Jacques Parizeau n’est plus. Qui n’a pas entendu la nouvelle est sourd ou perdu dans la brousse profonde. Quel homme, tout de même! Il a tant fait pour son beau Québec.
Je n’étais pourtant pas un partisan. Je respectais l’homme d’État pour ses convictions indépendantiste et sa fougueuse passion pour le Québec, mais j’emmerdais aussi profondément ses déclarations alambiquées et son rôle hautement assumé de belle-mère. Loose cannon, comme on dit. On aurait joyeusement pu se passer de certaines de ses analyses à des moments charnières. Je n’ai évidemment jamais apprécié ses frondes contre ma première ministre. Mais bon, il était comme ça, il avait quelque chose à dire, il le disait et somme toute, il le disait bien. Ça avait au moins le mérite de brasser les idées, comme souvent seul un péquiste peut le faire. Intelligent, intéressant, articulé, visionnaire, avec une rhétorique irréprochable, il a marqué notre histoire positivement tout au long de sa vie.
Mais le propos de mon texte n’est pas uniquement de saluer son unique contribution au mouvement indépendantiste et à l’ENSEMBLE de la société québécoise, mais de vous faire part de ma réaction face aux commentaires sur sa mort dans le ROC. Parce que oui, nos « amis » Canadiens ont une opinion sur notre premier ministre Parizeau et ce n’est pas jojo.
Évidemment, ça me turlupine. Indépendantiste que je suis, ça gosse. Mais évidemment, je sais aussi, c’est inévitable: « racist pig », « xenophobic asshat », « asshole of Canada », « good riddance to bad rubbish ». Sexy, n’est-ce pas? Ça me pousse à me demander plein d’affaires. Je me demande, entre autres, qui sont les plus racistes, nous ou eux? Il ont l’amour à deux vitesses, on dirait bien. Il nous aime quand il s’agit d’éviter de « détruire le Canada », mais pas quand on est, semble-t-il, « un champ de ruine ». On devient des monstres. J’ai aussi lu: « money & the ethnic vote suspected factors in the death of Jacques Parizeau ». Z’en sont pas encore revenus, faut croire. Le monsieur y’était fâché et déçu – comme des MILLIONS de Québécois – d’avoir perdu le référendum et il a tenu des propos désolants et regrettables. On ne reviendra pas là-dessus, j’en ai déjà parlé, mais le référendum de 1995 a effectivement été perdu, entre autres, à cause de l’argent du fédéral et du vote des nouveaux arrivants. C’est un fait et ce n’est pas raciste de le rappeler. Get a life, sti.
Mais au fond, ce n’est pas vraiment important. Au final, nous on sait que Jacques Parizeau n’était pas raciste ou xénophobe. Il était juste fier d’être Québécois. Il croyait à la nation québécoise, d’ici et d’ailleurs. Il croyait en notre potentiel. Il voulait faire de TOUS les Québécois une nation indépendante, forte, inclusive et ouverte sur le monde. Comme la majorité des indépendantistes. Kessé ça de toujours ramener les indépendantistes québécois à une bande de xénophobes racistes? Godwin point, je suppose. Dans pas long on nous traitera de Nazi, checkez bin ça…
L’autre affaire que je me demande, c’est comment on devrait réagir à la mort d’un politicien ou d’un chef d’État? J’ai déjà dit à mon beauf que je serais incapable de serrer la main de Philippe Couillard (ou autre subterfuge libéral). Ce à quoi il m’a répondu et à juste titre: « tu ne salues pas la personne, mais la fonction ». Il a fucking raison. On a beau détester un politicien pour ses idées, son parti, sa mauvaise gestion, son manque de charisme, il mérite tout de même un minimum de respect. Juste parce que c’est un job que pas beaucoup d’entre nous seraient prêts ou CAPABLES de faire. Faire de la politique, c’est difficile, c’est demandant. Ça prend du temps, la couenne dure, des convictions pis un maudit bon caractère. Toué pis moué, on est trop sensibles pour ça. C’est bin plus simple de faire du 9 à 5. Faque la prochaine fois qu’un politicien meurt, si tout se qui te passe par la tête sont des pensées qui puent, ferme donc ta gueule. D’abord, parce qu’on ne devrait JAMAIS se réjouir de la mort de quelqu’un et qu’ensuite, ça ne se fait juste pas. Mais ça dans ta pipe, ROC.
Pis dernière chose, je comprends pas ce que tu comprends pas, ROC. Si on veut partir de chez vous parce qu’on ne se sent pas chez nous, peut-être que tu devais juste être fin pis pas trop nous faire chier, parce qu’un jour, on pourrait vraiment décider de s’en aller pis tu serais bin mal pris. Nous traiter de racistes à tour de bras n’avance pas le débat. Toi, t’es fier d’être Canadien pis d’avoir ton pays pis ton unifolié. Même chose icitte avec nos fleurs de lys.
En touécas, Farewell, Monsieur. Merci pour le rêve, la conviction et toutes ces années!