex récemment. Dans le métro. Par hasard. Considérant le fait que j’ai étalé notre fin de vie amoureuse sur mon blogue – si peu, allons donc! – et que mon dernier texte était plutôt « violent » à son endroit, j’ai supposé qu’un signe de tête scellerait l’issue de cette rencontre impromptue. Mais non, il m’a vu, il m’a souri et s’est empressé de venir me jaser. Faque on a jasé. Simplement. On a même ri.

C’est dire que le temps arrange beaucoup de choses.

J’ai bien conscience que d’écrire sur des épisodes de ma vie, même sans nommer personne, puisse choquer/troubler/déranger les principaux intéressés. Ils se reconnaissent, tsé. Je sais aussi que ce n’est peut-être pas le meilleur moyen de développer une relation amicale post-relation amoureuse. Mais c’est le seul moyen que j’ai trouvé de faire sortir le trop plein d’émotions quand ça devenait insoutenable. Ça m’a évité d’être trop pathétique. Au téléphone ou par texto. Au moins ici, ils ont eu le choix de me lire ou pas. C’est à eux les oreilles.

Insoutenable, ça l’a été. Parce que pour cuver ma peine, j’ai délaissé les nuits de sommeil réparateur et j’ai enivré mes pensées de Grindr, de théâtre et d’alcool. J’ai tout remis en question, encore une fois, pour essayer d’éviter de répéter les mêmes erreurs, encore une fois. Comme d’habitude, j’ai exagéré, j’ai été pathétique et j’ai recommencé. Jusqu’à ce que ça s’arrête, après quelques mois, sans avoir besoin de crier lapin. Mais insoutenable, ce ne l’est plus et depuis un bon bout d’temps déjà. J’ai retrouvé le sourire. Pour moi et pour de bon, je crois bien.

Je pense encore souvent à ceux qui ont croisé ma route. J’ai encore beaucoup de questions sans réponse. Elles le resteront possiblement toujours. C’est sans doute le plus difficile à accepter. Il m’arrive parfois d’être nostalgique par rapport à ce qui s’est passé ou qui aurait pu/dû se passer. Je réalise aussi qu’ils m’ont apporté un peu ou beaucoup et qu’ils m’ont permis d’être là, en 2014, avec un coffre à outils-pour-la-vie bien garni. Juste pour ça, je suis reconnaissant. Pour la finale, je les emmerde un peu.

Par contre, ils m’ont aussi permis d’assimiler une chose fondamentale : la vie à deux est loin d’être parfaite. Pour vivre à deux, il faut du temps, de la patience et de l’ouverture. Une vie de couple sans problème ou discussion sérieuse, ça n’existe pas. ÇA. N’EXISTE. PAS. Communiquer, c’est essentiel. Il faut pouvoir parler de tout. Il n’y pas de sujet tabou.

Il n’y en pas, un point c’est tout.

Il y a quelques temps, j’ai rencontré un garçon génial. Avec lui, j’ai eu peine à m’ouvrir. Pas qu’il ne le mérite pas, pas qu’il n’en vaut pas la peine, mais j’ai eu maille à détacher la corde (avec un gros nœud) que le précédent avait attaché à mon cœur et ma tête. Puis, exaspéré, j’ai décidé de la couper et d’éteindre le ventilateur-when-shit-hits-the-fan. J’ai finalement laissé monter dans ma barque le dude avec un grand D. Depuis, il est là et il me rend heureux. Pour une fois, l’homme que je côtoie n’a pas envie de courir dans la direction opposée. Je n’ai pas besoin de le retenir, de l’attacher ou de lui promettre la lune. Il reste là, quand je grimpe dans les rideaux et quand j’en redescends. Il est même prêt à ramer pour deux.

Surtout, il me permet d’être moi-même. Et il aime quand je brille de mille feux.

De la brume dans mes lunettes_extrait #11

– Bin je date un gars depuis quelques semaines, mais ça ne mène nulle part. Il veut, il veut pas, il veut, il veut pas. Quand on est ensemble, il est pas toute là, mais quand ça fait quelques jours qu’on s’est pas vu, il me texte pour me dire qu’il s’ennuie. Yé weird. Beau, grand, sexy, mais weird.

– Comment s’appelle le beau fucké?

– Jonathan. Il est anglophone. De l’Estrie. Ses parents ont un commerce là-bas. Y travaille avec eux, mais il aime pas c’qui fait pis ça le rend bougon, mais y fait rien pour changer. Tsé, là! Quelqu’un qui se donne la chance d’être heureux!

– Quel âge il a, coudonc?

– 35 ans, ‘magine! 35 ans et il ne sait pas ce qu’il veut. J’essaie de l’encourager, de lui faire voir la vie autrement, yé bucké… « my parents need me, I don’t know what else I could do, bla, bla, bla, I don’t want to go back to school, bla, bla, bla.

– Je vois ce que tu veux dire. Me semble que c’est pas la première fois que tu tombes sur un type comme celui-là.

– Non, je peux te faire une liste longue de même de gars comme lui : Rodrigo, Aamir, Felipe, Francesco, name it. C’est pas facile rencontrer quelqu’un de bien, sain d’esprit et prêt à s’engager,  laisse-moi te l’dire.

– Je vois que t’as fait le tour des Nations Unies, ahahah! Sans blague, je sais man, je vis aussi déception sur déception. Et avec des avec des Québécois dits « de souche », ‘magine! Faque en gros, c’est compliqué partout!

– Pis je veux pas être défaitiste, là, mais y’a toujours quelque chose qui cloche. Quand il a une belle tête, il a rien à dire, quand il a quelque chose à dire, il m’attire pas. Tout ce que je veux, c’est un corps correct, une tête correcte avec un cerveau dont il peut se servir et un cœur avec un minimum d’émotions. Je dois trop en demander, je suppose? Bref, bref, bref, d’la grosse marde. Mais toi, Sam, c’qui s’passe? T’as des étoiles dans les yeux, on dirait…

– Moi, bin y’a un dude qui m’a laissé son numéro de tel au café hier et je l’ai rejoint pour un verre! Il a dormi à la maison. Man, il est FUCKING hot! Mathieu qu’il s’appelle.

– Fuck you! Y’a juste à toi que ça arrive, ces affaires-là!

C’est quelque chose qu’on me dit souvent, ça. Pourtant, je ne fais rien de spécial. J’essaie de faire attention à moi, de garder la forme en faisant un peu de sport, d’aller chez le coiffeur régulièrement, de tailler ma barbe, de dormir raisonnablement, de ne pas trop abuser des bonnes choses. J’en connais plein qui font tout ça et qui ne rencontre personne. J’ai plein de beaux amis intelligents avec une tête sur les épaules qui peinent à trouver l’amour. Mais il paraît que je glow in the dark. Bin coudonc. Ç’a l’air qu’il faut que j’en profite sans m’enfler la tête. Donc, je profite.

– Faque là, le gars s’est pointé au Starbuck pis y t’a donné son numéro de tel, comme ça, entre deux clients?!

– Oui,m’sieur! Simple de même!

– Pis y’a l’air de quoi?

J’ai essayé de lui décrire Mathieu avec le plus de précision possible, comme j’ai l’habitude de le faire. J’ai raconté la rencontre, la soirée, la nuit, le réveil. J’ai raconté le tout dans le détail, captivant son attention pendant de longues minutes. Et il a écouté avec intérêt, souriant et écarquillant les yeux de temps à autres, au gré des informations que je lui transmettais. Évidemment, dans mon envolée, j’ai un peu oublié que mon histoire pouvait à la fois le réjouir et le déstabiliser. Quand j’eus terminé, j’ai senti qu’il était vraiment content pour moi, mais aussi un peu envieux de ne pas avoir autant de « chance ». Je venais tout juste de terminer mon monologue amoureux que j’ai reçu un texto de Mathieu…

De la brume dans mes lunettes_extrait #10

Régine Café, 11h33.

Étonnement, il n’y a pas de line-up! Il y a TOUJOURS un line-up chez Régine. Hiver comme été, on attend un 15-20 minutes avant d’avoir une table, parfois plus. Mais c’est tellement bon que ça ne me dérange pas d’attendre. L’hiver, par grand froid, ils sont assez gentils pour servir des boissons chaudes aux gens qui attendent. Sauf que ce matin, il fait un vrai froid de janvier, humide et sibérien dans les -25 avec un facteur vent autour de -45. Le genre de froid qui fait crisper le tissu synthétique des manteaux. Faque on se les gèle! J’ai même du frimât dans ma moustache, c’est pour dire! C’est ça porter la barbe l’hiver.

Je marche rapidement devant la vitrine du resto et j’aperçois la 10 qui s’arrête au coin de De Lorimier. Au même moment, je reçois un texto d’Éric :

– Je sors de la bus!

La bus! LA BUS!!! J’ai beau lui répéter encore et encore qu’on dit UN autobus, mais il aime beaucoup me faire siller les oreilles avec LA bus et autres mauvais accords de français. Il vient d’une région, tsé. Une région pas si éloignée, il me semble, mais faut l’entendre sortir des expressions étranges du genre : « y fait brun d’bonne heure »! Bref, c’est bin important pour moi, le français, autant écrit que parlé et j’essaie de m’appliquer. Je reprends beaucoup mes amis, d’ailleurs. Comme une vieille institutrice gossante. Me manque juste la règle et les lunettes à chainette.

– Parfait, je viens d’arriver!

– Prends-nous un bon spot!

– Yessssir!

Parce qu’on est de belles et bonnes personnes, l’hôtesse/serveuse nous a proposé une table dans la section cozy, celle avec les chaises au style impérial ultra confos. C’est pas juste bon chez Régine, c’est beau et l’ambiance est réconfortante. C’est comme prendre sont p’tit dej chez une matante gâteau. J’essaie d’y aller au moins une fois par semaine. C’est une fréquentation qui habitait pas loin de là qui m’y a emmené la première fois. Ça sert aussi à ça, dater des gars. On découvre de nouveaux endroits, de nouvelles recettes, de nouveaux amis. Ça peut mener loin.

En garçon bien élevé, j’ai laissé Éric prendre son aise sur la dite chaise exagérée. Il était content. Il choisit toujours la banquette quand on va au resto. Pis j’aime ça quand mes amis sont contents. Anyways, Éric c’est pas un gars compliqué. Je lui aurais proposé un déjeuner assis par terre avec du bacon trop cuit au micro-ondes pis des œufs durs ensachés qu’il aurait trouvé ça cool.

Comme d’habitude, j’ai pris le Chic croissant. Avec un thé Buckingham, l’équivalent du English Breakfast. J’aime le thé aussi, beaucoup. C’est un ex-collègue du Starbuck qui m’a fait découvrir le thé. Au début, je buvais de l’infecte Salada, ew! Je ne sais plus trop pourquoi, mais j’en avais toujours une boite à la maison. Mais j’ai changé depuis. Je suis devenu plus bourgeois, avec le « temps », you know. Depuis, je m’approvisionne au David’s Tea – je suis un Grand buveur – ou je fais venir du thé Harrods de Londres quand mes vieux amis vont dans les Zeuropes. Chu exagéré d’même.

– Pis, mon beau lapin, parle-moi d’toi!

De la brume dans mes lunettes_extrait #9

On s’est couché, on a échangé encore un peu à voix basse et on s’est endormi face à face, après un enième tendre baisé. Même pas de sexe. Juste de la tendresse.

Le lendemain matin, il a quitté tôt, genre assez tôt pour que je sois incapable d’ouvrir les yeux, encore collés d’une nuit trop courte. Je ne sais pas à quelle heure on est entré, ni à quelle heure j’ai éteint la lumière et encore moins à quelle heure on s’est endormi. Mon taux d’alcoolémie était trop élevé pour que j’aie le réflexe de regarder l’heure. Il s’est levé au premier écho de son réveil, s’est habillé en vitesse et m’a embrassé sur la tempe. Tout ça reste un peu flou, mais il me semble que ça s’est passé comme ça.

Quand l’horloge a atteint 10h, c’est-à-dire l’heure à laquelle il est acceptable d’appeler chez le monde, j’ai texté mon ami Éric, en congé lui aussi, pour lui proposer un brunch chez Régine, mon resto à déjeuner préféré.

J’appelle pas, moi, je texte. J’appelle rarement en fait, sauf en cas d’extrême nécessité. Et ça, mes amis le savent. Quelques-uns se risquent à l’occasion, mais je leur envoie un message texto automatique du genre «  Kossé tu veux? ». Généralement, ils finissent par comprendre, sauf Marc-André. Il est né au temps des téléphones à roulette, tsé. Le texto, pour lui, c’est comme pas naturel et il ne tape pas assez vite, semble-t-il. Bref, j’ai texté Éric.

– Yo! Bro! Un déj chez Reg, ça te dis?

Le matin, Éric ne répond pas vite. Il dort longtemps et profondément. Donc, il m’a répondu 26 minutes plus tard…

– Certainement, mon cher! Dans une heure?

– Une heure?! Fuck, c’est loin!

– Wooo back! C’est ton texto qui me réveille!!!

– Oooooook!

– J’me lève, j’me prépare, vais être prêt dans une heure!

– Parfait, mon lapin!

– Faque 11h30 chez Jonas?

– Pas Joooooonas! Régine!

– Okidou! 11h30, chez Régine! ❤

– xxx

J’aime Éric et j’aime Régine. Je trouve que c’est toujours un bon match. Bonne compagnie, bonne bouffe. Éric, c’est mon ami groundé. Il est toujours de bons conseils. Il a une fine compréhension des relations humaines et il est rarement à côté de la track. Bon, il dit toujours, avec raison, que c’est plus facile à dire qu’à faire, mais dans un moment de détresse, je bois ses paroles et j’essaie d’appliquer l’enseignement. Faque, on se voit souvent pour boire, pis on jase. C’est rare qu’on n’arrive pas à refaire le monde et trouver une solution. J’apprends beaucoup de lui.

Éric, il a 34 ans. Il est célibataire. Il a eu une seule grande histoire d’amour comme la majorité de mes amis. Ils ont été ensemble 4 ans. Évidemment, il a eu quelques amourettes de passage, des histoires compliquées et sans avenir comme seuls les gays en sont capables.

C’est comique parce que chaque fois qu’on demande à un gay s’il a déjà vécu une relation à long terme, la réponse ressemble souvent à : « Oui, pendant 3 ans, entre 24 et 27 ans ». Je ne sais pas pourquoi, mais la première histoire d’amour commence dans la jeune vingtaine et se termine souvent à l’orée de la trentaine. Trois ou quatre ans après la rencontre, il y en a un qui capote parce qu’il réalise que la trentaine approche et qu’il a peur de manquer quelque chose. Et BANG! il décide de tout balancer pour l’inconnu – ou un inconnu. Dans 90% des cas, ce même individu se retrouve quelques années plus tard encore devant l’inconnu, seul et incapable de trouver la perle rare si longtemps convoitée.

Pis quand ils se font laisser, ça leur prend deux ou trois ans à s’en remettre, ils butinent à gauche et à droite dans l’espoir de trouver « ze one » qui ressemble au premier, mais il sont devenus difficiles, égoïste et un peu drama (surtout quand on prétend l’inverse). Bref, il sont désabusés. Et ils réalisent vite que c’est difficile d’accoter leur première histoire d’amour et que trouver quelqu’un qui remplit leur liste interminable de critères, bin c’est impossible. La brèche créée par la première rupture qu’ils croyaient superficielle est en fait béante et s’ouvre chaque fois qu’ils tombent d’amour. C’est ce que j’ai compris en écoutant mes amis me parler de leurs relations déchues.

Faque Éric, comme 90% de mes amis gays, est célibataire. Et il attend de retrouver le grand amour.